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Résultats des concours
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Concours de Dessin n°100:
"Redessiner un ancien dessin
"

Avec modèle:
Ex-aequo
Mia Orihara
Concours de Textes n°69 [fin des votes le 26/05] 15079210

-Shaolan-
Concours de Textes n°69 [fin des votes le 26/05] 15099110


Sans modèle:
Evilshurato
Concours de Textes n°69 [fin des votes le 26/05] Suppor10

~
Concours Graphisme 99:
"Renders imposés"

Intermédiaire
Camua
Concours de Textes n°69 [fin des votes le 26/05] Camua10

Confirmé-expert
Caeldori
Concours de Textes n°69 [fin des votes le 26/05] 22082610

~
Concours de Texte n°57 :
"au bar"


Lonely D

"[...]Je laissais un profond soulagement me gagner en voyant la silouhette à demi-voutée de monsieur Noyssodi apparaitre près de moi. La main qui tenait mon bras retomba tandis que le petit homme se plantait entre mon client pot-de-colle et moi. Ses yeux d'argent plongèrent dans ceux du Don Juan qui le regardait avec une pointe d'agacement.

« Votre serveuse allait s'occuper de moi justement, fit-il en faisant un signe vers moi, ne vous en faites pas.

– Vous n'avez rien à faire ici, déclara le patron sans le quitter des yeux.

– Pardon ? Demanda l'homme en prenant un air outré. Je suis un client, vous n'avez pas le droit...

– Dehors, le coupa le vieil homme. »

Il avait prononcé ce seul mot avec un ton que je ne lui connaissais pas et qui me fit frissonner. Même s'il ne s'adressait pas à moi, je ressentis l'irresistible envie de tourner les talons tant sa voix était soudainement devenue impérieuse, absolue. L'homme se raidit et son regard se vida, faisant disparaître toute émotion de son visage. A ma grande surprise, je le vis se diriger vers la sortie sans un mot, laissant la lourde porte de verre se refermer derrière lui.

« Tu vas bien ? Demanda monsieur Noyssodi en reprenant son ton doux habituel. »

Je hochais la tête en esquissant un sourire plein de gratitude. [...]"


=> lire les textes

~ Concours de Photo n°21:
"
Noir et blanc"
Gagnante :
-Shaolan-
Concours de Textes n°69 [fin des votes le 26/05] 14897710


Félicitations à vous tous (et toutes) !! =)

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Message par Sagiga le Dim 31 Mar 2019 - 15:40

Bonjoooouuuur à tous !

J'espère que vous avez bien profité de cette longue pose que je vous ai gracieusement accordée !
Comment ça j'avais oublié de lancer le concours ? Mais... Mais non voyons c'était bien évidemment volontaire !  ddfff

Quoiqu'il en soit, il est temps d'aiguiser vos plumes car je lance le 69ème concours de Textes !

Je vous présente le thème sans plus tarder : Assourdissant.

Vous l'aurez compris, vos textes vont devoir faire du bruit ! Héhé  Concours de Textes n°69 [fin des votes le 26/05] 2086072108

Bon courage à tous, en espérant que la douceur de ce printemps éveillera votre inspiration !

Vous avez jusqu'au dimanche 28/04 et 160 lignes.

Participants :

Derviche :
Spoiler:
Les cloches de l’église sonnent au-dessus du vrombissement d’une place de marché. Un marchand jacte les mérites de son étalage pendant qu’un vendeur de journaux s’époumone. Les passants dans la rue piaillent, les talons hauts d’une dame claquent, un chien aboie sur un chat qui feuleUn mendiant gémit, une musique sort dela fenêtre, un rire d’enfants qui s’envole. 


Tout cela était bien loin derrière. Abandonné même par le vent, il était enfermé dans un silence implacable, il lui arrivait de gémir uniquement pour se rappeler ce qu’était la sensation d’entendre. 


Sa peau était rouge. Le marcheur n’avançait plus, immobile ; il écoutait le « non-bruit ». Ses yeux tristes contemplaient le paysage lunaire d’un désert à l’atmosphère brûlante qui s’opposait à tous ses gestes ; un monde infernal à la gravité extrême. L’homme avait compris ; tous ces lieux à des kilomètres à la ronde ne seraient que le miroir de celui-ci. Celui-là même où il se tenait debout avec son jeans et ses bottes, la triste réplication à l’infini de cette scène de fin. Il n’était qu’un minuscule insecte dans une toile d’araignée géante. 


Un ciel bleu blafard sans nuage écrasait ses épaules pour qu’il marche sur ce sol poussiéreux et abrasif. Mais à quoi bon, qu’il coure, galope, ou même vole, le soleil aura sa peau. Seul le silence était réconfortant et bientôt la mort. 


Un craquement vint à ses oreilles le tirant de sa méditation, puis un autre. Un insecte. Il déambulait devant sa botte droite. 


Était-ce un scarabée ? Le géant inerte daigna observer le minuscule. Comment peut-on vivre dans un endroit pareil ? Il se pencha et alla jusqu’à se mettre à genoux. La bête avait six pattes et une petite corne. Ses connaissances en entomologie étaient inexistantes. Béat devant l’incroyable stoïcisme de l’insecte, il se mit à le suivre. 


En fermant les yeux, il arrivait à distinguer le bruit de chacune de ses petites pattes. Comme il était bon d’avoir quelque chose d’autre à écouter que le son de ses bottes qui trébuchaient sans cesse de fatigue. Le silence revenait uniquement quand l’insecte laissait ses empruntes sur un banc de sable, un message en morse, de minuscules hiéroglyphes illisibles. Pendant de longues heures, l’animal grignotait le désert en esquivant, escaladant chaque caillou, jamais il ne s’arrêtait et l’homme, péniblement, suivait. 


D’un coup, d’un seul, l’insecte creusa dans le sol et disparu de la surface. L’homme en fut pétrifié. 
« Hé ! Pourquoi tu pars ? » Il sentit le froid l’envelopper. « C’est la nuit, c’est ça ? » Il fusilla le ciel du regard avant d’essayer de creuser pour retrouver son nouvel ami. Ses doigts asséchés aux ongles cassants heurtèrent la roche et de douleur il s’arrêta, s’effondrant encore une fois vaincu. 


Un craquement. 


L’homme se réveilla en sursaut mais tout de suite les rayons du soleil lui brûlèrent les pupilles. Sa main droite cacha l’astre solaire, sa respiration était lourde. Tout était encore là, la poussière, la caillasse, le ciel, tout excepté le silence. « Où es tu ? » paniqua l’homme. Le scarabée était là-bas, reparti pour tracer une ligne droite parfaite. Il trottait pareil à une locomotive. Dans l’immensité poussiéreuse l’infiniment petit et l’infiniment grand ne faisait plus qu’un. Il n’était qu’un point noir sur de la croûte terrestre.


Au bout d’un moment il fut difficile de suivre l’insecte. L’homme désarticulé doublait lentement le coléoptère puis s’arrêtait pour rassembler ses forces. Les six pattes repassaient devant lui comme un train devant une gare. L’humain le fixait et, essoufflé, relançait ses pieds l’un après l’autre devant lui. Il n’avait plus de volonté ni d’énergie, une irrésistible impression d’appartenir au bleu du ciel, à ce désert muet et chaud. Le scarabée était si rapide. Si rapide. 


« Attends moi !» protesta l’homme, sa voix n’était plus qu’un murmure.
Le scarabée avançait.
– Attends, s’il te plaît ! 
Le scarabée l’ignorait. 
– Pitié ! » 
L’homme tomba à genoux. 


Le scarabée s’immobilisa devant une marche, une grande marche en bois. L’animal apprécia l’obstacle et l’homme releva la tête. 
« Attends, je vais t’aider ! » Mais l’insecte fit une brève envolée pour surmonter l’obstacle. « Bravo, murmura-il, depuis sa gorge asséchée. » Une autre marche en bois. « Le refaire ? » grogna la carcasse humaine. L’insecte fit de même. L’homme, dans un dernier souffle, gémit un mot pour le féliciter puis s’effondra dos au sol.


La terre se mit à trembler. Le frottement de métal contre métal en ultrasons exponentiels jusqu’à un crissement suraiguë interminable, un sifflement de vapeur avant un hurlement en fumée, le cerveau de l’homme piqué à vif, il plaqua ses mains brûlées sur ses oreilles devant la civilisation qui revenait d’un seul coup, le sifflet du chef de gare, le téléphone qui braille, l’enfant qui pleure. « En voiture ! Deux minutes d’arrêt ! » « J’ai besoin d’un billet ! » « Cours chérie ! On va le louper! » « Écartez vous du bord du quai ! » « Mince, j’ai pas composté ! » « T’es sur que c’est la première classe ? » « On est quelle place ! » « Oups, pardon Monsieur ! »« Vous allez bien, monsieur ? » « Monsieur ? » « Appelez de l’aide ! »


Lorsqu’il ouvrit les yeux une foule de gens lui rendait son regard fou. Tous murmuraient. « Laissez le respirer ! » s’égosilla quelqu’un. 


Hagard, l’homme observa tout autour de lui. Dans tout ce vacarme, comment ferait-il pour retrouver son ami ?

Harfyz :
Spoiler:
Est-ce que vous vous souvenez de la dernière fois où vous êtes resté seul dans un espace silencieux, calme, en paix ? Prenez le temps d'y penser quelques secondes.. De vous souvenir de la paix. D'un monde sans guerre.. Du moins, sans guerre dans votre nation. Pour moi, ce monde n'existe plus.. Il est devenu aussi bruyant que nos voisins. Ceux dont on disait, sans vrai émotion, qu'il était bien triste de voir des civils au milieu d'un conflit dont on ne se rappelait même plus l'origine. Et bien, je vous le donne en mille, cette guerre si lointaine est maintenant à nos portes.. Les défonçant sans détour. Gagnant le monde entier.

Où suis-je et pourquoi suis-je ici, sont les deux questions qui me traversent continuellement la tête. Pourquoi le froid mordant me faisait presque rien ? Sans oublier ce sifflement insupportable qui parcours mes oreilles. Je ne comprends rien.. Comprendre la situation, analyser et arrêter ce son irritant était mes priorités. Prenant une profonde inspiration, je commence par ouvrir les yeux. La lumière, trop forte, me forçait à les plisser dans un premier temps. Une fois adapté à cette luminosité, je pouvais voir le désastre autour de moi. Beaucoup trop de corps sur le sol, gémissant, mourant ou déjà parti pour un monde meilleur. Le paysage n'était pas en reste.. Les bâtiments, pilier de l'innovation humaine, sont tous en partie effondrée ou en proie aux flammes. Je ne réalise pas vraiment ce qui se passe.. Il y a peu.. J'étais en compagnie de mon escadron. Nous faisions le tour de la place.. Et une minute plus tard.. C'était l’apocalypse.

A présent debout, j'ai une vue quasi complète de la place. Un carnage. Pourquoi je tiens toujours sur mes jambes alors que la moitié des personnes sur la place ne bougent plus ? Quant à l'autre.. Je suppose qu'ils gémissent de douleurs, attendant qu'on achève leur souffrance. Je peux que supposer cela. Je n'entendais que ce sifflement. N'arrivant même pas à remarquer qu'il y avait quelqu'un derrière moi avant de me prendre un coup de crosse sur le crâne. Me voilà de nouveau à terre, inconscient.

Le second réveil fut brutal. Un seau d'eau m'aspergeant le visage. Je sursaute, recrachant de l'eau. Je jette plusieurs regards affolés au alentour, remarquant rapidement dans quelle position je me trouvais.. Prisonnier de guerre sans le moindre doute. L'endroit sentait l'odeur du sang et de la javel. Mes oreilles me faisaient moins mal. Le bourdonnement insistant se faisait plus discret.. Un homme, géant en taille, tenait toujours le seau entre ses mains. Il me regardait avec un large sourire avant d'hurler à son entourage. Je tentais de m'enfuir, réalisant bien vite que mes mains étaient attachées et que le reste de mon corps était suspendu à elles. Je grognais, ayant mal partout à force de me gigoter.

Après plusieurs minutes d'attente, un deuxième homme s'approcha. Il me jetait un regard d'ensemble avant rire aux éclats. Il m'expliqua posément qu'il avait besoin d'information sur son ennemi, moi en l’occurrence. Il commença à me poser des questions. Je me murais dans le silence, ne voulant pas trahir mes compatriotes et les civils cachés dans la ville. Au bout d'une bonne demi heure de monologue, il finit par s'approcher et agripper mes joues avec l'une de ses mains. Avec la seconde, il brandit un petit couteau. Il me posait de nouveau une question. Devant mon absence de réponse, il fit plusieurs entailles sur mes joues, m'arrachant plusieurs cris de douleurs. Il reprit un monologue, me laissant un peu de répit avant de sortir de la pièce et de revenir avec une serviette et un tuyau d'arrosage. Il attrapa mes poignets et m'installait sur une table, attachant mes liens sur les côtés. Je pouvais deviner ce qui m'attendait.. Le cliquetis de mes liens était qu'un préquel tout comme mes joues souillées de sang. Deux hommes arrivèrent pour me tenir pendant que mon tortionnaire me posait la serviette sur le visage et faisait croire à mon corps que je me noyais. Noyade sèche comme on l'appelle.. Je peux vous dire que c'est une sensation horrible. Pour compléter la torture, il fallait bien sûr me réanimait à chaque fois. Ce qui était tout aussi douloureux à vivre. Je n'arrivais plus vraiment à me souvenir de quoique se soit. Suis-je mort ? Suis-je vivant ? Suis-je en Enfer ? Je n'avais aucune réponse. Seulement des questions.

Les jours passèrent, les tortures étaient aussi variées que les mois de l'année ce qui m'empêchait d'avoir une pensée correcte. Ma santé psychique et physique n'étaient pas en très bon état. Je ne savais même plus combien de temps j'étais retenu. C'était qu'une question de jour avant que je rejoigne mes chanceux compagnons parti sans trop de souffrance. Je me languissais de les rejoindre, d'être enfin en paix. De ne plus entendre les pas des gardiens et les rires rauques de mon tortionnaire. De ne plus entendre sa voix monocorde et le son des chaînes. Rêvant de mourir dans mon sommeil, d'être enfin libre de cette vie.


C'était un jour comme les autres et pourtant, il y avait quelques choses de différent chez les gardes. Ils semblaient assez stressés et me tenaient plus fermement. L'un d'eux me laissa même de belles marques sur le bras en me déposant dans la salle au mille et un hurlement de mort. Parfois je pouvais sentir les âmes désespérées qui m'avaient précédées, sentir leur cri d'agonie et leur soulagement à leur fin. Pour la première fois depuis mon arrivée, d'autres prisonniers étaient amenés avec moi. Ils nous empêchaient de parler en mettant des morceaux de cordes dans la bouche avant de mettre des cagoules à tout les prisonniers à l'exception de ma personne. Le tortionnaire s'arrêtait devant moi, me faisant un large sourire carnassier avant de sortir son petit couteau. Il me cloua au sol et planta son couteau dans mon oreille gauche. J'hurlais de toutes mes forces ne comprenant pas ce geste purement gratuit et déplacé. Un simple regard vers mon bourreau m'indiquait qu'il y avait prit du plaisir. Il me releva ensuite et m'enfila la cagoule. Ils nous relevèrent et nous attachèrent des fusils d'assaut aux mains. Ils nous pointèrent avec leur fusil avant de fuir. A peine quelques minutes plus tard, un groupe armé arriva. Nous voyant « armé », ils nous demandèrent de baisser nos armes sans quoi, il allait tirer. Aucun de nous pouvait répondre. Les tirs retentirent par la suite, sans comprendre comment, je me retrouvais au sol, sous l'un des prisonniers. Après le massacre. Nous étions deux survivants.. Mais pour combien de temps ? Le deuxième survivant suffoquait. J'étais la seule à avoir une blessure légère, les autres étaient mort. L'attention se tournait donc vers moi. On me dégagea du corps qui me bloquait avant de me désarmer et de retirer ma cagoule. Les pseudos alliés remarquèrent leur erreur et faisait des sourires gênés. Que faire de moi maintenant ? J'étais le seul survivant et témoin de cette bavure. Le dernier son que j'entendis était celui de l'écho de ma mort. Le coup de feu qui m'acheva.

Naru :
Spoiler:
La pluie ne cessait de tomber sur les rues pavés, éclaboussant les passants dans un déluge glacé et morne. Le tonnerre n'avait pas encore frappé, mais le ciel s'était assombri de toute part. Une marrée humaine de parapluies s'égayait dans les rues tandis que ceux qui n'avaient pas pensé à en prendre courraient le dos courbés pour se mouiller le moins possible. 
Depuis une fenêtre de café, Ilan regardait ce ballet incessant de badauds dans un calme relatif. La pluie le rendait nerveux et les souvenirs douloureux auxquels elle était liée lui serraient la gorge. 
_Tu va faire exploser la vitre à la regarder avec autant d'intensité ! 
La voix fluette sortie le jeune homme de ses pensées sombres et il tourna la tête. 
Une enfant d'une dizaine d'années s'était assise en face de lui, une tasse fumante posée devant elle. Elle portait une salopette en jean et un pull violet aux manches longues qui tranchait franchement avec sa longue natte blonde. Seules quelques traces de brûlures apparaissaient lorsqu'elle levait les mains et que les manches de son pull révélaient ses avant bras. 
Ses joues s'étaient teintées d'un rose de contentement après la première gorgée de chocolat. 
_Elle n'a pas tort, Ilan. Détends-toi un peu. Continua l'homme qui s'était installé à ses côtés. 
Il aurait pu être beau si son visage n'avait pas été défiguré par deux cicatrices qui lui déformaient le coin droit de la bouche et donnait à son œil gauche un air constamment abattu. Son âge restait incertain, mais la vivacité dans ses yeux gris ne laissait aucun doute quant à son intelligence aiguisé. Ses cheveux blonds étaient parsemés de mèches grises et il arborait une barbe très courte qu'il soignait dès qu'il en avait le temps. Ses mains étaient recouvertes par des gants noirs, tout comme celles d'Ilan.
Le jeune homme ne fit aucun cas des commentaires de ses camarades, mais détourna le regard de la fenêtre pour suivre avec un intérêt maussade le va-et-vient du café. Ce n'était que le début de soirée et l'établissement se remplissait lentement. 
L'odeur du chocolat vint chatouiller les narines du jeune homme qui remarqua enfin la tasse qu'on avait posée devant lui. 
_Du chocolat ? Dit-il d'une voix où ne perçait aucune émotion. 
Il ne s'adressait à aucun de ses deux camarades en particuliers, mais l'homme répondit. 
_Je me suis dit que tu n'en avais peut-être jamais goûté et Amara en raffole, alors... 
Ilan hésita une seconde puis porta la tasse ses lèvres. Le sucre le surpris quelque peu, mais la douceur du chocolat et l'amertume qui contrebalançait le tout était étonnamment agréable. 
En face de lui, Amara sourit de toutes ses dents en regardant l'adolescent. 
_C'est bon, hein ?! 
Les yeux bleus se levèrent sur elle et Amara se retint de trembler. 
Ilan ne répondit cependant pas et reprit sa contemplation du café. Il ne vit pas la tristesse passer dans le regard de Jephte ni la gêne dans celui de la petite fille. 
L'adolescent n'était pas très grand pour son âge, mais il avait une posture très droite, un maintient presque militaire. Ses cheveux noirs avaient été coupés court récemment et il avait encore un peu de mal à s'y habituer. Son visage était séduisant, mais aucune émotion ne semblait pouvoir pénétrer ses traits doux et symétriques. Ilan dégageait une aura dangereuse et son calme apparent ne le rendait que plus impressionnant. 
Cependant, lorsque son regard se posa sur le blason de la veste d'une femme s'approchant de la caisse pour passer commande, une incommensurable fureur s'alluma brusquement au fond de ses yeux dont la teinte vira au noir. 
Ses mains se crispèrent sur la tasse qu'il tenait encore et celle-ci aurait éclatée si d'autres doigts n'étaient venus imposer leurs pressions sur sa main. 
Une femme magnifique, ses cheveux noirs attachés en une queue-de-cheval, son corps svelte caché sous un manteau tout aussi sombre était soudainement apparue aux côtés du jeune homme. 
Amara et Jephte retenaient leurs respirations, incapables de soutenir la soudaine tension qui émanait de leur camarade.
_ Retiens-toi. Ça ne doit pas se passer ici. Intervint la nouvelle venue sans regarder le jeune homme. 
Ilan usa du peu de sang-froid qui lui restait pour lâcher des yeux la femme en uniforme qui payait sa commande et se força à ralentir les battements de son cœur. La main de la femme sur la sienne s'effaça. 
Visiblement, seuls ses camarades avaient remarqué les pulsions meurtrières qui avaient agité l'adolescent qui essayait maintenant de contrôler les tremblements dans son corps. Heureusement, la femme en uniforme emporta ses 6 gobelets de café et sortit sans avoir remarqué leurs présences. 
Jephte échangea un mouvement de tête avec la femme et se leva, tendant une main à Amara pour l'aider à descendre de la banquette. Ils passèrent leurs manteaux noirs et sortirent sans un regard en arrière. 
Le femme les vit prendre à droite en sortant du café et d'un même mouvement, enfoncer quelque chose dans leurs oreilles avant de continuer sous la pluie. Elle attendit encore quelques minutes de plus tandis qu'Ilan avait fermé les yeux pour contenir plus efficacement sa fureur destructrice. 
Enfin, elle se leva pour laisser la place au jeune homme. 
_Tout est en place. À toi de jouer. 
Les yeux bleus avaient disparu dans un tourbillon d'un intense noir et la femme se força à ne pas croiser le regard de l'adolescent. Elle le laissa sortir lentement du café avant de mettre les bouchons d'oreilles spéciaux qu'elle avait prit avec elle. 
Cet enfant était trop dangereux. Elle n'aimait pas devoir compter sur sa participation, mais elle n'était pas en position de pouvoir émettre la moindre objection. Zein avait décidé du plan, elle se devait de suivre ses ordres. Elle les suivraient même si elle devait y laisser la vie.
La femme se dirigea vers la sortie du café et ne prit même pas la peine de se munir d'un parapluie. 
Ilan avançait déjà au milieu de la route, insensible aussi bien aux klaxons des voitures et aux cris des passants qui le regardaient, éberlués, traverser la route, comme au froid et à la pluie battante qui le trempait jusqu'aux os. Plus rien ne comptait pour lui à cet instant que le van à l'écusson rouge garé sur la petite place en face de lui. Le même van dans lequel était monté la cliente aux 6 cafés qui arborait le même symbole sur sa veste. 
Dans tous ses cauchemars, dans ses souvenirs les plus sombres, cet écusson, ces deux C entrecroisés surmonté d'un A rouge revenait sans cesse le hanter. Les horreurs qu'il avait endurées aux mains de l'A.R.C lui revenaient en mémoires comme autant d'aiguilles chauffées à blanc s'enfonçant dans son cerveau. Toute la haine qu'il contrôlait habituellement suintait maintenant par tous les ports de sa peau, la colère le consumant tout entier.
Le jeune homme s'arrêta à quelques mètres du van et les occupants en sortirent, visiblement surpris. Les matraques électriques qu'ils avaient tous en main confirmèrent les soupçons d'Ilan. 
Ils n'étaient pas au courant de qui il était. 
Alors, avec toute la puissance de sa colère, l'adolescent poussa un cri assourdissant.
Le hurlement fut si puissant que les vitres de tous les bâtiments et des voitures aux alentours éclatèrent. Le son était si fort qu'il écrasait tout autre bruit. Ni les cris des passants qui saignaient des tympans, ni même le tonnerre qui s'était finalement déchaîné ne pouvait rivaliser avec son cri. Les 6 employés de l'A.R.C avaient lâchés leurs matraques et se tenaient la tête entre leurs mains, le visage déformé par la douleur, l'horreur et la peur.   
Enfin, le cri s'arrêta. 
Le monde s'était soudainement remis en marche. Le son de la pluie sur les pavés, les alarmes des voitures, le grondement de l'orage, tout semblait décuplé et complètement anormal. Comme si l'explosion du son avait coupé le monde en deux et que tout semblait étrangement déphasé.  
Ilan, lui, ne ressemblait plus du tout à l'adolescent qu'il était. De ses pupilles noirs, s'écoulait un liquide de la même couleur qui roulait le long de ses joues. Une étrange fumée sombre flottait autour de lui comme une aura changeante et menaçante douée d'une vie propre. 
Il tendit les mains vers l'avant et l'ombre qui le recouvrait se cristallisa sous forme de longues lames de cristal noir puis se dispersèrent dans toutes les directions d'un seul coup explosif. Les lames empalèrent les membres de l'A.R.C qui s'étaient relevé tant bien que mal. Autour du jeune homme, la rue s'était soudainement transformée en un chaos sans nom. De nombreuses personnes avaient aussi été touchés par les lames et le sang maculait le sol là où d'autres s'était laissé choir, les tympans implosés, les visages terrifiés. La force de l'explosion avait envoyé les lames de cristal s'enfoncer dans les murs, les voitures et tout ce qui s'était trouvé dans leurs sillages, insensibles aux innocents fauchés au passage.  
Ilan s'avança vers la femme qui rampait au sol, incapable de retenir les gémissements de terreurs qui la secouaient, tentant avec l'énergie du désespoir de s'éloigner du van et des corps sans vie de ses collègues. Le jeune homme tendit lentement une main au-dessus de sa tête et une lame noire se matérialisa. 
_Pitié ! Hurla la femme. Non ! Non ! Je vous en prie ! Pitié ! 
La lame s'abattit avec violence. Encore et encore. Alors même que la femme n'était plus qu'un amas sanguinolent, le jeune homme continuait d'abattre son arme. Il n'était plus au milieu de la rue, sous une pluie battante. Il était dans la chambre aux murs gris, les poignets attachés à des fers qui lui sciait la peau, hurlant sous la torture. Suppliant que quelqu'un mette fin à son calvaire, quelle qu'en soit la façon. 
Une main vint se poser sur son crâne et Ilan stoppa son geste devenue mécanique.
Agenouillé près de lui, Zein le regardait avec douceur. Il passa une main sur la joue du jeune homme et le contacte avec la peau froide lui fit du bien. Lentement, il laissa retomber son bras, l'ombre autour de lui s'estompant tout comme la couleur noir de ses yeux. Les lames de cristal se désintégrèrent immédiatement. 
L'homme aux longs cheveux argentés était le seul à jamais le regarder de cette façon. Il était le seul à ne pas trembler devant lui, le seul à s'être jamais préoccupé de ce qu'il ressentait. Le seul à le traiter comme un être humain. Il l'aida à se remettre debout, mais Ilan sentit ses jambes se dérober.
La fatigue lui tombait dessus comme une chape de plomb et il se demanda combien de temps il était resté dans cette position.
Du coin de l'œil, il aperçut Jephte forcer les portes du van à moitié défoncé et il espéra un instant qu'il n'avait pas fait foiré la mission. 
Zein du deviner ses pensées, car il força le jeune homme à le regarder. 
_Tout va bien, Ilan. Tu as été formidable. Dit-il avec un sourire apaisant. Repose-toi. Je suis désolé d'avoir dû recourir à ce moyen. 
Le jeune homme se laissa guider vers une voiture dans laquelle Amara attendait déjà et laissa la fatigue l'envelopper dans la douceur de l'inconscient. 


Dernière édition par Sagiga le Mer 1 Mai 2019 - 13:18, édité 1 fois

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Message par derviche le Mer 3 Avr 2019 - 16:14

Derviche est de retour.

Assis en tailleur au sommet d'une (très haute) montagne, regardant l'horizon d'un air sérieux ( mais quelle classe! ) il attend. Son texte est presque prêt. 

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Message par derviche le Lun 8 Avr 2019 - 10:30

"Le scarabée est vaillant mais le roseau est toujours le plus haut." 

voila c'est à méditer.
Sinon mon texte est assez court donc assez rapide à lire.

Spoiler:

Les cloches de l’église sonnent au-dessus du vrombissement d’une place de marché. Un marchand jacte les mérites de son étalage pendant qu’un vendeur de journaux s’époumone. Les passants dans la rue piaillent, les talons hauts d’une dame claquent, un chien aboie sur un chat qui feule. Un mendiant gémit, une musique sort de la fenêtre, un rire d’enfants qui s’envole.


Tout cela était bien loin derrière. Abandonné même par le vent, il était enfermé dans un silence implacable, il lui arrivait de gémir uniquement pour se rappeler ce qu’était la sensation d’entendre.


Sa peau était rouge. Le marcheur n’avançait plus, immobile ; il écoutait le « non-bruit ». Ses yeux tristes contemplaient le paysage lunaire d’un désert à l’atmosphère brûlante qui s’opposait à tous ses gestes ; un monde infernal à la gravité extrême. L’homme avait compris ; tous ces lieux à des kilomètres à la ronde ne seraient que le miroir de celui-ci. Celui-là même où il se tenait debout avec son jeans et ses bottes, la triste réplication à l’infini de cette scène de fin. Il n’était qu’un minuscule insecte dans une toile d’araignée géante.


Un ciel bleu blafard sans nuage écrasait ses épaules pour qu’il marche sur ce sol poussiéreux et abrasif. Mais à quoi bon, qu’il coure, galope, ou même vole, le soleil aura sa peau. Seul le silence était réconfortant et bientôt la mort.


Un craquement vint à ses oreilles le tirant de sa méditation, puis un autre. Un insecte. Il déambulait devant sa botte droite.


Était-ce un scarabée ? Le géant inerte daigna observer le minuscule. Comment peut-on vivre dans un endroit pareil ? Il se pencha et alla jusqu’à se mettre à genoux. La bête avait six pattes et une petite corne. Ses connaissances en entomologie étaient inexistantes. Béat devant l’incroyable stoïcisme de l’insecte, il se mit à le suivre.


En fermant les yeux, il arrivait à distinguer le bruit de chacune de ses petites pattes. Comme il était bon d’avoir quelque chose d’autre à écouter que le son de ses bottes qui trébuchaient sans cesse de fatigue. Le silence revenait uniquement quand l’insecte laissait ses empruntes sur un banc de sable, un message en morse, de minuscules hiéroglyphes illisibles. Pendant de longues heures, l’animal grignotait le désert en esquivant, escaladant chaque caillou, jamais il ne s’arrêtait et l’homme, péniblement, suivait.


D’un coup, d’un seul, l’insecte creusa dans le sol et disparu de la surface. L’homme en fut pétrifié.
« Hé ! Pourquoi tu pars ? » Il sentit le froid l’envelopper. « C’est la nuit, c’est ça ? » Il fusilla le ciel du regard avant d’essayer de creuser pour retrouver son nouvel ami. Ses doigts asséchés aux ongles cassants heurtèrent la roche et de douleur il s’arrêta, s’effondrant encore une fois vaincu.


Un craquement.


L’homme se réveilla en sursaut mais tout de suite les rayons du soleil lui brûlèrent les pupilles. Sa main droite cacha l’astre solaire, sa respiration était lourde. Tout était encore là, la poussière, la caillasse, le ciel, tout excepté le silence. « Où es tu ? » paniqua l’homme. Le scarabée était là-bas, reparti pour tracer une ligne droite parfaite. Il trottait pareil à une locomotive. Dans l’immensité poussiéreuse l’infiniment petit et l’infiniment grand ne faisait plus qu’un. Il n’était qu’un point noir sur de la croûte terrestre.


Au bout d’un moment il fut difficile de suivre l’insecte. L’homme désarticulé doublait lentement le coléoptère puis s’arrêtait pour rassembler ses forces. Les six pattes repassaient devant lui comme un train devant une gare. L’humain le fixait et, essoufflé, relançait ses pieds l’un après l’autre devant lui. Il n’avait plus de volonté ni d’énergie, une irrésistible impression d’appartenir au bleu du ciel, à ce désert muet et chaud. Le scarabée était si rapide. Si rapide.


« Attends moi !» protesta l’homme, sa voix n’était plus qu’un murmure.
Le scarabée avançait.
Attends, s’il te plaît ! 
Le scarabée l’ignorait.
Pitié ! »
L’homme tomba à genoux.


Le scarabée s’immobilisa devant une marche, une grande marche en bois. L’animal apprécia l’obstacle et l’homme releva la tête.
« Attends, je vais t’aider ! » Mais l’insecte fit une brève envolée pour surmonter l’obstacle. « Bravo, murmura-il, depuis sa gorge asséchée. » Une autre marche en bois. « Le refaire ? » grogna la carcasse humaine. L’insecte fit de même. L’homme, dans un dernier souffle, gémit un mot pour le féliciter puis s’effondra dos au sol.


La terre se mit à trembler. Le frottement de métal contre métal en ultrasons exponentiels jusqu’à un crissement suraiguë interminable, un sifflement de vapeur avant un hurlement en fumée, le cerveau de l’homme piqué à vif, il plaqua ses mains brûlées sur ses oreilles devant la civilisation qui revenait d’un seul coup, le sifflet du chef de gare, le téléphone qui braille, l’enfant qui pleure. « En voiture ! Deux minutes d’arrêt ! » « J’ai besoin d’un billet ! » « Cours chérie ! On va le louper! » « Écartez vous du bord du quai ! » « Mince, j’ai pas composté ! » « T’es sur que c’est la première classe ? » « On est quelle place ! » « Oups, pardon Monsieur ! »« Vous allez bien, monsieur ? » « Monsieur ? » « Appelez de l’aide ! »


Lorsqu’il ouvrit les yeux une foule de gens lui rendait son regard fou. Tous murmuraient. « Laissez le respirer ! » s’égosilla quelqu’un.


Hagard, l’homme observa tout autour de lui. Dans tout ce vacarme, comment ferait-il pour retrouver son ami ?
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Message par Harfyz le Jeu 18 Avr 2019 - 20:42

Salut, salut.

Je viens d'écrire un petit texte en voyant le thème.. Par contre, je suis pas sûre d'être bien dans le thème. Dites-moi si c'est bon ou pas ~

J'ai pas vraiment d'idée de titre mwa.. Hum, peut être "La Fin d'une Histoire"

Spoiler:

Est-ce que vous vous souvenez de la dernière fois où vous êtes resté seul dans un espace silencieux, calme, en paix ? Prenez le temps d'y penser quelques secondes.. De vous souvenir de la paix. D'un monde sans guerre.. Du moins, sans guerre dans votre nation. Pour moi, ce monde n'existe plus.. Il est devenu aussi bruyant que nos voisins. Ceux dont on disait, sans vrai émotion, qu'il était bien triste de voir des civils au milieu d'un conflit dont on ne se rappelait même plus l'origine. Et bien, je vous le donne en mille, cette guerre si lointaine est maintenant à nos portes.. Les défonçant sans détour. Gagnant le monde entier.

Où suis-je et pourquoi suis-je ici, sont les deux questions qui me traversent continuellement la tête. Pourquoi le froid mordant me faisait presque rien ? Sans oublier ce sifflement insupportable qui parcours mes oreilles. Je ne comprends rien.. Comprendre la situation, analyser et arrêter ce son irritant était mes priorités. Prenant une profonde inspiration, je commence par ouvrir les yeux. La lumière, trop forte, me forçait à les plisser dans un premier temps. Une fois adapté à cette luminosité, je pouvais voir le désastre autour de moi. Beaucoup trop de corps sur le sol, gémissant, mourant ou déjà parti pour un monde meilleur. Le paysage n'était pas en reste.. Les bâtiments, pilier de l'innovation humaine, sont tous en partie effondrée ou en proie aux flammes. Je ne réalise pas vraiment ce qui se passe.. Il y a peu.. J'étais en compagnie de mon escadron. Nous faisions le tour de la place.. Et une minute plus tard.. C'était l’apocalypse.

A présent debout, j'ai une vue quasi complète de la place. Un carnage. Pourquoi je tiens toujours sur mes jambes alors que la moitié des personnes sur la place ne bougent plus ? Quant à l'autre.. Je suppose qu'ils gémissent de douleurs, attendant qu'on achève leur souffrance. Je peux que supposer cela. Je n'entendais que ce sifflement. N'arrivant même pas à remarquer qu'il y avait quelqu'un derrière moi avant de me prendre un coup de crosse sur le crâne. Me voilà de nouveau à terre, inconscient.

Le second réveil fut brutal. Un seau d'eau m'aspergeant le visage. Je sursaute, recrachant de l'eau. Je jette plusieurs regards affolés au alentour, remarquant rapidement dans quelle position je me trouvais.. Prisonnier de guerre sans le moindre doute. L'endroit sentait l'odeur du sang et de la javel. Mes oreilles me faisaient moins mal. Le bourdonnement insistant se faisait plus discret.. Un homme, géant en taille, tenait toujours le seau entre ses mains. Il me regardait avec un large sourire avant d'hurler à son entourage. Je tentais de m'enfuir, réalisant bien vite que mes mains étaient attachées et que le reste de mon corps était suspendu à elles. Je grognais, ayant mal partout à force de me gigoter.

Après plusieurs minutes d'attente, un deuxième homme s'approcha. Il me jetait un regard d'ensemble avant rire aux éclats. Il m'expliqua posément qu'il avait besoin d'information sur son ennemi, moi en l’occurrence. Il commença à me poser des questions. Je me murais dans le silence, ne voulant pas trahir mes compatriotes et les civils cachés dans la ville. Au bout d'une bonne demi heure de monologue, il finit par s'approcher et agripper mes joues avec l'une de ses mains. Avec la seconde, il brandit un petit couteau. Il me posait de nouveau une question. Devant mon absence de réponse, il fit plusieurs entailles sur mes joues, m'arrachant plusieurs cris de douleurs. Il reprit un monologue, me laissant un peu de répit avant de sortir de la pièce et de revenir avec une serviette et un tuyau d'arrosage. Il attrapa mes poignets et m'installait sur une table, attachant mes liens sur les côtés. Je pouvais deviner ce qui m'attendait.. Le cliquetis de mes liens était qu'un préquel tout comme mes joues souillées de sang. Deux hommes arrivèrent pour me tenir pendant que mon tortionnaire me posait la serviette sur le visage et faisait croire à mon corps que je me noyais. Noyade sèche comme on l'appelle.. Je peux vous dire que c'est une sensation horrible. Pour compléter la torture, il fallait bien sûr me réanimait à chaque fois. Ce qui était tout aussi douloureux à vivre. Je n'arrivais plus vraiment à me souvenir de quoique se soit. Suis-je mort ? Suis-je vivant ? Suis-je en Enfer ? Je n'avais aucune réponse. Seulement des questions.

Les jours passèrent, les tortures étaient aussi variées que les mois de l'année ce qui m'empêchait d'avoir une pensée correcte. Ma santé psychique et physique n'étaient pas en très bon état. Je ne savais même plus combien de temps j'étais retenu. C'était qu'une question de jour avant que je rejoigne mes chanceux compagnons parti sans trop de souffrance. Je me languissais de les rejoindre, d'être enfin en paix. De ne plus entendre les pas des gardiens et les rires rauques de mon tortionnaire. De ne plus entendre sa voix monocorde et le son des chaînes. Rêvant de mourir dans mon sommeil, d'être enfin libre de cette vie.


C'était un jour comme les autres et pourtant, il y avait quelques choses de différent chez les gardes. Ils semblaient assez stressés et me tenaient plus fermement. L'un d'eux me laissa même de belles marques sur le bras en me déposant dans la salle au mille et un hurlement de mort. Parfois je pouvais sentir les âmes désespérées qui m'avaient précédées, sentir leur cri d'agonie et leur soulagement à leur fin. Pour la première fois depuis mon arrivée, d'autres prisonniers étaient amenés avec moi. Ils nous empêchaient de parler en mettant des morceaux de cordes dans la bouche avant de mettre des cagoules à tout les prisonniers à l'exception de ma personne. Le tortionnaire s'arrêtait devant moi, me faisant un large sourire carnassier avant de sortir son petit couteau. Il me cloua au sol et planta son couteau dans mon oreille gauche. J'hurlais de toutes mes forces ne comprenant pas ce geste purement gratuit et déplacé. Un simple regard vers mon bourreau m'indiquait qu'il y avait prit du plaisir. Il me releva ensuite et m'enfila la cagoule. Ils nous relevèrent et nous attachèrent des fusils d'assaut aux mains. Ils nous pointèrent avec leur fusil avant de fuir. A peine quelques minutes plus tard, un groupe armé arriva. Nous voyant « armé », ils nous demandèrent de baisser nos armes sans quoi, il allait tirer. Aucun de nous pouvait répondre. Les tirs retentirent par la suite, sans comprendre comment, je me retrouvais au sol, sous l'un des prisonniers. Après le massacre. Nous étions deux survivants.. Mais pour combien de temps ? Le deuxième survivant suffoquait. J'étais la seule à avoir une blessure légère, les autres étaient mort. L'attention se tournait donc vers moi. On me dégagea du corps qui me bloquait avant de me désarmer et de retirer ma cagoule. Les pseudos alliés remarquèrent leur erreur et faisait des sourires gênés. Que faire de moi maintenant ? J'étais le seul survivant et témoin de cette bavure. Le dernier son que j'entendis était celui de l'écho de ma mort. Le coup de feu qui m'acheva.
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Message par derviche le Dim 21 Avr 2019 - 9:45

Coucou Harfyz,

j'ai lu ton texte en passant ce matin voilà ma critique.
Spoiler:
MAIS C'EST HYPER TRISTE! faut dire que le personnage principal est quand même hyper résistant. A chaque fois il est encore en vie. J'ai bien aimé la construction du texte, et l'explication des moyens de torture, ça j'ai tout compris. Pour améliorer ce texte, je pense qu'il faudrait essayer de d'éviter la répétition du "il" quand elle est en face d'un inconnu, ça va développer ton style.
A+
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Message par Sagiga le Dim 21 Avr 2019 - 23:33

Hello guys !

J'ai lu vos textes ! Je les ajouterai sur le premier post sous peu ^^ Mais je viens quand même déposer mon petit commentaire =3

Derviche:

Ce qui est assez fantastique avec tes textes c'est qu'à chaque fois que je vais en lire un je me dis "ah ça va être cool" et quand j'ai fini de le lire je me dis "NON MAIS C'EST TROP BIEN" xD
En fait j'adore toutes tes métaphores, c'est vraiment un truc dont je suis très très fan dans l'écriture et tu rends l'événement le plus insignifiant absolument poétique et percutant. 
Genre ça " l’insecte laissait ses empruntes sur un banc de sable, un message en morse" c'est juste whaou !
C'est un petit texte en effet, qui raconte une drôle d'histoire, je me suis un peu demandée s'il y aurait une chute, un dénouement un peu surprenant et non c'est juste un drôle de bonhomme étrangement fasciné par un insecte ! (Ou j'ai raté un truc ? xD)
Et en fait j'ai trouvé ça très bien, c'est comme une petite parenthèse dans la vie de quelqu'un !
Comme d'hab', très bon boulot !

Harfyz:

Je suis un peu confuse sur un point... Le personnage principal est une femme ou un homme ? 
Au début je pensas que tu allais parler de la France ahah ! Avec le contexte actuel et tout je croyais que tu allais faire une sorte d'analyse/critique et je me suis dit "oulala elle est chaud patate !" !
Finalement tu nous racontes une histoire assez sombre ! Je suis d'accord avec Derviche les scènes de tortures sont vraiment très bien décrites, sans être ultra gores mais très percutantes, et assez détaillées pour qu'on puisse bien s'imaginer (avec horreur) ce qui est en train de se passer. 
Il manque peut-être un tout petit truc pour qu'on ressente de l'empathie pour ton personnage. Parce que j'ai trouvé qu'on assistait un peu à tout ça de façon détachée. Après c'est peut-être une volonté assumée de ta part !
En tout cas merci pour ton texte, bien que sombre ça m'a plu de le lire ! ^^

Je vais essayer de me bouger les fesses pour écrire quelque chose malgré cette terrible semaine de révisions qui m'attend T_____T

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Message par derviche le Lun 22 Avr 2019 - 10:31

Merci beaucoup de ta lecture Saggiga et si tu as aimé alors c'est encore mieux

Le sens du texte, je le laisse aux lecteurs, ils y voient ce qu'ils veulent.
Ce texte était une sorte de laboratoire de construction de phrase. En fait, c'est la même chose pour tous les textes que je pose sur hinata.

Tcho!
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Message par Naru le Lun 29 Avr 2019 - 1:55

Hey les gens !^^

Je poste mon texte !^^
Cette fois je suis presque dans les temps ! XD

Spoiler:

La pluie ne cessait de tomber sur les rues pavés, éclaboussant les passants dans un déluge glacé et morne. Le tonnerre n'avait pas encore frappé, mais le ciel s'était assombri de toute part. Une marrée humaine de parapluies s'égayait dans les rues tandis que ceux qui n'avaient pas pensé à en prendre courraient le dos courbés pour se mouiller le moins possible.
Depuis une fenêtre de café, Ilan regardait ce ballet incessant de badauds dans un calme relatif. La pluie le rendait nerveux et les souvenirs douloureux auxquels elle était liée lui serraient la gorge.
_Tu va faire exploser la vitre à la regarder avec autant d'intensité !
La voix fluette sortie le jeune homme de ses pensées sombres et il tourna la tête.
Une enfant d'une dizaine d'années s'était assise en face de lui, une tasse fumante posée devant elle. Elle portait une salopette en jean et un pull violet aux manches longues qui tranchait franchement avec sa longue natte blonde. Seules quelques traces de brûlures apparaissaient lorsqu'elle levait les mains et que les manches de son pull révélaient ses avant bras.
Ses joues s'étaient teintées d'un rose de contentement après la première gorgée de chocolat.
_Elle n'a pas tort, Ilan. Détends-toi un peu. Continua l'homme qui s'était installé à ses côtés.
Il aurait pu être beau si son visage n'avait pas été défiguré par deux cicatrices qui lui déformaient le coin droit de la bouche et donnait à son œil gauche un air constamment abattu. Son âge restait incertain, mais la vivacité dans ses yeux gris ne laissait aucun doute quant à son intelligence aiguisé. Ses cheveux blonds étaient parsemés de mèches grises et il arborait une barbe très courte qu'il soignait dès qu'il en avait le temps. Ses mains étaient recouvertes par des gants noirs, tout comme celles d'Ilan.
Le jeune homme ne fit aucun cas des commentaires de ses camarades, mais détourna le regard de la fenêtre pour suivre avec un intérêt maussade le va-et-vient du café. Ce n'était que le début de soirée et l'établissement se remplissait lentement.
L'odeur du chocolat vint chatouiller les narines du jeune homme qui remarqua enfin la tasse qu'on avait posée devant lui.
_Du chocolat ? Dit-il d'une voix où ne perçait aucune émotion.
Il ne s'adressait à aucun de ses deux camarades en particuliers, mais l'homme répondit.
_Je me suis dit que tu n'en avais peut-être jamais goûté et Amara en raffole, alors...
Ilan hésita une seconde puis porta la tasse ses lèvres. Le sucre le surpris quelque peu, mais la douceur du chocolat et l'amertume qui contrebalançait le tout était étonnamment agréable.
En face de lui, Amara sourit de toutes ses dents en regardant l'adolescent.
_C'est bon, hein ?!
Les yeux bleus se levèrent sur elle et Amara se retint de trembler.
Ilan ne répondit cependant pas et reprit sa contemplation du café. Il ne vit pas la tristesse passer dans le regard de Jephte ni la gêne dans celui de la petite fille.
L'adolescent n'était pas très grand pour son âge, mais il avait une posture très droite, un maintient presque militaire. Ses cheveux noirs avaient été coupés court récemment et il avait encore un peu de mal à s'y habituer. Son visage était séduisant, mais aucune émotion ne semblait pouvoir pénétrer ses traits doux et symétriques. Ilan dégageait une aura dangereuse et son calme apparent ne le rendait que plus impressionnant.
Cependant, lorsque son regard se posa sur le blason de la veste d'une femme s'approchant de la caisse pour passer commande, une incommensurable fureur s'alluma brusquement au fond de ses yeux dont la teinte vira au noir.
Ses mains se crispèrent sur la tasse qu'il tenait encore et celle-ci aurait éclatée si d'autres doigts n'étaient venus imposer leurs pressions sur sa main.
Une femme magnifique, ses cheveux noirs attachés en une queue-de-cheval, son corps svelte caché sous un manteau tout aussi sombre était soudainement apparue aux côtés du jeune homme.
Amara et Jephte retenaient leurs respirations, incapables de soutenir la soudaine tension qui émanait de leur camarade.
_ Retiens-toi. Ça ne doit pas se passer ici. Intervint la nouvelle venue sans regarder le jeune homme.
Ilan usa du peu de sang-froid qui lui restait pour lâcher des yeux la femme en uniforme qui payait sa commande et se força à ralentir les battements de son cœur. La main de la femme sur la sienne s'effaça.
Visiblement, seuls ses camarades avaient remarqué les pulsions meurtrières qui avaient agité l'adolescent qui essayait maintenant de contrôler les tremblements dans son corps. Heureusement, la femme en uniforme emporta ses 6 gobelets de café et sortit sans avoir remarqué leurs présences.
Jephte échangea un mouvement de tête avec la femme et se leva, tendant une main à Amara pour l'aider à descendre de la banquette. Ils passèrent leurs manteaux noirs et sortirent sans un regard en arrière.
Le femme les vit prendre à droite en sortant du café et d'un même mouvement, enfoncer quelque chose dans leurs oreilles avant de continuer sous la pluie. Elle attendit encore quelques minutes de plus tandis qu'Ilan avait fermé les yeux pour contenir plus efficacement sa fureur destructrice.
Enfin, elle se leva pour laisser la place au jeune homme.
_Tout est en place. À toi de jouer.
Les yeux bleus avaient disparu dans un tourbillon d'un intense noir et la femme se força à ne pas croiser le regard de l'adolescent. Elle le laissa sortir lentement du café avant de mettre les bouchons d'oreilles spéciaux qu'elle avait prit avec elle.
Cet enfant était trop dangereux. Elle n'aimait pas devoir compter sur sa participation, mais elle n'était pas en position de pouvoir émettre la moindre objection. Zein avait décidé du plan, elle se devait de suivre ses ordres. Elle les suivraient même si elle devait y laisser la vie.
La femme se dirigea vers la sortie du café et ne prit même pas la peine de se munir d'un parapluie.
Ilan avançait déjà au milieu de la route, insensible aussi bien aux klaxons des voitures et aux cris des passants qui le regardaient, éberlués, traverser la route, comme au froid et à la pluie battante qui le trempait jusqu'aux os. Plus rien ne comptait pour lui à cet instant que le van à l'écusson rouge garé sur la petite place en face de lui. Le même van dans lequel était monté la cliente aux 6 cafés qui arborait le même symbole sur sa veste.
Dans tous ses cauchemars, dans ses souvenirs les plus sombres, cet écusson, ces deux C entrecroisés surmonté d'un A rouge revenait sans cesse le hanter. Les horreurs qu'il avait endurées aux mains de l'A.R.C lui revenaient en mémoires comme autant d'aiguilles chauffées à blanc s'enfonçant dans son cerveau. Toute la haine qu'il contrôlait habituellement suintait maintenant par tous les ports de sa peau, la colère le consumant tout entier.
Le jeune homme s'arrêta à quelques mètres du van et les occupants en sortirent, visiblement surpris. Les matraques électriques qu'ils avaient tous en main confirmèrent les soupçons d'Ilan.
Ils n'étaient pas au courant de qui il était.
Alors, avec toute la puissance de sa colère, l'adolescent poussa un cri assourdissant.
Le hurlement fut si puissant que les vitres de tous les bâtiments et des voitures aux alentours éclatèrent. Le son était si fort qu'il écrasait tout autre bruit. Ni les cris des passants qui saignaient des tympans, ni même le tonnerre qui s'était finalement déchaîné ne pouvait rivaliser avec son cri. Les 6 employés de l'A.R.C avaient lâchés leurs matraques et se tenaient la tête entre leurs mains, le visage déformé par la douleur, l'horreur et la peur.  
Enfin, le cri s'arrêta.
Le monde s'était soudainement remis en marche. Le son de la pluie sur les pavés, les alarmes des voitures, le grondement de l'orage, tout semblait décuplé et complètement anormal. Comme si l'explosion du son avait coupé le monde en deux et que tout semblait étrangement déphasé. 
Ilan, lui, ne ressemblait plus du tout à l'adolescent qu'il était. De ses pupilles noirs, s'écoulait un liquide de la même couleur qui roulait le long de ses joues. Une étrange fumée sombre flottait autour de lui comme une aura changeante et menaçante douée d'une vie propre.
Il tendit les mains vers l'avant et l'ombre qui le recouvrait se cristallisa sous forme de longues lames de cristal noir puis se dispersèrent dans toutes les directions d'un seul coup explosif. Les lames empalèrent les membres de l'A.R.C qui s'étaient relevé tant bien que mal. Autour du jeune homme, la rue s'était soudainement transformée en un chaos sans nom. De nombreuses personnes avaient aussi été touchés par les lames et le sang maculait le sol là où d'autres s'était laissé choir, les tympans implosés, les visages terrifiés. La force de l'explosion avait envoyé les lames de cristal s'enfoncer dans les murs, les voitures et tout ce qui s'était trouvé dans leurs sillages, insensibles aux innocents fauchés au passage. 
Ilan s'avança vers la femme qui rampait au sol, incapable de retenir les gémissements de terreurs qui la secouaient, tentant avec l'énergie du désespoir de s'éloigner du van et des corps sans vie de ses collègues. Le jeune homme tendit lentement une main au-dessus de sa tête et une lame noire se matérialisa.
_Pitié ! Hurla la femme. Non ! Non ! Je vous en prie ! Pitié !
La lame s'abattit avec violence. Encore et encore. Alors même que la femme n'était plus qu'un amas sanguinolent, le jeune homme continuait d'abattre son arme. Il n'était plus au milieu de la rue, sous une pluie battante. Il était dans la chambre aux murs gris, les poignets attachés à des fers qui lui sciait la peau, hurlant sous la torture. Suppliant que quelqu'un mette fin à son calvaire, quelle qu'en soit la façon.
Une main vint se poser sur son crâne et Ilan stoppa son geste devenue mécanique.
Agenouillé près de lui, Zein le regardait avec douceur. Il passa une main sur la joue du jeune homme et le contacte avec la peau froide lui fit du bien. Lentement, il laissa retomber son bras, l'ombre autour de lui s'estompant tout comme la couleur noir de ses yeux. Les lames de cristal se désintégrèrent immédiatement.
L'homme aux longs cheveux argentés était le seul à jamais le regarder de cette façon. Il était le seul à ne pas trembler devant lui, le seul à s'être jamais préoccupé de ce qu'il ressentait. Le seul à le traiter comme un être humain. Il l'aida à se remettre debout, mais Ilan sentit ses jambes se dérober.
La fatigue lui tombait dessus comme une chape de plomb et il se demanda combien de temps il était resté dans cette position.
Du coin de l'œil, il aperçut Jephte forcer les portes du van à moitié défoncé et il espéra un instant qu'il n'avait pas fait foiré la mission.
Zein du deviner ses pensées, car il força le jeune homme à le regarder.
_Tout va bien, Ilan. Tu as été formidable. Dit-il avec un sourire apaisant. Repose-toi. Je suis désolé d'avoir dû recourir à ce moyen.
Le jeune homme se laissa guider vers une voiture dans laquelle Amara attendait déjà et laissa la fatigue l'envelopper dans la douceur de l'inconscient.


J'ai eu le temps de lire ton texte Derviche mais pas celui de Harfiz donc je reviendrais commenter les deux en même temps !^^'

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Message par Sagiga le Lun 29 Avr 2019 - 10:41

Woooow une entrée en scène de dernière minute !!

J'essaie de produire quelque chose d'ici ce soir, et si j'échoue je lancerai le concours quand même !
Ce serait sympa d'avoir 4 textes sur ce concours ^^

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Message par Naru le Mer 1 Mai 2019 - 1:08

Alors, je profite que Sagiga soit en retard pour donner mes avis ! Wink

Derviche:
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Je dois avouer qu'à un moment du texte, je me suis perdue. Je ne savais plus très bien ce que j'étais entrain de lire et si ça me menait quelque part!
A part ce moment là, j'ai trouvé ton texte, tout en image et en métaphores, très intéressant! Comme l'a soulignée Sagiga, il y a de belles trouvailles agréables aussi bien à lire qu'à imaginer ! ^^
Bref, j'a trouvée ton texte sympa ! Un peu trop court mais sympa quand même!

Harfyz:
Spoiler:

J'ai bien aimée ton texte! On ressent bien à l fois l'horreur et le complet bordel qu'est la guerre! Amis/ennemis tout ça se mélange et devient juste un lieu où mourir.
Je n'ai pas trouvé que tu appuyais trop sur les tortures, justement, je trouve que tu as mis ce qu'il fallait, juste assez pour qu'on s'imagine et pas trop pour qu'on soit juste écœurer de lire et arrêter là.
La fatalité de la fin de ton histoire est plutôt touchante en faite. On est triste mais aussi quelque part, soulagé pour le personnage qui arrêtera enfin de souffrir inutilement.
J'aurais préféré un tortionnaire plus détaché qu'un malade sadique, ce qui aurait renforcé l'horreur de la chose. Rendre un personnage de la sorte plus humain aurait donné encore plus d'impact car, il n'y a pas de notion de "prendre du plaisir sadique" à faire du mal, juste, finalement, le travail comme un autre d'un soldat ennemi. Quelque part, ça rend la chose encore plus terrible. ^^'

bref, j'ai trouvée que c'était un très bon texte ^^

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Message par Sagiga le Mer 1 Mai 2019 - 13:14

Ahah oui désolée ! J'ai essayé mais j'arrive pas du tout à m'y mettre donc je lance les votes !

Vous avez un mois pour élire votre texte préféré !

Naru je repasserai pour laisser un petit commentaire sur ton texte !

Merci à tous pour votre participation !

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Message par derviche le Ven 10 Mai 2019 - 10:11

Coucou les écrivains!

Tout d'abord, merci, Naru, d'avoir lu mon texte. Apparemment je t'ai perdu, ce qui est fort dommage, peut être parce que j'ai trop poussé la figure de style, a force de vouloir customiser mon texte, on en perd peut être le lecteur et on en oublie de faire des phrases simples pour repositionner les éléments dans le contexte. J'aurai aimé savoir si tu es d'accord avec moi.



J'ai lu ton texte Naru....beaucoup de trucs à dire.



Spoiler:

Je suis assez fan du texte, car il me fait penser énormément à Cowboy Bebop, une de mes série culte, que je ne conseillerai jamais assez.



J'ai commencé à lire ton texte hier et puis j'ai arrêté, pourquoi je sais pas, J'ai du être perturbé, J'étais pas à fond dans l'histoire. Pourquoi? Je pense qu'il manque une phrase accrocheuse en début de texte. Un truc qui dirait " ahaha ça commence doucement, mais à la fin tu verras ce que tu verras"  un truc du genre "la nuit tombe sur la ville, et l'odeur de la poudre plane  dans les rues comme le souffle d'une malédiction" je te rassure tout de suite c'est pas de moi c'est de illustre et vénérable Carlos Ruiz Zafon #ULTRAFAN #sijécrisunjourcommeluijesuisriche.

voila je trouve que ton texte manque d'une petite phrase d’accroche qui nous fait tenir jusqu'à la fin.

Surtout que le début je le trouve assez difficile (à écrire et quelque fois à lire) car tu dois en un minimum de temps présenter beaucoup de personnage! 4 persos!



Par contre la fin est top. J'aime bien le scénario, qui est assez simple mais efficace. bref un bon texte qui mériterait peut être d'être retravaillé




"Ilan dégageait une aura dangereuse et son calme apparent ne le rendait que plus impressionnant."

Le mot "dangereuse" me semble un peu fade.



voila mon avis sur ton texte. Mais sois honnête! Tu écoutais la bande son de Cowboy Bebop quand tu as écris ça! Hein! Avoue!








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