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Résultats des concours
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Concours de Dessin n°100:
"Redessiner un ancien dessin
"

Avec modèle:
Ex-aequo
Mia Orihara
Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] 15079210

-Shaolan-
Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] 15099110


Sans modèle:
Evilshurato
Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] Suppor10

~
Concours Graphisme 99:
"Renders imposés"

Intermédiaire
Camua
Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] Camua10

Confirmé-expert
Caeldori
Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] 22082610

~
Concours de Texte n°57 :
"au bar"


Lonely D

"[...]Je laissais un profond soulagement me gagner en voyant la silouhette à demi-voutée de monsieur Noyssodi apparaitre près de moi. La main qui tenait mon bras retomba tandis que le petit homme se plantait entre mon client pot-de-colle et moi. Ses yeux d'argent plongèrent dans ceux du Don Juan qui le regardait avec une pointe d'agacement.

« Votre serveuse allait s'occuper de moi justement, fit-il en faisant un signe vers moi, ne vous en faites pas.

– Vous n'avez rien à faire ici, déclara le patron sans le quitter des yeux.

– Pardon ? Demanda l'homme en prenant un air outré. Je suis un client, vous n'avez pas le droit...

– Dehors, le coupa le vieil homme. »

Il avait prononcé ce seul mot avec un ton que je ne lui connaissais pas et qui me fit frissonner. Même s'il ne s'adressait pas à moi, je ressentis l'irresistible envie de tourner les talons tant sa voix était soudainement devenue impérieuse, absolue. L'homme se raidit et son regard se vida, faisant disparaître toute émotion de son visage. A ma grande surprise, je le vis se diriger vers la sortie sans un mot, laissant la lourde porte de verre se refermer derrière lui.

« Tu vas bien ? Demanda monsieur Noyssodi en reprenant son ton doux habituel. »

Je hochais la tête en esquissant un sourire plein de gratitude. [...]"


=> lire les textes

~ Concours de Photo n°21:
"
Noir et blanc"
Gagnante :
-Shaolan-
Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] 14897710


Félicitations à vous tous (et toutes) !! =)

Tous les gagnants des concours ici
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Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08]

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Message par Naru le Lun 10 Juin 2019 - 20:45

Hey les gens !^^

Voici le concours de texte 71 !^^

Le thème sera: Apparence(s)

Comme pour le dernier concours, je vous laisse totalement LIBRE de l'interprétation du thème !^^ Apparence trompeuses ou non, physique ou non etc... faites vous plaisir!

D'ailleurs, on va tester également un concours sans limitation de lignes! ^^
Évitons quand même des textes de 30 pages hein.... histoire qu'on puisse quand même les afficher sur l'accueil du concours... ^^'

Bon courage !
J'espère vous voir un peu plus nombreux que la dernière fois !^^ (bien que ce soit toujours un plaisir de batailler avec toi Derviche ! Wink )

Début des votes le 15/07!

Participants:

Derviche:

Homo charta:

Vous vous souvenez de vos un an, quand vous n’étiez qu’un tout petit, rien qu’une larve humaine. Vous souvenez vous de l’anniversaire de vos deux ans, celui où votre père a soufflé les bougies pour vous. La mémoire de la petite jeunesse n’est que flash dans la brume illuminant des formes déjà vues quelque part, un monde enfoui dans votre cerveau. Ma vie, cela faisait longtemps qu’elle avait disparue et avec elle tous mes souvenirs. Je ne sais plus quand mon corps s’était arrêté de bouger dans cette vaste demeure abandonné. Était-ce ma maison ? Je ne ne savais plus. C’était sans importance. Après tout de temps ici sans voir personne, ces lieus, j’en faisais partis. Immobile. Mon esprit confondait minute et année, heure et semaine, saison et éclaircie.


Ce jour là, provenait depuis la fenêtre une lumière éblouissante éclairant la poussière volante. Les rayons, mêlés à l’obscurité, teintait la pièce de divers bleus. Quand j’ai entendu des rires ce fut comme un éclair dans la brume. Lorsque la porte de la pièce s’ouvrit cela déchira les toiles d’araignée qui me tenaient compagnie depuis si longtemps. Elle avait des chaussures très colorées et de long cheveux : une adolescente qui gloussait de plaisir. Ce son, douce mélodie qui revenait d’une époque où toute chose était futile et la vie facile. Je crois qu’elle cherchait à se cacher. Soudain, un jeune homme déboula à son tour dans la pièce et attrapa la fille.
« Attends ! Arrête de me pousser !  gémit-elle.
– Quoi !
– C’est une bibliothèque, s’émerveilla la fille.
Moi, j’étais dans le siège, au milieu de la pièce, transpercé par les traits de lumière. Après tout ce temps, Je n’étais qu’atmosphère et poussière. Leurs yeux ne voyaient que le présent. Si bien que lorsque leurs pupilles dilatées passèrent sur moi ils ne ressentirent rien, pas même un peu de vent.
– Est ce que quelqu’un a déjà lu tous ces livres ?
Erwin en attrapa un et la moitié des pages tombèrent par terre.
– Peut être mais il y a longtemps.
– Fait attention ! s’offusqua la fille.
– Oups, désolé.
Il s’appelait Erwin et elle, Armine. Oui, je me souviens.
Elle s’approcha au fond de la pièce et sortit de mon champs de vision car c’était dos à mon fauteuil.
– Là, une machine à écrire, s’écria Armine.
– Wooh, comme dans les films !
– Une Remington ! c’est une Remington ! »
Quand ces intrus allaient-ils partir ? En leur présence, le temps avait une consistance plus ferme, plus copieuse. Je n’y étais plus habitué. J’espérais qu’ils partent pour pouvoir retomber dans cette catatonie hypnotique. Il pouvait tout emporter, tout cela n’avait aucune valeur pour moi.
Mais c’est à ce moment précis que je ressentis quelque chose. Un truc, une douleur, peut être.
– Il y a tout un tas de feuilles juste à coté de la machine, dit Armine en s’emparant du paquet
– Tu crois qu’elle marche encore ? Erwin n’osait pas appuyer sur une touche.
– On dirait un journal intime.
Ces yeux suivirent les premières lignes.


30 mai 1920


C’est ma dernière escale avant de te revoir, toi et notre belle Europe. Oui, Darius l’Europe est belle contrairement à ce paysage de misère. Ici, il n’y a que de la jungle impénétrable et quand on sort un peu de la jungle, ce ne sont que des chemins de poussière écrasés par un terrible soleil. Nous passons au large des côtes brésiliennes et nous arriverons après demain en Guyane. L’île du Démon m’attend. Je dois faire la vérité sur une étrange légende racontée par les habitants. Tout ça n’est que foutaise. Il semblerait que l’on y entend des groupes d’individus chanter. Toutes personnes tentant de les rejoindre disparaissent à jamais dans la forêt. C’est peut être une secte.


1 juin 1920


Un maître d’hôtel du navire m’a proposé ses services. Un français dénommé Kelen. Le commandant m’a assuré qu’il était fiable et ne rechignait jamais à la tache.


2 juin 1920


Cher Darius,


Je suis enfin arrivé au large de l’île du Démon et je l’observe depuis le navire comme on zieute son ennemi. Ce n’est pas la vision que je me faisais de l’enfer mais c’en est bien un. Du moins pour les européens. Ici, le temps est complètement arrêté. L’air que l’on respire est chargé en humidité et la rend moins respirable que celle du bureau du vieux sénateur Ashleigh. M. Kelen a découvert le rhum. Il n’arrête pas de se plaindre, me parle sans interruption de sa foutue Bretagne et de sa ferme quand il n’est pas ivre. Si je l’ai engagé pour avoir une aide qui avait quelques connaissances en navigation, il se trouve, au final, meilleur navigateur qu’aide. Sa cuisine est infecte et son thé, je dois l’admettre, fait avancer la science. Moi qui hait l’alcool, il a fallu que je tombe sur un ivrogne. Nous avons trouvé refuge à l’hôtel de la Belle Angel, ce n’est pas très propre mais ce n’est pas loin du port d’où notre première expédition partira. Ce sera demain à l’aube.


Les deux jeunes se passaient les feuillets. Ils ont remis toutes les pages dans l’ordre. J’ai commencé à sentir mes jambes chauffer, un flot de sang brûlant remontait mes artères. Soudain le jeune homme s’est écrié « Mais c’est qui Darius ! ». Darius, ce nom résonna si fort en moi comme si mon cœur percutait ma poitrine à toute allure.


3 juin 1920.


Nous avons mis pied sur l’île. Dans la chaleur tropicale, tout ce que nous portons pèse trois fois son poids. Je te revoie encore vitupérer sur ton potager avec tes salades qui ne poussent pas, contrairement à celle de notre voisin. Ici, la moindre graine tombée par terre se termine en monstre végétal impénétrable. Cette île dois bien faire vingt miles de rayons. Nous avons échoué dans notre tentative de faire le tour en bateau à cause des hauts-fonds. La nuit dernière a été horrible. Je crois bien que les moustiques ont résolu l’énigme de la moustiquaire. Bon dieu Darius que je hais les cafards. Vivement que nous trouvions la chose qui rend les habitants fous que je puisse revenir vers toi. Demain, je préparerai l’expédition qui nous mènera au centre de l’île. Selon les autochtones, c’est de là que proviennent les chants maudits


4 juin 1920.


Au petit matin, j’ai retrouvé M. Kelen complètement ivre devant le portail de l’hôtel. J’ai enjambé son corps et prié le gérant de lui annoncer son renvoie quand monsieur se réveillera. Comme prévu, j’ai passé ma journée à prévoir l’expédition de demain. Il ne fut pas aisé de trouver des porteurs, la légende qui a lieu sur cette île terrifie tant la population que le seul fait de l’évoquer m’a valu d’être menacé à la machette. Finalement, j’ai trouvé deux hommes originaires du Brésil. Ce sont des chercheurs d’or. Ils viennent surtout pour inspecter les rivières de l’île.


Lorsque je pus étendre mes doigts, lorsque je pus me hisser sur mes jambes, lorsque je pus étirer ma nuque, mes yeux inspectèrent mon corps doté d’une nouvelle jeunesse. Les deux jeunes étaient toujours là au fond de la pièce, assis par terre. Toujours lisant. La fille avait la tête posée sur l’épaule du garçon qui tenait les feuilles. J’aurai pu redécouvrir la maison. J’aurai pu sortir et voir le monde mais je me suis assis à coté d’eux.


4 juin 1920.


Cher Darius, La recherche scientifique ne vous prépare pas à ça. Les lanières de mon sac m’ont torturé. Les chemins quand il y en avait n’étaient que de la boue glissante. Il n’y a pas de belles plantes, pas de jolis animaux. Pénétré dans la végétation est un effort constant. Je commence à croire que cette île ne veut pas de nous. L’eau devient un sérieux problème. Si nous n’en trouvons pas, il nous faudra bientôt faire demi-tour, peut être dès demain. Je n’ai pas entendu le moindre chant depuis que je suis arrivé, même celui des oiseaux. Il n’y a pas de vie, si ce n’est cette végétation. Tu me prendras pour un délirant, je sais, mais j’ai l’impression d’être observé.


5 juin 1920.


Première nuit en hamac. Toujours dans le silence complet. C’est cette nuit où j’ai pris conscience qu’il n’y avait pas d’insecte sur cette île. C’est étrange, il n’y a pas de moustique mais nous n’arrivons pas à nous en réjouir. Toujours pas d’eau. Nous avons un peu remplis nos gourdes avec la rosée du matin. Chaque gorgée compte.


6 juin 1920


C’est un miracle. Un vrai miracle. Nous avons trouvé une cabane sur le flanc d’une falaise et Il y a une source dedans ! Nous y passerons la nuit. Mes deux compagnons vont suivre la source pour espérer y trouver une rivière et de la nourriture.


6 juin 1920 soir.


Ils ne sont pas revenu. Je ne sais pas quoi faire, Dois-je partir à leur recherche. La nuit tombe. Il ne reste presque plus rien à manger.


7 juin 1920.


La solitude me pèse comme une menace constante. Il n’y a, autour de moi,que le bruit de la source qui me donne soif. La faim est comme un requin qui me tourne autour. Je dois partir, demain à l’aube, c’est décidé.


9 juin 1920.


Je ne suis pas partis car je ne suis pas seul. Tu vas me traiter de fou. Je sais que tu le feras. Mais voila que deux matins de suite je trouve des fruits par terre. Juste en dessous de mon hamac. Ils sont délicieux. Cependant, cela n’est pas assez pour me donner l’énergie de revenir. Mes bienfaiteurs sont-ils ces même personnes qui chantent au milieu de la forêt. Il n’y a toujours pas de bruit d’animaux.


12 juin 1920.


Je suis puni, Darius, peut être de mon amour maladif envers toi. J’ai tenté de m’enfuir. La route me ramène à cette foutue cabane. Encore et encore. On m’a rapporté encore des fruits. J’ai voulu tendre un piège à mes bienfaiteurs mais je suis si fatigué et m’endors à chaque fois avant leur venu.


Le récit s’est arrêté ici. J’ai observé les deux jeunes en train de se dévisager.
– Il n’y a plus rien après !? s’inquiéta la fille.
– Fouille la pièce, la fin est peut être quelque part, Armine.
J’ai cherché aussi. Mais nos recherches furent inutiles.
– Armine, il n’y a pas de fin, les feuilles sont encore à coté de la machine à écrire.
Ils vont s’en aller maintenant, me suis-je dit, et je vais retourner dormir dans mon fauteuil.
Mais Erwin reprit la parole en souriant et me sauva la vie.
– Toi qui sais si bien écrire les histoires. Dis moi, comment se termine l’histoire ?
– Te moque pas de moi répliqua Armine.
– Mais je suis très sérieux. Je veux savoir la fin !
– Moi aussi ! criai-je comme un fou détenu au fond d’une prison très profonde. Mais personne ne m’entendit.Je vis alors le visage de la fille se décomposer.
– Ce n’est pas mon livre, pourquoi veux tu que je lui donne une fin ?
Armine, est amoureuse de Edwin, je le vois dans ces yeux, mais c’est aussi une foutue écrivaine. Elle, comme tous les auteurs, elle a ce je ne sais quoi de maudit qui nous pousse à livrer notre âme sur du papier, même si cela ne sert à rien, même si les pages de nos livres seront uniquement tournées par le vent.
– Je vais y réfléchir, Edwin. Je...il..ce bouquin, il n’est pas de moi, si j’invente la fin. Il me faut m’imprégner du style de l’auteur et puis il faut que la calligraphie soit la même. Je..je dois relire l’œuvre, pour ne pas faire de faute scénaristique. Cela va prendre beaucoup de temps. Edwin haussa les épaules.
– Ok, dit-il ne sachant pas quoi lui répliquer.
C’est alors que je vis dans le regard d’Armine, la femme qu’elle deviendra. Jusqu’au-boutiste, Déterminée à donner vie à ces personnages. Des enfants qui vivraient en elle jusqu’à sa mort, à moins qu’elle ne leur fasse un magnifique cadeau de papier.


Ils sont tous les deux partis et je me suis rassis. Que le temps est long quand on a de l’espoir. La pièce était devenue la prison du désespoir. Je repensais à elle, à eux et puis à Darius jusqu’à ce que revienne la brume.


Un bruit de chaise raclant sur le sol fut comme un réveil hurlant dans mes oreilles. Il faisait jour. Et elle était là. Je ne l’avais pas entendue rentrer. Armine ! elle était là ! relisant mon texte, assise devant la Remington !


– Tu n’existes pas, dit-elle. Mon cœur a bondi, j’ai cru qu’elle me parlait.
– Je ne sais pas ! m’écriais-je, je ne sais plus. Mais elle parlait toute seule.


Elle inséra une feuille vierge dans la machine. Ses deux mains tremblèrent au-dessus du clavier, mais ce n’était pas le froid. J’entends encore le syndrome de la page blanche qui passait dans la salle comme un vent glacé, la minute fut si longue…


Et puis soudain elle appuya sur une lettre et puis une autre. Retenant ma respiration à chaque fois qu’elle s’arrêtait, et découvrant la suite de ma vie qui s’étalait. Elle tapa, tapa, sans arrêter, arracha une feuille. Chaque lettre était pour moi un battement de cœur. Me revoilà sur l’île du Démon, prisonnier dans ma cahute au milieu de la jungle hostile. Les jours passèrent au fil des phrases d’Armine. Je me souviens de la fin.


20 juin 1920.


« Les fruits n’étaient que des cafards ! » C’est ce qu’a dit le docteur L’eau de source devait être empoisonnée, je n’y voyais que des fruits alors que je me nourrissais de ces immondes choses. Rien que d’y penser, j’ai la tête qui tourne. Je suis dans un hôpital français à Cayenne. Ils m’ont retrouvé, mais pas les chercheurs d’or toujours portés disparus. Je dois admettre que c’est Kelen qui m’a sauvé la vie. Il a donné l’alerte, il a monté l’expédition de sauvetage. Sauvé par un ivrogne, moi qui déteste toutes ces boissons qui rabaissent l’homme au rang d’animal. Je ne suis pas qu’une victime des préjugés, je suis très capable d’en avoir aussi. Je pourrais peut être sortir demain.


21 juin 1920.


Je reviens Darius. Je reviens. Je prends une frégate de l’armée française pour Brest cette après-midi. Kelen est fou de joie. Mon état de santé ne me permet pas de continuer les recherches. Mais nous savons où est la cabane. J’ai échoué et pourtant je n’arrive pas à cesser de sourire. Je ne pense qu’à toi.


Les pages de mon histoire s’empilaient. Armine en arriva à décrire la porte de la maison de mon amant. J’étais pétrifié. Darius ! Mon cœur faisait un compte à rebours qui résonnait jusqu’à mes tympans.


15 août 1920. Southampton.


J’ai voulu frapper à la porte, Darius. J’y étais presque. Je t’ai vu avec ta famille. Tes enfants. Cette femme. L’aimes tu autant que nous nous sommes aimés, l’aimes tu d’un amour sensuel et charnel. Mais tu semblais si heureux. Tu rigolais avec ta troupe familiale. Cela fait si longtemps que je suis partis. De quel droit puis-je briser ton bonheur. Après sept longues années. J’étais venu te dire que j’avais démissionné même si le ministère des sciences m’a proposé d’aller en Asie. Je voulais te dire que j’étais libre. Je t’aimerai toujours Darius.


Armine s’arrêta d’écrire. J’ai voulu l’étrangler, la frapper, l’éviscérer ! Moi, le fantôme, j’ai pleuré. Pourquoi ne puis-je pas vivre avec l’homme que j’aime ? Seulement ce n’étais pas la fin, Armine continua de taper, j’ai relevé la tête, je me suis aperçu qu’elle me donnait, non pas ce que je voulais, mais ce dont j’avais besoin depuis toujours. Une force incommensurable s’empara de moi et j’ai attrapé le téléphone.


– Voilà pour les pré-séquels, dit Armine, il est temps d’écrire mon histoire.


Le Fantôme d’Opium.


Le téléphone hurla. Le vieux breton, encore éméché de la veille, fit tomber sa lourde patte dessus.
« A...hips..llo ?
– Kelen ? Encore ivre à ce que je vois. Faites vos valises, on part pour Hong-Kong.


J’ai attrapé mon manteau de pluie, mon chapeau et je suis sorti de cette maison.


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Sagiga:
Shadows:
La journée touchait à sa fin, une brise chaude balayait la ville, c'était comme si la nuit tentait de chasser la chaleur du jour en la balayant. Petit à petit, l'air se ferait plus frais et l'obscurité s'épanouirait dans la fraîcheur de l'air nocturne.
Alex marchait d'un pas rapide malgré sa canne. Il manqua de renverser une femme, qui laissa échapper un petit « Oh ! » aigu. Elle sentait la rose et portant une longue robe qui effleura le mollet découvert d'Alex. Le jeune homme n'aimait pas se déplacer, c'était toujours laborieux, il sentait le regard des gens qui l'observaient passer, entendait leurs exclamations discrètes lorsqu'ils remarquaient sa canne banche et ses lunettes noires.
Détestables.
Mais ce qu'il détestait par-dessus tout, c'était le fait de croiser des gens tout court.
Alors il restait enfermé chez lui, le plus possible, ne sortait que s'il y était obligé.

Malec4Ever : Hey vous êtes là ?
Musashi9 : Wtf No ta changé de pseudo ?
Malec4Ever : Ouep
Musashi9 : C'est quoi ce truc
Musashi9 : T'as encore fini une série c'est sa ?
Malec4Ever : Héhé
Malec4Ever : Ouiiiiiiiiiiiiii
Adèle a rejoint le chat.
Adèle : Salut les gars
Musashi9 : Yo
Adèle : Pas mal le pseudo Nora
Malec4Ever : Dèlounetttte <3
Malec4Ever : Merciii !
TheSight : Tout le monde est là, à ce que je vois.
Musashi9 : Et bonjour ça te tuerais TS ?!
TheSight : Tu veux jouer à ça Musashi ?
TheSight : Apprends. À. Écrire.
Musashi9 : Ok le gars est de mauvaise humeur !
Adèle : C'est cool que vous soyez tous là, ça faisait longtemps.
Malec4Ever : Mais oui trop longtemps
Malec4Ever : Mais c'est toi qu'on voyait plus ces derniers temps !
Adèle : Ouais je sais
Adèle : Déso
Adèle a quitté le chat.

Alex observait son café fumant, posé près de son clavier d'ordinateur. L'odeur lui rappelait immanquablement les petits déjeuners familiaux du dimanche matin. C'était le seul jour dans la semaine où il déjeunait avec son père, et ce dernier buvait toujours un grand café avec ses tartines de beurre. Alex avait étrangement associé l'odeur du café avec cette vision de son père, en pyjama, le dos légèrement voûté et le coude levé, en train de porter à ses lèvres une tasse de café brûlant.
Le garçon but quelques gorgées de sa boisson, sans pouvoir s'empêcher de grimacer.
Amer.
C'était le goût de ce souvenir. Le goût du café.
Amertume lorsque, un matin, une ombre s'éleva au-dessus des épaules de son père en pyjama.
Lorsqu'une ombre s'éleva au-dessus de chacune des personnes qu'Alex croisait.
C'était diffus, informe. Au début. Puis Alex avait grandi.
Vers l'âge de ses 15 ans, les ombres commencèrent à prendre forme. C'était comme un immense buste avec de longs bras qui entouraient la personne, surmonté d'une tête.
Et plus le garçon avançait dans la vie, plus les détails apparaissaient.
Un jour, il avait vu un visage déformé, la bouche tordue vers le bas, à l'instar des arcades sourcilières... un visage qui s'effondrait.
Qui s'effondrait de tristesse.
Le visage de sa mère.
Le dimanche qui suivit, l'ombre de son père avait une expression si maléfique qu'à partir de ce jour-là, Alex ne tourna plus jamais les yeux vers son père.

Adèle : TheSight ? T'es là ?
TheSight : Toujours.
Adèle : Ca va ?
TheSight : Toujours. Et toi ?
Adèle : Ouais
TheSight : Il se passe un truc ?
Adèle : Bof...
Adèle : Les cours, ma mère...
Adèle : La merde habituelle
TheSight : On peut en parler
TheSight : Je sens que t'es pas comme d'habitude.
Musashi9 a rejoint le chat.
Musashi9 : « Je sens que t'es pas comme d'habitude »
Musashi9 : Mec, comment tu te la racontes xD
TheSight : Putain Musashi
TheSight : Qu'est-ce que t'es con
Adèle : Salut Musashi =)
Musashi9 : Je déconne sa va
Musashi9 : Tu sais que tu peux nous parler Adèle
Adèle : Oui, merci les garçons
TheSight : Anytime.
Musashi9 : Mec, faut vraiment que t'arrête de te la jouer autant
Adèle : Bon je vous laisse, ma mère m'appelle.
Adèle a quitté le chat.


Alex avait quitté le foyer familiale dès qu'il avait pu. Il était parti faire ses études dans une fac à l'autre bout de la France, il était parvenu à trouver un petit appartement qui lui suffisait largement. Il n'était évidemment jamais allé en cours et avait vite dû trouver une solution pour pouvoir vivre indépendamment en évitant tout contact extérieur.
Il avait finalement trouvé un job de vigile dans un musée, suffisamment excentré pour croiser peu de monde sur le chemin en arrivant le soir, il travaillait seul et lorsqu'il rentrait chez lui tôt le matin, la ville était encore endormie.
Il évitait de prendre sa canne lorsqu'il allait travailler, il connaissait suffisamment bien la route, mais il gardait ses lunettes noires. Personne n'engagerait un vigile aveugle, il devait donc éviter que ses collègues le voient arriver en tâtant le trottoir du bout de sa canne.
Ainsi, la seule rue de la ville qu'il connaissait, était la rue du musée.
C'était la seule rue où il s'autorisait à ouvrir les yeux.
Il ne savait même pas à quoi ressemblait son propre immeuble. Une fois à l'extérieur, c'était la seule façon de ne pas voir les ombres. De ne pas voir ce qui se cache derrière chaque personne, cette âme hideuse ou torturée qui pèse sur les épaules de chacun.
Bien évidemment, parfois les ombres reflétaient des expressions sympathiques, comme elles reflétaient la véritable nature des personnes, pourtant cela n'avait rien de rassurant aux yeux d'Alex. À quoi bon savoir qu'il existait de vraies bonnes personnes, quand son propre père apparaissait comme un horrible monstre égoïste. Quand il craignait chaque jour de retrouver sa mère morte, brisée par cette tristesse qui semblait la submerger. Il en était venu à détester la voir sourire, parce qu'il savait que chaque sourire était un odieux mensonge, un masque de carnaval ridiculement posé sur le visage d'un grand brûlé.
Ce travail de vigile, c'était ce qui lui permettait de rester loin de sa famille, de cette souffrance quotidienne. C'était une motivation suffisante pour le faire sortir de chez lui chaque jour, au risque de croiser quelques inconnus et leurs ombres.

Adèle : Ouah c'est drôle qu'on habite à côté !
TheSight : Oui drôle de coïncidence.
Adèle : On s'est peut-être déjà croisé ?!
TheSight : Je ne pense pas...
Adèle : Pourquoi pas ?
TheSight : …
TheSight : J'ai des horaires particuliers et je ne sors pas beaucoup.
Adèle : Ce serait sympa de se voir un jour.
TheSight a quitté le chat.

Alex avait trouvé refuge sur internet. Il restait humain après tout, et avait besoin de liens sociaux. Grâce aux groupes de chat en ligne, il n'avait pas à rencontrer les personnes en chair et en os. Il n'avait pas à voir leur ombre. Il avait enfin l'impression d'entretenir une relation sincère. Peu importait que les gens jouent un rôle en se cachant derrière leur écran, Alex n'en savait rien. Il était enfin à égalité avec le reste du monde, il ne voyait pas la véritable nature des gens. C'est ainsi qu'il avait créé une solide amitié avec trois personnes, et leur parler était pour lui d'un réconfort si salvateur qu'il ne pouvait plus se passer de leur compagnie virtuelle.
Malgré tout, il n'avait jamais vraiment abordé le sujet de son « don ». Tout ce qu'il leur avait dit, c'était qu'il avait de gros problèmes relationnels, qu'il n'aimait pas vraiment le contact d'autrui parce qu'il était empathe. C'était une demie vérité qui lui permettait de se confier, sans passer pour un fou à lier.

Nora : QUUEEEOOOIIII
Nora : J'ai manqué un appel vocal de 2:36 ??
Musashi9 : Ouais j'ai vu sa aussi quand je me suis connecter
Musashi9 : #TeamExclu
Nora : TS ? Adèle ?
TheSight : Mmmh ?
TheSight : Ouais on a discuté hier soir avec Adèle.
Musashi9 : Les choses avancent vite on dirait !
TheSight : C'est pas notre faute si vous n'étiez pas connectés.
Nora : Oh ça va Thesight, fais pas genre
Nora : Vous êtes mimis tous les deux
Musashi9 : Et moi je suis toujours seul
TheSight : Qui voudrait de toi Musashi ?
Musashi9 : Détourne pas la conversation stp
Nora : Moi je t'aime Musashi <3
TheSight : Tu aimes tout le monde Nora...
Nora : Ouiiiiiii !
Musashi9 : Je pleurs
Adèle a rejoint le chat.
Nora : Adèle !!
Adèle : Hey ! Ça parle de moi ?
TheSight : Musashi est jaloux
Adèle : Ahah
Adèle : C'est moi j'avais besoin de me défouler un peu
Nora : Ta maman ?
Adèle : Ouais elle a fait une nouvelle crise récemment, c'est dur
Musashi9 : Je croyais que t'avait jeté toutes ses merdes.
Adèle : Elle doit avoir d'autres cachettes, elle était défoncée quand je suis rentrée l'autre jour
Adèle : Bref n'en parlons plus, distrayez-moi
TheSight : OK j'ai de nouveaux éléments concernant ma théorie
Musashi9 : Tu appelles ça une théorie ?
Nora : Quoi ? Le truc comme quoi ton musée est hanté ?
TheSight : Je vous jure que des objets bougent tous seuls ! J'en ai encore eu la preuve la nuit dernière.
Adèle : Alors c'est qui selon toi ? Un pharaon maudit ? L'esprit tourmenté d'un chevalier ?
TheSight : Pourquoi ce serait un esprit maléfique ? Il me veut peut-être du bien !
Nora : Et c'est quoi qui a bougé cette fois ?
Musashi9 : Bon les gars, c'est pas que vos histoires de fantômes m'intéresse pas mais j'dois y aller.
Adèle : Byyye
Musashi9 a quitté le chat.

Un soir, Alex se rendait au musée comme à son habitude. Lorsqu'il tourna dans la rue de son lieu de travail il marqua une pause, tendit l'oreille. Les bruits qu'il percevaient étaient uniquement lointains, il n'y avait probablement personne dans la rue. Il retira ses lunettes noires et lentement, s'autorisa à ouvrir les yeux sans pour autant détacher son regard du sol. D'un pas rapide il tentait de rejoindre les marches à l'entrée du musée lorsqu'une voix s'éleva, l'arrêtant net :
– Alex ?
Par réflexe il redressa immédiatement la tête et aperçut à quelques mètres la silhouette d'une jeune femme qui portait une robe noire, droite, toute simple. Ses boucles noires étaient agitées par la brise du soir. Et au-dessus d'elle s'élevait une ombre gigantesque aux contours vacillants, et dont les longs bras maigres ne cessaient de venir griffer son propre visage, tirant ses traits vers le bas.
La détresse de cette âme semblait infinie, elle avait pris la forme de doigts crochus qui lacéraient le cœur d'Alex à l'instar du visage de l'ombre.
La poitrine en lambeaux, le garçon ouvrit la bouche mais ne parvint à faire sortir aucun son. La jeune fille lui adressait un sourire mi-figue mi-raisin, elle semblait hésiter sur la façon dont elle devait se comporter.
C'était Adèle.

Malec4Ever a rejoint le chat.
Malec4Ever : TS t'es tout seul ?
TheSight : Ouais... Musashi devrait pas tarder
Malec4Ever : Et Adèle ?
TheSight : Toujours rien depuis l'autre soir.
Malec4Ever : Merde ça va faire bientôt deux semaines
Malec4Ever : Ça a jamais duré aussi longtemps
Malec4Ever : Même pas de MP ?
TheSight : Rien...
Musashi9 a rejoint le chat.
Musashi9 : Je vois qu'on se pose tous la même question
Musashi9 : Omg Nora t'as toujours pas rechangé ton pseudo ?!!
Malec4Ever : J'aime bien celui-là =P
Malec4Ever : TS t'habite pas loin non ? Y a pas moyen que t'essaie d'aller la voir ?
TheSight : Pardon ?
Musashi9 : Bah c'est vrai. Elle te la déjà proposé, pourquoi t'y va pas ?
TheSight : Je vous l'ai déjà dit c'est compliqué
TheSight : Je peux pas voir les gens.
TheSight a quitté le chat.

Alex tentait de reprendre son souffle. Il était couché sur son lit, les yeux brillants de larmes qui menaçaient de couler à tout moment.
Lorsqu'il avait reconnu Adèle, son corps avait agi tout seul. Il avait couru comme il n'avait jamais couru, loin de cette fille dont l'ombre le terrifiait.
Il ne voulait pas la voir.
Il fallait que ça reste virtuel.
Il ne voulait pas la voir.
Même le soir, les rues étaient encore bien fréquentées et cela faisait bien longtemps qu'Alex n'avait pas croisé autant d'ombres. Ces visions lui avaient glacé le sang, mais il ne n'avaient pas pu s'arrêter de courir, il fallait qu'il fuit à tout prix cette fille.
Il savait qu'il se mettait en danger en révélant qu'il travaillait au musée. Il espérait au plus profond de lui qu'Adèle n'oserait jamais se montrer à l'improviste.
Mais elle était là ce soir.
Effondrée, brisée, déchirée …
Mourante.
Et elle lui avait sourit. Pas un vrai sourire, un sourire forcé, un sourire qui disait « Aide-moi ».
Mais il avait fui.
Des larmes roulèrent furieusement le long de ses joues, il tenta de les essuyer de ses mains tremblantes. La vision de l'ombre lacérant son propre visage s'imposa à lui et il suffoqua, incapable de se calmer.
Il ne dormit pas de la nuit.

Adèle a rejoint le chat.
Adèle a quitté le chat.
Malec4Ever a rejoint le chat.
Malec4Ever : Adèle !
TheSight : Elle s'est déco ?!
TheSight : Et merde !!!
Malec4Ever : Tu lui as parlé ?
Musashi9 a rejoint le chat.
TheSight : Bah non...
Musashi9 : Je l'ai ratée ?!
Malec4Ever : On l'a tous ratée...
Adèle a rejoint le chat.
Malec4Ever : Adèle !!
TheSight : Adèle !
Musashi9 : Hey
Adèle : Vous êtes là
Malec4Ever : Bah oui, tu nous as fait peur
Adèle : Faut plus vous inquiéter
TheSight : Dis-nous ce qu'il se passe
Adèle : Je vais beaucoup mieux, merci !
Adèle a quitté le chat.

Cela faisait deux fois en moins d'une semaine qu'Alex arpentait les rues de sa ville en courant. La nuit était tombée, il croisait quelques personnes qu'il ne voyait même pas.
Un mélange d'angoisse, d'urgence et de culpabilité lui nouait les entrailles. Il courait aussi vite que possible, tentant de faire taire toutes les émotions contradictoires qui l'assaillaient.
Il savait où Adèle habitait, elle lui avait déjà donné son adresse dans l'espoir qu'ils essaieraient de se rencontrer.
Il espérait simplement qu'il arriverait à temps.
Le message qu'elle venait d'envoyer sur le chat n'avait aucun sens. Il avait vu son ombre. Elle ne pouvait pas aller beaucoup mieux, pas en si peu de temps. Il l'avait déjà laissée tomber, quatre jours plus tôt, à cause de sa faiblesse et de sa stupidité.
Il ne la laisserait pas tomber une deuxième fois.
Il trouva le lotissement où elle habitait. Il cherchait le numéro en éclairant les boîtes aux lettres avec la lampe torche de son téléphone. Il suait et haletait fort, peu habitué à faire de l'exercice physique. Pourtant pas une seconde il n'avait songé à s'arrêter, la peur semblant fonctionner comme une décharge pure d'adrénaline.
18.
Il ne frappa même pas à la porte, il entra en trombe dans la maison. La porte était ouverte. Dans une pièce à côté, on entendait la télévision, mais le reste de la maison était silencieuse.
Alex trouva rapidement l'escalier en face de l'entrée et monta trois par trois les marches grinçantes.
– Adèle c'est toi ? cria une voix éraillée depuis le rez-de-chaussée mais Alex l'ignora.
À l'étage il n'y avait que trois portes le long du couloir. Le jeune homme tomba nez-à-nez avec son reflet dans le miroir de la salle de bain. Étouffant un cri, il claqua la porte avant d'avoir pu distinguer sa propre ombre dans le miroir.
Son cœur battait à tout rompre. C'était sa plus grande phobie. Voir à quoi ressemblait sa propre ombre. Il prit une seconde pour se calmer. Il remarqua alors l'eau qui coulait sous la porte de la salle de bain et venait mouiller ses chaussures.
La lumière était allumée lorsqu'il avait ouvert la porte.
Et maintenant que son cœur ne tambourinait plus comme un fou, il entendait le bruit de l'eau coulant d'un robinet. Il composa le 15 sur son téléphone et garda son pouce suspendu au-dessus de la touche « Appel ».
Il ouvrit à nouveau la porte en prenant soin d'éviter de regarder dans le miroir et trouva immédiatement la baignoire. Il y reconnu Adèle, vêtue d'un pyjama, inconsciente, elle baignait dans une eau rosée. Il repéra les entailles profondes qui saignaient au niveau des poignets de la jeune fille. Son ombre flottait vaguement au-dessus d'elle, toujours aussi terrifiante de désespoir.
Alex appela les urgences et dans un élan de lucidité déchira son T-shirt avec un rasoir posé tout près pour nouer des bandes de tissus autour des plaies d'Adèle.
Il resta à genoux sur le sol trempé d'eau et de sang, tremblant, les mains fermement refermées sur les poignets d'Adèle en attendant que les secours arrivent.

TheSight a rejoint le chat.
Noraa : Un revenant !
Musashi9 : Hey TS
TheSight : Tiens Nora, tu as finalement repris ton bon vieux pseudo ?
Noraa : Ouais mais j'ai dû rajouter un a, ça disait que Nora était déjà pris.
Musashi9 : Ahah ! Sa t'apprendra à changer pour des pseudos à la noix
Noraa : Bon et sinon des nouvelles d'Adèle ?
TheSight : J'ai appelé l'hôpital, ils m'ont dit qu'elle allait mieux.
Musashi9 : Tu pourrais quand même aller la voir.
TheSight : Pas vraiment mon truc les hôpitaux...
Noraa : J'espère que ça va aller.
Noraa : Heureusement que tu as réagi ce soir-là.
TheSight : Ouais...
TheSight : Je crois que ça m'a un peu aidé avec mon truc d'empathie
Musashi9 : Ah ?
TheSight : Genre peut-être que ça me permet d'aider les gens, peut-être que je peux tourner ça en quelque chose de positif...
Noraa : Ouah ! Tu passes du stade « Je veux voir personne » à « Je veux aider les autres » !
TheSight : Ouais nan je sais pas
TheSight : Oubliez.
Musashi9 : C'est parti il va nous faire une crise existencielle
TheSight : La ferme Musashi
Noraa : Mdrr
Noraa : Moi je te soutiens !
Adèle a rejoint le chat.

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Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] Empty Re: Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08]

Message par derviche le Mer 12 Juin 2019 - 15:34

Chamlok:
Coeur de Pierre:
     
Port Gargouille était une ville sinistre. L’une des premières cités bâties sur le nouveau continent, par une marchande excentrique qui se faisait appeler la mère des gargouilles. Elle fit sculpter des centaines de gargouilles pour orner les toits de la ville et en aurait probablement fait sculpter plus encore si la fièvre indigène ne l’avait pas emportée. On disait aux enfants que s’ils n’étaient pas sages, l’une de ces statues allait prendre vie, se glisser dans leur chambre et les enlever sur les toits, et alors eux aussi deviendraient des gargouilles.
Il ne faisait jamais beau à Port-Gargouille, il y avait toujours une brume qui s’élevait de la mer le matin et qui ne disparaissait qu’à la nuit tombée. Les nuits où le ciel était dégagé il était plus facile de trouver son chemin qu’en journée. On dit que seules les familles vivent à Port-Gargouille depuis plusieurs générations se plaisent dans la cité, les autres partent dès qu’ils en ont l’occasion, fuyant leurs angoisses et abandonnant leurs maisons. On raconte aussi que les gargouilles investissent ces maisons vides, si bien que les mendiants préfèrent rester sous la pluie que de s’y risquer.
Tiberion n’était pas un mendiant, mais il ne faisait pas partie d’une vieille famille de Port-Gargouille non plus. En fait, Tiberion n’avait pas de famille. Il y a dix années de cela il faisait partie de ces dizaines d’immigrés en provenance du vieux continent qui arrivaient tous les jours, bourré d’ambitions et d’énergie. Aujourd’hui il se sentait fatigué et vieux, vidé par ces dix années passées au service de Madame Targus. Mais il subsistait l’espoir : très bientôt cela serait derrière lui, il pourrait quitter cette ville et enfin embrasser cette vie dont il rêvait depuis si longtemps. Oui, très bientôt.
Tiberion attendait son dernier travail en regardant les passants par la fenêtre de sa maison. Dans l’ombre, à travers l’ouverture de son volet, il pouvait les observer sans être observé en retour. Il habitait dans l’une de ces nombreuses maisons soi-disant abandonnées et n’était pas autorisé à se montrer en public.
Brusquement un passant se retourna dans la direction de la fenêtre. Tiberion sursautât, mais le passant devait seulement regarder la façade décrépie. Ce mauvais geste suffit à faire apparaitre une nouvelle craquelure dans sa peau, ou agrandir une ancienne difficile à dire, il y en avait tellement maintenant.
« J’ai besoin d’une restauration » murmura-t-il pour lui-même.
Tiberion était une gargouille depuis huit ans, une vieille gargouille en fin de contrat. À peine deux ans après son arrivée il était ruiné, sans travail, accablé par la fièvre, dans une maison de laquelle il serait probablement bientôt éjecté. Tiberion se souvenait de cette nuit où quatre coups puissants s’abattirent sur sa porte.
***

Tiberion se leva pour aller ouvrir, toussant et trébuchant, enroulé dans sa couverture trempée de sueur, s’attendant à découvrir deux gardes avec un mandat d’éviction. Au lieu de cela une femme petite et maigre avec de longs cheveux rouges et des gants de la même couleur l’attendait. Elle était accompagnée par deux colosses avec des capes noires, dont un qui tenait un parapluie qui semblait tout petit dans son énorme poing.
« Bonsoir Tiberion, je suis ici pour votre fièvre »
« Comment savez-vous que je suis mal… » une soudaine quinte de toux l’empêcha de terminer sa phrase. La femme en profita pour s’inviter à l’intérieur et fit signe aux colosses de la suivre.
« Je sais beaucoup de chose sur vous Tiberion. Je sais que vous êtes travailleur et malchanceux. »
Il était difficile de donner l’âge de cette femme : elle pouvait avoir vingt ans comme quarante. Elle donnait l’impression de choisir ses mots avec soins, faisant attention à ne pas trop en dire.
« Je sais que vous êtes ruiné et malade. Je sais que vous n’avez aucun moyen d’empêcher les gardes de vous mettre à la rue dans deux jours ».
Tiberion tressaillit en entendant la date fatidique. La fièvre lui avait fait perdre le fil des jours, ce brusque rappel à l’ordre lui fit comme un coup de poing dans l’estomac. Il admettait enfin l’évidence : sa vie était foutue. Il allait crever dans la rue comme tous les autres fiévreux. Il sentit son menton trembler, ses yeux mouiller et ses genoux se dérober. C’est à ce moment-là que Tiberion sentit les mains de la femme lui encadrer le visage. Elle s’était accroupie en face de lui, elle ne souriait pas mais son regard brillait.
« Je peux vous aider ».
Elle fit un signe au colosse qui portait le parapluie, celui-ci se plaça au centre de la pièce avant de retirer sa cape. C’était une gargouille. Sa peau était grise et sombre et parcourue de craquelures qui malgré leur nombre ne donnait pas l’impression de fragilité. Il paraissait aussi inébranlable que les remparts du mur extérieur. Il avait le même aspect voûté et les mêmes yeux ses pupilles que les statues sur les toits, mais celui-là n’avait pas d’ailes ni de crocs.
La femme se releva, se tourna vers la gargouille et caressa la joue grise avec le dos de la main. Elle devait se mettre sur la pointe des pieds pour cela, mais son geste demeurait gracieux et maternel.
« Je vous présente Marvin. Il y a trois ans il a été atteint par la fièvre indigène et comme vous il a bien failli finir ces jours dans la rue. Mais Marvin a fait un choix : celui de vivre. »
Tiberion ingurgitait ces informations avec une étonnante facilité, difficile de dire si c’était à cause de la fièvre ou parce qu’il était prêt à tout croire pour conserver une once d’espoir. La femme se retourna vers lui.
« Je m’appelle Hélène Targus. Je peux vous guérir de votre fièvre, vous donner un travail et la possibilité de garder votre maison. Je peux vous donner suffisamment d’argent pour vous offrir la vie que vous êtes venu chercher ici. À l’issue de votre contrat. »
Elle extirpa une seringue contenant un liquide rouge de son manteau et le tendit à Tiberion. Après un instant d’hésitation celui-ci attrapa la seringue et commença à l’examiner. Le liquide était légèrement transparent et faisait des bulles quand on le secouait.
« Si ce contrat est si alléchant, pourquoi le proposer à un mourant ? »
Tiberion fit un geste pour rendre la seringue à Madame Targus, mais celle-ci ne fit pas mine de vouloir la récupérer. Au lieu de cela elle sauta pour s’assoir sur la table, ses pieds ne touchaient pas le sol. Une attitude surprenante pour une femme appartenant à une vieille et riche famille.
« Mon entreprise est extrêmement coûteuse, vous ne me croiriez pas si je vous disais le prix d’une seule de ces seringues. Aussi, j’ai besoin d’une main d’œuvre efficace et loyale. Surtout loyale en fait. »
Elle posa un étrange regard sur Marvin qui pouvait être empreint de tristesse ou de fierté.
« En utilisant cette seringue vous guérissez de la fièvre, mais vous entrez à mon service pendant huit ans. Vous vous donnez la possibilité de vivre la vie que vous êtes venu chercher ici, mais pendant la durée de votre contrat vous devrez suivre le moindre de mes ordres sans discussion. En utilisant cette seringue vous échapperez à la mort, mais vous serez dépossédé de votre corps et de votre visage pendant huit années. Enfin, vous devrez vivre dans l’ombre. »
Après un silence elle ajouta.
« À l’issue de ces huit ans je vous donnerai la deuxième seringue, celle qui vous permettra de récupérer votre visage. Votre corps restera le même, vous n’aurez même pas vieilli. »
Encore un autre silence. Madame Targus attendait visiblement une réponse de la part de Tiberion. Celui-ci regardait la seringue posée dans sa main. Marvin et l’autre gargouille étaient muettes mais elles avaient des manières tout à fait humaines : Marvin contemplait distraitement les craquelures sur le dos de sa main, l’autre, toujours emmitouflé dans sa cape, avait les mains croisées dans le dos et se courbait pour regarder par la fenêtre.
***

Huit ans plus tard, Tiberion se trouvait dans la même position que cette deuxième gargouille, enroulé dans une cape, penché pour regarder par la fenêtre. Comme toutes les autres gargouilles, Tiberion avait développé une drôle de fascination pour le monde extérieur, le genre de fascination pour les choses qui sont hors de portée. Mais pour faire partie du monde extérieur il vous fallait un visage, une identité, chose que Tiberion avait accepté de sacrifier. Il se raccrochait à son nom et à l’espoir que bientôt tout cela serait terminé.
« Très bientôt » murmura-t-il pour lui-même.
Trois coups puissants s’abattirent sur la trappe. Tiberion se redressa, c’était enfin l’heure du dernier travail. Il grimpa les quelques marches de bois qui grincèrent douloureusement sous son poids et ouvrit la trappe qui menait aux toits. Accroupi sur les tuiles Simon l’attendait avec un sourire figé. Tiberion et lui travaillaient en duo depuis trois années. Il avait escorté Madame Targus jusque chez Simon lors de sa prise de contrat. Ils savaient tous les deux ce qu’ils avaient à faire. À la manière si particulière des gargouilles ils sautaient lourdement mais silencieusement de toits en toits en direction des quais, ne laissant dans leur sillage que des débits de tuiles et une ombre éphémère couvrant les étoiles.
C’était un travail classique. Une cargaison clandestine arrivait cette nuit, pour un nouveau fournisseur. Madame Targus ne tolérait aucune concurrence, alors elle avait payé les gardes pour les éloigner des quais et demandé à ses gargouilles de faire le ménage. C’était un travail classique.
Tiberion et Simon se mirent en position, accroupis sur le toit d’un entrepôt. En bas les contrebandiers étaient nerveux, ils chuchotaient bruyamment et jetaient des regards stressés dans toutes les directions. En face, de l’autre côté du canal, une deuxième équipe de gargouille était déjà en position. Simon utilisa un petit drapeau pour signaler à l’autre équipe qu’ils étaient en position. Deux coups de drapeau en face lui indiquèrent que le message était reçu.
Toujours sans dire un mot, Tiberion et Simon entreprirent de désescalader la façade en silence. Les attaques se passaient généralement de cette manière : une équipe pour faire le ménage en bas, et une équipe pour rattraper les fuyards en haut. Ceux d’en haut avaient des arbalètes adaptées aux mains des gargouilles spécialement conçues par Madame Targus. Ceux d’en bas se servaient de leurs poings.
Un contrebandier patrouillait le long des quais. Il avait froid, il avait peur, et il se demandait ce qui pouvait bien l’avoir poussé à accepter ce travail. Peu importe, dans une heure la transaction serait terminée et il pourrait rentrer chez lui. Il chercha sa pipe dans sa blouse quand il entendit un bruit lourd et une bouteille rouler.
Il remit la pipe dans sa blouse et attrapa la hachette qui pendait à sa ceinture. Il approcha la lumière de sa torche de la source du bruit. Quelque chose se tenait là, une forme immense et immobile, qui n’était pas là trente secondes plus tôt. Avant de décider quoi faire de cette information il entendit un cri terrifié, interrompu par un craquement et un gargouillis, en direction de l’endroit où se déroulait la transaction.
Le contrebandier se mit à courir pour aider ses collègues. Les lumières s’éteignaient les unes après les autres. Le premier cri fût suivi par un autre, puis encore un autre, et encore un… jusqu’à ce qu’il ne tienne plus le compte. La seule lumière restante était celle de sa propre torche. Le contrebandier avait maintenant cessé de courir. Il fît quelque pas en arrière bien décidé à s’enfuir avant de buter contre un bloc. Il se retourna pour découvrir une gargouille encapuchonnée tenant ses deux immenses poings hauts dans la nuit. Il plongea sur le côté et les deux poings pulvérisèrent les briques à l’endroit où il se trouvait. Il jeta sa hachette dans les jambes de la gargouille mais l’arme rebondit avec un son clinquant. Il chercha à fuir à quatre pattes mais la chose l’attrapa par la cheville et le souleva comme s’il n’était qu’une vulgaire poupée. Avant même de pouvoir crier ou ressentir quoi que ce soit, il fut projeté contre le mur et ses côtes se vrillèrent dans son corps.
Les quais de Port-Gargouille retournèrent à leur obscurité habituelle. Les corps déformés d’une dizaine de contrebandiers flottaient doucement en direction du grand large. Leur cargaison intacte dans l’entrepôt et leur bateau vide. On entendait plus que le bruit des seaux et les pas lourds des gargouilles qui étaient restés en arrière pour nettoyer ou s’occuper de la cargaison.
Tiberion était assis sur le quai. Il n’avait même pas pris le temps de monter sur un toit. Son dernier travail était terminé. Il ne se sentait pas particulièrement enthousiaste. Il se sentait creux, comme une coquille abandonnée par son crustacé, mais aussi soulagé. Il allait enfin pouvoir retrouver son visage, très bientôt il reprendrait sa vie là où il l’avait laissé. Il sentit la présence de Simon derrière lui.
« Tu sais, on pourrait prendre le bateau de ces gars et partir loin d’ici »
Cette soudaine déclaration étonna Tiberion. D’abord parce que les gargouilles ne sortaient que rarement de leur mutisme et seulement pour parler travail. Aussi parce que Tiberion n’avait aucune idée de comment utiliser un bateau, mais peut être que Simon était pêcheur avant de devenir une gargouille.
« J’ai rendez-vous avec Madame Targus ce soir. » Répondit-il simplement.
« Tu crois qu’elle va te donner quoi ? »
« Ma vie, elle va me rendre ma vie. »
« Il n’y a pas de remède pour le cœur de pierre Tiberion, et je crois que tu le sais. »
« Qu’est-ce que tu en sais ? Qu’est-ce que j’ai à perdre ? Autant tenter ma chance. »
« Madame Targus s’est servie de toi, elle t’a sauvé de la fièvre et te faisait miroiter la possibilité de retrouver ton apparence pour te garder à ses côtés »
Tiberion se contenta de grogner, c’était quelque chose auxquelles toutes les gargouilles avaient déjà pensé, mais cela sonnait faux. La vieille gargouille avait confiance en Madame Targus. Simon fit mine de partir en direction du bateau mais en voyant que Tiberion ne faisait rien pour l’arrêter il fit volte-face ?
« Tu es déjà mort Tiberius. La fièvre t’a tué, Madame Targus t’a tué, elle nous a tous tué. Elle nous a transformé en monstres qui écrabouillent aveuglément ceux qu’elle veut qu’on écrabouille. Tu penses vraiment qu’il reste quelque chose de ce qu’on était avant ? Il n’y a pas de retour en arrière, ton véritable visage c’est celui que tu portes maintenant. »
« Je ne suis pas une gargouille » se contenta de répondre Tiberion.
Simon ne donna pas l’impression d’être triste s’il l’était. Sans dire un mot de plus il reprit sa route et disparu dans a nuit. Le bruit des seaux s’était interrompu, les dernières gargouilles étaient retournées sur les toits et le silence était de nouveau complet. L’aube pointait le bout de son nez et la brume commençait à monter. Tiberion ne pris même pas la peine de remonter sur les toits, il marcha depuis les quais jusqu’au point de rendez-vous.
Arrivé devant la large porte rouge il donna un coup puissant et attendit pendant que quelqu’un déverrouillait la porte de l’autre côté. La porte s’entrouvrît et une femme robuste se tenait là, les cheveux courts et un fourreau à sa ceinture, elle aussi portait les gants rouges caractéristiques de la famille Targus. La femme reconnu tout de suite la gargouille elle lui fit signe d’entrer en vérifiant que personne dans la rue n’était là pour les épier.
« Vous ne pouviez pas passer par les toits comme les autres ? » Demanda-t-elle sans chercher à cacher son agacement « Suivez-moi ».
Ce n’était pas la première fois que Tiberion se rendait à la maison Targus, il était agréable de s’y déplacer car elle avait été conçue pour les gargouilles avec des couloirs large et des plafonds hauts. Ils descendirent au sous-sol en empruntant un escalier en colimaçon de pierre. En bas il y avait un corridor décoré par de nombreuses peintures de gargouilles et une porte au fond qui menait à la pièce ou Madame Targus entreposait les seringues. La porte était déjà ouverte. Madame Targus discutait avec un homme habillé de la même manière que la femme qui lui avait ouvert. La pièce était richement décorée, avec un bureau et des tapisseries qui représentaient des gargouilles également. Il y avait un trône de pierre au centre de la pièce.
« Tiberion ! Je commençais à me dire que vous ne viendrez jamais » s’exclama-t-elle en le voyant arriver.
« Cela arrive ? »
« Parfois… Les gargouilles ne reviennent pas toutes, elles disparaissent et même moi je ne sais pas ce qu’elles deviennent. Mais ne perdons pas de temps en discussions inutiles, vous avez déjà attendu suffisamment longtemps comme cela. »
Elle se retourna pour chercher un flacon et une seringue contenant un liquide transparent semblable à de l’eau. Pendant ce temps l’homme débarrassa Tiberion de sa cape et lui fit signe de s’assoir sur le trône. Sur chaque accoudoir il y avait des cercles de métal et des chaines. Tiberius sentit son cœur se serrer.
« Ne vous inquiétez pas, vous n’avez pas besoin de porter ça » dit l’homme en percevant son inquiétude « ce n’est pas comme si vous elles vous arrêterai de toutes manières » ajouta-t-il avec un petit rire.
Tiberion s’installa sur le trône. Il s’était toujours raccroché à cet espoir de guérir du cœur de pierre, mais n’avait jamais osé y croire réellement. Simon avait eu tort, il n’y avait aucune raison de rester une gargouille, très bientôt il serait humain de nouveau.
Madame Targus versa le contenu du flacon sur la peau de son bras droit. Tiberion ressentit une étrange sensation de picotement et les craquelures disparurent lentement, les unes après les autres. Bientôt il n’y avait plus aucune craquelure, sa peau n’était plus grise mais blanche, comme avant. La sensation de picotement fût remplacée par une autre, une sensation oubliée de…. froid ?
Madame Targus utilisa ensuite la seringue pour injecter directement le liquide dans sa circulation. Rapidement le liquide gagna le cœur et l’ensemble de l’organisme. La sensation de picotement gagna l’ensemble de son corps avec une intensité incomparable, presque douloureuse cette fois. Tiberius poussa un cri qui n’était pas rocailleux pour la première fois depuis huit ans, et un deuxième cri de surprise en entendant sa propre voix, sa véritable voix.
Mais quelque chose n’allait pas, il ne se sentait pas bien. Ses cheveux étaient trempés par la sueur et pourtant il frissonnait. Sa vision était trouble et s’il n’était pas assis il chancèlerait probablement. Tiberius n’avait pas oublié cette maladie, c’était la fièvre indigène. Il leva les yeux et trouva le regard triste de Madame Targus. Elle prit son visage entre ses mains comme elle avait fait il y a huit ans.
« Je suis désolée Tiberion, on ne guérit pas de la fièvre indigène »
Et sans dire un mot de plus elle quitta la pièce. La femme aux cheveux courts avait déjà son glaive à la main. D’un geste vif et inattendu elle enfonça son arme dans la poitrine de Tiberion qui s’effondra sur l’accoudoir, le cœur brisé.

Naru:
Spoiler:

L'odeur de l’encens était entêtante. Il brûlait depuis le début d'après-midi et bien qu'Illana y soit habituée, car le jeune maître ne passait pas une journée sans en allumer, elle sentait une irritation désagréable au fond de la gorge.
Pourtant, la jeune femme n'émit aucune protestation ni n’essaya de se racler la gorge pour soulager la sensation. Les autres femmes de chambre vaquaient à leurs occupations sans émettre le moindre son de ce genre et il était hors de question qu'elle sorte du lot.
Tout en pliant soigneusement le linge, Illana jeta un œil discret au jeune homme assit à la petite table de salon. Il aurait pu être beau s'il n'avait pas été si maigre et son allure négligée ne jouait pas à son avantage, le faisant passer pour plus petit et tassé qu'il ne l'était réellement.
Eli était le septième fils de la famille R'hen, l'une des plus puissantes de l'Empire.
Le patriarche siégeait au conseil de l'Impératrice tandis que son premier fils venait d'être nommé Commandant de 1er Ordre d'une flotte de plus de 1000 vaisseaux. Sa bravoure et son intelligence n'avaient d'égale que sa soif de pouvoir et l'Impératrice y avait vu une belle opportunité de faire avancer son projet de colonisation. Mais si l'aîné passait le plus clair de son temps sur un croiseur stellaire, le second fils s'était, lui, taillé une place de choix dans le Conglomérat et de bien trop nombreuses compagnies dépendaient de son bon vouloir. Son sens des affaires était encore plus aiguisé que celui de son père pour se mettre dans les bonnes grâces de la haute société et la Compagnie R'hen N Tech progressait à une vitesse vertigineuse tout en rachetant la compétition à tour de bras.
Depuis les courtisanes qui bénéficiaient des confidences de l'Impératrice en personne, jusqu'aux Grands Prêtres de la Sainte Église Étoilée qui prêchait jusqu'aux confins de l'Empire, en passant par les commérages des Grands Négociants qui commeraient avec les autres Royaumes, aucune information ne s'échangeait sans qu'un R'hen ne l'entende. Il n'était pas un seul membre de la famille qui ne soit un atout, un personnage clé de l'Empire.
Tous, sauf Eli.
Le jeune homme de 25 ans était différent. Il passait le plus clair de son temps dans les bar à Fumée ou dans les bras de prostitués dans des maisons de plaisirs parfois aussi sordides qu'était douteuse l'hygiène des femmes qui y travaillaient. Incapable de se concentrer très longtemps, le jeune homme avait souvent les yeux dans le vague et parlait parfois tout seul, comme possédé. Il pouvait rester immobile, le visage détendu, le regard hagard, durant des heures.
Les médecins avaient conclu à une forme d'autisme et son père s'était totalement désintéressé de son cas après un énième abus de drogue qui n'arrangeait visiblement pas ses capacités intellectuelles, laissant ses autres fils se charger de régler les soucis que causait parfois le dernier de la famille.
Aussi, Illana n'avait eut aucun mal à s'infiltrer au sein du staff chargé du ménage dans la propriété assignée au 7e fils. De tous, il était clairement le plus accessible et sa mission en était rendue que plus facile.
Elle laissa un mince sourire s'étirer sur ses lèvres quelques secondes, avant de se reprendre et d'afficher un visage impassible. Elle avait attendu le moment propice pour agir et le thé qu'il buvait à l'instant même, scellerait la réussite de sa mission.
Quelques mauvaises langues auraient ricané qu'il n'y avait rien de glorieux à assassiner le plus faible du groupe, mais Illana faisait partit de la Légion. Elle agissait, quel que soit le contrat.
Elle avait pris ces précautions et n'avait pas sous-estimé les gardes chargés de veiller à la sécurité du domaine et de son occupant étrange. Elle avait même pensé à laisser un flacon incriminant dans les poches d'une autre servante et était préparer à tout type d'interrogatoire.
Si l'Empire avait étendu son pouvoir sur toutes les planètes de la ceinture d'Orion, cela ne s'était pas fait sans heurts. La guerre avec les indépendantistes avait duré de nombreuses années et la jeune femme avait assistée, impuissante, à l'oblitération totale de sa petite planète, et de sa famille avec, avant d'être entraîné dans la spirale infernale de l'esclavage, du travail forcé et des abus.
Il ne s'était fallu que du hasard improbable d'une rencontre pour qu'elle rejoigne les rangs de Légion, le groupe terroriste qui faisait trembler les plus hautes institutions et que l'Impératrice tentait de démonter depuis des années, sans le moindre succès.
Elle avait subi un entraînement incroyablement intensif et douloureux, car faire partie de Légion nécessitait d'être invisible. On avait changé son ADN, la structure de son corps, la forme de son visage, la densité de ses os. Même le son de sa voix ne résonnait plus de la même façon. C'était le prix à payer pour passer sous les radars et opérer en toutes discrétions. Elle ne déclenchait aucun détecteur, aucun scanner. Une fouille approfondie de son dossier n'aurait rien révéler de suspect et son apparence de frêle jeune femme en avait déjà dupé plus d'un.
C'était sa quatrième mission. Elle avait été quelque peu surprise du peu de gardes dans la demeure mise à disposition d'Eli, mais cela concordait avec les informations qu'elle avait reçu avant de s'infiltrer. Il n'y avait rien de glorieux à mettre un terme à la vie de la bête noire de la famille R'hen, mais il ne s'agissait que d'un domino. Quand l'un d'eux tombait, les conséquences étaient parfois aussi inattendues qu'importantes.
Illana jeta un second coup d'œil et remarqua que sa proie se servait une troisième tasse de thé tout en feuilletant un magazine.
À sa droite, une autre femme de chambre époussetait les meubles d'un air lasse. Sur l'ordre de l'un de ses frères, les femmes de chambre devaient toujours être disponibles pour le jeune homme et il devait donc être surveillé en permanence, ce qui n'avait pas facilité la tâche de la jeune femme. Mais, souvent accaparé par les fantasques songes qui occupaient son esprit, le jeune homme n'avait même pas conscience de rester des heures enfermées dans le salon. Il n'y avait donc pas beaucoup d'activités dans la grande maison et si Eli était différent des membres de sa famille, il n'en restait pas moins un Noble. Il n'adressait jamais la parole à ses serviteurs qu'en cas de nécessité absolue. Ce qui n'arrivait jamais.
Aussi, lorsqu'il se mit à rire avec force, les trois femmes de chambre se tournèrent vers le maître des lieux à l'unisson.
D'un geste lent, Eli laissa tomber son magazine sur la petite table devant lui et se tourna vers ses servantes.
Illana tressaillit.
Dans les deux yeux bleus du jeune homme, il y avait une lueur qu'elle n'avait encore jamais vue. Quelque chose de glacé.
Quelque chose de dangereux.
_Surtout, n'allez pas croire que je ne pourrais pas tenir plus longtemps, mais ce petit jeu commence à m'ennuyer. Vous avez pris tellement de temps pour vous décider à passer à l'action, mais pour un résultat si décevant que s'en est risible. Du poison, vraiment ? Et de piètre qualité en plus...
La jeune femme ne bougeait pas, paralysée aussi bien par la surprise que par l’incrédulité.
Il n'y avait plus aucune trace de ce sourire vague, de ce regard morne et terne qu'arborait le jeune homme à l'accoutumé. Envolé les quelques tremblements de ses mains dû à son accoutumance à la drogue, disparu la personnalité effacée.
L'homme devant elle n'était plus qu'une menace mortelle à laquelle elle allait devoir répondre aussi vite qu'instinctivement.
Illana écarquilla les yeux d'horreur lorsqu'elle comprit que la stupeur seule ne l'avait pas empêcher de bouger. Autre chose la clouait sur place.
Et l'empêchait de respirer.
_Ah oui. J'ai ajouté un petit plus à l'encens que je vous ai fait allumer ce midi. Une petite concoction de ma part, j'espère qu'elle vous plaît.
Le son clair de la voix du jeune homme résonnait aux oreilles d'Illana, mais le manque d'oxygène commençait à lui faire perdre pied. À sa droite, l'une des deux autres femmes de chambre s'écroula au sol, les mains serrées autour de son cou, le visage déformé en un masque grotesque de douleur, les yeux bouffis de larmes incontrôlables.
S'asseyant confortablement dans son siège, Eli n'avait plus d'yeux que pour l'espionne.
_Moi qui pensais que la Légion m'offrirait un divertissement plus intéressant, je suis déçu.
Il fit la moue, un brin sarcastique.
_Mais ce n'est pas grave, maintenant qu'ils ont fait le premier pas, il serait inconvenant de ma part de ne pas leur retourner la faveur. Et votre petit numéro raté m'offre une occasion en or de les prendre à leur propre jeu. Enfin une distraction à ma hauteur.
Illana se laissa tomber à genoux, puisant de toutes ses forces dans sa volonté afin de laisser entrer un mince filet d'air dans ses poumons, mais son corps refusait de l'écouter. Son cœur battait à un rythme irrégulier et elle sentait sa peau se congestionner.
Elle leva les yeux vers le visage mince de son invraisemblable meurtrier.
Il s'approcha d'elle et une main aux longs doigts froids vint caresser sa joue bouffie. La fraîcheur du contact lui arracha un grognement de douleur, lui faisant réaliser par la même occasion à quel point son visage et sa gorge la brûlait.
_Tu t'es laissée prendre au jeu des apparences. Toi, mieux que quiconque aurait pourtant dû te méfier. Si l'on fait si facilement confiance à une jolie femme douce et docile, qui pourrait se douter que le stupide et autiste enfant des R'hen n'est en rien ce qu'il prétend ? Murmura-t-il à son oreille.
Pour faire bonne mesure, Eli brisa la nuque d'Illana d'une torsion du poignet.
Il se releva lentement et délaissa la dernière femme de chambre qui convulsait encore sur le tapis. Il ouvrit la fenêtre et prit une grande inspiration avant de faire craquer la capsule dans sa dent du fond. Le contre-poison cessa d'agir et immédiatement, Eli sentit le fond de sa gorge le gratter.
Il tituba jusqu'à la porte du salon et l'ouvrit avec grand fracas avant de s’étaler au sol.
Des cris lui confirmèrent que les gardes et les serviteurs l'avaient aperçu.
Il se laissa prendre en charge, ajoutant même quelques pleurs paniqué à sa prestation.

_______________________________________________________________________________________________________________

le 7/07 à 7H07 je posterai un texte. Be ready.

je devrais faire des bandes-annonces
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Message par Chamlok le Jeu 20 Juin 2019 - 1:15

Des abysses de la folie et du désespoir, je suis revenu. Paré pour un nouveau concours de texte, ça fait longtemps c'est cool. Derviche j'irai pas voir ton film, ça à l'air cliché.
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Message par derviche le Jeu 20 Juin 2019 - 13:25

Queoi!!! Tu n'iras pas voir mon film!!! Mais le personnage principal est interprété par Vin Diesel! ce sera totalement novateur car ça va parler de voiture qui vont très vite et très furious!
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Message par Naru le Ven 21 Juin 2019 - 11:26

OOOOhhhh Chamlok! ça faisait longtemps !^^
Cool de te voir revenir pour un ptit concours !^^

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Message par Sagiga le Ven 21 Juin 2019 - 17:12

Je promets de faire un effort ce mois-ci ! Face à tant d'adversaires sympathiques, comment ne pas participer ? 
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Message par Naru le Ven 21 Juin 2019 - 19:36

Eh eh eh !
En voilà des challengers motivés!^^
Bon ben moi j'ai encore absolument aucune idée de sur quoi partir mais on verra bien !^^

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Message par derviche le Lun 8 Juil 2019 - 9:39

JE SUIS A LA BOURRE!!!!  ARGL ya moyen de donner jusqu'au 14?
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Message par Naru le Lun 8 Juil 2019 - 20:24

AH AH AH !! ça me rassure de voir que e ne suis pas la seule à pas avoir eut le temps de finir !!! XD

Ok, concours prolongé jusqu'au Lundi 15 jusqu'à 21h ! ^^

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Message par Sagiga le Mar 9 Juil 2019 - 21:08

Mdr je fuyais le forum parce que j'avais pas fini... et là surpriiise c'est repoussé ! Merci ! 

Par contre la non-limitation de lignes... vous allez le regretter xD
(Non je rigole, je me contrôle !)

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Message par derviche le Ven 12 Juil 2019 - 9:34

*passe en premier la ligne d'arrivée!!* yééééh haha comment je suis trop fort, yééé, haha yiiiipiii!!!

on devrait donner un vote suplémentaire à celui qui poste son texte en preums, vous en pensez quoi.


Alors voila mon texte, je l'aime bien. Soyez indulgent, j'ai pas l'habitude d'écrire des trucs aussi long alors je m’essouffle un peu pendant la relecture. 


Homo charta:

Vous vous souvenez de vos un an, quand vous n’étiez qu’un tout petit, rien qu’une larve humaine. Vous souvenez vous de l’anniversaire de vos deux ans, celui où votre père a soufflé les bougies pour vous. La mémoire de la petite jeunesse n’est que flash dans la brume illuminant des formes déjà vues quelque part, un monde enfoui dans votre cerveau. Ma vie, cela faisait longtemps qu’elle avait disparue et avec elle tous mes souvenirs. Je ne sais plus quand mon corps s’était arrêté de bouger dans cette vaste demeure abandonné. Était-ce ma maison ? Je ne ne savais plus. C’était sans importance. Après tout de temps ici sans voir personne, ces lieus, j’en faisais partis. Immobile. Mon esprit confondait minute et année, heure et semaine, saison et éclaircie.


Ce jour là, provenait depuis la fenêtre une lumière éblouissante éclairant la poussière volante. Les rayons, mêlés à l’obscurité, teintait la pièce de divers bleus. Quand j’ai entendu des rires ce fut comme un éclair dans la brume. Lorsque la porte de la pièce s’ouvrit cela déchira les toiles d’araignée qui me tenaient compagnie depuis si longtemps. Elle avait des chaussures très colorées et de long cheveux : une adolescente qui gloussait de plaisir. Ce son, douce mélodie qui revenait d’une époque où toute chose était futile et la vie facile. Je crois qu’elle cherchait à se cacher. Soudain, un jeune homme déboula à son tour dans la pièce et attrapa la fille.
« Attends ! Arrête de me pousser !  gémit-elle.
Quoi ! 
C’est une bibliothèque, s’émerveilla la fille.
Moi, j’étais dans le siège, au milieu de la pièce, transpercé par les traits de lumière. Après tout ce temps, Je n’étais qu’atmosphère et poussière. Leurs yeux ne voyaient que le présent. Si bien que lorsque leurs pupilles dilatées passèrent sur moi ils ne ressentirent rien, pas même un peu de vent.
Est ce que quelqu’un a déjà lu tous ces livres ?
Erwin en attrapa un et la moitié des pages tombèrent par terre.
Peut être mais il y a longtemps. 
Fait attention ! s’offusqua la fille.
Oups, désolé. 
Il s’appelait Erwin et elle, Armine. Oui, je me souviens.
Elle s’approcha au fond de la pièce et sortit de mon champs de vision car c’était dos à mon fauteuil.
Là, une machine à écrire, s’écria Armine.
Wooh, comme dans les films !
Une Remington ! c’est une Remington ! »
Quand ces intrus allaient-ils partir ? En leur présence, le temps avait une consistance plus ferme, plus copieuse. Je n’y étais plus habitué. J’espérais qu’ils partent pour pouvoir retomber dans cette catatonie hypnotique. Il pouvait tout emporter, tout cela n’avait aucune valeur pour moi.
Mais c’est à ce moment précis que je ressentis quelque chose. Un truc, une douleur, peut être.
Il y a tout un tas de feuilles juste à coté de la machine, dit Armine en s’emparant du paquet
Tu crois qu’elle marche encore ? Erwin n’osait pas appuyer sur une touche.
On dirait un journal intime.
Ces yeux suivirent les premières lignes.


30 mai 1920


C’est ma dernière escale avant de te revoir, toi et notre belle Europe. Oui, Darius l’Europe est belle contrairement à ce paysage de misère. Ici, il n’y a que de la jungle impénétrable et quand on sort un peu de la jungle, ce ne sont que des chemins de poussière écrasés par un terrible soleil. Nous passons au large des côtes brésiliennes et nous arriverons après demain en Guyane. L’île du Démon m’attend. Je dois faire la vérité sur une étrange légende racontée par les habitants. Tout ça n’est que foutaise. Il semblerait que l’on y entend des groupes d’individus chanter. Toutes personnes tentant de les rejoindre disparaissent à jamais dans la forêt. C’est peut être une secte.


1 juin 1920


Un maître d’hôtel du navire m’a proposé ses services. Un français dénommé Kelen. Le commandant m’a assuré qu’il était fiable et ne rechignait jamais à la tache.


2 juin 1920


Cher Darius,


Je suis enfin arrivé au large de l’île du Démon et je l’observe depuis le navire comme on zieute son ennemi. Ce n’est pas la vision que je me faisais de l’enfer mais c’en est bien un. Du moins pour les européens. Ici, le temps est complètement arrêté. L’air que l’on respire est chargé en humidité et la rend moins respirable que celle du bureau du vieux sénateur Ashleigh. M. Kelen a découvert le rhum. Il n’arrête pas de se plaindre, me parle sans interruption de sa foutue Bretagne et de sa ferme quand il n’est pas ivre. Si je l’ai engagé pour avoir une aide qui avait quelques connaissances en navigation, il se trouve, au final, meilleur navigateur qu’aide. Sa cuisine est infecte et son thé, je dois l’admettre, fait avancer la science. Moi qui hait l’alcool, il a fallu que je tombe sur un ivrogne. Nous avons trouvé refuge à l’hôtel de la Belle Angel, ce n’est pas très propre mais ce n’est pas loin du port d’où notre première expédition partira. Ce sera demain à l’aube.


Les deux jeunes se passaient les feuillets. Ils ont remis toutes les pages dans l’ordre. J’ai commencé à sentir mes jambes chauffer, un flot de sang brûlant remontait mes artères. Soudain le jeune homme s’est écrié « Mais c’est qui Darius ! ». Darius, ce nom résonna si fort en moi comme si mon cœur percutait ma poitrine à toute allure.


3 juin 1920.


Nous avons mis pied sur l’île. Dans la chaleur tropicale, tout ce que nous portons pèse trois fois son poids. Je te revoie encore vitupérer sur ton potager avec tes salades qui ne poussent pas, contrairement à celle de notre voisin. Ici, la moindre graine tombée par terre se termine en monstre végétal impénétrable. Cette île dois bien faire vingt miles de rayons. Nous avons échoué dans notre tentative de faire le tour en bateau à cause des hauts-fonds. La nuit dernière a été horrible. Je crois bien que les moustiques ont résolu l’énigme de la moustiquaire. Bon dieu Darius que je hais les cafards. Vivement que nous trouvions la chose qui rend les habitants fous que je puisse revenir vers toi. Demain, je préparerai l’expédition qui nous mènera au centre de l’île. Selon les autochtones, c’est de là que proviennent les chants maudits


4 juin 1920.


Au petit matin, j’ai retrouvé M. Kelen complètement ivre devant le portail de l’hôtel. J’ai enjambé son corps et prié le gérant de lui annoncer son renvoie quand monsieur se réveillera. Comme prévu, j’ai passé ma journée à prévoir l’expédition de demain. Il ne fut pas aisé de trouver des porteurs, la légende qui a lieu sur cette île terrifie tant la population que le seul fait de l’évoquer m’a valu d’être menacé à la machette. Finalement, j’ai trouvé deux hommes originaires du Brésil. Ce sont des chercheurs d’or. Ils viennent surtout pour inspecter les rivières de l’île.


Lorsque je pus étendre mes doigts, lorsque je pus me hisser sur mes jambes, lorsque je pus étirer ma nuque, mes yeux inspectèrent mon corps doté d’une nouvelle jeunesse. Les deux jeunes étaient toujours là au fond de la pièce, assis par terre. Toujours lisant. La fille avait la tête posée sur l’épaule du garçon qui tenait les feuilles. J’aurai pu redécouvrir la maison. J’aurai pu sortir et voir le monde mais je me suis assis à coté d’eux.


4 juin 1920.


Cher Darius, La recherche scientifique ne vous prépare pas à ça. Les lanières de mon sac m’ont torturé. Les chemins quand il y en avait n’étaient que de la boue glissante. Il n’y a pas de belles plantes, pas de jolis animaux. Pénétré dans la végétation est un effort constant. Je commence à croire que cette île ne veut pas de nous. L’eau devient un sérieux problème. Si nous n’en trouvons pas, il nous faudra bientôt faire demi-tour, peut être dès demain. Je n’ai pas entendu le moindre chant depuis que je suis arrivé, même celui des oiseaux. Il n’y a pas de vie, si ce n’est cette végétation. Tu me prendras pour un délirant, je sais, mais j’ai l’impression d’être observé.


5 juin 1920.


Première nuit en hamac. Toujours dans le silence complet. C’est cette nuit où j’ai pris conscience qu’il n’y avait pas d’insecte sur cette île. C’est étrange, il n’y a pas de moustique mais nous n’arrivons pas à nous en réjouir. Toujours pas d’eau. Nous avons un peu remplis nos gourdes avec la rosée du matin. Chaque gorgée compte.


6 juin 1920


C’est un miracle. Un vrai miracle. Nous avons trouvé une cabane sur le flanc d’une falaise et Il y a une source dedans ! Nous y passerons la nuit. Mes deux compagnons vont suivre la source pour espérer y trouver une rivière et de la nourriture.


6 juin 1920 soir.


Ils ne sont pas revenu. Je ne sais pas quoi faire, Dois-je partir à leur recherche. La nuit tombe. Il ne reste presque plus rien à manger.


7 juin 1920.


La solitude me pèse comme une menace constante. Il n’y a, autour de moi,que le bruit de la source qui me donne soif. La faim est comme un requin qui me tourne autour. Je dois partir, demain à l’aube, c’est décidé.


9 juin 1920.


Je ne suis pas partis car je ne suis pas seul. Tu vas me traiter de fou. Je sais que tu le feras. Mais voila que deux matins de suite je trouve des fruits par terre. Juste en dessous de mon hamac. Ils sont délicieux. Cependant, cela n’est pas assez pour me donner l’énergie de revenir. Mes bienfaiteurs sont-ils ces même personnes qui chantent au milieu de la forêt. Il n’y a toujours pas de bruit d’animaux.


12 juin 1920.


Je suis puni, Darius, peut être de mon amour maladif envers toi. J’ai tenté de m’enfuir. La route me ramène à cette foutue cabane. Encore et encore. On m’a rapporté encore des fruits. J’ai voulu tendre un piège à mes bienfaiteurs mais je suis si fatigué et m’endors à chaque fois avant leur venu.


Le récit s’est arrêté ici. J’ai observé les deux jeunes en train de se dévisager.
Il n’y a plus rien après !? s’inquiéta la fille.
Fouille la pièce, la fin est peut être quelque part, Armine.
J’ai cherché aussi. Mais nos recherches furent inutiles.
Armine, il n’y a pas de fin, les feuilles sont encore à coté de la machine à écrire.
Ils vont s’en aller maintenant, me suis-je dit, et je vais retourner dormir dans mon fauteuil.
Mais Erwin reprit la parole en souriant et me sauva la vie.
Toi qui sais si bien écrire les histoires. Dis moi, comment se termine l’histoire ?
Te moque pas de moi répliqua Armine.
Mais je suis très sérieux. Je veux savoir la fin ! 
Moi aussi ! criai-je comme un fou détenu au fond d’une prison très profonde. Mais personne ne m’entendit.Je vis alors le visage de la fille se décomposer.
Ce n’est pas mon livre, pourquoi veux tu que je lui donne une fin ?
Armine, est amoureuse de Edwin, je le vois dans ces yeux, mais c’est aussi une foutue écrivaine. Elle, comme tous les auteurs, elle a ce je ne sais quoi de maudit qui nous pousse à livrer notre âme sur du papier, même si cela ne sert à rien, même si les pages de nos livres seront uniquement tournées par le vent.
Je vais y réfléchir, Edwin. Je...il..ce bouquin, il n’est pas de moi, si j’invente la fin. Il me faut m’imprégner du style de l’auteur et puis il faut que la calligraphie soit la même. Je..je dois relire l’œuvre, pour ne pas faire de faute scénaristique. Cela va prendre beaucoup de temps. Edwin haussa les épaules.
– Ok, dit-il ne sachant pas quoi lui répliquer.
C’est alors que je vis dans le regard d’Armine, la femme qu’elle deviendra. Jusqu’au-boutiste, Déterminée à donner vie à ces personnages. Des enfants qui vivraient en elle jusqu’à sa mort, à moins qu’elle ne leur fasse un magnifique cadeau de papier.


Ils sont tous les deux partis et je me suis rassis. Que le temps est long quand on a de l’espoir. La pièce était devenue la prison du désespoir. Je repensais à elle, à eux et puis à Darius jusqu’à ce que revienne la brume.


Un bruit de chaise raclant sur le sol fut comme un réveil hurlant dans mes oreilles. Il faisait jour. Et elle était là. Je ne l’avais pas entendue rentrer. Armine ! elle était là ! relisant mon texte, assise devant la Remington !


Tu n’existes pas, dit-elle. Mon cœur a bondi, j’ai cru qu’elle me parlait.
Je ne sais pas ! m’écriais-je, je ne sais plus. Mais elle parlait toute seule.


Elle inséra une feuille vierge dans la machine. Ses deux mains tremblèrent au-dessus du clavier, mais ce n’était pas le froid. J’entends encore le syndrome de la page blanche qui passait dans la salle comme un vent glacé, la minute fut si longue…


Et puis soudain elle appuya sur une lettre et puis une autre. Retenant ma respiration à chaque fois qu’elle s’arrêtait, et découvrant la suite de ma vie qui s’étalait. Elle tapa, tapa, sans arrêter, arracha une feuille. Chaque lettre était pour moi un battement de cœur. Me revoilà sur l’île du Démon, prisonnier dans ma cahute au milieu de la jungle hostile. Les jours passèrent au fil des phrases d’Armine. Je me souviens de la fin.


20 juin 1920.


« Les fruits n’étaient que des cafards ! » C’est ce qu’a dit le docteur L’eau de source devait être empoisonnée, je n’y voyais que des fruits alors que je me nourrissais de ces immondes choses. Rien que d’y penser, j’ai la tête qui tourne. Je suis dans un hôpital français à Cayenne. Ils m’ont retrouvé, mais pas les chercheurs d’or toujours portés disparus. Je dois admettre que c’est Kelen qui m’a sauvé la vie. Il a donné l’alerte, il a monté l’expédition de sauvetage. Sauvé par un ivrogne, moi qui déteste toutes ces boissons qui rabaissent l’homme au rang d’animal. Je ne suis pas qu’une victime des préjugés, je suis très capable d’en avoir aussi. Je pourrais peut être sortir demain.


21 juin 1920.


Je reviens Darius. Je reviens. Je prends une frégate de l’armée française pour Brest cette après-midi. Kelen est fou de joie. Mon état de santé ne me permet pas de continuer les recherches. Mais nous savons où est la cabane. J’ai échoué et pourtant je n’arrive pas à cesser de sourire. Je ne pense qu’à toi.


Les pages de mon histoire s’empilaient. Armine en arriva à décrire la porte de la maison de mon amant. J’étais pétrifié. Darius ! Mon cœur faisait un compte à rebours qui résonnait jusqu’à mes tympans.


15 août 1920. Southampton.


J’ai voulu frapper à la porte, Darius. J’y étais presque. Je t’ai vu avec ta famille. Tes enfants. Cette femme. L’aimes tu autant que nous nous sommes aimés, l’aimes tu d’un amour sensuel et charnel. Mais tu semblais si heureux. Tu rigolais avec ta troupe familiale. Cela fait si longtemps que je suis partis. De quel droit puis-je briser ton bonheur. Après sept longues années. J’étais venu te dire que j’avais démissionné même si le ministère des sciences m’a proposé d’aller en Asie. Je voulais te dire que j’étais libre. Je t’aimerai toujours Darius.


Armine s’arrêta d’écrire. J’ai voulu l’étrangler, la frapper, l’éviscérer ! Moi, le fantôme, j’ai pleuré. Pourquoi ne puis-je pas vivre avec l’homme que j’aime ? Seulement ce n’étais pas la fin, Armine continua de taper, j’ai relevé la tête, je me suis aperçu qu’elle me donnait, non pas ce que je voulais, mais ce dont j’avais besoin depuis toujours. Une force incommensurable s’empara de moi et j’ai attrapé le téléphone.


Voilà pour les pré-séquels, dit Armine, il est temps d’écrire mon histoire.


Le Fantôme d’Opium.

Le téléphone hurla. Le vieux breton, encore éméché de la veille, fit tomber sa lourde patte dessus.
« A...hips..llo ?
Kelen ? Encore ivre à ce que je vois. Faites vos valises, on part pour Hong-Kong.

J’ai attrapé mon manteau de pluie, mon chapeau et je suis sorti de cette maison.


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Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08] Empty Re: Concours de Texte N°71 fin des votes le 11/08]

Message par Sagiga le Lun 15 Juil 2019 - 10:00

Eeeet je suis deuxième !!

Pas mal l'idée du deuxième vote derviche, dommage que les fonctionnalités du forum ne le permettent pas =P (enfin je crois xD)

Bon alors il va falloir être indulgent avec moi aussi x) Déjà parce que ça faisait très longtemps que j'avais pas participé et j'avoue que je me souvenais pas à quel point c'était un exercice difficile ! Heeeuuuureusement qu'il n'y avait pas de limites de lignes xD

En parlant de ça, vous verrez le texte a l'air très long mais je pense qu'il se lit très vite. J'ai profité de la non-limitation de lignes pour essayer un format que j'aurais jamais fait en temps normal ^^

Enfin voilà, en vous souhaitant une bonne lecture, je l'espère xD

Shadows:
La journée touchait à sa fin, une brise chaude balayait la ville, c'était comme si la nuit tentait de chasser la chaleur du jour en la balayant. Petit à petit, l'air se ferait plus frais et l'obscurité s'épanouirait dans la fraîcheur de l'air nocturne.
Alex marchait d'un pas rapide malgré sa canne. Il manqua de renverser une femme, qui laissa échapper un petit « Oh ! » aigu. Elle sentait la rose et portant une longue robe qui effleura le mollet découvert d'Alex. Le jeune homme n'aimait pas se déplacer, c'était toujours laborieux, il sentait le regard des gens qui l'observaient passer, entendait leurs exclamations discrètes lorsqu'ils remarquaient sa canne banche et ses lunettes noires.
Détestables.
Mais ce qu'il détestait par-dessus tout, c'était le fait de croiser des gens tout court.
Alors il restait enfermé chez lui, le plus possible, ne sortait que s'il y était obligé.

Malec4Ever : Hey vous êtes là ?
Musashi9 : Wtf No ta changé de pseudo ?
Malec4Ever : Ouep
Musashi9 : C'est quoi ce truc
Musashi9 : T'as encore fini une série c'est sa ?
Malec4Ever : Héhé
Malec4Ever : Ouiiiiiiiiiiiiii
Adèle a rejoint le chat.
Adèle : Salut les gars
Musashi9 : Yo
Adèle : Pas mal le pseudo Nora
Malec4Ever : Dèlounetttte <3
Malec4Ever : Merciii !
TheSight : Tout le monde est là, à ce que je vois.
Musashi9 : Et bonjour ça te tuerais TS ?!
TheSight : Tu veux jouer à ça Musashi ?
TheSight : Apprends. À. Écrire.
Musashi9 : Ok le gars est de mauvaise humeur !
Adèle : C'est cool que vous soyez tous là, ça faisait longtemps.
Malec4Ever : Mais oui trop longtemps
Malec4Ever : Mais c'est toi qu'on voyait plus ces derniers temps !
Adèle : Ouais je sais
Adèle : Déso
Adèle a quitté le chat.

Alex observait son café fumant, posé près de son clavier d'ordinateur. L'odeur lui rappelait immanquablement les petits déjeuners familiaux du dimanche matin. C'était le seul jour dans la semaine où il déjeunait avec son père, et ce dernier buvait toujours un grand café avec ses tartines de beurre. Alex avait étrangement associé l'odeur du café avec cette vision de son père, en pyjama, le dos légèrement voûté et le coude levé, en train de porter à ses lèvres une tasse de café brûlant.
Le garçon but quelques gorgées de sa boisson, sans pouvoir s'empêcher de grimacer.
Amer.
C'était le goût de ce souvenir. Le goût du café.
Amertume lorsque, un matin, une ombre s'éleva au-dessus des épaules de son père en pyjama.
Lorsqu'une ombre s'éleva au-dessus de chacune des personnes qu'Alex croisait.
C'était diffus, informe. Au début. Puis Alex avait grandi.
Vers l'âge de ses 15 ans, les ombres commencèrent à prendre forme. C'était comme un immense buste avec de longs bras qui entouraient la personne, surmonté d'une tête.
Et plus le garçon avançait dans la vie, plus les détails apparaissaient.
Un jour, il avait vu un visage déformé, la bouche tordue vers le bas, à l'instar des arcades sourcilières... un visage qui s'effondrait.
Qui s'effondrait de tristesse.
Le visage de sa mère.
Le dimanche qui suivit, l'ombre de son père avait une expression si maléfique qu'à partir de ce jour-là, Alex ne tourna plus jamais les yeux vers son père.

Adèle : TheSight ? T'es là ?
TheSight : Toujours.
Adèle : Ca va ?
TheSight : Toujours. Et toi ?
Adèle : Ouais
TheSight : Il se passe un truc ?
Adèle : Bof...
Adèle : Les cours, ma mère...
Adèle : La merde habituelle
TheSight : On peut en parler
TheSight : Je sens que t'es pas comme d'habitude.
Musashi9 a rejoint le chat.
Musashi9 : « Je sens que t'es pas comme d'habitude »
Musashi9 : Mec, comment tu te la racontes xD
TheSight : Putain Musashi
TheSight : Qu'est-ce que t'es con
Adèle : Salut Musashi =)
Musashi9 : Je déconne sa va
Musashi9 : Tu sais que tu peux nous parler Adèle
Adèle : Oui, merci les garçons
TheSight : Anytime.
Musashi9 : Mec, faut vraiment que t'arrête de te la jouer autant
Adèle : Bon je vous laisse, ma mère m'appelle.
Adèle a quitté le chat.


Alex avait quitté le foyer familiale dès qu'il avait pu. Il était parti faire ses études dans une fac à l'autre bout de la France, il était parvenu à trouver un petit appartement qui lui suffisait largement. Il n'était évidemment jamais allé en cours et avait vite dû trouver une solution pour pouvoir vivre indépendamment en évitant tout contact extérieur.
Il avait finalement trouvé un job de vigile dans un musée, suffisamment excentré pour croiser peu de monde sur le chemin en arrivant le soir, il travaillait seul et lorsqu'il rentrait chez lui tôt le matin, la ville était encore endormie.
Il évitait de prendre sa canne lorsqu'il allait travailler, il connaissait suffisamment bien la route, mais il gardait ses lunettes noires. Personne n'engagerait un vigile aveugle, il devait donc éviter que ses collègues le voient arriver en tâtant le trottoir du bout de sa canne.
Ainsi, la seule rue de la ville qu'il connaissait, était la rue du musée.
C'était la seule rue où il s'autorisait à ouvrir les yeux.
Il ne savait même pas à quoi ressemblait son propre immeuble. Une fois à l'extérieur, c'était la seule façon de ne pas voir les ombres. De ne pas voir ce qui se cache derrière chaque personne, cette âme hideuse ou torturée qui pèse sur les épaules de chacun.
Bien évidemment, parfois les ombres reflétaient des expressions sympathiques, comme elles reflétaient la véritable nature des personnes, pourtant cela n'avait rien de rassurant aux yeux d'Alex. À quoi bon savoir qu'il existait de vraies bonnes personnes, quand son propre père apparaissait comme un horrible monstre égoïste. Quand il craignait chaque jour de retrouver sa mère morte, brisée par cette tristesse qui semblait la submerger. Il en était venu à détester la voir sourire, parce qu'il savait que chaque sourire était un odieux mensonge, un masque de carnaval ridiculement posé sur le visage d'un grand brûlé.
Ce travail de vigile, c'était ce qui lui permettait de rester loin de sa famille, de cette souffrance quotidienne. C'était une motivation suffisante pour le faire sortir de chez lui chaque jour, au risque de croiser quelques inconnus et leurs ombres.

Adèle : Ouah c'est drôle qu'on habite à côté !
TheSight : Oui drôle de coïncidence.
Adèle : On s'est peut-être déjà croisé ?!
TheSight : Je ne pense pas...
Adèle : Pourquoi pas ?
TheSight : …
TheSight : J'ai des horaires particuliers et je ne sors pas beaucoup.
Adèle : Ce serait sympa de se voir un jour.
TheSight a quitté le chat.

Alex avait trouvé refuge sur internet. Il restait humain après tout, et avait besoin de liens sociaux. Grâce aux groupes de chat en ligne, il n'avait pas à rencontrer les personnes en chair et en os. Il n'avait pas à voir leur ombre. Il avait enfin l'impression d'entretenir une relation sincère. Peu importait que les gens jouent un rôle en se cachant derrière leur écran, Alex n'en savait rien. Il était enfin à égalité avec le reste du monde, il ne voyait pas la véritable nature des gens. C'est ainsi qu'il avait créé une solide amitié avec trois personnes, et leur parler était pour lui d'un réconfort si salvateur qu'il ne pouvait plus se passer de leur compagnie virtuelle.
Malgré tout, il n'avait jamais vraiment abordé le sujet de son « don ». Tout ce qu'il leur avait dit, c'était qu'il avait de gros problèmes relationnels, qu'il n'aimait pas vraiment le contact d'autrui parce qu'il était empathe. C'était une demie vérité qui lui permettait de se confier, sans passer pour un fou à lier.

Nora : QUUEEEOOOIIII
Nora : J'ai manqué un appel vocal de 2:36 ??
Musashi9 : Ouais j'ai vu sa aussi quand je me suis connecter
Musashi9 : #TeamExclu
Nora : TS ? Adèle ?
TheSight : Mmmh ?
TheSight : Ouais on a discuté hier soir avec Adèle.
Musashi9 : Les choses avancent vite on dirait !
TheSight : C'est pas notre faute si vous n'étiez pas connectés.
Nora : Oh ça va Thesight, fais pas genre
Nora : Vous êtes mimis tous les deux
Musashi9 : Et moi je suis toujours seul
TheSight : Qui voudrait de toi Musashi ?
Musashi9 : Détourne pas la conversation stp
Nora : Moi je t'aime Musashi <3
TheSight : Tu aimes tout le monde Nora...
Nora : Ouiiiiiii !
Musashi9 : Je pleurs
Adèle a rejoint le chat.
Nora : Adèle !!
Adèle : Hey ! Ça parle de moi ?
TheSight : Musashi est jaloux
Adèle : Ahah
Adèle : C'est moi j'avais besoin de me défouler un peu
Nora : Ta maman ?
Adèle : Ouais elle a fait une nouvelle crise récemment, c'est dur
Musashi9 : Je croyais que t'avait jeté toutes ses merdes.
Adèle : Elle doit avoir d'autres cachettes, elle était défoncée quand je suis rentrée l'autre jour
Adèle : Bref n'en parlons plus, distrayez-moi
TheSight : OK j'ai de nouveaux éléments concernant ma théorie
Musashi9 : Tu appelles ça une théorie ?
Nora : Quoi ? Le truc comme quoi ton musée est hanté ?
TheSight : Je vous jure que des objets bougent tous seuls ! J'en ai encore eu la preuve la nuit dernière.
Adèle : Alors c'est qui selon toi ? Un pharaon maudit ? L'esprit tourmenté d'un chevalier ?
TheSight : Pourquoi ce serait un esprit maléfique ? Il me veut peut-être du bien !
Nora : Et c'est quoi qui a bougé cette fois ?
Musashi9 : Bon les gars, c'est pas que vos histoires de fantômes m'intéresse pas mais j'dois y aller.
Adèle : Byyye
Musashi9 a quitté le chat.

Un soir, Alex se rendait au musée comme à son habitude. Lorsqu'il tourna dans la rue de son lieu de travail il marqua une pause, tendit l'oreille. Les bruits qu'il percevaient étaient uniquement lointains, il n'y avait probablement personne dans la rue. Il retira ses lunettes noires et lentement, s'autorisa à ouvrir les yeux sans pour autant détacher son regard du sol. D'un pas rapide il tentait de rejoindre les marches à l'entrée du musée lorsqu'une voix s'éleva, l'arrêtant net :
– Alex ?
Par réflexe il redressa immédiatement la tête et aperçut à quelques mètres la silhouette d'une jeune femme qui portait une robe noire, droite, toute simple. Ses boucles noires étaient agitées par la brise du soir. Et au-dessus d'elle s'élevait une ombre gigantesque aux contours vacillants, et dont les longs bras maigres ne cessaient de venir griffer son propre visage, tirant ses traits vers le bas.
La détresse de cette âme semblait infinie, elle avait pris la forme de doigts crochus qui lacéraient le cœur d'Alex à l'instar du visage de l'ombre.
La poitrine en lambeaux, le garçon ouvrit la bouche mais ne parvint à faire sortir aucun son. La jeune fille lui adressait un sourire mi-figue mi-raisin, elle semblait hésiter sur la façon dont elle devait se comporter.
C'était Adèle.

Malec4Ever a rejoint le chat.
Malec4Ever : TS t'es tout seul ?
TheSight : Ouais... Musashi devrait pas tarder
Malec4Ever : Et Adèle ?
TheSight : Toujours rien depuis l'autre soir.
Malec4Ever : Merde ça va faire bientôt deux semaines
Malec4Ever : Ça a jamais duré aussi longtemps
Malec4Ever : Même pas de MP ?
TheSight : Rien...
Musashi9 a rejoint le chat.
Musashi9 : Je vois qu'on se pose tous la même question
Musashi9 : Omg Nora t'as toujours pas rechangé ton pseudo ?!!
Malec4Ever : J'aime bien celui-là =P
Malec4Ever : TS t'habite pas loin non ? Y a pas moyen que t'essaie d'aller la voir ?
TheSight : Pardon ?
Musashi9 : Bah c'est vrai. Elle te la déjà proposé, pourquoi t'y va pas ?
TheSight : Je vous l'ai déjà dit c'est compliqué
TheSight : Je peux pas voir les gens.
TheSight a quitté le chat.

Alex tentait de reprendre son souffle. Il était couché sur son lit, les yeux brillants de larmes qui menaçaient de couler à tout moment.
Lorsqu'il avait reconnu Adèle, son corps avait agi tout seul. Il avait couru comme il n'avait jamais couru, loin de cette fille dont l'ombre le terrifiait.
Il ne voulait pas la voir.
Il fallait que ça reste virtuel.
Il ne voulait pas la voir.
Même le soir, les rues étaient encore bien fréquentées et cela faisait bien longtemps qu'Alex n'avait pas croisé autant d'ombres. Ces visions lui avaient glacé le sang, mais il ne n'avaient pas pu s'arrêter de courir, il fallait qu'il fuit à tout prix cette fille.
Il savait qu'il se mettait en danger en révélant qu'il travaillait au musée. Il espérait au plus profond de lui qu'Adèle n'oserait jamais se montrer à l'improviste.
Mais elle était là ce soir.
Effondrée, brisée, déchirée …
Mourante.
Et elle lui avait sourit. Pas un vrai sourire, un sourire forcé, un sourire qui disait « Aide-moi ».
Mais il avait fui.
Des larmes roulèrent furieusement le long de ses joues, il tenta de les essuyer de ses mains tremblantes. La vision de l'ombre lacérant son propre visage s'imposa à lui et il suffoqua, incapable de se calmer.
Il ne dormit pas de la nuit.

Adèle a rejoint le chat.
Adèle a quitté le chat.
Malec4Ever a rejoint le chat.
Malec4Ever : Adèle !
TheSight : Elle s'est déco ?!
TheSight : Et merde !!!
Malec4Ever : Tu lui as parlé ?
Musashi9 a rejoint le chat.
TheSight : Bah non...
Musashi9 : Je l'ai ratée ?!
Malec4Ever : On l'a tous ratée...
Adèle a rejoint le chat.
Malec4Ever : Adèle !!
TheSight : Adèle !
Musashi9 : Hey
Adèle : Vous êtes là
Malec4Ever : Bah oui, tu nous as fait peur
Adèle : Faut plus vous inquiéter
TheSight : Dis-nous ce qu'il se passe
Adèle : Je vais beaucoup mieux, merci !
Adèle a quitté le chat.

Cela faisait deux fois en moins d'une semaine qu'Alex arpentait les rues de sa ville en courant. La nuit était tombée, il croisait quelques personnes qu'il ne voyait même pas.
Un mélange d'angoisse, d'urgence et de culpabilité lui nouait les entrailles. Il courait aussi vite que possible, tentant de faire taire toutes les émotions contradictoires qui l'assaillaient.
Il savait où Adèle habitait, elle lui avait déjà donné son adresse dans l'espoir qu'ils essaieraient de se rencontrer.
Il espérait simplement qu'il arriverait à temps.
Le message qu'elle venait d'envoyer sur le chat n'avait aucun sens. Il avait vu son ombre. Elle ne pouvait pas aller beaucoup mieux, pas en si peu de temps. Il l'avait déjà laissée tomber, quatre jours plus tôt, à cause de sa faiblesse et de sa stupidité.
Il ne la laisserait pas tomber une deuxième fois.
Il trouva le lotissement où elle habitait. Il cherchait le numéro en éclairant les boîtes aux lettres avec la lampe torche de son téléphone. Il suait et haletait fort, peu habitué à faire de l'exercice physique. Pourtant pas une seconde il n'avait songé à s'arrêter, la peur semblant fonctionner comme une décharge pure d'adrénaline.
18.
Il ne frappa même pas à la porte, il entra en trombe dans la maison. La porte était ouverte. Dans une pièce à côté, on entendait la télévision, mais le reste de la maison était silencieuse.
Alex trouva rapidement l'escalier en face de l'entrée et monta trois par trois les marches grinçantes.
– Adèle c'est toi ? cria une voix éraillée depuis le rez-de-chaussée mais Alex l'ignora.
À l'étage il n'y avait que trois portes le long du couloir. Le jeune homme tomba nez-à-nez avec son reflet dans le miroir de la salle de bain. Étouffant un cri, il claqua la porte avant d'avoir pu distinguer sa propre ombre dans le miroir.
Son cœur battait à tout rompre. C'était sa plus grande phobie. Voir à quoi ressemblait sa propre ombre. Il prit une seconde pour se calmer. Il remarqua alors l'eau qui coulait sous la porte de la salle de bain et venait mouiller ses chaussures.
La lumière était allumée lorsqu'il avait ouvert la porte.
Et maintenant que son cœur ne tambourinait plus comme un fou, il entendait le bruit de l'eau coulant d'un robinet. Il composa le 15 sur son téléphone et garda son pouce suspendu au-dessus de la touche « Appel ».
Il ouvrit à nouveau la porte en prenant soin d'éviter de regarder dans le miroir et trouva immédiatement la baignoire. Il y reconnu Adèle, vêtue d'un pyjama, inconsciente, elle baignait dans une eau rosée. Il repéra les entailles profondes qui saignaient au niveau des poignets de la jeune fille. Son ombre flottait vaguement au-dessus d'elle, toujours aussi terrifiante de désespoir.
Alex appela les urgences et dans un élan de lucidité déchira son T-shirt avec un rasoir posé tout près pour nouer des bandes de tissus autour des plaies d'Adèle.
Il resta à genoux sur le sol trempé d'eau et de sang, tremblant, les mains fermement refermées sur les poignets d'Adèle en attendant que les secours arrivent.

TheSight a rejoint le chat.
Noraa : Un revenant !
Musashi9 : Hey TS
TheSight : Tiens Nora, tu as finalement repris ton bon vieux pseudo ?
Noraa : Ouais mais j'ai dû rajouter un a, ça disait que Nora était déjà pris.
Musashi9 : Ahah ! Sa t'apprendra à changer pour des pseudos à la noix
Noraa : Bon et sinon des nouvelles d'Adèle ?
TheSight : J'ai appelé l'hôpital, ils m'ont dit qu'elle allait mieux.
Musashi9 : Tu pourrais quand même aller la voir.
TheSight : Pas vraiment mon truc les hôpitaux...
Noraa : J'espère que ça va aller.
Noraa : Heureusement que tu as réagi ce soir-là.
TheSight : Ouais...
TheSight : Je crois que ça m'a un peu aidé avec mon truc d'empathie
Musashi9 : Ah ?
TheSight : Genre peut-être que ça me permet d'aider les gens, peut-être que je peux tourner ça en quelque chose de positif...
Noraa : Ouah ! Tu passes du stade « Je veux voir personne » à « Je veux aider les autres » !
TheSight : Ouais nan je sais pas
TheSight : Oubliez.
Musashi9 : C'est parti il va nous faire une crise existencielle
TheSight : La ferme Musashi
Noraa : Mdrr
Noraa : Moi je te soutiens !
Adèle a rejoint le chat.

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Message par Chamlok le Lun 15 Juil 2019 - 16:27

Salut tout le monde !

Comme je suis quelqu'un de sympa je n'ai pas écrit un texte à rallonge, seulement 42 pages. Merci d'avoir repoussé la date j'ai été foudroyé par l'inspiration hier ça tombe bien.

Je reviens pour lire vos textes très bientôt !

Coeur de Pierre:
     
Port Gargouille était une ville sinistre. L’une des premières cités bâties sur le nouveau continent, par une marchande excentrique qui se faisait appeler la mère des gargouilles. Elle fit sculpter des centaines de gargouilles pour orner les toits de la ville et en aurait probablement fait sculpter plus encore si la fièvre indigène ne l’avait pas emportée. On disait aux enfants que s’ils n’étaient pas sages, l’une de ces statues allait prendre vie, se glisser dans leur chambre et les enlever sur les toits, et alors eux aussi deviendraient des gargouilles.
Il ne faisait jamais beau à Port-Gargouille, il y avait toujours une brume qui s’élevait de la mer le matin et qui ne disparaissait qu’à la nuit tombée. Les nuits où le ciel était dégagé il était plus facile de trouver son chemin qu’en journée. On dit que seules les familles vivent à Port-Gargouille depuis plusieurs générations se plaisent dans la cité, les autres partent dès qu’ils en ont l’occasion, fuyant leurs angoisses et abandonnant leurs maisons. On raconte aussi que les gargouilles investissent ces maisons vides, si bien que les mendiants préfèrent rester sous la pluie que de s’y risquer.
Tiberion n’était pas un mendiant, mais il ne faisait pas partie d’une vieille famille de Port-Gargouille non plus. En fait, Tiberion n’avait pas de famille. Il y a dix années de cela il faisait partie de ces dizaines d’immigrés en provenance du vieux continent qui arrivaient tous les jours, bourré d’ambitions et d’énergie. Aujourd’hui il se sentait fatigué et vieux, vidé par ces dix années passées au service de Madame Targus. Mais il subsistait l’espoir : très bientôt cela serait derrière lui, il pourrait quitter cette ville et enfin embrasser cette vie dont il rêvait depuis si longtemps. Oui, très bientôt.
Tiberion attendait son dernier travail en regardant les passants par la fenêtre de sa maison. Dans l’ombre, à travers l’ouverture de son volet, il pouvait les observer sans être observé en retour. Il habitait dans l’une de ces nombreuses maisons soi-disant abandonnées et n’était pas autorisé à se montrer en public.
Brusquement un passant se retourna dans la direction de la fenêtre. Tiberion sursautât, mais le passant devait seulement regarder la façade décrépie. Ce mauvais geste suffit à faire apparaitre une nouvelle craquelure dans sa peau, ou agrandir une ancienne difficile à dire, il y en avait tellement maintenant.
« J’ai besoin d’une restauration » murmura-t-il pour lui-même.
Tiberion était une gargouille depuis huit ans, une vieille gargouille en fin de contrat. À peine deux ans après son arrivée il était ruiné, sans travail, accablé par la fièvre, dans une maison de laquelle il serait probablement bientôt éjecté. Tiberion se souvenait de cette nuit où quatre coups puissants s’abattirent sur sa porte.
 
***
 
Tiberion se leva pour aller ouvrir, toussant et trébuchant, enroulé dans sa couverture trempée de sueur, s’attendant à découvrir deux gardes avec un mandat d’éviction. Au lieu de cela une femme petite et maigre avec de longs cheveux rouges et des gants de la même couleur l’attendait. Elle était accompagnée par deux colosses avec des capes noires, dont un qui tenait un parapluie qui semblait tout petit dans son énorme poing.
« Bonsoir Tiberion, je suis ici pour votre fièvre »
« Comment savez-vous que je suis mal… » une soudaine quinte de toux l’empêcha de terminer sa phrase. La femme en profita pour s’inviter à l’intérieur et fit signe aux colosses de la suivre.
« Je sais beaucoup de chose sur vous Tiberion. Je sais que vous êtes travailleur et malchanceux. »
Il était difficile de donner l’âge de cette femme : elle pouvait avoir vingt ans comme quarante. Elle donnait l’impression de choisir ses mots avec soins, faisant attention à ne pas trop en dire.
« Je sais que vous êtes ruiné et malade. Je sais que vous n’avez aucun moyen d’empêcher les gardes de vous mettre à la rue dans deux jours ».
Tiberion tressaillit en entendant la date fatidique. La fièvre lui avait fait perdre le fil des jours, ce brusque rappel à l’ordre lui fit comme un coup de poing dans l’estomac. Il admettait enfin l’évidence : sa vie était foutue. Il allait crever dans la rue comme tous les autres fiévreux. Il sentit son menton trembler, ses yeux mouiller et ses genoux se dérober. C’est à ce moment-là que Tiberion sentit les mains de la femme lui encadrer le visage. Elle s’était accroupie en face de lui, elle ne souriait pas mais son regard brillait.
« Je peux vous aider ».
Elle fit un signe au colosse qui portait le parapluie, celui-ci se plaça au centre de la pièce avant de retirer sa cape. C’était une gargouille. Sa peau était grise et sombre et parcourue de craquelures qui malgré leur nombre ne donnait pas l’impression de fragilité. Il paraissait aussi inébranlable que les remparts du mur extérieur. Il avait le même aspect voûté et les mêmes yeux ses pupilles que les statues sur les toits, mais celui-là n’avait pas d’ailes ni de crocs.
La femme se releva, se tourna vers la gargouille et caressa la joue grise avec le dos de la main. Elle devait se mettre sur la pointe des pieds pour cela, mais son geste demeurait gracieux et maternel.
« Je vous présente Marvin. Il y a trois ans il a été atteint par la fièvre indigène et comme vous il a bien failli finir ces jours dans la rue. Mais Marvin a fait un choix : celui de vivre. »
Tiberion ingurgitait ces informations avec une étonnante facilité, difficile de dire si c’était à cause de la fièvre ou parce qu’il était prêt à tout croire pour conserver une once d’espoir. La femme se retourna vers lui.
« Je m’appelle Hélène Targus. Je peux vous guérir de votre fièvre, vous donner un travail et la possibilité de garder votre maison. Je peux vous donner suffisamment d’argent pour vous offrir la vie que vous êtes venu chercher ici. À l’issue de votre contrat. »
Elle extirpa une seringue contenant un liquide rouge de son manteau et le tendit à Tiberion. Après un instant d’hésitation celui-ci attrapa la seringue et commença à l’examiner. Le liquide était légèrement transparent et faisait des bulles quand on le secouait.
« Si ce contrat est si alléchant, pourquoi le proposer à un mourant ? »
Tiberion fit un geste pour rendre la seringue à Madame Targus, mais celle-ci ne fit pas mine de vouloir la récupérer. Au lieu de cela elle sauta pour s’assoir sur la table, ses pieds ne touchaient pas le sol. Une attitude surprenante pour une femme appartenant à une vieille et riche famille.
« Mon entreprise est extrêmement coûteuse, vous ne me croiriez pas si je vous disais le prix d’une seule de ces seringues. Aussi, j’ai besoin d’une main d’œuvre efficace et loyale. Surtout loyale en fait. »
Elle posa un étrange regard sur Marvin qui pouvait être empreint de tristesse ou de fierté.
« En utilisant cette seringue vous guérissez de la fièvre, mais vous entrez à mon service pendant huit ans. Vous vous donnez la possibilité de vivre la vie que vous êtes venu chercher ici, mais pendant la durée de votre contrat vous devrez suivre le moindre de mes ordres sans discussion. En utilisant cette seringue vous échapperez à la mort, mais vous serez dépossédé de votre corps et de votre visage pendant huit années. Enfin, vous devrez vivre dans l’ombre. »
Après un silence elle ajouta.
« À l’issue de ces huit ans je vous donnerai la deuxième seringue, celle qui vous permettra de récupérer votre visage. Votre corps restera le même, vous n’aurez même pas vieilli. »
Encore un autre silence. Madame Targus attendait visiblement une réponse de la part de Tiberion. Celui-ci regardait la seringue posée dans sa main. Marvin et l’autre gargouille étaient muettes mais elles avaient des manières tout à fait humaines : Marvin contemplait distraitement les craquelures sur le dos de sa main, l’autre, toujours emmitouflé dans sa cape, avait les mains croisées dans le dos et se courbait pour regarder par la fenêtre.
 
***
 
Huit ans plus tard, Tiberion se trouvait dans la même position que cette deuxième gargouille, enroulé dans une cape, penché pour regarder par la fenêtre. Comme toutes les autres gargouilles, Tiberion avait développé une drôle de fascination pour le monde extérieur, le genre de fascination pour les choses qui sont hors de portée. Mais pour faire partie du monde extérieur il vous fallait un visage, une identité, chose que Tiberion avait accepté de sacrifier. Il se raccrochait à son nom et à l’espoir que bientôt tout cela serait terminé.
« Très bientôt » murmura-t-il pour lui-même.
Trois coups puissants s’abattirent sur la trappe. Tiberion se redressa, c’était enfin l’heure du dernier travail. Il grimpa les quelques marches de bois qui grincèrent douloureusement sous son poids et ouvrit la trappe qui menait aux toits. Accroupi sur les tuiles Simon l’attendait avec un sourire figé. Tiberion et lui travaillaient en duo depuis trois années. Il avait escorté Madame Targus jusque chez Simon lors de sa prise de contrat. Ils savaient tous les deux ce qu’ils avaient à faire. À la manière si particulière des gargouilles ils sautaient lourdement mais silencieusement de toits en toits en direction des quais, ne laissant dans leur sillage que des débits de tuiles et une ombre éphémère couvrant les étoiles.
C’était un travail classique. Une cargaison clandestine arrivait cette nuit, pour un nouveau fournisseur. Madame Targus ne tolérait aucune concurrence, alors elle avait payé les gardes pour les éloigner des quais et demandé à ses gargouilles de faire le ménage. C’était un travail classique.
Tiberion et Simon se mirent en position, accroupis sur le toit d’un entrepôt. En bas les contrebandiers étaient nerveux, ils chuchotaient bruyamment et jetaient des regards stressés dans toutes les directions. En face, de l’autre côté du canal, une deuxième équipe de gargouille était déjà en position. Simon utilisa un petit drapeau pour signaler à l’autre équipe qu’ils étaient en position. Deux coups de drapeau en face lui indiquèrent que le message était reçu.
Toujours sans dire un mot, Tiberion et Simon entreprirent de désescalader la façade en silence. Les attaques se passaient généralement de cette manière : une équipe pour faire le ménage en bas, et une équipe pour rattraper les fuyards en haut. Ceux d’en haut avaient des arbalètes adaptées aux mains des gargouilles spécialement conçues par Madame Targus. Ceux d’en bas se servaient de leurs poings.
Un contrebandier patrouillait le long des quais. Il avait froid, il avait peur, et il se demandait ce qui pouvait bien l’avoir poussé à accepter ce travail. Peu importe, dans une heure la transaction serait terminée et il pourrait rentrer chez lui. Il chercha sa pipe dans sa blouse quand il entendit un bruit lourd et une bouteille rouler.
Il remit la pipe dans sa blouse et attrapa la hachette qui pendait à sa ceinture. Il approcha la lumière de sa torche de la source du bruit. Quelque chose se tenait là, une forme immense et immobile, qui n’était pas là trente secondes plus tôt. Avant de décider quoi faire de cette information il entendit un cri terrifié, interrompu par un craquement et un gargouillis, en direction de l’endroit où se déroulait la transaction.
Le contrebandier se mit à courir pour aider ses collègues. Les lumières s’éteignaient les unes après les autres. Le premier cri fût suivi par un autre, puis encore un autre, et encore un… jusqu’à ce qu’il ne tienne plus le compte. La seule lumière restante était celle de sa propre torche. Le contrebandier avait maintenant cessé de courir. Il fît quelque pas en arrière bien décidé à s’enfuir avant de buter contre un bloc. Il se retourna pour découvrir une gargouille encapuchonnée tenant ses deux immenses poings hauts dans la nuit. Il plongea sur le côté et les deux poings pulvérisèrent les briques à l’endroit où il se trouvait. Il jeta sa hachette dans les jambes de la gargouille mais l’arme rebondit avec un son clinquant. Il chercha à fuir à quatre pattes mais la chose l’attrapa par la cheville et le souleva comme s’il n’était qu’une vulgaire poupée. Avant même de pouvoir crier ou ressentir quoi que ce soit, il fut projeté contre le mur et ses côtes se vrillèrent dans son corps.
Les quais de Port-Gargouille retournèrent à leur obscurité habituelle. Les corps déformés d’une dizaine de contrebandiers flottaient doucement en direction du grand large. Leur cargaison intacte dans l’entrepôt et leur bateau vide. On entendait plus que le bruit des seaux et les pas lourds des gargouilles qui étaient restés en arrière pour nettoyer ou s’occuper de la cargaison.
Tiberion était assis sur le quai. Il n’avait même pas pris le temps de monter sur un toit. Son dernier travail était terminé. Il ne se sentait pas particulièrement enthousiaste. Il se sentait creux, comme une coquille abandonnée par son crustacé, mais aussi soulagé. Il allait enfin pouvoir retrouver son visage, très bientôt il reprendrait sa vie là où il l’avait laissé. Il sentit la présence de Simon derrière lui.
« Tu sais, on pourrait prendre le bateau de ces gars et partir loin d’ici »
Cette soudaine déclaration étonna Tiberion. D’abord parce que les gargouilles ne sortaient que rarement de leur mutisme et seulement pour parler travail. Aussi parce que Tiberion n’avait aucune idée de comment utiliser un bateau, mais peut être que Simon était pêcheur avant de devenir une gargouille.
« J’ai rendez-vous avec Madame Targus ce soir. » Répondit-il simplement.
« Tu crois qu’elle va te donner quoi ? »
« Ma vie, elle va me rendre ma vie. »
« Il n’y a pas de remède pour le cœur de pierre Tiberion, et je crois que tu le sais. »
« Qu’est-ce que tu en sais ? Qu’est-ce que j’ai à perdre ? Autant tenter ma chance. »
« Madame Targus s’est servie de toi, elle t’a sauvé de la fièvre et te faisait miroiter la possibilité de retrouver ton apparence pour te garder à ses côtés »
Tiberion se contenta de grogner, c’était quelque chose auxquelles toutes les gargouilles avaient déjà pensé, mais cela sonnait faux. La vieille gargouille avait confiance en Madame Targus. Simon fit mine de partir en direction du bateau mais en voyant que Tiberion ne faisait rien pour l’arrêter il fit volte-face ?
« Tu es déjà mort Tiberius. La fièvre t’a tué, Madame Targus t’a tué, elle nous a tous tué. Elle nous a transformé en monstres qui écrabouillent aveuglément ceux qu’elle veut qu’on écrabouille. Tu penses vraiment qu’il reste quelque chose de ce qu’on était avant ? Il n’y a pas de retour en arrière, ton véritable visage c’est celui que tu portes maintenant. »
« Je ne suis pas une gargouille » se contenta de répondre Tiberion.
Simon ne donna pas l’impression d’être triste s’il l’était. Sans dire un mot de plus il reprit sa route et disparu dans a nuit. Le bruit des seaux s’était interrompu, les dernières gargouilles étaient retournées sur les toits et le silence était de nouveau complet. L’aube pointait le bout de son nez et la brume commençait à monter. Tiberion ne pris même pas la peine de remonter sur les toits, il marcha depuis les quais jusqu’au point de rendez-vous.
Arrivé devant la large porte rouge il donna un coup puissant et attendit pendant que quelqu’un déverrouillait la porte de l’autre côté. La porte s’entrouvrît et une femme robuste se tenait là, les cheveux courts et un fourreau à sa ceinture, elle aussi portait les gants rouges caractéristiques de la famille Targus. La femme reconnu tout de suite la gargouille elle lui fit signe d’entrer en vérifiant que personne dans la rue n’était là pour les épier.
« Vous ne pouviez pas passer par les toits comme les autres ? » Demanda-t-elle sans chercher à cacher son agacement « Suivez-moi ».
Ce n’était pas la première fois que Tiberion se rendait à la maison Targus, il était agréable de s’y déplacer car elle avait été conçue pour les gargouilles avec des couloirs large et des plafonds hauts. Ils descendirent au sous-sol en empruntant un escalier en colimaçon de pierre. En bas il y avait un corridor décoré par de nombreuses peintures de gargouilles et une porte au fond qui menait à la pièce ou Madame Targus entreposait les seringues. La porte était déjà ouverte. Madame Targus discutait avec un homme habillé de la même manière que la femme qui lui avait ouvert. La pièce était richement décorée, avec un bureau et des tapisseries qui représentaient des gargouilles également. Il y avait un trône de pierre au centre de la pièce.
« Tiberion ! Je commençais à me dire que vous ne viendrez jamais » s’exclama-t-elle en le voyant arriver.
« Cela arrive ? »
« Parfois… Les gargouilles ne reviennent pas toutes, elles disparaissent et même moi je ne sais pas ce qu’elles deviennent. Mais ne perdons pas de temps en discussions inutiles, vous avez déjà attendu suffisamment longtemps comme cela. »
Elle se retourna pour chercher un flacon et une seringue contenant un liquide transparent semblable à de l’eau. Pendant ce temps l’homme débarrassa Tiberion de sa cape et lui fit signe de s’assoir sur le trône. Sur chaque accoudoir il y avait des cercles de métal et des chaines. Tiberius sentit son cœur se serrer.
« Ne vous inquiétez pas, vous n’avez pas besoin de porter ça » dit l’homme en percevant son inquiétude « ce n’est pas comme si vous elles vous arrêterai de toutes manières » ajouta-t-il avec un petit rire.
Tiberion s’installa sur le trône. Il s’était toujours raccroché à cet espoir de guérir du cœur de pierre, mais n’avait jamais osé y croire réellement. Simon avait eu tort, il n’y avait aucune raison de rester une gargouille, très bientôt il serait humain de nouveau.
Madame Targus versa le contenu du flacon sur la peau de son bras droit. Tiberion ressentit une étrange sensation de picotement et les craquelures disparurent lentement, les unes après les autres. Bientôt il n’y avait plus aucune craquelure, sa peau n’était plus grise mais blanche, comme avant. La sensation de picotement fût remplacée par une autre, une sensation oubliée de…. froid ?
Madame Targus utilisa ensuite la seringue pour injecter directement le liquide dans sa circulation. Rapidement le liquide gagna le cœur et l’ensemble de l’organisme. La sensation de picotement gagna l’ensemble de son corps avec une intensité incomparable, presque douloureuse cette fois. Tiberius poussa un cri qui n’était pas rocailleux pour la première fois depuis huit ans, et un deuxième cri de surprise en entendant sa propre voix, sa véritable voix.
Mais quelque chose n’allait pas, il ne se sentait pas bien. Ses cheveux étaient trempés par la sueur et pourtant il frissonnait. Sa vision était trouble et s’il n’était pas assis il chancèlerait probablement. Tiberius n’avait pas oublié cette maladie, c’était la fièvre indigène. Il leva les yeux et trouva le regard triste de Madame Targus. Elle prit son visage entre ses mains comme elle avait fait il y a huit ans.
« Je suis désolée Tiberion, on ne guérit pas de la fièvre indigène »
Et sans dire un mot de plus elle quitta la pièce. La femme aux cheveux courts avait déjà son glaive à la main. D’un geste vif et inattendu elle enfonça son arme dans la poitrine de Tiberion qui s’effondra sur l’accoudoir, le cœur brisé.


(PS : j'ai écrit ce texte en écoutant cette musique https://www.youtube.com/watch?v=AQ71AUNdjL0 je trouve ça intéressant d'illustrer un texte avec une musique, du coup j'aimerai savoir si vous avez écrit sur une musique aussi)
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Message par Naru le Lun 15 Juil 2019 - 22:26

Hey tout le monde !

Magnifique, tout le monde à poster son texte! c'est beau !
Je poste le mien et en profite pour lancer les votes!^^

J'ai écris un petit texte finalement !^^'
La première version étant bien trop longue et s'attardant un peu trop à mon goût, je me suis dit qu'un truc un peu plus percutant c'était mieux ! XD

bref
Spoiler:

L'odeur de l’encens était entêtante. Il brûlait depuis le début d'après-midi et bien qu'Illana y soit habituée, car le jeune maître ne passait pas une journée sans en allumer, elle sentait une irritation désagréable au fond de la gorge.
Pourtant, la jeune femme n'émit aucune protestation ni n’essaya de se racler la gorge pour soulager la sensation. Les autres femmes de chambre vaquaient à leurs occupations sans émettre le moindre son de ce genre et il était hors de question qu'elle sorte du lot.
Tout en pliant soigneusement le linge, Illana jeta un œil discret au jeune homme assit à la petite table de salon. Il aurait pu être beau s'il n'avait pas été si maigre et son allure négligée ne jouait pas à son avantage, le faisant passer pour plus petit et tassé qu'il ne l'était réellement.
Eli était le septième fils de la famille R'hen, l'une des plus puissantes de l'Empire.
Le patriarche siégeait au conseil de l'Impératrice tandis que son premier fils venait d'être nommé Commandant de 1er Ordre d'une flotte de plus de 1000 vaisseaux. Sa bravoure et son intelligence n'avaient d'égale que sa soif de pouvoir et l'Impératrice y avait vu une belle opportunité de faire avancer son projet de colonisation. Mais si l'aîné passait le plus clair de son temps sur un croiseur stellaire, le second fils s'était, lui, taillé une place de choix dans le Conglomérat et de bien trop nombreuses compagnies dépendaient de son bon vouloir. Son sens des affaires était encore plus aiguisé que celui de son père pour se mettre dans les bonnes grâces de la haute société et la Compagnie R'hen N Tech progressait à une vitesse vertigineuse tout en rachetant la compétition à tour de bras.
Depuis les courtisanes qui bénéficiaient des confidences de l'Impératrice en personne, jusqu'aux Grands Prêtres de la Sainte Église Étoilée qui prêchait jusqu'aux confins de l'Empire, en passant par les commérages des Grands Négociants qui commeraient avec les autres Royaumes, aucune information ne s'échangeait sans qu'un R'hen ne l'entende. Il n'était pas un seul membre de la famille qui ne soit un atout, un personnage clé de l'Empire.
Tous, sauf Eli.
Le jeune homme de 25 ans était différent. Il passait le plus clair de son temps dans les bar à Fumée ou dans les bras de prostitués dans des maisons de plaisirs parfois aussi sordides qu'était douteuse l'hygiène des femmes qui y travaillaient. Incapable de se concentrer très longtemps, le jeune homme avait souvent les yeux dans le vague et parlait parfois tout seul, comme possédé. Il pouvait rester immobile, le visage détendu, le regard hagard, durant des heures.
Les médecins avaient conclu à une forme d'autisme et son père s'était totalement désintéressé de son cas après un énième abus de drogue qui n'arrangeait visiblement pas ses capacités intellectuelles, laissant ses autres fils se charger de régler les soucis que causait parfois le dernier de la famille.
Aussi, Illana n'avait eut aucun mal à s'infiltrer au sein du staff chargé du ménage dans la propriété assignée au 7e fils. De tous, il était clairement le plus accessible et sa mission en était rendue que plus facile.
Elle laissa un mince sourire s'étirer sur ses lèvres quelques secondes, avant de se reprendre et d'afficher un visage impassible. Elle avait attendu le moment propice pour agir et le thé qu'il buvait à l'instant même, scellerait la réussite de sa mission.
Quelques mauvaises langues auraient ricané qu'il n'y avait rien de glorieux à assassiner le plus faible du groupe, mais Illana faisait partit de la Légion. Elle agissait, quel que soit le contrat.
Elle avait pris ces précautions et n'avait pas sous-estimé les gardes chargés de veiller à la sécurité du domaine et de son occupant étrange. Elle avait même pensé à laisser un flacon incriminant dans les poches d'une autre servante et était préparer à tout type d'interrogatoire.
Si l'Empire avait étendu son pouvoir sur toutes les planètes de la ceinture d'Orion, cela ne s'était pas fait sans heurts. La guerre avec les indépendantistes avait duré de nombreuses années et la jeune femme avait assistée, impuissante, à l'oblitération totale de sa petite planète, et de sa famille avec, avant d'être entraîné dans la spirale infernale de l'esclavage, du travail forcé et des abus.
Il ne s'était fallu que du hasard improbable d'une rencontre pour qu'elle rejoigne les rangs de Légion, le groupe terroriste qui faisait trembler les plus hautes institutions et que l'Impératrice tentait de démonter depuis des années, sans le moindre succès.
Elle avait subi un entraînement incroyablement intensif et douloureux, car faire partie de Légion nécessitait d'être invisible. On avait changé son ADN, la structure de son corps, la forme de son visage, la densité de ses os. Même le son de sa voix ne résonnait plus de la même façon. C'était le prix à payer pour passer sous les radars et opérer en toutes discrétions. Elle ne déclenchait aucun détecteur, aucun scanner. Une fouille approfondie de son dossier n'aurait rien révéler de suspect et son apparence de frêle jeune femme en avait déjà dupé plus d'un.
C'était sa quatrième mission. Elle avait été quelque peu surprise du peu de gardes dans la demeure mise à disposition d'Eli, mais cela concordait avec les informations qu'elle avait reçu avant de s'infiltrer. Il n'y avait rien de glorieux à mettre un terme à la vie de la bête noire de la famille R'hen, mais il ne s'agissait que d'un domino. Quand l'un d'eux tombait, les conséquences étaient parfois aussi inattendues qu'importantes.
Illana jeta un second coup d'œil et remarqua que sa proie se servait une troisième tasse de thé tout en feuilletant un magazine.
À sa droite, une autre femme de chambre époussetait les meubles d'un air lasse. Sur l'ordre de l'un de ses frères, les femmes de chambre devaient toujours être disponibles pour le jeune homme et il devait donc être surveillé en permanence, ce qui n'avait pas facilité la tâche de la jeune femme. Mais, souvent accaparé par les fantasques songes qui occupaient son esprit, le jeune homme n'avait même pas conscience de rester des heures enfermées dans le salon. Il n'y avait donc pas beaucoup d'activités dans la grande maison et si Eli était différent des membres de sa famille, il n'en restait pas moins un Noble. Il n'adressait jamais la parole à ses serviteurs qu'en cas de nécessité absolue. Ce qui n'arrivait jamais.
Aussi, lorsqu'il se mit à rire avec force, les trois femmes de chambre se tournèrent vers le maître des lieux à l'unisson.
D'un geste lent, Eli laissa tomber son magazine sur la petite table devant lui et se tourna vers ses servantes.
Illana tressaillit.
Dans les deux yeux bleus du jeune homme, il y avait une lueur qu'elle n'avait encore jamais vue. Quelque chose de glacé.
Quelque chose de dangereux.
_Surtout, n'allez pas croire que je ne pourrais pas tenir plus longtemps, mais ce petit jeu commence à m'ennuyer. Vous avez pris tellement de temps pour vous décider à passer à l'action, mais pour un résultat si décevant que s'en est risible. Du poison, vraiment ? Et de piètre qualité en plus...
La jeune femme ne bougeait pas, paralysée aussi bien par la surprise que par l’incrédulité.
Il n'y avait plus aucune trace de ce sourire vague, de ce regard morne et terne qu'arborait le jeune homme à l'accoutumé. Envolé les quelques tremblements de ses mains dû à son accoutumance à la drogue, disparu la personnalité effacée.
L'homme devant elle n'était plus qu'une menace mortelle à laquelle elle allait devoir répondre aussi vite qu'instinctivement.
Illana écarquilla les yeux d'horreur lorsqu'elle comprit que la stupeur seule ne l'avait pas empêcher de bouger. Autre chose la clouait sur place.
Et l'empêchait de respirer.
_Ah oui. J'ai ajouté un petit plus à l'encens que je vous ai fait allumer ce midi. Une petite concoction de ma part, j'espère qu'elle vous plaît.
Le son clair de la voix du jeune homme résonnait aux oreilles d'Illana, mais le manque d'oxygène commençait à lui faire perdre pied. À sa droite, l'une des deux autres femmes de chambre s'écroula au sol, les mains serrées autour de son cou, le visage déformé en un masque grotesque de douleur, les yeux bouffis de larmes incontrôlables.
S'asseyant confortablement dans son siège, Eli n'avait plus d'yeux que pour l'espionne.
_Moi qui pensais que la Légion m'offrirait un divertissement plus intéressant, je suis déçu.
Il fit la moue, un brin sarcastique.
_Mais ce n'est pas grave, maintenant qu'ils ont fait le premier pas, il serait inconvenant de ma part de ne pas leur retourner la faveur. Et votre petit numéro raté m'offre une occasion en or de les prendre à leur propre jeu. Enfin une distraction à ma hauteur.
Illana se laissa tomber à genoux, puisant de toutes ses forces dans sa volonté afin de laisser entrer un mince filet d'air dans ses poumons, mais son corps refusait de l'écouter. Son cœur battait à un rythme irrégulier et elle sentait sa peau se congestionner.
Elle leva les yeux vers le visage mince de son invraisemblable meurtrier.
Il s'approcha d'elle et une main aux longs doigts froids vint caresser sa joue bouffie. La fraîcheur du contact lui arracha un grognement de douleur, lui faisant réaliser par la même occasion à quel point son visage et sa gorge la brûlait.
_Tu t'es laissée prendre au jeu des apparences. Toi, mieux que quiconque aurait pourtant dû te méfier. Si l'on fait si facilement confiance à une jolie femme douce et docile, qui pourrait se douter que le stupide et autiste enfant des R'hen n'est en rien ce qu'il prétend ? Murmura-t-il à son oreille.
Pour faire bonne mesure, Eli brisa la nuque d'Illana d'une torsion du poignet.
Il se releva lentement et délaissa la dernière femme de chambre qui convulsait encore sur le tapis. Il ouvrit la fenêtre et prit une grande inspiration avant de faire craquer la capsule dans sa dent du fond. Le contre-poison cessa d'agir et immédiatement, Eli sentit le fond de sa gorge le gratter.
Il tituba jusqu'à la porte du salon et l'ouvrit avec grand fracas avant de s’étaler au sol.
Des cris lui confirmèrent que les gardes et les serviteurs l'avaient aperçu.
Il se laissa prendre en charge, ajoutant même quelques pleurs paniqué à sa prestation.


Chamlok: j'écoute toujours de la musique quand j'écris, surtout de l’instrumentale genre Two Steps from Hell ou Audiomachine!^^ Mais ça défile tout du long donc j'avoue ne pas avoir écris avec une seule musique du coup !^^

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Message par Chamlok le Mar 16 Juil 2019 - 12:36

Re !

Voilà mon avis sur vos différents textes. Attention spoilers.

Derviche : Top ! J'aime beaucoup ton style, très facile à lire, très naturel... les dialogues par exemple sonnent justes et donnent un vrai personnalité à tes personnages. Ça m'a surpris quand j'ai compris que le personnage était une femme, je ne sais pas pourquoi j'imaginais un homme. Il y a une vrai énergie dans ce texte, j'ai particulièrement aimé le journal et à la fin on a envie d'embarquer pour Hong Kong avec Kelen.

Sagiga : J'ai lu le titre de ton texte avec la voix de Bane quand il dit "the league of shadooows" dans the dark knight ^^ rien à voir avec ton texte évidemment. J'ai pas capté tout de suite que le personnage était "aveugle" au début je croyais juste que c'était en dandy. D'après la loi de daredevil ajouter un personnage aveugle dans le texte augmente le capital coolitude de 3 points. Mais comme il n'est pas vraiment aveugle tu ne gagnes pas les points déso. Plus sérieusement j'ai beaucoup aimé ton texte, comme pour Derviche il y a beaucoup de personnalité dans tes dialogues. J'ai lu ton texte avec beaucoup de facilité, et pourtant je suis le prince de la déconcentration. J'ai compris que TS voulait dire TheSight dans le dernier chat, c'est quand même dommage. Au début je croyais que les personnages voulait faire un team speak et qu'ils se prenaient un vent à chaque fois ^^ bref... Ah! autre chose, il y a un véritable cheminement dans ton texte et la dernière phrase a un véritable impact, classe !

Naru : Je ressens des bonnes vibrations de star wars dans le début de ce texte. Beaucoup de facilité à mettre en place un univers dense et intrigant, j'en était presque à me demander ce que pouvait bien faire les autres enfants de la famille R'hen. Au départ je m'imaginais une époque victorienne et Eli avait une perruque sur la tête, mais quand j'ai lu "croiseur stellaire" j'ai compris que ça ne collait pas parce que je suis un peu détective. N'empêche que je l'ai pas vu venir le coup de la femme de chambre assassin.

Vos trois textes sont vraiment très bien ça va être difficile de voter, du coup je vais voter pour moi ahah (non). J'essaye de m'inspirer de la légèreté de votre style et de la personnalité que vous parvenez à y insuffler.

Revanche au prochain concours !
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Message par Sagiga le Mar 16 Juil 2019 - 23:09

Aaaah merci Chamlok dis donc t'as été super rapide 0__0
C'est vrai que l'abréviation "TS" n'était peut-être pas si évidente, et j'avais pas du tout pensé à Team speak xD
Je suis contente que tu dises que tu n'as pas perdu le fil, j'avais un peu peur que le lecteur soit perdu ^^'

J'irai écouter vos musiques Chamlok et Naru !
Pour ce texte j'ai pas eu d'inspiration musicale particulière, j'ai beaucoup écouté War of hearts de Ruelle, mais c'est juste que j'écoute en boucle cette musique depuis quelques temps xD

Je lance le prochain concours demain !! Préparez vos claviers Wink

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