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Concours de Dessin n°100:
"Redessiner un ancien dessin
"

Avec modèle:
Ex-aequo
Mia Orihara
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-Shaolan-
Concours de Texte n°78 [findes votes le 05/07/2020] 15099110


Sans modèle:
Evilshurato
Concours de Texte n°78 [findes votes le 05/07/2020] Suppor10

~
Concours Graphisme 99:
"Renders imposés"

Intermédiaire
Camua
Concours de Texte n°78 [findes votes le 05/07/2020] Camua10

Confirmé-expert
Caeldori
Concours de Texte n°78 [findes votes le 05/07/2020] 22082610

~
Concours de Texte n°57 :
"au bar"


Lonely D

"[...]Je laissais un profond soulagement me gagner en voyant la silouhette à demi-voutée de monsieur Noyssodi apparaitre près de moi. La main qui tenait mon bras retomba tandis que le petit homme se plantait entre mon client pot-de-colle et moi. Ses yeux d'argent plongèrent dans ceux du Don Juan qui le regardait avec une pointe d'agacement.

« Votre serveuse allait s'occuper de moi justement, fit-il en faisant un signe vers moi, ne vous en faites pas.

– Vous n'avez rien à faire ici, déclara le patron sans le quitter des yeux.

– Pardon ? Demanda l'homme en prenant un air outré. Je suis un client, vous n'avez pas le droit...

– Dehors, le coupa le vieil homme. »

Il avait prononcé ce seul mot avec un ton que je ne lui connaissais pas et qui me fit frissonner. Même s'il ne s'adressait pas à moi, je ressentis l'irresistible envie de tourner les talons tant sa voix était soudainement devenue impérieuse, absolue. L'homme se raidit et son regard se vida, faisant disparaître toute émotion de son visage. A ma grande surprise, je le vis se diriger vers la sortie sans un mot, laissant la lourde porte de verre se refermer derrière lui.

« Tu vas bien ? Demanda monsieur Noyssodi en reprenant son ton doux habituel. »

Je hochais la tête en esquissant un sourire plein de gratitude. [...]"


=> lire les textes

~ Concours de Photo n°21:
"
Noir et blanc"
Gagnante :
-Shaolan-
Concours de Texte n°78 [findes votes le 05/07/2020] 14897710


Félicitations à vous tous (et toutes) !! =)

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Message par Naru le Lun 4 Mai 2020 - 17:05

Salut à tous !^^

Voilà le concours 78!!^^

Le thème ce mois-ci sera: Alchimie!

Alors il peut tout à fait s'agir de l'alchimie, la "science" ou de l'alchimie entre deux personnes etc... à vous de voir!^^
Je ne donne volontairement pas plus de contrainte, histoire de voir où vos idées nous mènent!^^

Comme d'habitude, pas de nombre de ligne limite!^^ Faites-vous plaisir!

Fin ds votes le 31/05 !

A vos claviers!

Participants:



Derviche:


L'alchimiste, la guerrière et l'enfant.:
Sa peau était sèche comme une terre aride. Sa petite taille, ses oreilles pointues et son nez crochu ne laissait pas de doute sur ces origines gobelines. Son rire inspirait celui d'un mourant au poumon percé.

Malgré son grand âge, le vieil alchimiste, reclus dans sa cahute en terre, se sentait en forme. Un bouillon doré, dans sa marmite, tamisait l’ambiance. Dehors, l’éclat de la lune perçait les branchages noires d’une forêt sinistre.

" Alors, dit-il, que me vaut la visite de la célèbre guerrière des hauts plateaux.
Assise dans l’ombre, enroulée dans sa cape, elle l’observait. Son épaisse chevelure mauve encadrait son regard amusé et dénué de peur.
– Tes vieux bouts de miroirs ne t’ont donc rien dit ?
L’alchimiste la dévisagea avec un sourire carnassier.
– Tu l'as? Dit-il.
– Ne te rate pas. Quatre longues années pour la trouver, et je ne compte plus les morts.
Elle lança une bourse à travers la pièce. La peau-verte saisit la sacoche, comme un prédateur happe sa proie.
Le temps n’avaient en rien émoussé ses réflexes. Dans la paume de sa main, il y glissa le contenu. Un cristal rouge sang, une roche si parfaite que l'on aurait pu croire à du liquide en suspension. Dans leurs pupilles flottait la perle de vie, la singularité aspirait les âmes.
L’alchimiste s’arracha du maléfice.
– Que veux tu?
– Un enfant, je veux être mère.
Il ria presque à s'étouffer.
– T'es stérile? Alors tu n’y arrives pas? Ou tu joues pour l’autre équipe, peut être ?
Elle retint une envie de meurtre, d’assouvir sa rage et de lui briser le crane.
– Les vapeurs de tes potions te montent à la tête, vieux sénile.
Il s'esclaffa de plus belle puis sauta à coté de son chaudron.
– Je l'ai préparé quand je t'ai vu arriver.
– Et en échange ?Tu ne veux rien? De l'argent, peut être?
– La luxure des humains a quelque chose de malsain. Voir Lylie, la terrible guerrière, apeurée me suffit.
Elle se gaussa, un rire emprunt d'excitation, celui des champs de bataille, celui qu’elle avait devant un ennemi monumental. Mais son enjouement sonnait faux.
L'alchimiste, accroupie à coté de son chaudron, la regardait sans cligner des yeux. Soudain, il lança la pierre dans le liquide comme si c’était un vulgaire ingrédient. Lylie eut un hoquet de surprise.
Une minute passa. La potion bouillonnait toujours sans changement notable.

Les pupilles de la peau verte se dilataient et se contractaient avec sa respiration.
– Et maintenant ? Dit-elle.
– Et maintenant, tu vas regarder.
– Où? La potion?
Son hochement de tête fut presque imperceptible. Lylie s'avança, s’attendant presque à ce que la marmite explose. Il n'y avait plus un seul son dans l’air, tout cela avait été remplacé par les battements de son cœur. Devant le chaudron, elle se pencha à peine. Elle y vit son reflet. Non, ce ne l’était pas. Elle, mais en plus jeune. Une fille aux cheveux mauves, une enfant parfaite, celui qu’elle voulait, l'être rêvé trop imaginé.
Son regard s’était vitrifié. Le reflet lui fit un sourire et sa respiration se bloqua.
Pendant se temps, le liquide coulait hors de la marmite se transformant en fumée avant même de toucher le sol.
Son hypnose prit fin quand le fond du chaudron lui apparut. Chancelante, elle ne prit pas tout de suite conscience du tapis de vapeur rependu sur le sol.
– Va te balader dans la forêt.

Elle sursauta et dévisagea le gobelin sourieur, comme l’on regarde un monstre horrible. Sa bouche était trop sèche pour répondre. Elle sortit de la cabane. Une mer de brume glissait entre tous les arbres. Les feuillages étaient plongés dans un noir intense. L’unique lumière provenait de la fumée blanche fluorescente transformant chaque tronc en silhouette. A l’entrée de la cahute, planté dans le sol, il y avait sa lance de guerre. Lylie en saisie le cuir et fit jouet ses doigts dessus. Cela la rassura un peu.

Elle progressa silencieusement comme dans un territoire ennemi. Bientôt, le terrier de l'alchimiste disparut. Tout autour d’elle, le décor se répéta indéfiniment, le tournis commença à s’emparer d’elle et soudain le temps s’allongea. Des nausées l’agressèrent, elle lutta pour ne pas tomber et ses pieds avancèrent tout seul.

Une clairière, elle aussi plongée dans l'obscurité blanche, vint à elle. La fièvre sévissait en elle et, entre deux sueurs froides, elle discerna, au centre de la prairie, une petite fille aux cheveux mauves.

Quand elle atteignit la lisière de la forêt, l'enfant se retourna et l'aperçut.
– Maman?
Le mot lui fit comme un coup de point dans le ventre.
– Maman!
La gamine courut vers elle. Trop faible, elle ne fit pas l'effort de l'esquiver. Lylie sentit sa chaleur se blottir contre sa taille.
– C'est toi qui fait le chat maintenant! puis elle éclata de rire. Les yeux dans ses yeux, Lylie n’en revenait pas. Elle sentit une aiguille se planter dans son crane. La douleur fut si intense qu’elle s'effondra sur le coup.
– Maman!
[...]
Les rayons du soleil l'éblouirent. Lylie, encore groggy, se leva sur son séant. L'herbe était fraîche et les oiseaux piaillaient.
– Quelle cauchemar, pensa-t-elle, où suis-je?
A coté d'elle, il y avait un corps tout chaud qui dormait. Celui d’une enfant.

Naru:

Spoiler:


Bien que l'aube soit à peine levée et qu'une brise fraîche vienne tranquillement balayer l'herbe folle autour de la vieille bâtisse, la lumière qui perçait entre les volets de la seule fenêtre donnant sur l'avant ne s'était jamais éteinte.
Toute la nuit, comme toutes celles précédentes, la lueur n'avait jamais faiblit.
À son atelier, Ag'Rion s'affairait sans accorder aucun compte du temps qui passait, absorber dans son travail, son cœur, tout comme son esprit, en harmonie avec sa passion. Il habitait un feu éternel dans ses pupilles, une brûlante énergie, une frénésie d'idées. Une intelligence jamais rassasiée par ses découvertes, mais toujours stimuler par de nouvelles recherches.
Quelque chose d'aussi futile que l'état piteux de sa maison, du jardin rendu au désordre de la nature ou encore de la crasse accumulée au sol, n'avait sa place dans l'esprit du jeune homme. Il se nourrissait quand la faim prenait le dessus sur le reste et laissait reposer sa tête sur son atelier quand ses yeux se fermaient sans son consentement.
Il y avait cependant des choses qu'il devait surveiller constamment. Ses matériaux en quantité suffisante et le feu ronflant dans le four de la salle du fond. Il pouvait bien se passer d'une douche, mais pas de l'enfer de flammes qui lui permettait de créer ses sphères de verre. Il exécrait de devoir se rendre en ville pour acheter de quoi manger, mais il gardait un œil attentif aux prix des métaux et des divers substances qu'il pouvait commander chez les marchands afin que son stock n'en pâtisse pas.
Et quand il avait besoin d'argent, il accordait enfin la grâce de vendre l'une de ses créations. Un bijou d'une rareté phénoménale aussi unique que son créateur : un joyau « alterné ».
Ag'Rion Dönnal, était le plus talentueux alchimiste bijoutier qu'il était possible de rencontrer.
Mais l'homme en lui-même n'était ni accommodant, ni volubile et encore moins intéressé par les fortunes qu'on pouvait lui offrir pour ses services que par l'état déplorable de son environnement de travail.
S'il était plutôt simple de trouver la petite maison du créateur, beaucoup avaient fait les frais de son irascibilité et de ses talents s'ils venaient à le mettre en colère. Car s'il n'est jamais bon de se frotter à un homme en armes, il est encore moins avisé de s'approcher de l'atelier d'un alchimiste ! Perdre la vue ou l'ouïe après avoir asticoté le maître des lieux n'était que la moindre des conséquences, car l'homme manipulait aussi bien les réactions chimiques explosives que les produits rares et dangereux qui pouvaient brûler la peau, enflammer les poumons ou pétrifier les muscles.
Aussi, lorsque Dimitri approcha la demeure, ce fut avec un profond respect et une attention toute particulière de ne pas déranger inutilement le maître Alchimiste.
La petite maison se trouvait en marge de la ville, au bout d'un sentier peu emprunté qui avait obligé Dimitri à finir le chemin à pied.
L'homme portait son habituel manteau long, un simple chapeau noir qui jurait de façon saisissante avec ses cheveux court d'un blanc immaculé et sa canne en fer forgée qu'il utilisait pour se diriger, la main rendue sûre par les années. L'aveugle n'avait jamais ressenti le besoin de cacher ses yeux voilés par des lunettes ou un quelconque artifice. Après tout, il n'y avait que les autres pour se sentir mal à l'aise à sa vue.
Épongeant la sueur qui avait perlé sur son front le temps de la marche, Dimitri attendit quelques instants avant de se diriger vers la porte, sa cane se plantant avec force dans le sol sec et craquelé, permettant à son ouïe bien plus affûtée que la moyenne de lui donner une idée de l'espace devant lui.
L'homme se remémora les quelques informations qu'il avait pu obtenir sur l'Alchimiste de renom. Ag'Rion Dönnal s'était passionné très tôt pour les bouleversements et réactions chimiques. Il n'avait pas fait long feu à l’Académie des Sciences, car son génie attaquait les fondements même de principes de physique et de gemmologie qui effrayait ses comparses. Et comme la plupart des génies de son genre, on l'avait conspué, raillé et radié de l'Académie pour blasphème. Mais il est des esprits qu'on ne peut briser. Et l'Alchimiste était l'un de ceux-là. Une force indomptable qui ne laisse ni les ragots, ni les pressions, ni les menaces se mettre en travers du progrès et de l'évolution de la Science. Il était donc un homme de caractère, forgé par l'humiliation et le rejet de ses paires.
Un esprit rebelle qui rappelait à l'aveugle le tempérament impétueux de son meilleur ami et associé.
Dimitri n'eut pas besoin de ses yeux pour comprendre que la porte de la maison était ouverte. La différence de température était saisissante. Si l'été était bien avancé au-dehors, un air glacial semblait régner dans la masure. L'homme avança lentement à l'intérieur, prudemment.
Il pouvait entendre les multiples craquements des détritus sous ses pieds, bien que quelque peu assourdie par une poussière tenace. Sur sa droite, une porte entrouverte donnait sur l'atelier d'Ag'Rion.
La petite pièce était éclairée par une lampe à huile démodée qui crépitait, tandis que 3 grandes tables prenaient la quasi-totalité de l'espace. Des fioles, des bec-bunsens et tout un tas d'instruments de mesure, de récolte et de distillations, s'égayait dans un joyeux désordre. D'étranges volutes de fumées s'élevaient de certains contenants, d'autres bouillonnaient tranquillement sous un feu bleu, des gouttes à gouttes jouaient de leur musique monotone tandis que des instruments en fer et en bois, qui n'auraient pas dénoté dans une salle de torture, traînaient partout.
Une nouvelle porte donnait sur une pièce d'où se dégageait une chaleur infernale, mais la température de l'atelier venait réguler agréablement l'ensemble.
Dimitri resta sur le seuil de la pièce. Il ne pouvait voir le désordre de verre et d'acier, de poussière et de crasse, de génie et d'idées avortée, mais il avait senti qu'il aurait personnifié avec panache l'expression : un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Aussi, le gentleman resta parfaitement immobile dans l'embrasure de la porte.
Car collé au mur du fond, attablé à un grand bureau aux multiples tiroirs, Ag'Rion était concentré sur la finition d'un fermoir. L'homme était jeune. Bien plus que ce que les rumeurs ne le laissaient présager. Il portait des cheveux blond en batailles, une chemise défraîchit qui accentuait encore la maigreur de son corps et d'étranges lunettes munie d'une multitude de petites loupes qu'il pouvait ajouter ou enlever à sa guise. Une cigarette terminait de se consumer dans un cendrier plein et des dizaines de plans alambiqués jonchaient le sol autour du bureau.
Une bonne dizaine de minutes passèrent dans un silence assourdissant avant qu'enfin, l'alchimiste ne repose ses instruments sur son plan de travail avec un soupire satisfait. Le fermoir de sa nouvelle création était complexe. Le collier contenait une sphère de verre dans laquelle il avait réussi à enfermer une réaction chimique perpétuelle peu commune. Le sable bleu que contenait le verre se changeait lentement en liquide puis s'évaporait avant de se cristalliser de nouveau dans un ballet infini. Le fermoir, quant à lui, permettait d'actionner les autres perles de couleurs qui flamboyaient alors d'un feu carmin étincelant, venant contraster avec délice la couleur glaciale de la pièce maîtresse.
_Qu'est-ce que tu veux ?
La voix rauque avait claqué soudainement dans le silence, mais Dimitri sourit. Si l'Alchimiste lui avait adressé la parole, c'était qu'il avait apprécié le respect et la patience dont il avait fait preuve à l’égard de son travail.
_Tu peux remballer tes pièces d'or et tes flatteries, j'ai pas l'intention de prendre de commandes pour l'instant ! Continua Ag'Rion sans même se retourner vers son invité.
_Cela aurait été fort intéressant de posséder l'une de vos créations, mais je ne suis pas venue pour cela. Répondit Dimitri de sa voix chantante.
Bien qu'il ne put le voir, il perçut la tension monter subtilement chez son interlocuteur.
_Ah ouais... tu m'en diras tant...
_Je suis venue vous faire part d'une proposition d'un tout autre genre. Il se trouve que l'une de mes connaissances est.. un spécialiste tout aussi talentueux que vous, bien que dans un tout autre domaine.
Seul le silence s'opposa à Dimitri dont le sourire s'élargit. Il avait capté l'attention du créateur.
_J'ai amené l'une de ses créations avec moi si vous souhaitez y jeter un œil. Mon ami est.. comme vous. Il ne vit que selon ses règles et ses découvertes, selon ce qui l'intéresse et ce qui pique sa curiosité, selon ce qui stimule son extraordinaire intelligence et bouscule ses limites.
Ag'Rion se retourna pour contempler l'étranger.
Il n'y avait pas la moindre trace de mensonge ou de flatterie dans sa voix. Son visage semblait doux, mais son discours était sérieux. Il n'y avait pas de vie dans ses yeux, mais il n'y avait aucune tension sur ses traits non plus. Seul un sentiment de bienveillance incongru. Où voulait-il en venir ? Pourquoi était-il venu jusqu'ici ? Le jeune homme se gratta le menton où aucun poil ne semblait jamais vouloir pousser.
Il allait répliquer que, quoi que soit la proposition, ça ne l'intéressait pas, mais un éclat attira son attention.
Un éclat métallique derrière le nouveau venu, qui provenait d'une étrange machine.
Le sourire de Dimitri s’élargit encore. Cela le rendait impressionnant. Un aveugle capable de sentir que son interlocuteur est intéressé sans même pouvoir le voir dénotait d'une perception aiguisée.
_Et.. et donc ? Cette proposition ? Reprit Ag'Rion, de plus en plus intrigué par les formes qu'il pouvait discerner derrière l'homme.
_ Je me nomme Dimitri Lolkine. Je suis le conseiller financier et le soutien indéfectible de mon ami. J'aimerais gérer votre talent. Mon manoir vous sera entièrement libre d'accès, tout comme l'utilisation de mes serviteurs afin de satisfaire au mieux votre confort de vie. Vous auriez avec nous, tout le loisir d'améliorer vos recherches, de créer vos artefacts en toute liberté, qu'elle soit de coût ou de temps. Il n'y a ni contrepartie, ni contrat. Nous ne serez ni obligé d'une quelconque productivité, ni de rendre d'explications ou de justifications. Vous serez libre de créer. Libre d'inventer. Car c'est à cela que je m'efforce. Il existe trop de personne en ce monde qui ne voient que le profit et le pouvoir. La Science ne devrait pas être prisonnière de ces concepts.
Un feu ardent s'était éveillé dans les yeux de l'alchimiste. Il était méfiant, évidemment. La cupidité des hommes, il en avait fait les frais toute sa vie. Mais il y avait une indéfinissable résolution chez ce Dimitri. Soit il était le plus incroyable menteur au monde, soit ses paroles venaient du plus profond de son cœur.
Ag'rion s'approcha lentement de l'aveugle. Derrière lui, une étrange machine humanoïde de fer et de cuivre attendait. Un automate.
L'alchimiste fut sidéré par tant de complexité. Alors que la création ne bougeait pourtant pas encore, il pouvait déjà voir tous les rouages se mouvoir de manière parfaitement synchronisée, calqué sur les mouvements de l'aveugle à la perfection. L'automate était la plus belle machine qu'il avait vue de sa vie. Il n'en comprenait pas encore le fonctionnement exacte ni quelle source d'énergie l'alimentait. L’alliage était-il simplement de fer et de cuivre ? Il pouvait distinguer des pistons, des balanciers au mercure et la taille infime de certains composants lui rappelait ses propres travaux minutieux.
L'excitation commença à déferler dans ses veines, tout comme les milliers de questions qui se formaient, tel un ouragan, dans son esprit. Plus encore que la curiosité instantanée qui le dévora à la seconde où ses yeux se déposèrent sur l'automate, l'impatiente de rencontrer le génie à son origine laissa Ag'Rion sans le moindre mot.
_Mon ami se nomme Nikolas Tesla, et ses créations ont pour vocation de changer le monde par la science. Que diriez-vous d'une collaboration ?


Sagiga:

Spoiler:

Kahen était à bout de souffle. Elle gravissait cette montagne depuis des heures, une douleur lancinante irradiait du bas de ses jambes, ses pieds étaient meurtris par le sol inégal et ses chevilles enflées à force de se tordre. Les muscles de ses mollets tétanisaient, chaque pas réclamait une dose de volonté qu'elle n'était plus sûre de posséder.
Une grosse pierre qui bordait le chemin lui offrait un siège tout désigné, et elle se résolut enfin à faire ce qu'elle repoussait depuis trop longtemps : une pause.
La fatigue et la douleur la mettait à fleur de peau, elle avait envie d'éclater en sanglots. Cependant, ses yeux pleins de larmes n'en versèrent aucune, seule la sueur venait humidifier ses joues. Elle glissa sa main dans la poche de sa tunique et serra dans son point la petite amulette. C'était important qu'elle se souvienne. Qu'elle se rappelle pourquoi toute cette souffrance valait la peine. Parce que quelqu'un, de l'autre côté de ces montagnes, attendait son retour. Et parce qu'elle ne pouvait pas rentrer sans avoir trouvé ce qu'elle cherchait.
Elle dut marcher encore longtemps avant d'atteindre un village, perché sur le flanc de la montagne. Il était temps, le soir était en train de tomber et il commençait à vraiment faire sombre sous le couvert des arbres. À force d'aborder les gens, elle trouva quelqu'un qui acceptait de l'héberger pour la nuit. C'était une vieille femme, dont les lourds bijoux tiraient ses lobes d'oreilles vers le bas et cliquetaient à chacun de ses mouvements. Kahen fit un peu la moue quand la vieille lui proposa de la soupe, elle aurait bien aimer mâcher un repas consistant. Malgré tout, consciente de la générosité de l'ancienne, elle se contenta de la remercier chaleureusement.
– Vous n'êtes pas le premier voyageur qui passe par mon humble maison, vous savez, dit la vieille alors que Kahen savoura chaque gorgée de sa soupe qui était étonnamment goûteuse.
Humble, c'était effectivement l'adjectif qui convenait... L'endroit se résumait à une grande pièce rectangulaire, avec un feu au milieu dont la fumée s'échappait par un trou au plafond.
– Vraiment ? s'étonna Kahen, voyant son hôte qui s'impatientait de ne pas la voir réagir.
– Nombreux sont ceux qui convoitent les pouvoirs des Alchimistes … Mais je dois dire qu'il est rare qu'ils soient aussi jeunes que vous.
Cette fois, l'attention de Kahen était entièrement portée sur la vieille.
– J'ai vu des symboles tracés sur les arbres et sur les pierres en approchant du village. Il y en a donc bien ici ?
Quand la grand-mère fit non de la tête, l'espoir qui venait de naître dans le cœur de Kahen s'évapora et s'échappa de sa poitrine sous la forme d'un long soupir.
– Les Alchimistes préfèrent vivre loin des villages, plus proches de la nature et du ciel. Tu ne les trouveras pas, ce sont eux qui te trouveront.
– Comment ?
– Il y a un plateau, à deux jours d'ici, avec une vallée en contrebas. C'est un grand lieu de passage, il y a du monde. J'ai entendu dire que les Alchimistes vont chercher leurs clients là-bas.
Ceci était la piste la plus tangible que Kahen avait pu trouver depuis son départ. Elle essaya d'en savoir plus et discuta avec son hôte une partie de la soirée, jusqu'à ce que la fatigue l'emporte sur sa curiosité.

Comme la vieille l'avait prédit, Kahen arriva sur le plateau le surlendemain. Sa route avait été parsemée de symboles gravés ici ou là, sur une pierre, dans le tronc d'un vieil arbre, parfois tracés à même le sol. Elle se rapprochait du but.
L'atmosphère qui s'échappait du plateau semblait être une toute autre ambiance que celle qui régnait dans les montagnes qu'elle avait arpentées jusqu'à présent. On pouvait difficilement parler de ville, mais ce, ou ces, villages étaient de loin les plus étendus qu'elle ait croisés durant son périple. Tout le plateau, et tout le flanc de la vallée était recouvert d'habitations, le fleuve qui s'écoulait tout en bas portait un nombre important d'embarcations de tailles variées. Un lointain brouhaha s'échappait des rues visiblement fréquentées.
N'ayant pas vraiment d'idée sur l'endroit où elle pourrait trouver un Alchimiste, la jeune fille décida de se laisser guider par la foule. Elle finirait bien par trouver un indice.
Les ruelles pavées étaient étroites, bordées par des petites maison de briques, souvent à étage, avec des toits colorés. Régulièrement, en raison du dénivelé, on pouvait voir au-dessus des toits les flancs de la montagne de l'autre côté de la vallée. Par endroit, des symboles mystérieux décoraient un mur ou une porte.
De la musique s'élevait au-dessus des bruits de la ville, elle était lointaine, mais Kahen sentait qu'elle s'en rapprochait. Elle arriva sur une place plutôt vaste, mais bondée de monde. Au fond, légèrement surélevés se produisait une troupe de musiciens. Lorsqu'il terminèrent le morceau, la foule applaudit avec ferveur, Kahen vit même quelques piécettes être lancées sur ce qui semblait être une scène. Les musiciens saluèrent, et quittèrent la scène, remplacés par un jeune homme, vêtu de vêtements manifestement trop grands pour lui, muni d'une longue flûte. Il attendit qu'un silence relatif retombe sur la foule avant de jouer les premières notes. Le son cristallin de la flûte capta l'attention de chacun. Une danseuse monta sur scène, avec des mouvements aériens et flottants, qui faisaient écho au son de la flûte, comme si c'était en réalité la musique qui contrôlait ses mouvements. Alors que Kahen songeait qu'elle n'avait jamais rien vu d'aussi envoûtant, un deuxième danseur monta sur scène.
Le spectacle prit une toute autre dimension. Kahen ne percevait même plus le son de la flûte, il était devenu omniprésent aussi naturel que des battements de cœur, il avait remplacé le silence. Toute la beauté résidait dans la danse que les deux artistes effectuaient. Leurs mouvements s'accordaient avec la précision des rouages d'une horloge, ils respiraient en même temps, leurs pieds quittaient et retrouvaient le sol avec un synchronisation surnaturelle. Le plus étrange, était que Kahen ne pouvait pas percevoir ce genre de détails à la distance où elle se trouvait, mais elle le savait. Elle le ressentait. C'était comme si leur deux corps n'en faisaient qu'un, si bien qu'il était parfois difficile de distinguer l'homme de la femme. La prestation semblait hors du temps, ignorante des lois physiques qui s'appliquaient aux autres.
Lorsque les danseurs se figèrent en une pause finale et que la dernière note de flûte raisonna, le silence qui s'abattit sur la foule sembla soudainement assourdissant et désagréable. Comme si le monde s'était soudainement terni. Plusieurs secondes passèrent avant que les gens ne reprennent leurs esprits et ne se remettent de ce à quoi ils venaient d'assister. La ferveur qui s'en suivit frôlait l'hystérie, les danseurs et le musiciens saluèrent et quittèrent la scène. Il sembla à Kahen qu'une partie du public tenta de se lancer à leur poursuite.
Elle-même était tellement déstabilisée par ce qu'elle venait de voir qu'elle manqua de remarquer la femme qui la bouscula, mais surtout, la marque dans sa nuque qui ressemblait à s'y méprendre à tous les symboles qui avaient ponctué sa route jusque là.
– Attendez ! cria-t-elle mais le bruit autour d'elle couvrit sa voix.
Elle se lança à sa poursuite, bousculant sans vergogne quiconque se trouvait sur son passage. Elles s'éloignèrent de la foule et Kahen fut entraînée vers des ruelles plus en hauteur, qui semblaient bien moins fréquentées.
– Excusez-moi ! appela-t-elle, à bout de souffle, craignant de se faire distancer.
La femme, à son grand soulagement, s'arrêta et se retourna avec un air interrogatif. Un anneau d'argent à son nez réfléchissait un rayon de soleil. C'était une femme d'un âge mûr, qui aurait sans doute été encore jolie sans tous ces symboles encrés sur son visages de façon anarchique.
– Je cherche … commença Kahen.
– Je sais, la coupa la femme. Qu'attends-tu de moi ?
– C'est mon petit frère, expliqua la jeune fille. Il n'arrive plus à respirer, aucun médecin ne peut l'aider... J'ai peur … Son état empire, et je l'ai quitté depuis des jours, il est peut-être déjà trop tard... Aidez-moi, je vous en supplie, sauvez-le.
Kahen eut l'impression que quelque chose avait bougé dans les iris vertes de la femme.
– Retrouve-moi à la tombée de la nuit, au pied du chêne millénaire.
Puis, sans plus d'explication, elle disparut au coin de la rue.

En se renseignant, Kahen découvrit que le chêne millénaire était un vieil arbre au-dessus de la ville, célèbre pour la taille de son tronc et l'envergure de ses branchages. Elle le trouva sans difficulté, et profita de son avance pour observer la chute lente et inexorable du soleil derrière la montagne d'en face.
La femme qu'elle avait vu dans l'après-midi, et qu'elle espérait bien être une Alchimiste arriva quelques minutes avant que l'astre ne disparaisse complètement derrière l'horizon, ne laissant derrière qu'un ciel rosé sur le point de s'éteindre.
– Mon nom est Lesmé. Je peux aider ton frère, mais mon pouvoir a un prix.
Kahen commença à fouiller dans son sac à la recherche de sa bourse.
– J'ai de quoi payer ! Je...
– L'Alchimiste posa une main sur celle de Kahen.
– Je n'ai pas besoin de ton argent. Juste de ton poignet.
Interloquée, Kahen obtempéra et tendit le bras vers la femme. Cette dernière brandit une plume à la forme et aux couleurs extravagantes, qui avait dû appartenir à un oiseau exotique que Kahen n'avait jamais croisé. Avec lenteur et douceur, l'Alchimiste commença à dessiner sur la peau de la jeune fille. Soudain, Kahen sentit une brûlure atroce qui suivait le tracé de la plume. Voulant alerter l'Alchimiste, elle constata qu'un symbole incandescent et fumant se dessinait sur la pommette gauche de la femme, faisant écho à celui qu'elle gravait sur son poignet, et encombrant encore plus son visage.
– Attendez, arrêtez !
La brûlure s'arrêta nette et Kahen découvrit avec stupeur qu'une sorte de plante grimpante entourait son poignet et la main de l'Alchimiste.
– Qu'est-ce que... ?! pesta cette dernière.
– Éloigne-toi de cette enfant, sorcière. Tu devras te trouver une autre fontaine de jouvence.
L'Alchimiste avait disparu avant même que Kahen ait pu déterminer d'où venait la voix. Il commençait à vraiment faire sombre. Elle constata néanmoins avec soulagement que la marque sur son poignet avant disparu lorsque les plantes se retirèrent.
– Elle n'aurait pas pu aider ton frère. Elle n'était pas assez puissante. Au mieux elle l'aurait soulagé, pendant quelques temps.
Kahen vit la silhouette d'une femme s'avancer vers elle. Plus tôt dans l'après-midi, elle ne l'avait observée que de loin, et à présent il faisait vraiment sombre pourtant elle avait la certitude que celle qui se tenait devant elle était la danseuse qu'elle avait vue sur la place.
– Qui êtes-vous ?
– Je suis ce que tu cherches. Une Alchimiste.
– Mais la femme avant...
– En était une aussi. Mais elle n'a jamais trouvé sa moitié. Nous Alchimistes, tirons nos pouvoirs de la nature, des éléments, nous sublimons la matière brute, nous créons quelque chose de plus beau, plus parfait. Mais pour ça, nous avons besoin de la véritable Alchimie. Celle qui lie deux êtres et les transcende. Peu de gens le savent, mais un Alchimiste seul est incapable de créer, il ne parvient qu'à transférer l'énergie. C'est ce qu'essayait de faire la femme tout à l'heure, elle te volait un peu de vie, pour en offrir à ton frère et garder pour elle un peu de ta jeunesse.
Kahen déglutit. Elle buvait les paroles de la jeune femme, incapable de faire autre chose que l'écouter, comme envoûtée.
– J'ai senti ta détresse dans la foule tout à l'heure. Je t'ai suivie et observée. Je sais tout de la maladie qui ronge ton frère et je peux l'aider. Nous pouvons l'aider.
À cet instant, sa silhouette se dédoubla et une ombre se glissa à son côté : le danseur qui l'accompagnait.
– Acceptes-tu ? demandèrent-ils d'une seule et même voix.
Kahen acquiesça et leur tendit sa petite bourse contenant les quelques pièces qu'elle avait à leur offrir. La femme accepta le paiement. Sans un mot, les deux Alchimistes se mirent à danser autour de Kahen. Il n'y avait plus le son de la flûte, mais le vent faisant chanter les feuilles du chêne au-dessus d'eux sonnait comme la plus mélodieuse des musiques. Kahen observa avec stupéfaction la végétation devenir lumineuse, avant de se rendre compte qu'il s'agissait de lucioles qui s'élevèrent progressivement, par milliers autour d'eux, baignant Kahen et les danseurs dans une atmosphère surnaturelle. Malgré la fatigue, la jeune fille était incapable de détacher son regard de la danse, de près, elle était encore plus saisissante. Elle sentit que les battements de son propre cœur s'alignaient sur ceux des danseurs, rapides et réguliers. Plus incroyable encore, elle eut la conviction que le cœur de son frère, à des centaines de kilomètres, battait à l'unisson avec eux. Elle le percevait tout à coup, ce fil qui liait les êtres. Celui qui liait les danseurs était souple et solide à la fois, plus brillant que la lune. Elle vit les autres fils, qui la traversait, et qui s'envolaient, sans doute vers son frère. Elle vit les fils qui la reliaient à la nature, qui reliaient chaque être vivant et chaque chose présente sur cette terre. Elle comprit que l'Alchimie reposait sur ces liens. Qu'elle pouvait les renforcer, en créer de nouveaux. Et que c'était ainsi que du plomb devenait de l'or. Qu'un corps malade retrouvait la santé.
Elle ferma les yeux.

Kahen se réveilla et découvrit au-dessus d'elle l'immensité du ciel bleu troublée par les feuilles d'un chêne millénaire qui s'agitaient dans la brise matinale. Elle n'avait aucun souvenir de s'être rendue là. Elle avait l'étrange sentiment d'avoir dansé toute la nuit, elle se sentait à la fois épuisée et incroyablement en paix.
Elle se rendit compte qu'elle tenait quelque chose dans sa main, et quand elle l'ouvrit, y trouva une sorte de graine, de la taille d'une olive.
« Nous pouvons l'aider. »
Ses souvenirs étaient flous, mais elle était pleine de certitudes. Elle avait trouvé ce qu'elle cherchait.
Cette graine, allait sauver son frère.


Dernière édition par Naru le Mer 10 Juin 2020 - 22:50, édité 1 fois

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Message par derviche le Jeu 7 Mai 2020 - 14:19

L'alchimie? ça m'inspire.
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Message par derviche le Mer 27 Mai 2020 - 11:12

Voila! c'est fini! (ça faisait longtemps que j'avais pas fait de du fantastique;-))je me suis inspiré de plusieurs œuvres majeures (saurez vous trouver lesquelles?)

L'alchimiste, la guerrière et l'enfant.:
Sa peau était sèche comme une terre aride. Sa petite taille, ses oreilles pointues et son nez crochu ne laissait pas de doute sur ces origines gobelines. Son rire inspirait celui d'un mourant au poumon percé.

Malgré son grand âge, le vieil alchimiste, reclus dans sa cahute en terre, se sentait en forme. Un bouillon doré, dans sa marmite, tamisait l’ambiance. Dehors, l’éclat de la lune perçait les branchages noires d’une forêt sinistre.

" Alors, dit-il, que me vaut la visite de la célèbre guerrière des hauts plateaux.
Assise dans l’ombre, enroulée dans sa cape, elle l’observait. Son épaisse chevelure mauve encadrait son regard amusé et dénué de peur.
– Tes vieux bouts de miroirs ne t’ont donc rien dit ?
L’alchimiste la dévisagea avec un sourire carnassier.
– Tu l'as? Dit-il.
– Ne te rate pas. Quatre longues années pour la trouver, et je ne compte plus les morts.
Elle lança une bourse à travers la pièce. La peau-verte saisit la sacoche, comme un prédateur happe sa proie.
Le temps n’avaient en rien émoussé ses réflexes. Dans la paume de sa main, il y glissa le contenu. Un cristal rouge sang, une roche si parfaite que l'on aurait pu croire à du liquide en suspension. Dans leurs pupilles flottait la perle de vie, la singularité aspirait les âmes.
L’alchimiste s’arracha du maléfice.
– Que veux tu?
– Un enfant, je veux être mère.
Il ria presque à s'étouffer.
– T'es stérile? Alors tu n’y arrives pas? Ou tu joues pour l’autre équipe, peut être ?
Elle retint une envie de meurtre, d’assouvir sa rage et de lui briser le crane.
– Les vapeurs de tes potions te montent à la tête, vieux sénile.
Il s'esclaffa de plus belle puis sauta à coté de son chaudron.
– Je l'ai préparé quand je t'ai vu arriver.
– Et en échange ?Tu ne veux rien? De l'argent, peut être?
– La luxure des humains a quelque chose de malsain. Voir Lylie, la terrible guerrière, apeurée me suffit.
Elle se gaussa, un rire emprunt d'excitation, celui des champs de bataille, celui qu’elle avait devant un ennemi monumental. Mais son enjouement sonnait faux.
L'alchimiste, accroupie à coté de son chaudron, la regardait sans cligner des yeux. Soudain, il lança la pierre dans le liquide comme si c’était un vulgaire ingrédient. Lylie eut un hoquet de surprise.
Une minute passa. La potion bouillonnait toujours sans changement notable.

Les pupilles de la peau verte se dilataient et se contractaient avec sa respiration.
– Et maintenant ? Dit-elle.
– Et maintenant, tu vas regarder.
– Où? La potion?
Son hochement de tête fut presque imperceptible. Lylie s'avança, s’attendant presque à ce que la marmite explose. Il n'y avait plus un seul son dans l’air, tout cela avait été remplacé par les battements de son cœur. Devant le chaudron, elle se pencha à peine. Elle y vit son reflet. Non, ce ne l’était pas. Elle, mais en plus jeune. Une fille aux cheveux mauves, une enfant parfaite, celui qu’elle voulait, l'être rêvé trop imaginé.
Son regard s’était vitrifié. Le reflet lui fit un sourire et sa respiration se bloqua.
Pendant se temps, le liquide coulait hors de la marmite se transformant en fumée avant même de toucher le sol.
Son hypnose prit fin quand le fond du chaudron lui apparut. Chancelante, elle ne prit pas tout de suite conscience du tapis de vapeur rependu sur le sol.
– Va te balader dans la forêt.

Elle sursauta et dévisagea le gobelin sourieur, comme l’on regarde un monstre horrible. Sa bouche était trop sèche pour répondre. Elle sortit de la cabane. Une mer de brume glissait entre tous les arbres. Les feuillages étaient plongés dans un noir intense. L’unique lumière provenait de la fumée blanche fluorescente transformant chaque tronc en silhouette. A l’entrée de la cahute, planté dans le sol, il y avait sa lance de guerre. Lylie en saisie le cuir et fit jouet ses doigts dessus. Cela la rassura un peu.

Elle progressa silencieusement comme dans un territoire ennemi. Bientôt, le terrier de l'alchimiste disparut. Tout autour d’elle, le décor se répéta indéfiniment, le tournis commença à s’emparer d’elle et soudain le temps s’allongea. Des nausées l’agressèrent, elle lutta pour ne pas tomber et ses pieds avancèrent tout seul.

Une clairière, elle aussi plongée dans l'obscurité blanche, vint à elle. La fièvre sévissait en elle et, entre deux sueurs froides, elle discerna, au centre de la prairie, une petite fille aux cheveux mauves.

Quand elle atteignit la lisière de la forêt, l'enfant se retourna et l'aperçut.
– Maman?
Le mot lui fit comme un coup de point dans le ventre.
– Maman!
La gamine courut vers elle. Trop faible, elle ne fit pas l'effort de l'esquiver. Lylie sentit sa chaleur se blottir contre sa taille.
– C'est toi qui fait le chat maintenant! puis elle éclata de rire. Les yeux dans ses yeux, Lylie n’en revenait pas. Elle sentit une aiguille se planter dans son crane. La douleur fut si intense qu’elle s'effondra sur le coup.
– Maman!
[...]
Les rayons du soleil l'éblouirent. Lylie, encore groggy, se leva sur son séant. L'herbe était fraîche et les oiseaux piaillaient.
– Quelle cauchemar, pensa-t-elle, où suis-je?
A coté d'elle, il y avait un corps tout chaud qui dormait. Celui d’une enfant.
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Message par Naru le Mer 27 Mai 2020 - 20:27

Ah! comment tu me mets la pression!! ^^'
Moi j'ai réussit à créer le concept de mon personnage... mais maintenant je galère à lui trouver un truc à faire qui sorte un peu de l'ordinaire! XD

Je lirais ton texte quand je posterais le mien, histoire de pas me faire influencer! XD

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Message par Sagiga le Dim 31 Mai 2020 - 21:47

I NEED A DELAY

Oui désolée c'est nul, incapable de respecter les deadline pardoooon !
Mais genre... ça fait déjà un mois que le concours est lancé ?!! Où s'envole mon temps ? Je vous l'demande !
Bref promis, je poste ça très vite (pardon pardon) !

(derviche je t'admire pour toujours être dans les temps, même en avance, c'est un vrai super-pouvoir)

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Message par derviche le Dim 31 Mai 2020 - 23:04

oui ce super pouvoir s'appelle les "congés" c'est assez efficace. Mais j'ai tendance à le perdre pendant certaines périodes...
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Message par Naru le Lun 1 Juin 2020 - 14:52

Bien sur, pas de soucis pour un délais !^^ Il te faut combien de temps Sagiga?

Je poste également mon texte!^^
(quoi? comment ça en retard... alors là........... ok c'est vrai! j'ai oublié de le poster hier! XD)

Et je rejoint Sagiga: Derviche, t'as la classe! J'arrive jamais à me motiver pour écrire mon histoire si j'arrive pas dans les derniers jours avant la date butoir! XD
Cela dit, je dois avouer que j'ai beaucoup travailler le concept de mon personnage principale! Je l'avais imaginé pour du médiéval fantastique..; et en faite ... bah pas du tout! XD
J'ai pas pu mettre tous les détails auquel j’avais pensé mais c'est pas grave!^^ j'ai hâte de savoir ce que vous en penserez!

Spoiler:


Bien que l'aube soit à peine levée et qu'une brise fraîche vienne tranquillement balayer l'herbe folle autour de la vieille bâtisse, la lumière qui perçait entre les volets de la seule fenêtre donnant sur l'avant ne s'était jamais éteinte.
Toute la nuit, comme toutes celles précédentes, la lueur n'avait jamais faiblit.
À son atelier, Ag'Rion s'affairait sans accorder aucun compte du temps qui passait, absorber dans son travail, son cœur, tout comme son esprit, en harmonie avec sa passion. Il habitait un feu éternel dans ses pupilles, une brûlante énergie, une frénésie d'idées. Une intelligence jamais rassasiée par ses découvertes, mais toujours stimuler par de nouvelles recherches.
Quelque chose d'aussi futile que l'état piteux de sa maison, du jardin rendu au désordre de la nature ou encore de la crasse accumulée au sol, n'avait sa place dans l'esprit du jeune homme. Il se nourrissait quand la faim prenait le dessus sur le reste et laissait reposer sa tête sur son atelier quand ses yeux se fermaient sans son consentement.
Il y avait cependant des choses qu'il devait surveiller constamment. Ses matériaux en quantité suffisante et le feu ronflant dans le four de la salle du fond. Il pouvait bien se passer d'une douche, mais pas de l'enfer de flammes qui lui permettait de créer ses sphères de verre. Il exécrait de devoir se rendre en ville pour acheter de quoi manger, mais il gardait un œil attentif aux prix des métaux et des divers substances qu'il pouvait commander chez les marchands afin que son stock n'en pâtisse pas.
Et quand il avait besoin d'argent, il accordait enfin la grâce de vendre l'une de ses créations. Un bijou d'une rareté phénoménale aussi unique que son créateur : un joyau « alterné ».
Ag'Rion Dönnal, était le plus talentueux alchimiste bijoutier qu'il était possible de rencontrer.
Mais l'homme en lui-même n'était ni accommodant, ni volubile et encore moins intéressé par les fortunes qu'on pouvait lui offrir pour ses services que par l'état déplorable de son environnement de travail.
S'il était plutôt simple de trouver la petite maison du créateur, beaucoup avaient fait les frais de son irascibilité et de ses talents s'ils venaient à le mettre en colère. Car s'il n'est jamais bon de se frotter à un homme en armes, il est encore moins avisé de s'approcher de l'atelier d'un alchimiste ! Perdre la vue ou l'ouïe après avoir asticoté le maître des lieux n'était que la moindre des conséquences, car l'homme manipulait aussi bien les réactions chimiques explosives que les produits rares et dangereux qui pouvaient brûler la peau, enflammer les poumons ou pétrifier les muscles.
Aussi, lorsque Dimitri approcha la demeure, ce fut avec un profond respect et une attention toute particulière de ne pas déranger inutilement le maître Alchimiste.
La petite maison se trouvait en marge de la ville, au bout d'un sentier peu emprunté qui avait obligé Dimitri à finir le chemin à pied.
L'homme portait son habituel manteau long, un simple chapeau noir qui jurait de façon saisissante avec ses cheveux court d'un blanc immaculé et sa canne en fer forgée qu'il utilisait pour se diriger, la main rendue sûre par les années. L'aveugle n'avait jamais ressenti le besoin de cacher ses yeux voilés par des lunettes ou un quelconque artifice. Après tout, il n'y avait que les autres pour se sentir mal à l'aise à sa vue.
Épongeant la sueur qui avait perlé sur son front le temps de la marche, Dimitri attendit quelques instants avant de se diriger vers la porte, sa cane se plantant avec force dans le sol sec et craquelé, permettant à son ouïe bien plus affûtée que la moyenne de lui donner une idée de l'espace devant lui.
L'homme se remémora les quelques informations qu'il avait pu obtenir sur l'Alchimiste de renom. Ag'Rion Dönnal s'était passionné très tôt pour les bouleversements et réactions chimiques. Il n'avait pas fait long feu à l’Académie des Sciences, car son génie attaquait les fondements même de principes de physique et de gemmologie qui effrayait ses comparses. Et comme la plupart des génies de son genre, on l'avait conspué, raillé et radié de l'Académie pour blasphème. Mais il est des esprits qu'on ne peut briser. Et l'Alchimiste était l'un de ceux-là. Une force indomptable qui ne laisse ni les ragots, ni les pressions, ni les menaces se mettre en travers du progrès et de l'évolution de la Science. Il était donc un homme de caractère, forgé par l'humiliation et le rejet de ses paires.
Un esprit rebelle qui rappelait à l'aveugle le tempérament impétueux de son meilleur ami et associé.
Dimitri n'eut pas besoin de ses yeux pour comprendre que la porte de la maison était ouverte. La différence de température était saisissante. Si l'été était bien avancé au-dehors, un air glacial semblait régner dans la masure. L'homme avança lentement à l'intérieur, prudemment.
Il pouvait entendre les multiples craquements des détritus sous ses pieds, bien que quelque peu assourdie par une poussière tenace. Sur sa droite, une porte entrouverte donnait sur l'atelier d'Ag'Rion.
La petite pièce était éclairée par une lampe à huile démodée qui crépitait, tandis que 3 grandes tables prenaient la quasi-totalité de l'espace. Des fioles, des bec-bunsens et tout un tas d'instruments de mesure, de récolte et de distillations, s'égayait dans un joyeux désordre. D'étranges volutes de fumées s'élevaient de certains contenants, d'autres bouillonnaient tranquillement sous un feu bleu, des gouttes à gouttes jouaient de leur musique monotone tandis que des instruments en fer et en bois, qui n'auraient pas dénoté dans une salle de torture, traînaient partout.
Une nouvelle porte donnait sur une pièce d'où se dégageait une chaleur infernale, mais la température de l'atelier venait réguler agréablement l'ensemble.
Dimitri resta sur le seuil de la pièce. Il ne pouvait voir le désordre de verre et d'acier, de poussière et de crasse, de génie et d'idées avortée, mais il avait senti qu'il aurait personnifié avec panache l'expression : un éléphant dans un magasin de porcelaine.
Aussi, le gentleman resta parfaitement immobile dans l'embrasure de la porte.
Car collé au mur du fond, attablé à un grand bureau aux multiples tiroirs, Ag'Rion était concentré sur la finition d'un fermoir. L'homme était jeune. Bien plus que ce que les rumeurs ne le laissaient présager. Il portait des cheveux blond en batailles, une chemise défraîchit qui accentuait encore la maigreur de son corps et d'étranges lunettes munie d'une multitude de petites loupes qu'il pouvait ajouter ou enlever à sa guise. Une cigarette terminait de se consumer dans un cendrier plein et des dizaines de plans alambiqués jonchaient le sol autour du bureau.
Une bonne dizaine de minutes passèrent dans un silence assourdissant avant qu'enfin, l'alchimiste ne repose ses instruments sur son plan de travail avec un soupire satisfait. Le fermoir de sa nouvelle création était complexe. Le collier contenait une sphère de verre dans laquelle il avait réussi à enfermer une réaction chimique perpétuelle peu commune. Le sable bleu que contenait le verre se changeait lentement en liquide puis s'évaporait avant de se cristalliser de nouveau dans un ballet infini. Le fermoir, quant à lui, permettait d'actionner les autres perles de couleurs qui flamboyaient alors d'un feu carmin étincelant, venant contraster avec délice la couleur glaciale de la pièce maîtresse.
_Qu'est-ce que tu veux ?
La voix rauque avait claqué soudainement dans le silence, mais Dimitri sourit. Si l'Alchimiste lui avait adressé la parole, c'était qu'il avait apprécié le respect et la patience dont il avait fait preuve à l’égard de son travail.
_Tu peux remballer tes pièces d'or et tes flatteries, j'ai pas l'intention de prendre de commandes pour l'instant ! Continua Ag'Rion sans même se retourner vers son invité.
_Cela aurait été fort intéressant de posséder l'une de vos créations, mais je ne suis pas venue pour cela. Répondit Dimitri de sa voix chantante.
Bien qu'il ne put le voir, il perçut la tension monter subtilement chez son interlocuteur.
_Ah ouais... tu m'en diras tant...
_Je suis venue vous faire part d'une proposition d'un tout autre genre. Il se trouve que l'une de mes connaissances est.. un spécialiste tout aussi talentueux que vous, bien que dans un tout autre domaine.
Seul le silence s'opposa à Dimitri dont le sourire s'élargit. Il avait capté l'attention du créateur.
_J'ai amené l'une de ses créations avec moi si vous souhaitez y jeter un œil. Mon ami est.. comme vous. Il ne vit que selon ses règles et ses découvertes, selon ce qui l'intéresse et ce qui pique sa curiosité, selon ce qui stimule son extraordinaire intelligence et bouscule ses limites.
Ag'Rion se retourna pour contempler l'étranger.
Il n'y avait pas la moindre trace de mensonge ou de flatterie dans sa voix. Son visage semblait doux, mais son discours était sérieux. Il n'y avait pas de vie dans ses yeux, mais il n'y avait aucune tension sur ses traits non plus. Seul un sentiment de bienveillance incongru. Où voulait-il en venir ? Pourquoi était-il venu jusqu'ici ? Le jeune homme se gratta le menton où aucun poil ne semblait jamais vouloir pousser.
Il allait répliquer que, quoi que soit la proposition, ça ne l'intéressait pas, mais un éclat attira son attention.
Un éclat métallique derrière le nouveau venu, qui provenait d'une étrange machine.
Le sourire de Dimitri s’élargit encore. Cela le rendait impressionnant. Un aveugle capable de sentir que son interlocuteur est intéressé sans même pouvoir le voir dénotait d'une perception aiguisée.
_Et.. et donc ? Cette proposition ? Reprit Ag'Rion, de plus en plus intrigué par les formes qu'il pouvait discerner derrière l'homme.
_ Je me nomme Dimitri Lolkine. Je suis le conseiller financier et le soutien indéfectible de mon ami. J'aimerais gérer votre talent. Mon manoir vous sera entièrement libre d'accès, tout comme l'utilisation de mes serviteurs afin de satisfaire au mieux votre confort de vie. Vous auriez avec nous, tout le loisir d'améliorer vos recherches, de créer vos artefacts en toute liberté, qu'elle soit de coût ou de temps. Il n'y a ni contrepartie, ni contrat. Nous ne serez ni obligé d'une quelconque productivité, ni de rendre d'explications ou de justifications. Vous serez libre de créer. Libre d'inventer. Car c'est à cela que je m'efforce. Il existe trop de personne en ce monde qui ne voient que le profit et le pouvoir. La Science ne devrait pas être prisonnière de ces concepts.
Un feu ardent s'était éveillé dans les yeux de l'alchimiste. Il était méfiant, évidemment. La cupidité des hommes, il en avait fait les frais toute sa vie. Mais il y avait une indéfinissable résolution chez ce Dimitri. Soit il était le plus incroyable menteur au monde, soit ses paroles venaient du plus profond de son cœur.
Ag'rion s'approcha lentement de l'aveugle. Derrière lui, une étrange machine humanoïde de fer et de cuivre attendait. Un automate.
L'alchimiste fut sidéré par tant de complexité. Alors que la création ne bougeait pourtant pas encore, il pouvait déjà voir tous les rouages se mouvoir de manière parfaitement synchronisée, calqué sur les mouvements de l'aveugle à la perfection. L'automate était la plus belle machine qu'il avait vue de sa vie. Il n'en comprenait pas encore le fonctionnement exacte ni quelle source d'énergie l'alimentait. L’alliage était-il simplement de fer et de cuivre ? Il pouvait distinguer des pistons, des balanciers au mercure et la taille infime de certains composants lui rappelait ses propres travaux minutieux.
L'excitation commença à déferler dans ses veines, tout comme les milliers de questions qui se formaient, tel un ouragan, dans son esprit. Plus encore que la curiosité instantanée qui le dévora à la seconde où ses yeux se déposèrent sur l'automate, l'impatiente de rencontrer le génie à son origine laissa Ag'Rion sans le moindre mot.
_Mon ami se nomme Nikolas Tesla, et ses créations ont pour vocation de changer le monde par la science. Que diriez-vous d'une collaboration ?

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Concours de Texte n°78 [findes votes le 05/07/2020] Empty Re: Concours de Texte n°78 [findes votes le 05/07/2020]

Message par Sagiga le Dim 7 Juin 2020 - 22:57

IL EST LAAAAA !!

Désolée d'avoir tant tarder ! Honnêtement j'ai bien cru qu'il ne viendrait jamais. C'est devenu tellement difficile d'écrire !!! J'ignore pourquoi, mais j'ai vraiment galéré comme pas permis ^^'

Bref, je l'ai pas du tout relu, je vous le balance, j'espère qu'il y a pas trop de coquilles et que c'est pas trop mauvais ahah !

Merci de m'avoir attendue !!!

Spoiler:

Kahen était à bout de souffle. Elle gravissait cette montagne depuis des heures, une douleur lancinante irradiait du bas de ses jambes, ses pieds étaient meurtris par le sol inégal et ses chevilles enflées à force de se tordre. Les muscles de ses mollets tétanisaient, chaque pas réclamait une dose de volonté qu'elle n'était plus sûre de posséder.
Une grosse pierre qui bordait le chemin lui offrait un siège tout désigné, et elle se résolut enfin à faire ce qu'elle repoussait depuis trop longtemps : une pause.
La fatigue et la douleur la mettait à fleur de peau, elle avait envie d'éclater en sanglots. Cependant, ses yeux pleins de larmes n'en versèrent aucune, seule la sueur venait humidifier ses joues. Elle glissa sa main dans la poche de sa tunique et serra dans son point la petite amulette. C'était important qu'elle se souvienne. Qu'elle se rappelle pourquoi toute cette souffrance valait la peine. Parce que quelqu'un, de l'autre côté de ces montagnes, attendait son retour. Et parce qu'elle ne pouvait pas rentrer sans avoir trouvé ce qu'elle cherchait.
Elle dut marcher encore longtemps avant d'atteindre un village, perché sur le flanc de la montagne. Il était temps, le soir était en train de tomber et il commençait à vraiment faire sombre sous le couvert des arbres. À force d'aborder les gens, elle trouva quelqu'un qui acceptait de l'héberger pour la nuit. C'était une vieille femme, dont les lourds bijoux tiraient ses lobes d'oreilles vers le bas et cliquetaient à chacun de ses mouvements. Kahen fit un peu la moue quand la vieille lui proposa de la soupe, elle aurait bien aimer mâcher un repas consistant. Malgré tout, consciente de la générosité de l'ancienne, elle se contenta de la remercier chaleureusement.
– Vous n'êtes pas le premier voyageur qui passe par mon humble maison, vous savez, dit la vieille alors que Kahen savoura chaque gorgée de sa soupe qui était étonnamment goûteuse.
Humble, c'était effectivement l'adjectif qui convenait... L'endroit se résumait à une grande pièce rectangulaire, avec un feu au milieu dont la fumée s'échappait par un trou au plafond.
– Vraiment ? s'étonna Kahen, voyant son hôte qui s'impatientait de ne pas la voir réagir.
– Nombreux sont ceux qui convoitent les pouvoirs des Alchimistes … Mais je dois dire qu'il est rare qu'ils soient aussi jeunes que vous.
Cette fois, l'attention de Kahen était entièrement portée sur la vieille.
– J'ai vu des symboles tracés sur les arbres et sur les pierres en approchant du village. Il y en a donc bien ici ?
Quand la grand-mère fit non de la tête, l'espoir qui venait de naître dans le cœur de Kahen s'évapora et s'échappa de sa poitrine sous la forme d'un long soupir.
– Les Alchimistes préfèrent vivre loin des villages, plus proches de la nature et du ciel. Tu ne les trouveras pas, ce sont eux qui te trouveront.
– Comment ?
– Il y a un plateau, à deux jours d'ici, avec une vallée en contrebas. C'est un grand lieu de passage, il y a du monde. J'ai entendu dire que les Alchimistes vont chercher leurs clients là-bas.
Ceci était la piste la plus tangible que Kahen avait pu trouver depuis son départ. Elle essaya d'en savoir plus et discuta avec son hôte une partie de la soirée, jusqu'à ce que la fatigue l'emporte sur sa curiosité.

Comme la vieille l'avait prédit, Kahen arriva sur le plateau le surlendemain. Sa route avait été parsemée de symboles gravés ici ou là, sur une pierre, dans le tronc d'un vieil arbre, parfois tracés à même le sol. Elle se rapprochait du but.
L'atmosphère qui s'échappait du plateau semblait être une toute autre ambiance que celle qui régnait dans les montagnes qu'elle avait arpentées jusqu'à présent. On pouvait difficilement parler de ville, mais ce, ou ces, villages étaient de loin les plus étendus qu'elle ait croisés durant son périple. Tout le plateau, et tout le flanc de la vallée était recouvert d'habitations, le fleuve qui s'écoulait tout en bas portait un nombre important d'embarcations de tailles variées. Un lointain brouhaha s'échappait des rues visiblement fréquentées.
N'ayant pas vraiment d'idée sur l'endroit où elle pourrait trouver un Alchimiste, la jeune fille décida de se laisser guider par la foule. Elle finirait bien par trouver un indice.
Les ruelles pavées étaient étroites, bordées par des petites maison de briques, souvent à étage, avec des toits colorés. Régulièrement, en raison du dénivelé, on pouvait voir au-dessus des toits les flancs de la montagne de l'autre côté de la vallée. Par endroit, des symboles mystérieux décoraient un mur ou une porte.
De la musique s'élevait au-dessus des bruits de la ville, elle était lointaine, mais Kahen sentait qu'elle s'en rapprochait. Elle arriva sur une place plutôt vaste, mais bondée de monde. Au fond, légèrement surélevés se produisait une troupe de musiciens. Lorsqu'il terminèrent le morceau, la foule applaudit avec ferveur, Kahen vit même quelques piécettes être lancées sur ce qui semblait être une scène. Les musiciens saluèrent, et quittèrent la scène, remplacés par un jeune homme, vêtu de vêtements manifestement trop grands pour lui, muni d'une longue flûte. Il attendit qu'un silence relatif retombe sur la foule avant de jouer les premières notes. Le son cristallin de la flûte capta l'attention de chacun. Une danseuse monta sur scène, avec des mouvements aériens et flottants, qui faisaient écho au son de la flûte, comme si c'était en réalité la musique qui contrôlait ses mouvements. Alors que Kahen songeait qu'elle n'avait jamais rien vu d'aussi envoûtant, un deuxième danseur monta sur scène.
Le spectacle prit une toute autre dimension. Kahen ne percevait même plus le son de la flûte, il était devenu omniprésent aussi naturel que des battements de cœur, il avait remplacé le silence. Toute la beauté résidait dans la danse que les deux artistes effectuaient. Leurs mouvements s'accordaient avec la précision des rouages d'une horloge, ils respiraient en même temps, leurs pieds quittaient et retrouvaient le sol avec un synchronisation surnaturelle. Le plus étrange, était que Kahen ne pouvait pas percevoir ce genre de détails à la distance où elle se trouvait, mais elle le savait. Elle le ressentait. C'était comme si leur deux corps n'en faisaient qu'un, si bien qu'il était parfois difficile de distinguer l'homme de la femme. La prestation semblait hors du temps, ignorante des lois physiques qui s'appliquaient aux autres.
Lorsque les danseurs se figèrent en une pause finale et que la dernière note de flûte raisonna, le silence qui s'abattit sur la foule sembla soudainement assourdissant et désagréable. Comme si le monde s'était soudainement terni. Plusieurs secondes passèrent avant que les gens ne reprennent leurs esprits et ne se remettent de ce à quoi ils venaient d'assister. La ferveur qui s'en suivit frôlait l'hystérie, les danseurs et le musiciens saluèrent et quittèrent la scène. Il sembla à Kahen qu'une partie du public tenta de se lancer à leur poursuite.
Elle-même était tellement déstabilisée par ce qu'elle venait de voir qu'elle manqua de remarquer la femme qui la bouscula, mais surtout, la marque dans sa nuque qui ressemblait à s'y méprendre à tous les symboles qui avaient ponctué sa route jusque là.
– Attendez ! cria-t-elle mais le bruit autour d'elle couvrit sa voix.
Elle se lança à sa poursuite, bousculant sans vergogne quiconque se trouvait sur son passage. Elles s'éloignèrent de la foule et Kahen fut entraînée vers des ruelles plus en hauteur, qui semblaient bien moins fréquentées.
– Excusez-moi ! appela-t-elle, à bout de souffle, craignant de se faire distancer.
La femme, à son grand soulagement, s'arrêta et se retourna avec un air interrogatif. Un anneau d'argent à son nez réfléchissait un rayon de soleil. C'était une femme d'un âge mûr, qui aurait sans doute été encore jolie sans tous ces symboles encrés sur son visages de façon anarchique.
– Je cherche … commença Kahen.
– Je sais, la coupa la femme. Qu'attends-tu de moi ?
– C'est mon petit frère, expliqua la jeune fille. Il n'arrive plus à respirer, aucun médecin ne peut l'aider... J'ai peur … Son état empire, et je l'ai quitté depuis des jours, il est peut-être déjà trop tard... Aidez-moi, je vous en supplie, sauvez-le.
Kahen eut l'impression que quelque chose avait bougé dans les iris vertes de la femme.
– Retrouve-moi à la tombée de la nuit, au pied du chêne millénaire.
Puis, sans plus d'explication, elle disparut au coin de la rue.

En se renseignant, Kahen découvrit que le chêne millénaire était un vieil arbre au-dessus de la ville, célèbre pour la taille de son tronc et l'envergure de ses branchages. Elle le trouva sans difficulté, et profita de son avance pour observer la chute lente et inexorable du soleil derrière la montagne d'en face.
La femme qu'elle avait vu dans l'après-midi, et qu'elle espérait bien être une Alchimiste arriva quelques minutes avant que l'astre ne disparaisse complètement derrière l'horizon, ne laissant derrière qu'un ciel rosé sur le point de s'éteindre.
– Mon nom est Lesmé. Je peux aider ton frère, mais mon pouvoir a un prix.
Kahen commença à fouiller dans son sac à la recherche de sa bourse.
– J'ai de quoi payer ! Je...
– L'Alchimiste posa une main sur celle de Kahen.
– Je n'ai pas besoin de ton argent. Juste de ton poignet.
Interloquée, Kahen obtempéra et tendit le bras vers la femme. Cette dernière brandit une plume à la forme et aux couleurs extravagantes, qui avait dû appartenir à un oiseau exotique que Kahen n'avait jamais croisé. Avec lenteur et douceur, l'Alchimiste commença à dessiner sur la peau de la jeune fille. Soudain, Kahen sentit une brûlure atroce qui suivait le tracé de la plume. Voulant alerter l'Alchimiste, elle constata qu'un symbole incandescent et fumant se dessinait sur la pommette gauche de la femme, faisant écho à celui qu'elle gravait sur son poignet, et encombrant encore plus son visage.
– Attendez, arrêtez !
La brûlure s'arrêta nette et Kahen découvrit avec stupeur qu'une sorte de plante grimpante entourait son poignet et la main de l'Alchimiste.
– Qu'est-ce que... ?! pesta cette dernière.
– Éloigne-toi de cette enfant, sorcière. Tu devras te trouver une autre fontaine de jouvence.
L'Alchimiste avait disparu avant même que Kahen ait pu déterminer d'où venait la voix. Il commençait à vraiment faire sombre. Elle constata néanmoins avec soulagement que la marque sur son poignet avant disparu lorsque les plantes se retirèrent.
– Elle n'aurait pas pu aider ton frère. Elle n'était pas assez puissante. Au mieux elle l'aurait soulagé, pendant quelques temps.
Kahen vit la silhouette d'une femme s'avancer vers elle. Plus tôt dans l'après-midi, elle ne l'avait observée que de loin, et à présent il faisait vraiment sombre pourtant elle avait la certitude que celle qui se tenait devant elle était la danseuse qu'elle avait vue sur la place.
– Qui êtes-vous ?
– Je suis ce que tu cherches. Une Alchimiste.
– Mais la femme avant...
– En était une aussi. Mais elle n'a jamais trouvé sa moitié. Nous Alchimistes, tirons nos pouvoirs de la nature, des éléments, nous sublimons la matière brute, nous créons quelque chose de plus beau, plus parfait. Mais pour ça, nous avons besoin de la véritable Alchimie. Celle qui lie deux êtres et les transcende. Peu de gens le savent, mais un Alchimiste seul est incapable de créer, il ne parvient qu'à transférer l'énergie. C'est ce qu'essayait de faire la femme tout à l'heure, elle te volait un peu de vie, pour en offrir à ton frère et garder pour elle un peu de ta jeunesse.
Kahen déglutit. Elle buvait les paroles de la jeune femme, incapable de faire autre chose que l'écouter, comme envoûtée.
– J'ai senti ta détresse dans la foule tout à l'heure. Je t'ai suivie et observée. Je sais tout de la maladie qui ronge ton frère et je peux l'aider. Nous pouvons l'aider.
À cet instant, sa silhouette se dédoubla et une ombre se glissa à son côté : le danseur qui l'accompagnait.
– Acceptes-tu ? demandèrent-ils d'une seule et même voix.
Kahen acquiesça et leur tendit sa petite bourse contenant les quelques pièces qu'elle avait à leur offrir. La femme accepta le paiement. Sans un mot, les deux Alchimistes se mirent à danser autour de Kahen. Il n'y avait plus le son de la flûte, mais le vent faisant chanter les feuilles du chêne au-dessus d'eux sonnait comme la plus mélodieuse des musiques. Kahen observa avec stupéfaction la végétation devenir lumineuse, avant de se rendre compte qu'il s'agissait de lucioles qui s'élevèrent progressivement, par milliers autour d'eux, baignant Kahen et les danseurs dans une atmosphère surnaturelle. Malgré la fatigue, la jeune fille était incapable de détacher son regard de la danse, de près, elle était encore plus saisissante. Elle sentit que les battements de son propre cœur s'alignaient sur ceux des danseurs, rapides et réguliers. Plus incroyable encore, elle eut la conviction que le cœur de son frère, à des centaines de kilomètres, battait à l'unisson avec eux. Elle le percevait tout à coup, ce fil qui liait les êtres. Celui qui liait les danseurs était souple et solide à la fois, plus brillant que la lune. Elle vit les autres fils, qui la traversait, et qui s'envolaient, sans doute vers son frère. Elle vit les fils qui la reliaient à la nature, qui reliaient chaque être vivant et chaque chose présente sur cette terre. Elle comprit que l'Alchimie reposait sur ces liens. Qu'elle pouvait les renforcer, en créer de nouveaux. Et que c'était ainsi que du plomb devenait de l'or. Qu'un corps malade retrouvait la santé.
Elle ferma les yeux.

Kahen se réveilla et découvrit au-dessus d'elle l'immensité du ciel bleu troublée par les feuilles d'un chêne millénaire qui s'agitaient dans la brise matinale. Elle n'avait aucun souvenir de s'être rendue là. Elle avait l'étrange sentiment d'avoir dansé toute la nuit, elle se sentait à la fois épuisée et incroyablement en paix.
Elle se rendit compte qu'elle tenait quelque chose dans sa main, et quand elle l'ouvrit, y trouva une sorte de graine, de la taille d'une olive.
« Nous pouvons l'aider. »
Ses souvenirs étaient flous, mais elle était pleine de certitudes. Elle avait trouvé ce qu'elle cherchait.
Cette graine, allait sauver son frère.

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Message par Naru le Mer 10 Juin 2020 - 23:00

Et voilà, les votes sont lancés!^^

J'en profite pour donner mes critiques:


Derviche:


J'ai bien kiffé ma lecture!!! XD
ça faisait longtemps que tu n'avais pas sortit un texte fantastique de ce type!^^
J'ai adorée les échanges entre l'alchimiste et la guerrière!
Les deux personnages ont de super fortes personnalités qui s'expriment très vite en si peu de ligne! Chapeau! ^^

C'est affreux, je n'ai rien de plus à dire que : j'ai vraiment trouvé ça super et j'en aurais voulu encore plus!!^^'


Sagiga:


Enfin! Le tant attendu texte!!^^
Rassure-toi... je suis loin d'être déçu!^^
J'aime toujours autant ta manière d'écrire très fluide et ton petit côté poétique.
J'ai beaucoup aimé cette "sorcière" pas tout à fait alchimiste qui essaye de prendre la jeunesse de l'héroïne! Je trouve qu'elle rajoute une complexité bienvenue au texte car de 1 elle sert à faire changer le personnage principale (qui ne fera certainement plus confiance aveuglément de si tôt! XD) et de 2 elle permet d'introduire une idée de "hiérarchie" de pouvoir dans ce domaine (t visiblement, elle à pas l'air super forte!^^)

J'aurais préféré que Kahen se souvienne (au moins vaguement) de cette rencontre avec les alchimistes! (mais bon, on ne peut pas tout avoir dans la vie! XD)

Je trouve tes alchimistes vraiment réussit, aussi bien leur concept que la visualisation qu'on s'en fait! Je pense que tu devrais te garder cette idée pour la réutiliser peut-être ailleurs ?
(tu vois de quoi je parle Wink )

Bref, j'arrive pas à me décider entre vos deux textes! ^^mais c'est souvent comme ça quand vous participez tous les deux!! ^^


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Merci à Tamiku pour son Kit Magnifique!!^^
Spoiler:
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Un grand merci à Bakatenshi !!!!
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Message par derviche le Sam 20 Juin 2020 - 15:30

Salut salut, j'ai reprus le boulot, du coup je suis moins actif. Mais voila mon avis sur ton texte Naru, (Premier arrivé premier servi) a écrit:
Aussi, le gentleman resta parfaitement immobile dans l'embrasure de la porte.

J'ai eu du mal a m'imaginer la forme du chapeau, je me suis dis, c'est un chapeau qui jure avec ces cheveux blanc, du coup, involontairement je me suis dit, son chapeau est pas ouf. 
Et la le mot gentleman, je me dis ok c'est un haut de forme. (ou alors j'ai lu trop vite, ça c'est pas impossible)



pas besoin les questions "Où voulait-il en venir ? Pourquoi était-il venu jusqu'ici ? "  je me dit : on se les pose automatiquement.

Bref j'ai vraiment apprécié ton texte, il me fait vraiment pensé au livre, au cycle de la brume de carlos ruiz zafon, toujours à la limite de l'imaginaire et du realiste, il me fait pensé au film le prestige. Bref on a carrement envie de savoir la suite. J'ai beaucoup aimé aussi le coup que ce soit un aveugle. c'est rafraîchissant. Et ça donne une descrition de l'atmosphere d'un autre point de vue. Comme la temperature, les bruits sont plus mis en avant. 

Le texte est génial, surtout la fin. J'aurai presque préféré que tu nous fasses un peu plus deviné les origines de l'alchimiste plutot que de nous la donner. (mais ça aurait pu prendre plus de temps. et fait un plus grand texte peut être. 

Au sujet de mon texte, merci pour ton com, ça m'a rappelé les moments ou j'écrivais sur des sites de rolistes. C'était sympa.  Pour le gobelin je me suis inspiré de Yoda. C'était marrant. J'ai écrit la suite, mais elle est tres courte et pas du tout relu. ça pique un peu. 

Voila voila
tcho!


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