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Résultats des concours
~
Concours de Dessin n°100:
"Redessiner un ancien dessin
"

Avec modèle:
Ex-aequo
Mia Orihara


-Shaolan-



Sans modèle:
Evilshurato


~
Concours Graphisme 99:
"Renders imposés"

Intermédiaire
Camua


Confirmé-expert
Caeldori


~
Concours de Texte n°57 :
"au bar"


Lonely D

"[...]Je laissais un profond soulagement me gagner en voyant la silouhette à demi-voutée de monsieur Noyssodi apparaitre près de moi. La main qui tenait mon bras retomba tandis que le petit homme se plantait entre mon client pot-de-colle et moi. Ses yeux d'argent plongèrent dans ceux du Don Juan qui le regardait avec une pointe d'agacement.

« Votre serveuse allait s'occuper de moi justement, fit-il en faisant un signe vers moi, ne vous en faites pas.

– Vous n'avez rien à faire ici, déclara le patron sans le quitter des yeux.

– Pardon ? Demanda l'homme en prenant un air outré. Je suis un client, vous n'avez pas le droit...

– Dehors, le coupa le vieil homme. »

Il avait prononcé ce seul mot avec un ton que je ne lui connaissais pas et qui me fit frissonner. Même s'il ne s'adressait pas à moi, je ressentis l'irresistible envie de tourner les talons tant sa voix était soudainement devenue impérieuse, absolue. L'homme se raidit et son regard se vida, faisant disparaître toute émotion de son visage. A ma grande surprise, je le vis se diriger vers la sortie sans un mot, laissant la lourde porte de verre se refermer derrière lui.

« Tu vas bien ? Demanda monsieur Noyssodi en reprenant son ton doux habituel. »

Je hochais la tête en esquissant un sourire plein de gratitude. [...]"


=> lire les textes

~ Concours de Photo n°21:
"
Noir et blanc"
Gagnante :
-Shaolan-



Félicitations à vous tous (et toutes) !! =)

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Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

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Pour quels textes votez-vous? 2 choix possible

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Total des votes : 4

Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Naru le Lun 16 Juil 2018 - 0:50

Rappel du premier message :

Et Salut à tous !^^

C'est les vacances !
Et on part sur un concours de textes de presque 2 mois!^^

Pour ce faire, je me suis dit que ce serait bien de lier l’utile à l'agréable!

Alors le thème sera: Création de personnages


Vous allez me dire, mais qu'est-ce que c'est que ce thème ?! ^^

C'est bien agréable de répondre chaque mois à un thème donné mais parfois, ça ne nous aide pas plus que ça a progresser. Alors je me suis dis que ça pourrait être intéressant de proposer un thème avec plusieurs fonctions!^^
Je m'explique:

Vous allez devoir poster plusieurs textes durant ces vacances!
A vous de répondre aux problématiques suivantes en élaborant votre (ou vos) personnage principale.

Vous devrez poster au moins 2 textes minimum pour concourir!


1/ Faite une description de votre personnage principale.

Spoiler:


Décrivez un personnage en utilisant aussi bien son physique que sa psychologie, sa manière d'être.
Ne pas se cantonner à la couleurs des cheveux et des yeux. Donner des détails qui pourront servir de point d'encrage : une cicatrice en forme d'éclaire sur le front, par exemple!
Son allure, sa manière de parler, sa façon de penser etc... plus il y a de détails, mieux c'est!

Attention: Ne me sortez pas un simple texte descriptif!^^ Vous allez devoir décrire votre personnage principale (ou vos personnages principaux si vous en mettez plusieurs) au travers d'un vrai texte, d'une vrai histoire.
Vous n'avez pas besoin d'un texte de 15 pages mais essayez de donner un maximum de détails intéressant sur votre personnage pour qu'on puisse s'en faire une idée rien qu'à la lecture du texte!

Nombre de ligne max : 160




2/ Placer une action/ un évènement, dans l'appartement /maison etc.. de votre personnage


Spoiler:

Et oui, la maison de votre personnage principale est ultra importante car elle reflète le caractère de votre perso. Votre personnage vit-il seul? La maison est-elle rangée ? Si oui, comment? Est-ce cosy? quelle ambiance y-a-t il ? Votre personnage a-t-il envie de s'y trouver ou au contraire, il préfère y passer le moins de temps possible? Pourquoi? ...

Attention: là encore, ne me sortez pas un simple texte descriptif!^^
Donnez des détails sur la vie du personnage, peut-être la vie de sa famille, son quotidien?
Il peut se passer sur plusieurs jours avant qu'un évènement se survienne dans l'appartement ou maison ou autre.

Nombre de ligne max: 210



3/ Flash back et conséquence


Spoiler:

Un personnage doit évoluer au cour d'une histoire. Ses sentiments doivent changer, son regard sur le monde ou sur les autres etc... : écrivez un fait marquant dans la vie d'un de vos personnage, qui influence ce qu'il est aujourd'hui ou sa manière de voir le monde.
ex : l'assassinat des parents de Bruce Wayne le pousse plus tard à devenir Batman.

Attention: la crédibilité avant tout !^^
Comme mentionner dans le titre, vous pouvez écrire ça en une sorte de flash back mais ce n'est pas obligatoire.

Nombre de ligne max: 220




4/ Concevoir un antagoniste.

 
Spoiler:

Le méchant de votre histoire doit avoir de vrai motivations. Il n'est pas méchant juste parce que cela vous arrange. S'il s'oppose à votre personnage principale, c'est pour une raison précise ! Ou même pour plusieurs raisons!^^
Il s'agira ici d'écrire une rencontre entre vos deux personnages!
Cela peut-être la première fois ou pas du tout! A vous de voir!

Attention: Si votre personnage principale est un anti-héro genre tueur à gages par exemple, vous avez bien entendu le droit de faire du "méchant" un policier qui chercher à l'arrêter etc...
Cela peut tout aussi bien être une organisation, une entreprise, un groupe de personne etc...

Si ce thème est placé en 4ème position, ce n'est pas anodin!^^ N'hésitez pas à vous aidez des 3 autres thèmes de textes au dessus pour construire l'antagoniste de votre héro et lui donner du corps!^^
ça ne veut pas dire qu'il faut parler de sa maison, de son enfance ou que sais-je! Mais pour vous, dans votre tête, faites l'effort d'y penser et vous verrez, votre personnage sera plus facile à manier!^^

Nombre de ligne max : 200


________________________________________________


J'espère que cette idée vous plait !^^
C'est une idée que j'ai eu en organisant un atelier d'écriture alors je me suis dis que ça pouvait aussi servir ici!^^'

Merci d'indiquer la catégorie 1/ 2/ 3/ ou 4/
en spoiler de vos texte pour qu'on puisse savoir à quelle thème vous répondez !

Vous pouvez bien sur répondre aux 4 thèmes!^^

Je pense qu'il peut y avoir énormément de bonne chose à lire, j'ai donc hâte de vous lire!!^^
Début des votes le 03/09

PS: Pour ceux qui voudraient un petit challenge de plus, je vous propose un 5ème thème complètement facultatif:


Spoiler:


5/ La mort d'un personnage secondaire.

Voilà de quoi chambouler votre personnage principale! XD Que ce soit un ami ou pas, vous devez faire mourir un personnage proche de votre héro et cela doit avoir un impact conséquent sur lui.
Cela peut-être une mort naturelle, accidentelle ou bien causé par l'antagoniste! Comme vous voulez!

Nombre de ligne max: 300


______


Participants:



Mr. John
Texte 1 :
   Le capitaine Aurelle porta à ses lèvres sa tasse de café encore fumante avant de porter un regard sur le rapport qu’il venait de trouver sur son bureau le matin même . Il était tout de même rare de recevoir un rapport un lundi matin , connaissant ses hommes . Au bout de quelques lignes,il posa lentement son mug à coté d’une photo de sa femme et de ses enfants , reportant toute son attention sur le document .


Rapport


Objet : Inspecteur Lauriac


Mr le capitaine ,


Je voudrais vous mettre au courant du fait que Mr Thomas Lauriac à fait preuve d’un comportement étrange ces derniers temps . Je me permet de vous préciser la nature de celui ci : Depuis quelques jours, L’inspecteur Loriac à été absent de notre service sans donner de motif valable , voir aucun . Ceci est d’autant plus alarmant qu’il est connu pour avoir des préoccupations étranges .Je veux dire , il lui est arrivé de formuler certaines conclusions sortant de l’ordinaire durant plusieurs enquêtes , nous parlant de «paranormal». Vous imaginez bien que dans le cadre d’une affaire de meurtres nous pouvons difficilement nous permettre de donner ce genre d’explications aux familles , et leur dire que le meurtrier serait un «fantôme» ou encore victime de phénomène dit de «possession» . Ce genre de comportement pourrait difficilement se reproduire sans en affecter nos investigations, ainsi que ralentir notre travail . C’est pour cette raison que je vous ai fait prendre connaissance des agissements de cet inspecteur qui fut écarté plusieurs fois de nos affaires , ainsi que le fait qu’il à par plusieurs fois fait preuve d’absentéisme.


Merci de votre considération
Commissaire François Mortan


Relisant plusieurs fois ces mots , le capitaine peinait toujours à y croire . En vingt ans de métier , il n’avait jamais lu de choses pareilles. On n’était pas le 1er Avril pourtant, alors pourquoi lui rédiger un rapport sur un inspecteur «chasseurs de fantômes»? Devait-t’il vraiment prendre au sérieux ce papier ? C’était tout bonnement impensable . Il devait forcément y avoir un problème . Aurelle fut soudain prit d’une envie de finir son café . Il attrapa donc son mug . Putain , il est froid ,c’est dégueulasse! pensa t’il en prenant une mine renfrognée .
Avait-t’il réellement envie de passer sa matinée à compulser les dossiers jusqu’à trouver celui de ce ...Lauriac? C’était de toute évidence un début de journée bien problématique . Il se leva en gardant cette tasse froide à la main . Tant pis , j’en ai bien besoin je crois . En ouvrant le tiroir grisâtre contenant tous les dossiers de toutes les personnes travaillant sous ses ordres , le capitaine soupira longuement . Un papier , un papier et j’ai les nerfs en vrac ! Ils sont forts , ils ont rien d’autre à faire ..alors ils inventent des conneries! hurla-t’il intérieurement . On a des affaires à résoudre , pourtant ! .




Après avoir fouillé dans une vingtaine de dossiers et avoir maudit l’organisation de ceux-ci , il en trouva un affublé du nom «Lauriac». Sur le moment il se demanda si il n’était pas d’origine bretonne avant de s’invectiver lui même du fait qu’il avait pas le temps de se demander de quelle région venaient ses hommes et surtout qu’il avait bien mieux à faire..comme trouver une preuve que cette histoire n’était qu’un canular qui lui avait valut la peine d’avaler une ou deux gorgées d’expresso froid , origine de son humeur massacrante . Il ouvrit le dossier et jeta un regard inquisiteur , n’espérant rien trouver d’aussi incrédule que dans le rapport précédemment lu . Ce qui était sûr , c’était que le commissaire Mortan allait voir du pays .


Nom : Lauriac
Prénom : Thomas
Date de naissance : 10/08/1994


Oh putain..quand ce petit est né j’étais pas encore capitaine..ça fait longtemps ..peut-être trop longtemps..pensa le capitaine.


Lieu de naissance : Vannes , France


Ah bah j’avais raison !


Description physique : Châtain , 1m80 , Mince , yeux bruns , cicatrice sur le front , nez aquilin, visage plutôt creusé .


Sa description importait peu , il voulait surtout savoir si sa description comportementale correspondait à ce fichu rapport .


Description comportementale : Peu extravagant , introverti , secret,solitaire..ect


Ceci n’allait pas l’aider grandement , il commençait à penser que ce n’était que des mensonges pour savonner la planche à ce jeune inspecteur qui était plutôt brillant pour son âge .. il allait passer outre lorsqu’il vit les remarques laissées sur son dossier, ainsi que ces centres d’intérêts .


Remarques : Cet élément dit avoir un don . Ce don consisterait à ressentir les esprits et avoir des facilités à aller à leur rencontre . Nous pensons que cela lui vient de la douleur provoquée par le décès de sa petite amie quelques années auparavant . Lui nous affirme l’avoir depuis son enfance . Depuis il se serait intéressé au monde de l’occulte , ainsi qu’au domaines du «paranormal» .


Centres d’intérêts : Films de genre , histoire ,littérature , occulte , paranormal , musique .


Le commissaire Mortan ne plaisantait pas . Il n’avait aucune idée de la présence d’un tel personnage parmi ses hommes,quelqu’un d’aussi discret . Son dossier si peu étoffé augmentait le mystère dans lequel ce Thomas Lauriac se plongeait . Aurelle s’installa sur son fauteuil , soupira longuement , hésita un instant puis tendit la main vers son téléphone .


-Oui Allo Comissaire Mortan ? Oui….j’ai lu votre rapport ..dès que vous le verrez vous direz à L’inspecteur Lauriac de venir m’entretenir dans mon bureau ..j’ai quelques faits à éclaircir ..;j’espère en tout cas;..avec son aide .


Puis il raccrocha , et prit en main un autre dossier , celui d’une affaire , dont il espérait ne rien voir de complètement dingue . Pourtant , il failli en tomber de sa chaise . L’inspecteur Lauriac aurait commencé à parler à la famille de la victime , de cas de possessions menant aux meurtres , du diable ..ect . Aurelle porta la main sur son visage , se frottant les yeux , marmonnant désespérément . C’est pas vrai….  

Texte 2:
 Il chercha pendant quelques secondes son trousseau de clés avant de le sortir de sa poche , pour pouvoir ouvrir la porte de son appartement . La pluie l’avait trempé jusqu’au os et son chez-lui lui donnait un espoir de pouvoir finir correctement cette horrible journée morose . Il alluma la lampe de sa petite cuisine qui luisait comme un phare derrière son plan de travail, éclairant faiblement son salon plongé dans la lumière orangée des lampadaires . Thomas Lauriac déposa son manteau en cuir sur son canapé comme un chevalier qui enlèverait sa cotte de maille . L’averse qui venait de se terminer l’avait considérablement épuisé . Ce poids enlevé , le jeune inspecteur se dirigea vers le frigo pour en tirer une bière fraîche .


Il vit une nouvelle fois sa photo . Chaque jour il l’a regardait pour ne pas l’oublier . Il était effrayé à l’idée de l’oublier . Pourtant , il pensait souvent à elle . Son sourire , sa voix , son parfum , son regard , et tout ces petits détails que l’on remarque chez celle qu’on aime . Il se souvenait souvent de ces moments avec elle , si loin des ténèbres du présent. Et comment tenter de dissiper cette ombre qui grignotait chaque bouts d’espoir?
La musique . Il s’approchait lentement de son piano et commença à jouer quelque chose de mélancolique qu’il affectionnait , tentant d’éloigner le silence qui assombrissait la pièce .


Il joua un air en particulier . Celui qui lui rappelait la première fois qu’il vit Emma . Les premières fois qu’il avait joué cette mélodie..il avait fondu en larmes . Plus maintenant . Il se complaisait maintenant dans une nostalgie apaisante avec résignation . Il finirait par la revoir . Il l’a ressentait déjà de temps à autres . Comme tous . Ceux qui étaient partis . Il lui fallait encore chercher la vérité sur ce don . Pourquoi lui ? Pourquoi seulement une poignée de gens avaient cette charge de sentir que certaines âmes défuntes ne partaient pas ? Et surtout pourquoi..pourquoi Emma n’était pas partie ..pourquoi elle ne l’attendait pas en paix ?


Tout à coup la sonnerie de son téléphone le tira de sa rêverie morne . Il ne répondrait pas . Il n’avait pas envie … pourtant le répondeur s’activait . Merde se dit t’il en passant sa main sur son visage .


-...salut dit timidement une voix féminine dans le répondeur . Je voulais te demander ... comme tu n’étais pas là cet après midi..je me suis inquiété..tu va bien ? Répond moi quand tu peux Tom ..


Chloé . La seule qui se préoccupait de lui dans le service . Depuis qu’il était flic , elle ne lui parlait pas comme à un fou pareillement aux autres . Il l’aimait bien . Elle l’appelait Tom . Seul Emma faisait cela . Mais elle avait bien le droit..il n’avait jamais croisé de femme aussi incroyable depuis qu’elle était partie . Elle est amoureuse pensa t’il , mais on ne peut pas oublier un amour qu’on à perdu brusquement sans qu’il ne se soit effrité . Bien sûr , il pourrait lui faire espérer quelque chose ,mais il ne voulait pas infliger ça à sa seule amie . Son message lui avait un peu réchauffé le coeur , assez pour le convaincre de se traîner à la douche . Il l’a rassurerait après .


L’eau chaude coula sur sa peau , lui provoquant une sensation de bien être réconfortant . Le moment ou il se douchait lui permettait de réfléchir seul et posément à ses enquêtes , qu’elles soient policière ou non . Un instant isolé à l’écart du monde . Mais ce soir , il n’avait pas envie . Il n’avait pas le coeur à cela . Tout ce qu’il voulait , c’était un moment perdu .


Une fois qu’il avait fini par se décider de sortir de sa méditation , il avait envie de se mater un film . Pour cela , il fallait qu’il se dirige vers sa chambre , passant devant le mur qui faisait face à son lit , ou était punaisés une multitude de toutes sortes d’articles , de témoignages , de photos , de phénomènes inexpliqués . Tant de sujets d’études , pour comprendre ce que les personnes «normales» ne voulait pas accepter, car cela semblait trop effrayant . A coté des enregistrements de ces enquêtes paranormales et de ces notes éparpillées , qui témoignaient de son manque d’organisation flagrant , se tenait une pile , deux , peut être trois , de films en tout genres .


Thomas Lauriac poussa un long soupir puis, choisi un DVD avant de retourner à son salon et passer un moment en dehors de son quotidien... l’art avait ce pouvoir, au moins pour quelque temps . Après celui ci , ce serait un autre , peut être un autre encore , puis il laisserait la nuit tenter de le protéger de ses tourments .


Quelques heures plus tard , il se réveilla en sursaut . Il avait fait de nouveau un de ces cauchemars qui le torturait . Emma était là , vivante . Et le pire dans ce rêve était le retour brutal à la réalité . Quand il se rappelait que ce ne pouvait pas être réel . D’ailleurs , qu’est ce qui est réel ? . Dans sa tourmente il se leva , n’étant plus maître de ses mouvements , à deux doigts de craquer . Chercher son revolver , le pointer sur la tempe , en terminer . La première envie qui lui était venu à l’esprit . Le courage avait fait ses bagages aujourd’hui . Certains jours , Thomas arrêtait de se battre . Noble dans la pensée , minable dans les actes . Il l’avait trouvé . C’était terminé …


- Arrête Thomas .


Le jeune homme se tourna brusquement . Il l’a ressentait . C’était dans son esprit , c’était faux??? .


-Tu dois vivre , Tom .


-Je peux plus ...pas depuis que..


-Je sais.Mais tu dois le faire , pour moi .


-Je devrais t’aider à ...partir..mais je peux pas ..tout seul..


-Je te comprend , alors trouve la vérité , la tienne ..et on s’en ira ensemble .


Elle ne parlait plus , mais était là , rassurante et réconfortante . Alors il tomba , lâchant son arme , fondant en larmes . Il finit par s’endormir , dormant d’un sommeil sans rêve .



 

Texte 3:
 Il avait dix ans quand c’est arrivé . Il rentrait de l’école sous un soleil de printemps quand il eut un sentiment encore inconnu de lui . Son oncle venait de mourir . Le jeune garçon le savait . Sans pouvoir l’expliquer , il venait d’apprendre qu’il était parti . Alors à l’hôpital , Thomas savait qu’il était souffrant , donc il se dit alors que ce n’était que son imagination. Encore si peu familiarisé avec l’idée de la mort, l’enfant en était effrayé . Il aimait son oncle .


Quelques poignées de minutes plus tard, il ouvrit la porte de sa maison , trouvant sa mère en larmes , peinant à lui annoncer ce qu’il savait déjà . Il l’avait senti . Sur le moment , un fourmillement de questions lui vint en tête . Est ce que tout le monde peut le sentir ? Est ce qu’on le croirait s’il le racontait autour de lui ? Est ce normal ?
Aurait t’il un «super pouvoir»?


Finalement la tristesse chassa toutes ces questions . Pour la première fois , ce n’était pas quelqu’un à la télé qui venait de mourir . C’était Tonton . Ce fut aussi le premier enterrement du jeune garçon . Et cette fois , il sentit sa présence . Ses parents pensaient qu’il faisait une crise d’angoisse à cause de toute l’émotion qu’une telle cérémonie procurait , mais non . Il était . Bien sûr , il n’en dit aucun mot . On aurait pensé qu’il était fou .


Pendant de nombreuses années il vécut avec cette capacité en lui , sans pouvoir l’expliquer . Cinq ans plus tard , Thomas ne savait toujours pas pourquoi il sentait la mort arriver , ainsi que la présence des défunts dans certains lieux ou il allait .Parfois cela allait jusqu’à plus de trois personnes, cinq , dix . Et plus il y en avait , plus la pression en lui était forte . Le malaise ressenti chez les autres dans certains lieux était décuplé chez lui , car il savait que ce n’était plus une impression . Il y avait autre chose derrière cela . Alors un jour il voulut à tout prix savoir s’il était seul à pouvoir voir ces choses . Il chercha sur internet des réponses .


Un monde s’ouvrit alors à lui . «Passeurs d’âmes». Enfin il pouvait mettre un nom sur ce qu’il était , et surtout une explication . Le rôle des personnes ayant son don , serait d’aider les défunts à rejoindre l’au delà . De passer d’un monde ..à un autre .


Thomas fit alors plusieurs recherches , notamment concernant ce que l’on savait de la mort et des «autres mondes » . Il finit par vouloir savoir la vérité . Depuis ce jour il chercha alors un moyen de savoir pourquoi il avait ce don , et surtout pourquoi lui et pas les autres . Il se mit alors à enquêter sur de nombreux phénomènes inexpliqués en Bretagne , sa région, essayant parfois d’aider les défunts ne voulant pas partir de son monde . Il apprit certains moyens d’effectuer ce passage d’un univers à l’autre , car il souhaitait que son «pouvoir» ; aussi éprouvant soit t’il pour lui même ; aide le mieux possible ces âmes en souffrance . Il souhaitait aussi avoir des réponses , voir certaines choses auquel les gens autour de lui ne croirait jamais . Sauf Emma .


Emma était la seule à le croire , à cette époque là il commença à la fréquenter . Elle était belle , intelligente , marrante..il en pinçait pour elle . Il avait le sentiment qu’ils ne se quitteraient jamais , elle était tout pour lui . Et surtout , c’était la seule à savoir ce qu’il avait en lui . Et contre toute attente, elle l’aidait à être lui même et à surpasser la peur que lui procurait ce don , ce pouvoir .


Il lui raconta aussi la première fois ou il parla à un «esprit» . C’était une maison abandonnée dans un village non loin de Vannes . Sans avertir ses parents , Thomas y avait été de nuit , avec le peu de matériel qu’il avait . Un appareil photo , une radio couverte de papier d’aluminium* , constituait de quoi mener son «enquête » . Peu d’informations circulait sur cette maison , autre que le fait que les gens aux alentours disait qu’elle était «hantée» . A cet époque , une histoire comme celle ci était pour Thomas une source d’excitations .


A peine arrivé aux abords du lieu , dans les herbes hautes entourant le jardin , il ressentit que l’atmosphère était propice à un certain «malaise» . Mais bien entendu il était hors de question de reculer face à ce genre de choses . L’adolescent ne voulait en aucun cas faire marche arrière. Il sauta aisément le muret encadrant le coté extérieur de la maison . Jusque là , rien d’anormal . Tout commença quand il franchit le seuil de la porte vitrée , cassée par d’anciens visiteurs .


Un murmure , un chuchotement parvint à ces oreilles . «Va t’en» .Il se retourna dans la direction de la voix qu’il avait entendue . Il sentit la présence d’un être , un être qui ne voulait pas être dérangé . Il s’empressa de tenter de rassurer l’occupant de la bâtisse . «B-bonjour , je m’appelle Thomas Lauriac , et je suis venu ici pour tenter de rentrer en contact avec vous , en aucun cas venir m’installer ici ni casser quoi que ce soit ..je veux juste savoir pourquoi vous êtes toujours... ici» . Lui même fut surpris de pouvoir s’exprimer comme cela , au-delà de sa peur , et de son appréhension . Il continua ses explications ..pensant qu’il allait au devant d’un échec cuisant . «Si vous m’avez entendu , si vous pouvez me comprendre...manifestez vous ! Ou parlez moi ou je ne sais pas par exemple..» . Avant de pouvoir achever sa demande , une chose effrayante se produisit . Un grand coup vint d’une autre pièce , puis encore une fois cette voix , cette fois ci beaucoup plus perceptible . «Dégage» . Ce mot glaça les membres du jeune enquêteur , le laissant vidé de toute son assurance et de tout mouvement .


Tentant vainement de faire la sourde oreille , le malaise qu’il ressentait jusqu’à présent s’intensifia . Il alluma pourtant la radio couverte d’aluminium , mais ne trouva pas la force de formuler une autre demande à la présence en face de lui . Thomas sentait l’air se raréfier . Il rassembla pourtant tout son courage pour tenter de prendre une photo en direction de l’endroit ou il sentait l’esprit en question , mais en vain . La batterie était complètement vidée . Chargée à bloc une heure auparavant . La tension montait , et le bruit perçant de la radio orpheline de stations captées , augmentait l’irritation perçue chez l’habitant de la maison qui l’a fit tomber brusquement de la table sans que l’adolescent ne puisse esquisser un seul mouvement . Pour lui , s’en était trop . Son esprit était maintenant confus , il ressentait une grande fatigue , cette courte suite d’événements faisant grandir chez lui le sentiment de danger . La décision de ranger le matériel et de fuir se prit sans hésitation .


Pourtant , cet échec face à un esprit non réceptif , ne l’arrêta pas dans son entreprise d’en apprendre plus . En effet , il apprit ce jour là que les esprits possédaient une volonté propre , et que leurs manifestations ne pouvaient pas être déconsidérées ou ignorées . Emma fut tout aussi fascinée que Thomas à l’écoute de ce récit et décida de l’accompagner dans ces recherches . Ce fut le point de départ de tout ce qui suivit par la suite...Si le jeune enquêteur n’avait jamais prit conscience de son don , il n’aurait jamais rencontré cette fille , ni jamais cherché à trouver la vérité . Mais il ne s’arrêta pas aux esprits . Nombres de phénomènes méritaient son attention et il comptait bien percer leurs mystères .


Une radio couverte d’aluminium : Technique utilisé par beaucoup d’enquêteurs . En effet , couvrir un poste radio de papier aluminium permet de couvrir toute réception de fréquence extérieures de type FM ou autres , et par conséquent , ne permettre de percevoir que des fréquences étrangères à ces ondes ci . Maintenant bien sûr des radios spécifiques permettent d’effectuer cette transformation à l’aide d’un bouton , mais à un certain prix .


 

Texte 4:
    En entrant dans le bureau du capitaine Aurelle , Thomas Lauriac savait pertinemment ce qui l’attendait . Il avait vécu ce moment là des centaines de fois . Parler avec une personne qui ne le croyait pas . Quand à son supérieur , celui ci était pressé d’entamer la conversation et démêler le vrai du faux . Il était installé dans un bureau dépourvu de toutes décorations , si ce n’étaient que les vieux posters signé «Police Nationale» comptaient comme tel .


-Bonjour Inspecteur , dit Aurelle avec un ton solennel .


-Bonjour capitaine .


En voyant que le jeune homme ne s’installait pas , il lui demanda de venir s’asseoir à son bureau d’un geste léger de la main . Il s’exécuta sans se faire prier , jetant un œil aux rares bibelots disposé sur celui ci.


-Avez vous ..une idée de pourquoi j’ai organisé cette entrevue ?


-Je pense savoir , oui .


-Bien..au moins cela chassera l’effet de surprise..j’ai un rapport ici , qui m’a été remis en début de semaine ..par votre supérieur direct ..tenez, voyez par vous même ...dit le capitaine en tendant le document à son interlocuteur .


Lauriac lut attentivement la feuille , sans sourciller , ne trouvant aucune remarque de plus que celles que lui avait faite le commissaire auparavant , sauf que cette fois ci il avait préféré en référer au grand patron . Sympa .


- A en juger par votre réaction, ces faits n’ont pas l’air de vous être étranger …


-En effet , on m’a déjà entretenu au sujets de mes absences , ce à quoi j’ai répondu que c’était en rapport direct avec ma vie privée .


-Je le comprend bien , mais..sans justificatif , nous ne pouvons pas nous empêcher d’avoir des doutes sur votre assiduité ...mais ça encore , ce n’est pas le plus problématique inspecteur .


-Je me doute bien , que ce n’est pas ce qui vous gêne le plus .


-C’est déjà un bon point que vous vous en rendiez compte ..j’aimerai tout de même des explications , quel est ce don dont il est fait mention dans votre dossier ?


Le moment que Thomas redoutait était arrivé , lorsqu’il devait expliquer sa faculté de ressentir des âmes , il était considéré comme fou à lier .


- Je ne sais pas si on peut appeler ça un «don» , mais c’est un pouvoir , une capacité qui m’est donnée . Je ressens certains esprits qui ne parviennent pas à partir de notre monde .


En entendant ces phrases , le capitaine Aurelle s’enfonça dans son fauteuil ,puis fixa du regard son inspecteur , interloqué .


-Je sais ce que vous vous dites, j’ai déjà vécu cette scène une dizaine de fois , mais je peux vous assurer que je n’ai rien demandé , je n’ai pas choisi d’être considéré comme un dingue . Fit remarquer le jeune homme , exaspéré .


-Je …comment voulez vous que je réagisse autrement.. ? Je sais que vous avez vécu des moments difficiles mais...


-Aucune idée , mais je ne m’attend pas à ce que vous vous mettiez à ma place , mais que vous n’y prêtiez aucune importance . C’est entièrement mon problème .


-Hum..là par contre je suis obligé de vous contredire sur un point . Quand il est écrit que vous expliquez aux familles qu’un démon à tué leurs proches , c’est mon problème car c’est mon service ! Répliqua son supérieur en haussant la voix .


-Je leur ai dit la vérité . Je pourrais leur mentir , mais ce serait en aucun cas déontologique .


-Mais voyons , on nage en plein délire ! Des cas de possessions , en 20 ans de carrière je n’ai jamais vu ça !


-Monsieur , êtes vous croyant ? Que ce soit le cas ou non , avez vous déjà entendu parler d’Anneliese Michel ? Voulez vous que je vous fasse partager un extrait de ses séances d’exorcismes ? C’est accessible en trois clics sur le net . C’est une histoire authentique . Les cas de possession existe , c’est reconnu par l’église .


-...mais quand bien même ! Vous avez essayé d’expliquer cela à la presse ? Vous avez essayé d’expliquer ça à la famille endeuillée ? Vous allez vous charger de tout ça ou ce sera mon rôle ?


-Vous n’avez qu’à éviter de médiatiser toutes vos affaires , et j’aurai pu trouver un coupable . Mais on m’a écarté de l’affaire .


-Je n’ai pas le choix inspecteur , comprenez bien ça . Mais tout de même écoutez moi . Que ce soit un cas à la «Anneliese Michel» ou non , vous allez essayer de mettre vos «capacités» de coté . Ainsi que vos suppositions . La vérité , si tant est que ce soit aussi farfelu , aurait pu m’apporter des problèmes grave voir me coûter ma place . M’obliger pas à prendre des mesures , vous êtes jeune et talentueux . Ne gâchez rien . Fin de la discussion … Je dirige une section de police , pas un Freak Show .


Une haine profonde pour le capitaine Aurelle naquit de cette entrevue . Thomas Lauriac n’en revenait pas , ne pas vouloir chercher la vérité par peur de perdre sa place . Il pouvait bien se le permettre mais lui non . Il l’avait promis à Emma , et cela passait par cette affaire et d’autres . Mais à partir de maintenant il devait agir dans l’ombre pour cela . Personne ne le comprenait , personne ne le croyait . Il sortit du bureau avec une envie de détruire l’intégralité du mobilier . Quoi qu’il fasse , il passerait pour fou , même si une vérité matérielle gisait entre ses mains .


En passant dans un couloir , il croisa Chloé . Elle était belle . Ses cheveux bruns étaient noués délicatement en un chignon , éclairant son visage lisse et souriant . Son parfum parvint aux narines du jeune homme , apaisant légèrement son esprit l’espace d’un instant .


- T-tom? Tu va bien ? Demanda t’elle tandis qu’elle prit un air inquiet .


-Euh..ouais ..


-Hmm..on ne l’a fait pas à moi ! Viens je t’embarque ! Je comptait prendre un café , tu va me raconter ce qu’il se passe . Enchaîna t’elle sur un ton déterminé .
En sortant du bureau , l’inspecteur avait voulu demeurer seul,mais être en la présence de la jeune femme le rassurait , il avait besoin d’être écouté et d’être pris au sérieux , il avait aussi un grand besoin d’affection , encore plus qu’à l’accoutumée .  

Exonear:
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Sagiga:
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Naru:
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Dernière édition par Naru le Ven 7 Sep 2018 - 23:00, édité 3 fois

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Re: Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Sagiga le Jeu 6 Sep 2018 - 21:52

Et la suite parce que ça rentrait pas dans un seul message ^^'

texte 4:

Maïzhekiin tressait ses longs cheveux noirs quand Uko fit irruption dans la tête.
-Maïz, Ogürho est à ta recherche. C'est urgent apparemment.
La jeune femme soupira et ferma sa tresse avec une cordelette à laquelle pendant quelques perles bleues. Elle rejoint son amie sans discuter et elles quittèrent la tente ensemble.
Que pouvait bien lui vouloir Ogürho ? Si c'était encore un complot avec son père pour qu'ils s'unissent, elle risquait de perdre son sang froid. Ogürho était un bel homme, grand bien bâti, avec sa peau sombre parcourue de tatouages qui prouvaient sa valeur en tant que guerrier et protecteur de la tribu, ses longs cheveux noirs de jais souvent relevés en queue de cheval et ses yeux noirs comme la nuit.
Même là, alors qu'elle venait de le rejoindre, elle ne restait pas insensible à ses charmes et aux regards qu'il posait sur elle. Pourtant jamais elle ne s'unirait à cet homme qui resterait à jamais dans son cœur un vieil ami fidèle. Le fait que son père ait décidé sans vraiment la consulter de faire de lui son compagnon l'avait définitivement convaincue qu'elle ne s'unirait jamais à lui.
Il y avait toute fois quelque chose de différent dans son regard ce jour-là, et l'air inquiet qu'elle décrypta sur le visage ridé de son vieux père, le chef de la tribu, lui fit comprendre qu'il n'était pas question d'unir qui que ce soit pour l'heure.
–Que se passe-t-il ? demanda-t-elle.
Le père de Maïzhekiin s'avança vers elle et lui exposa la situation :
–Nos éclaireurs ont détecté du mouvement hors des murs des Pâles. Ils arrivent droit sur nous et en grand nombre.
La jeune femme caressa machinalement la pierre précieuse incrustée au milieu de son front.
–Ils ne peuvent pas nous trouver. Ils n'y sont jamais parvenu, pourquoi s'inquiéter ?
C'est Ogürho qui prit la parole :
–Ils sont beaucoup plus nombreux cette fois, et plus lourdement armé. Je crains qu'ils ne repartent pas sans avoir trouver ce qu'ils sont venus chercher.
Sa voix était si grave que lorsqu'il haussait le ton, elle devenait semblable au tonnerre qui gronde. Maïzhekiin ne se démonta pas. Ces blancs-becs voulaient la guerre ? Elle allait personnellement leur montrer quelle terrible erreur c'était de vouloir s'en prendre aux siens.

Maïzhekiin était perchée sur une branche d'arbre, camouflée par les branchages. Elle se tenait parfaitement immobile, à l'instar de ses compagnons dispersés autour d'elle. Les Pâles faisaient un boucan infernal, elle pouvait déterminer à quelle distance ils se trouvaient rien qu'en écoutant. Son regard noir, perçant, qui scrutait la forêt, était constellé de paillettes bleutées qui semblaient voleter dans ses pupilles. Elle fut la première à capter un mouvement à une centaine de mètres devant elle. Sa flèche siffla et l'homme s'écroula. Elle sentit ses camarades se mettre en alerte, et très vite, une pluie de flèches s'abattit sur le groupe d'hommes armés, qui peinaient à progresser. Leurs armes faisaient des bruits semblables à des coups de tonnerre, qui collaient des frissons à la jeune femme, mais elle ne vit aucun de son compagnons tomber, signe que les soldats tiraient au hasard sans vraiment voir leur ennemi.
Cependant, ils furent rapidement à cours de flèche, et malgré tous les hommes à terre, le flot d'hommes Pâles ne diminuait pas. Plusieurs guerriers se laissèrent tomber à terre pour continuer le combat au corps à corps. Maïzhekiin abaissa son masque en bois sur son visage et dans un froissement de plumes, se jeta sur un homme qui passait sous elle. Sa dague lui ôta la vie avant même qu'il n'ait réalisé le danger qui planait au dessus de lui.
Le combat à découvert était plus inégal pour les membres de la tribu, mais grâce à leur connaissance du terrain et leur agilité au combat, ils dominèrent très vite l'envahisseur. Maïzhekiin remarqua un homme qui se démarquait par rapport aux autres soldats restant, ses vêtements étaient légèrement différents, et surtout, les autres semblaient le protéger. Elle bondit, écrasa la tête d'un homme qui tomba à la renverse, pour se propulser encore plus loin. Elle n'était qu'à quelques mètres de celui qu'elle avait repéré et à en juger par son expression torturée il savait qu'il avait perdu. Il l'a repéra au dernier moment et esquiva son attaque avec une telle rapidité que la jeune femme fut surprise et perdit l'équilibre pour finalement rouler au sol. Elle tâta le sol à la recherche de sa dague mais l'homme s'approchait et allait bientôt la rattraper. Elle bondit sur ses pieds et choisit de se battre au corps à corps. Il était plus grand qu'elle, avec une bonne carrure, mais elle avait mis au tapis des gars bien plus épais que lui.
Elle s'élança et voulut le frapper dans le ventre mais il bloqua son poing et lui fit une clef de bras dont elle parvint par miracle à s'extirper à temps. Elle frappa du pied juste au-dessus de son genoux ce qui le fit ployer et exposa sa nuque pendant une seconde. Elle tendit son bras pour frapper avec le tranchant de sa main mais l'homme lui attrapa le bras et se servit de son élan pour la projeter au sol à ses pieds. Maïzhekiin eut le souffle coupé par le choc mais roula in extremis pour éviter le pied de son adversaire. Il écrasa malgré tout sa longue coiffe de plumes, ce qui lui arracha son masque.
Accroupie, elle reprenait son souffle tandis que son adversaire la contemplait, interdit. Il semblait absorbé par son visage, sans doute les peintures de guerre qui couvraient ses joues et son front l'impressionnaient-ils. Elle sentit quelque chose de tranchant près de sa main et tel un éclair, s'en empara et bondit sur l'homme. Comme elle s'y attendait, il eut tout de même le temps de se préparer au choc et ne se déséquilibra pas, ce qui permit à la jeune femme de s'accrocher à lui pour pivoter et venir dans son dos. Lorsqu'il attrapa son avant-bras, la pointe aiguisée d'une dague menaçait de percer son cou. Il s'immobilisa.
Autour d'eux, les combats avaient presque cessé, seule une dizaine d'hommes Pâles résistaient encore mais ils n'allaient pas tarder à tomber.
–Dis à tes hommes de se rendre, cracha Maïzhekiin à l'oreille du jeune homme.
Il hésita à peine une seconde :
–Soldats !! Baissez vos armes ! hurla-t-il.
Les coups de tonnerre cessèrent et les derniers hommes Pâles se laissèrent capturer.

Maïzhekiin rentrait vers son village le menton haut. Elle ne pouvait retenir cette fierté qui crépitait dans son ventre, l'équipe qu'elle menait avait brillamment repoussé l'envahisseur. Une ombre ternissait pourtant son sourire, lorsqu'elle repensait au nombre des siens qui avaient péri dans cette bataille. Qu'en était-il des autres groupes de guerriers ? S'en étaient-ils aussi bien sorti qu'eux ? D'autres Pâles avaient-ils finalement atteint le village ?
Elle ressentit un soulagement sans nom en découvrant les tentes indemnes ainsi que le sourire de son vieux père qui la serra si fort dans ses bras que le souffle lui manqua.
–Père, nous avons des prisonniers. Je crois que l'un d'eux est leur chef.
Elle désigna les hommes Pâles dont on avait solidement lié les mains dans le dos et qui regardaient tous vers le bas. Tous sauf un. Ce jeune homme à la chevelure clair et au regard vert comme la mousse des arbres. Il la fixait elle, et cela lui glaça les sangs.
–Regroupez-les et veillez à ce qu'ils restent bien attachés ! ordonna le chef de la tribu. Celui-là emmenez-le dans ma tente. Surveillez-le attentivement.
Le jeune homme, emmené par deux gaillards qui le dépassaient d'une tête, fixa Maïzhekiin jusqu'au dernier moment.

Tous les guerriers de la tribu rentrèrent, certains groupes avaient vu leurs effectifs diminuer de moitié, parfois seuls dix d'entre eux revenaient. Mais tous avaient accompli leur mission, pour le moment la menace avait été repoussée. Il ne faisait aucun doute que les Pâles reviendraient, mais cette fois ils possédaient un otage d'importance. C'est du moins ce que lui soufflait l'instinct de Maïzhekiin.
Ogürho aussi revint sain et sauf, hormis une vilaine blessure au pectoral gauche. Inquiète Maïzhekiin voulut immédiatement vérifier sa gravité.
–Ce n'est qu'une égratignure, assura-t-il avec sa voix caverneuse.
Elle poussa néanmoins le pan de tissus qui couvrait son torse sans remarquer l'expression embarrassée du jeune homme. La fille du chef grimaça à la vue de la chair déchirée et éclatée, d'où le sang s'écoulait de façon inquiétante.
–C'est pas joli mais ça n'a pas l'air très profond. Viens, tu dois t'allonger.
–Mais je...
–On ne conteste pas les ordres de la fille du chef, railla le père de Maïzhekiin qui se trouvait avec eux. Tu as bien mériter un peu de repos, laisse-la s'occuper de toi, c'est elle la meilleure.
Elle le guida jusqu'à la grande tente où elle vivait avec son père et il s'allongea dans le lit qu'elle lui montra avec un profond soupir.
–Retire ton haut, il est tout déchiré et tâché de sang, dit-elle.
Il s'exécuta non sans une petite grimace de douleur. Elle appliqua un linge humide sur sa plaie et la nettoya précautionneusement. Puis elle posa ses mains autour de la plaie et ferma les yeux en inspirant. La pierre incrustée dans son front s'illumina et une lueur bleutée se mit à émaner de la blessure. En quelques minutes, la chair se répara et une peau neuve et indemne recouvra le pectoral d'Ogürho.
–C'est fantastique, souffla-t-il. Si seulement j'avais le don moi aussi, je pourrais être plus fort, je...
–Je te vois venir, le coupa-t-elle. Tu vas encore insinuer que si tu ne m'as jamais battue en combat singulier c'est juste à cause de ce caillou sur mon front.
Il grommela quelque chose d'incompréhensible.
Quelqu'un toussa et Maïzhekiin remarqua seulement à ce moment-là les deux gardes figés de l'autre côté de la pièce. Son cœur se mit à battre la chamade en croisant le regard vert étonné de l'homme Pâle.
–Qu'est-ce que vous fichez là ? éructa-t-elle.
–Le chef nous a demandé de le mettre à l'écart nous avons pensé qu'il voudrait l'interroger ici, bégailla l'un des deux hommes.
Maïzhekiin se maudit de ne pas les avoir remarquer. Son inquiétude pour la blessure de son ami l'avait suffisamment chamboulée pour que son attention baisse ainsi.
–Ogürho retourne dans ta tente. Vous deux, sortez je veux m'entretenir avec le prisonniers.
L'un des gardes ouvrit la bouche pour protester mais le regard de la jeune femme l'en dissuada. Tous partirent sans dire mot, même si Ogürho laissa traîner sur elle un regard inquiet. Elle s'approcha de l'inconnu qui était attaché autour d'un des piliers qui retenaient la tente.
–Quel est ton nom ? demanda-t-elle.
–Quel est le tien ? répondit-il l'air fasciné.
Elle frappa du poing sur le pillier en bois juste au-dessus de sa tête. Il ne bougea pas d'un cil. Face à cette froideur, Maïzhekiin choisit de sortir ce qu'elle avait gardé caché précieusement sous ses vêtements depuis qu'elle était rentrée : l'arme de l'homme Pâle.
–Tu sais te servir d'un pistolet ? s'étonna-t-il.
–Un pistolet... répéta-t-elle.
Elle fit tourner l'objet dans ses mains, ne sachant trop comment s'y prendre. Son doigt glissa dans un trou et elle sentit un léger « clic ». Un coup de tonnerre retentit, la faisant bondir de peur, elle échappa l'arme et tomba à la renverse. Un cri s'éleva après la détonation, suivi par l'arrivée bruyante des gardes qui déboulèrent dans la tente.
–Tout va bien ?
L'homme Pâle gémissait de douleur, le sang s'écoulait d'un trou dans son mollet droit.
–Mais quelle idiote ! rumina-t-il.
–Je n'ai rien. Apportez-moi plutôt des bandages, demanda Maïzhekiin aux gardes.
Elle poussa l'arme tombée au sol avec son pied pour l'éloigner, elle n'osait pas la prendre en main. Le temps qu'elle remonte le pantalon du prisonnier au dessus de son genoux, les bandages étaient arrivés. Il avait cessé de gémir et l'observait bander sa blessure.
–Tu ne me soigne pas avec ta magie ? ironisa-t-il. Ça avait l'air drôlement efficace.
–Tu ne sais rien de moi ou de ce que je suis capable de te faire.
Il se contenta de sourire. Son travail achevé, la jeune femme quitta la tente, peu encline à passer la soirée avec cet énergumène. Avant qu'elle ne sorte il lui lança :
–Mon nom est Wolf. Et si je ne m'échappe pas d'ici seul, ils viendront me chercher.

Les jours qui suivirent furent consacrés à la recherche des corps des guerriers de la tribu tombés au combat pour leur offrir une sépulture décente, ainsi qu'à soigner les blessés. Ogürho qui avait remarqué les regards que l'homme Pâle posait sur Maïzhekiin s'était fait une mission personnelle de l'interroger, et l'étranger portait à présent les marques que lui laissaient parfois ces « interrogatoires ». Pour le moment, aucun signe d'une nouvelle intrusion ennemie. Maïzhekiin commençait à se demandait si elle avait bien jaugé cet homme nommé Wolf, peut-être n'était-il pas si important que ça et personne ne s'était lancé à sa recherche.
Elle l'observait alors que ses deux gardes l'emportaient à l'autre bout du camp, avec les autres prisonniers. Il était sale, le visage légèrement boursouflé mais n'opposait aucune résistance hormis la promesse de mort dans son regard. Le peuple de la jeune femme condamnait la violence gratuite, ils ne tuaient que pour la chasse ou pour se défendre, ce qui ne les empêchaient pas d'être des guerriers redoutables. C'est pourquoi il n'était pas question d'exécuter les prisonniers, et la question de leur devenir divisait les membres de la tribu.

Maïzhekiin se réveilla un matin avec une mauvaise intuition. Elle avait toujours fait confiance à son instinct et son instinct lui hurlait que quelque chose se passait. Elle hésita une seconde à réveiller son père qui dormait sous la même tente, mais se ravisa.
Dehors, le jour pointait à peine sur l'horizon, ici au milieu des arbres, il faisait encore bien sombre. Mais ce n'était pas un problème pour la jeune femme dont la vue était adaptée à ce genre de situation. Elle se rendit directement du côté des prisonniers, quand un coup de tonnerre retentit soudainement. Sa dague dégainée, elle se mit à courir dans la direction du bruit. Cela avait réveillé une partie de la tribu et des hommes et des femmes commençaient à jaillir des tentes.
–Mettez vous à l'abri ! cria Maïzhekiin. Les guerriers prenez vos armes, avec moi !
D'autres coups de canon résonnèrent et la jeune femme fut horrifiée de trouver plusieurs de ses compagnons étendus au sol dans leur propre sang. Quelques prisonniers avaient disparus, dont Wolf. Elle se lança à leur poursuite, et ne tarda pas à rattraper à les quatre hommes. Celui qui fermait la marche se retourna et eut tout juste le temps de la voir fondre sur lui. Ils roulèrent au sol, Maïzhekiin parvint à se positionner sur le dessus et lorsqu'elle se redressa pour porter le coup fatal, quelqu'un attrapa ses bras et la bloqua. Wolf apparut devant elle, il ouvrit la bouche pour parler mais un bruit attira son attention.
–Donne-la moi ! brailla-t-il à son homme.
Il passa son bras autour du cou de Maïzhekiin et la jeune femme frémit au contact froid du pistolet contre sa tempe. Oghüro et quelques hommes venaient d'apparaître munis de leurs lances.
–Un pas et elle prend une balle dans la tête, menace Wolf.
–Lâche-la espèce d'ordure !!
Oghüro s'élança et un coup de feu retentit. Maïzhekiin comprit qu'elle n'était pas morte en voyant son ami s'écrouler comme une masse. Elle hurla.
–Noooooon !
Elle se débattit mais un violent coup à l'arrière de sa tête brouilla sa vue, le monde tourna quelques secondes puis elle sombra dans les abysses.

texte 5:

–Aiden !
Le garçon leva la tête de son livre, L'Art de la Stratégie Militaire, pour poser ses grands yeux verts sur un garçon, de quelques années son aîné, qui souriait jusqu'aux oreilles. Devant le manque de réaction du plus jeune, l’aîné s'intéressa à l'ouvrage qu'il tenait dans ses mains.
–L'Art de la Stratégie Militaire, lut-il. Père m'a aussi obligé à le lire. Quatre fois.
–Ce n'est pas intéressant, commenta le blondinet d'un ton monotone.
–En effet. C'est pourquoi je te propose plutôt d'aller s'amuser un peu.
Aiden observa son frère qui portait toujours l'habit militaire. Cela faisait un an qu'il avait rejoint les troupes d'entraînement, pour suivre les pas de son père, le Grand Chancelier de l'Etat. Aiden n'était qu'un enfant, il avait tout juste 12 ans, pourtant il savait que son frère n'avait jamais voulu emprunter la même voie que leur père. Il savait aussi qu'il n'avait jamais eu le choix et de ce fait ne s'était jamais vraiment opposé à ses parents. Et même si ces derniers avaient toujours été bien moins sévères avec leur aîné, Aiden avait pleinement conscience qu'une quelconque rébellion coûterait cher à son frère.
Alan, voyant son frère le contempler depuis plus d'une minute, inspecta ses vêtements.
–Oh ! Je ne me suis pas changé ! Va donc ranger cet assommoir et attends-moi dehors.
Aiden obtempéra sans un mot sous le regard amusé d'Alan. C'était un petit garçon très discret, à qui il fallait arracher les quelques mots qui sortaient de sa petite bouche qui ne souriait jamais. Tout le contraire d'Alan qui souriait bien trop souvent, sauf en présence de son père. Aiden était encore trop jeune pour pouvoir se créer un masque, et comme il ne pouvait pas mentir, il ne parlait simplement pas.
Alan ne souhaitait rien d'autre que le protéger, lui apporter un peu d'insouciance, de naïveté, dans cette enfance qui n'en était pas une.
Il prévint leur nourrice qu'ils allaient dans les quartiers civils mais qu'ils reviendraient pour le dîner. Alan connaissait la Section H-7 par cœur. Leur famille, hormis son père, vivait ici, dans l'une des tours du quartier militaire, depuis la naissance d'Aiden. Leur père les avait volontairement éloigné du pouvoir, officiellement pour ne pas les mettre en danger, en réalité pour ne pas avoir à s'occuper d'eux. Leur mère avait très mal vécu cette mise à l'écart, et en tenait Aiden responsable.
Comme à son habitude, Aiden marchait un pas derrière lui, le regard mobile comme s'il observait tout, enregistrait tout. Non pas que les rues étaient très animées, mais on croisait régulièrement des civiles. Alan s'arrêta devant un des blocs et fit un clin d'œil à son frère.
–J'ai quelqu'un à te présenter.
Il frappa et aussitôt quelqu'un ouvrit la porte. Aiden observa la jeune fille, ses longues boucles claires et ses yeux bleus, sa robe rafistolée, terriblement moche, qui ne gâchait en rien sa beauté. Alan l'entraîna dans les rues et la présenta à son frère :
–Je te présente Helen, Helen, voici mon petit frère Aiden.
Elle s'accroupit et frotta les cheveux du petit garçon. D'abord ébloui par son sourire, Aiden mit du temps à réagir avant de secouer la tête et se recoiffer.
–Enchantée, dit-elle.
Il ne lui répondit pas mais elle ne s'en formalisa pas. Pendant près d'une heure, Aiden observa les deux jeunes gens discuter. Il se passait quelque chose entre eux qu'il n'avait jamais constaté auparavant et qu'il ne parvenait pas à identifier. La seule chose qu'il comprenait c'était que pour la première fois, il voyait son frère sourire pour de vrai. Et cela lui fit quelque chose. Un rayonnement doux et chaud dans la poitrine.

Pendant les semaines qui suivirent, Aiden revit souvent Helen. Aiden aimait Helen. Elle était belle, douce, gentille et souriante. Elle passait des heures à lui caresser les cheveux pendant qu'elle discutait avec Alan, et Aiden ne s'était jamais senti aussi bien que dans ces moments-là, lui qui d'ordinaire n'aimait pas qu'on le touche.
Il n'avait jamais eu d'ami, Helen était la première. Il ne parvenait en revanche pas vraiment à comprendre pourquoi il avait cette impression que la relation qui la liait à son frère était très différente de leur amitié. Il décida d'en parler un soir avec le principal intéressé, alors qu'ils étaient dans leur chambre :
–Pourquoi tu souris quand tu regardes Helen ?
Alan fut si surpris par la question qu'il oublia de répondre. Son frère ne posait jamais de question. Mais surtout, il ne parlait jamais de sentiments.
–Alan ?
–Oui, pardon mon grand. Helen n'est pas qu'une simple amie.
–Parce qu'il y a plusieurs catégories d'amis ? s'étonna-t-il, sceptique.
Cela arracha un sourire à son frère.
–Pas vraiment. Je suis amoureux d'Helen.
Amoureux. Voilà bien un terme qui sonnait creux aux oreilles d'Aiden. Il voulait savoir. Il voulait comprendre. Il avait l'impression que c'était important.
–Qu'est-ce que ça veut dire ?
Alan se mordit la lèvre. Cet enfant n'avait aucune notion de ce qu'était l'amour. Il n'en avait jamais reçu de ses parents, n'avait fréquenté que des nourrices indifférentes, la seule forme d'affection qu'il recevait venait de lui, son frère, un être au moins aussi brisé que lui.
–Tomber amoureux, Aiden, c'est quelque chose qui nous dépasse. Quelque chose qui vient de l'intérieur de nos entrailles, et sur lequel on a aucun contrôle. Quand je regarde Helen, je ne réalise que je souris que parce que mes joues commencent à devenir douloureuses. Quand elle n'est pas là, je ressens son manque, physiquement. C'est comme un trou dans ma poitrine que je ne parviens à combler qu'en pensant à elle. Mais surtout Aiden, tomber amoureux ça rend heureux. Je ne me suis jamais senti aussi bien de toute ma vie.
Le petit garçon fronça les sourcils. Tout cela lui paraissait bien étranger, et il ne ressentait rien de tout ça lorsqu'il était avec Helen.
–Je crois que ce n'est pas pour moi, conclut-il.
Alan hésita entre rire et verser une larme. Il choisit finalement d'ébouriffer la tignasse de son frère qui se mit à râler.
–Bonne nuit Aiden.
–Bonne nuit.

Aiden avait remarqué que son frère lui demandait un peu moins de l'accompagner lorsqu'il allait voir Helen. Cela ne dérangeait pas vraiment le petit garçon, même s'il était un peu triste de ne pas voir son amie, il avait compris qu'une amoureuse était plus importante qu'une amie et donc que son frère avait la priorité pour la voir. Quelque chose comme ça.
Cela dura pendant plusieurs mois. Aiden réalisa qu'il se sentait vraiment bien entouré des deux amoureux, avec l'impression étrange que c'était ça une vie normale. Il n'avait pourtant que sa propre expérience de la vie et n'avait donc aucune idée de ce qui était la normalité, mais ça sonnait plus juste lorsqu'il était avec eux.
Il lui arrivait même de se rendre seul au bloc K-16, il connaissait bien la route à présent, pour faire passer des messages à Helen, surtout quand Alan était exceptionnellement retenu quelque part à cause de ses nombreux devoirs. Il avait du coup rencontré les parents d'Helen et sa petite sœur, qui était encore plus jeune que lui. Il n'était jamais vraiment à l'aise avec des inconnus, et par conséquent parvenait la plupart du temps à s'esquiver rapidement, mais il lui arrivait d'être retenu presque de force pour boire un verre de lait et manger quelques gâteaux secs qui ressemblaient beaucoup à un espèce de gruau durci, et qui aurait été presque immangeables sans le lait. Aiden vivait dans le luxe, il mangeait de la viande et des légumes à tous les repas, et aurait pu facilement être dégoûté par cette collation. Mais il avait associé ces gâteaux à Helen, à sa famille accueillante et chaleureuse, même avec un parfait étranger tel que lui, et malgré leur pauvreté évidente.
Ces gâteaux avaient le goût de la simplicité, de l'honnêteté et de l'amour.
Il les aimait, vraiment.

Un soir, alors que sa mère était à la maison, Aiden entendit de l'agitation dans le salon. Il se glissa hors de sa chambre telle une souris, et se posta en haut des escaliers, dans l'ombre pour observer sa mère et son frère qui semblaient se disputer, avec pour seul auditoire une nourrice qui restait en retrait, visage baissé et mains jointes.
–Ne me fais pas répéter, prévint la Chancelière.
–C'est juste une connaissance, répondit Alan sur un ton plus froid que la mort elle-même.
Aiden eut envie de pleurer, mais il ne compris pas vraiment pourquoi.
–Et en plus tu oses me mentir ! fulmina leur mère. Hors de ma vue, nous n'en resterons pas là.
Aiden fila dans sa chambre quand son frère se dirigea dans les escaliers. Il voulut feindre une quelconque activité mais échoua. Quand Alan débarqua dans la chambre, tout deux échangèrent un long regard. Aiden lut la détresse dans les yeux de son frère.
–La nourrice a parlé de gâteaux, souffla Alan.
Quelque chose se brisa à l'intérieur d'Aiden. Il y eut un bruit assourdissant à l'intérieur de lui-même, comme si tous ses os se brisaient et s'écroulaient. Il avait évoqué les gâteaux d'Helen devant la nourrice. Ça lui avait échappé, si naturellement qu'il ne s'en était même pas rendu compte. Son frère ne l'avait jamais défendu de parler d'Helen à sa mère ou aux nourrices, en tout cas jamais explicitement mais Aiden avait en quelque sorte compris qu'il valait mieux ne rien dire.
Mais il avait parlé. Il avait mentionné Helen devant quelqu'un d'autre que son frère.
Ce dernier ne lui fit aucun reproche, il ne se mit pas en colère. Il resta simplement muet, et alla se coucher sans adresser un mot ou un regard à son frère. Aiden voulait pleurer. Il voulait frapper la nourrice qui n'avait pas pu s'empêcher de cracher le morceau. Il voulait se maudire d'avoir commis un acte qui, il le sentait, allait avoir des conséquences terribles. Il voulait souffrir.
Lorsqu'il s'endormit ce soir-là, ses avant-bras saignaient encore des griffures infligées par ses propres ongles.

Les choses ne tardèrent pas à s'envenimer. À peine une semaine après l'incident, les garçons eurent vent de la nouvelle : leur père leur rendait visite.
Aiden ne connaissait pas grand chose à l'amour ou l'affection mais il savait une chose : il haïssait son père. Et Alan le haïssait probablement autant que lui. C'est pourquoi lorsque le Grand Chancelier passa la porte de leur maison, il régnait dans l'air un parfum d'angoisse et de haine. Callum Wolf le ressentit immédiatement, c'était exactement la même atmosphère qui régnait partout où il passait. Cela l’enivrait.
Le soir-même à table, leur père entra directement dans le vif du sujet :
–J'ai entendu parler d'une certaine Helen, énonça-t-il en guettant la réaction de son fils aîné. N'est-ce pas Alan ?
Aiden observa avec horreur et impuissance son frère hocher la tête.
–Et bien, rigola leur père. Je t'aurais imaginé plus bavard au sujet de ta dulcinée !
–Je n'ai rien à dire, se borna Alan sans parvenir à lever les yeux de son assiette.
–Je vois, céda Callum. Les femmes sont souvent plus bavardes que les hommes, invite-la donc demain soir à dîner, peut-être en saurais-je un peu plus à son sujet !
Alan ne parvenait plus vraiment à cacher ses tremblements.
–Je ne crois pas que...
–Invite-la à dîner, répéta le chef de famille en insistant sur chaque syllabe.
Plus aucun mot ne fut prononcé ce soir-là.

Aiden observait les servantes s'agiter pour dresser la table. C'était un véritable banquet qui avait été préparé en l'honneur de la venue d'Helen. Alan s'était enfermé dans une forme de mutisme, et le petit garçon se sentait terriblement seul. Il était à la fois heureux de revoir la jeune fille, qu'il n'avait pas vue depuis un moment, et à la foi terrifié par ce que son père manigançait.
Cependant, cette incertitude ne dura que très peu de temps.
On annonça l'arrivée d'Helen, Alan se présenta le premier à l'entrée pour l’accueillir, suivi de très près par son père, sa mère et son frère. Aiden eut chaud au cœur en voyant la jeune femme si radieuse, malgré le pli inquiet sur son front qui pâlissait son sourire. Elle fit une révérence et planta ses yeux droits dans ceux de ses hôtes, ce qui lui valut toute l'admiration d'Aiden.
–Bonjour Monsieur le Grand Chancelier, Madame la Chancelière. C'est un honneu...
Aiden n'entendit pas la fin de sa phrase.
Un coup de feu l'en empêcha.
Le Chancelier avait pointé son pistolet sur Helen et avait tiré. Un trou rouge apparut sur le front de la jeune fille et son visage se figea en une drôle d'expression qui ne la rendait pas jolie.
Après cela Aiden entendit seulement les hurlements de son frère qui serrait leur corps inerte dans ses bras, quelques mots de son père qui disaient « Tu m'as déçu. », « Une putain, une moins que rien... », ou encore « Heureusement que je suis là pour réparer tes erreurs. ».
Le cœur du jeune garçon battait à tout rompre, pourtant il se sentit mort, vide à l'intérieur. Une sensation désagréable lui soulevait la poitrine et alors qu'on le poussait vers la table à manger pour aller dîner « comme prévu », il tomba à genoux et vomit tout le contenu de son estomac. Alan fut également forcé de manger avec eux, alors que des soldats étaient venus chercher le corps d'Helen. Aiden voulait hurler, se rebeller, se battre... Mais le regard anéanti et vide de toute lumière de son frère éteignit en lui toute lueur de rébellion.
Aucun d'eux ne put avaler quoi que ce soit.
Ils remontèrent dans leur chambre avec en guise de bonne nuit un « J'espère que vous retiendrez cette leçon. ».
Une fois seuls, Aiden essaya de parler mais sa bouche s'ouvrit sans émettre le moindre son. Son frère lui offrit un sourire déchiré, déchirant, et posa sa main sur sa petite tête.
–Désolé, articula-t-il.
Puis il se détourna d'Aiden et alla ouvrir la fenêtre. Il grimpa sur le rebord et sans une once d'hésitation, se laissa tomber dans le vide.


Dernière édition par Sagiga le Sam 15 Sep 2018 - 20:16, édité 1 fois

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Re: Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Naru le Ven 7 Sep 2018 - 22:41

Oups, mauvais calcul de jour! XD

je lance donc les votes!^^
j'en profite donc aussi pour poster mes textes! ^^
J'avais une histoire qui me trottait depuis bien longtemps dans la tête et j'ai décidée d'en profiter pour commencer à l'écrire avec ce concours... ce qui fait que l'univers est bien trop large pour tenir facilement dans le nombre de ligne contraignant! XD
J'avais pas prévue d'antagoniste aussi clairement définis alors j'ai du m’adapter pour le 4ème texte, du coup il est vachement moins maitrisé que les autres! ^^'
mes textes peuvent se lire plus ou moins dans n'importe quel ordre mais dans cette ordre précis, il permet une meilleur compréhension!^^
Bref voilà mes textes!
(en deux messages sinon le forum ne les acceptent pas!)

Texte 1:

Dans les jardins, la tension de la guerre se faisait moindre. Quelques oiseaux chantaient dans un silence un peu trop oppressant pour être rassurant et le soleil pâle qui avait surgit à l'aube ne semblait pas enclin à dissiper la morosité ambiante.
Il était encore très tôt, mais si l'on tendait l'oreille, les premiers bruits d'une ville qui s'éveille parvenaient jusqu'aux enceintes fortifiées. Bien entendue, seuls les domestiques du Palais et les moines de la Coupole devaient déjà s’affairer à cette heure matinale. Aucun d'eux n'avait de temps à perdre à jeter un œil dans les jardins, préférant occuper toutes leurs attentions à leurs corvées, ablutions et tâches quotidiennes.
Aussi, Sigen se trouvait seul, assit au milieu de l'herbe, la rosée du matin imbibant peu à peu son pantalon de toile ample. Un long bâton de merisier, très finement ouvragé, était posé devant lui comme aurait pu l'être une simple branche tombée là. Mais la pulsation qui se dégageait du bâton n'avait rien d'ordinaire.
Tout comme son possesseur.
On voyait rarement de Mages à Val' Dereth, l'une des plus grandes villes fortifiées du royaume, où la Coupole avait une si forte influence et une prêtresse réputée pour son grand pouvoir malgré sa jeunesse.
La Magie et la Religion ne faisant pas toujours bon ménage, Sigen avait, quelque peu à contre cœur, décider de ne pas trop aller titiller les moines, préférant leurs hostilité froides qu'une colère bouillonnante qui pouvait s'abattre sur lui aussi vicieusement qu'un couteau planté dans le dos en pleine nuit.
Le Mage avait tout juste la trentaine et il avait quelques fois du mal à se retenir de remettre en place ces pompeux moinillons en jupe avec ses traits d'humour assassins. S'il avait toujours été vif d'esprit, il avait aiguisé ces talents verbaux en même temps que son don magique auprès de ses camarades dans les couloirs de la Maison Elédran.
Même assis en tailleur, la carrure de Sigen était impressionnante. Il n'était pourtant pas particulièrement grand, mais ses épaules étaient musclées, tout comme ses bras aux tatouages imposants. Son crâne était rasé sur les côtés tandis qu'une natte serrée de longs cheveux noirs descendait jusque dans son dos. Une des mèches était enroulée dans un tissu de couleur vive et de symboles rouges. Son tabard noir laissait entrevoir une énorme cicatrice sur son épaule droite laissée par quatre griffes qui avaient entaillé profondément la peau, sans doute jusqu'à l'os.
Les yeux fermé, son visage reflétait une sérénité à toute épreuve même si ses lèvres pouvaient à tout moment se fendre d'un mince sourire espiègle.
Il se dégageait de l'homme une impression de force tranquille.
Le soleil commençait sa course matinale lorsqu'il ouvrit les yeux. Sigen avait capté un mouvement parmi les ombres projetées par les quelques arbres du jardin. Un cercle doré venait entourer ses pupilles noirs, preuve s'il en fallait du Pouvoir qui s'était éveillé en lui, bien des années auparavant. Il repéra de nouveau un mouvement furtif, bien plus près de sa position, mais si son attention s'était accrue, rien dans sa posture ne laissait supposer qu'il avait remarqué quelque chose.
Ce fut dans le silence le plus total et avec une incroyable détente que Sigen se souleva du sol dans un bond en avant, évitant à la dernière seconde un coup de patte d'un noir de ténèbres.
Il se réceptionna avec agilité dans l'herbe et effectua un saut sur le côté pour éviter une nouvelle attaque de la créature faite d'ombre.
Une panthère aussi noire que la nuit, ses trois queues battant le vent d'excitation, se rua sur lui une nouvelle fois, laissant entrevoir des crocs d'un blanc immaculé dans la gueule ouverte qui cherchait à atteindre la gorge. Mais Sigen sauta une fois encore hors d'atteinte, non sans tapoter d'une main l'une des queues au pelage soyeux de la créature.
Lorsqu'il se réceptionna, glissant dans l'herbe mouillé de rosée, la panthère s'immobilisa. La tension était palpable entre l'animal et le Mage, les yeux dorés de Sigen et laiteux de la créature bien encré les uns dans les autres. L'animal attaqua encore quatre fois sans parvenir à toucher l'homme.
Si sa mâchoire avait claqué parfois à quelques centimètres de sa gorge, la créature n'avait pourtant jamais sorti les griffes. Sigen éclata de rire dans l'air frais du matin avant de tapoter le crâne de la panthère lors d'une énième esquive, mettant fin au combat improvisé.
La créature s'approcha alors de lui sans plus aucune agressivité et vint lécher le menton du Mage avant de se réfugier sous l'ombre d'un arbre pour se lécher les pattes.
_Il est encore tôt, tu ne me fais pas de cadeaux Kalindra ! Lança Sigen à la panthère qui se fondait quasiment parfaitement dans l'ombre, si ce n'était le mouvement de ses queues et l'éclat laiteux de ses pupilles.
Un peu essoufflé par cet exercice matinale, Sigen couva un regard attendri à sa singulière compagne avant de vérifier qu'aucun moine n'était dans les parages.
_On est jamais trop prudent. Dit-il plus pour lui-même avant se récupérer son bâton toujours dans l'herbe.
Une décharge bleue vint irriter sa paume lorsqu'il s'en saisit, mais l'homme y était habitué.
Sigen laissa sa respiration se calmer et ferma les yeux avant de frapper la pointe de son bâton dans l'herbe. Une onde lumineuse aux reflets bleus balaya l'air autour de lui et il sentit quelques-uns de ses tatouages crépiter. De longues journées de batailles se profilaient et Sigen préférait s'assurer d'avoir récupérer totalement de son voyage.
Une dureté solennelle vint un instant contracter les traits bruts de son visage au teint halé. Il avait accepté d'intervenir et d'aider cette fois. Mais la brûlure de la trahison hantait encore parfois son esprit et il se demandait s'il avait bien fait d'accepter de combattre aux côtés de soldats qui se méfiaient et méprisaient les siens.
Sigen braqua son regard sur la brume morne qui montait depuis les champs qui s'étendaient devant la forteresse et laissa le Pouvoir de la terre traverser lentement chaque veine de son corps, chaque fibre de son être. Il laissa la quiétude prendre le pas sur l'angoisse et fit lentement taire les souvenirs amers de son passé.
Il avait pris une décision, et il n'était pas homme à revenir sur sa parole.

Texte 2:

Le feu crépitait allègrement, satisfait de consumer quelques brindilles humides tout en s'attaquant voracement au bois plus sec de sa base. Une douce odeur montait de l'ustensile placé sur le feu tandis que quelques notes de musique s'envolaient dans l'air chaud d'un ciel d'été.
Les yeux hypnotisés par la joyeuse danse du feu de camp, Sigen laissait courir ses doigts sur les cordes d'un vieux luth acheté sur un marché pour quelques sous.
Son bâton de Mage était posé près de lui tout comme ses deux sacs de voyage. Kalindra était partie chasser en dehors du cercle de Rune qu'il avait tracé pour éviter les attaques des autres animaux des Ombres.
La nuit était leurs domaines et tout être vivant devenait une proie parmi les ténèbres. Il en avait lui-même fait l'expérience dans sa jeunesse et Sigen n'étais pas près de retenter sa chance, seul dans le noir. Il savait se défendre, oui. Il pouvait également user du Pouvoir, mais contrairement à ses paires, il n'éprouvait aucun plaisir a abattre ces animaux sauvages sous prétexte qu'ils vivaient dans les Ombres.
Il avait eut de nombreux conflits à Elédran pour avoir tenu ce genre de discours. Il n'était pas persuadé que le Mal existait réellement et si cela était le cas, il doutait que ce fût aussi simple que de considérer toutes créatures des Ombres comme maléfiques sur la simple hypothèse que si elles vivaient mieux loin du soleil, elles étaient forcément dénuées d'âmes.
Sa relation avec Kalindra en était selon lui la preuve. Elle restait un animal sauvage et testait régulièrement les réflexes du Mage, mais Sigen savait qu'un lien s'était créé entre eux. Un lien autre que prédateur et proie. Un lien profond. Unique.
Il ne se considérait pas comme son maître. Elle était bien trop farouche pour ça et lui trop têtu.
Cette réflexion fit sourire le Mage qui reposa son instrument.
Il n'était pas un très bon joueur, mais il se débrouillait. Il fouilla l'une de ses sacoches et prépara une infusion tout en mordant dans un morceau de viande séchée, gardant son morceau de pain et de fromage pour son petit-déjeuner du lendemain.
Tandis que l'eau bouillonnait, Sigen s'allongea pour contempler le ciel nocturne.
Sa bourse était bien remplie, et même si cela n'avait pas été le cas, quelques petits tours de magie lui aurait facilement ouvert les portes des auberges dans les villages à l'entour. Mais l'homme aimait se sentir libre.
Tous les lits douillets du monde ne pouvaient lui procurer le plaisir qu'il prenait à observer les étoiles, sentir le cœur de la terre battre sous son dos, écouter la vie foisonnante des insectes, humer le parfum de l'herbe fraîche.
Le monde était sa maison.
Il ne demandait rien de plus qu'un bon feu, quelques oreillers pour caler sa tête et le vent libre de toute contrainte pour le bercer. La nuit claire l'avait poussé à poser son campement de fortune dans une clairière, mais lorsque la pluie se montrait, le Mage préférait encore tendre un tissu de toile au-dessus de lui pour se protéger, à la manière des nomades, que de chercher refuge sous un toit de tuiles ou de chanvre.
Sigen ne supportait plus d'être entravé. Il ne se rappelait que trop clairement du poids des chaînes sur ses poignets, de la brûlure de la servitude, l'horreur de la captivité.
Jamais plus sa liberté ne lui serait arrachée. Et peut lui importait de passer pour un Sauvage devant ses paires, peut importait qu'on le traita de vagabond, de mendiant ou d'illuminé. Il était libre.
Il ne possédait que ces deux sacoches et son bâton, mais c'était tout ce dont il avait besoin. Quelques vêtements de rechange, quelques livres, de quoi se restaurer et le médaillon en cuivre de son enfance.
Il n'aurait pas été contre la présence de Soulie cependant, mais il n'avait pas encore fait son choix, il n'était pas encore en paix avec lui-même.
Distraitement, Sigen caressa la mèche de cheveux entourée de tissu qui ornait sa chevelure tout en laissant son esprit divaguer vers la plus belle femme qu'il avait jamais rencontré.
Kalindra s'approcha du cercle de runes, mais elle le traversa sans être repoussée, un sceau bleuté illuminant son front quelques instants.
La panthère vint poser sa tête sur les jambes de son compagnon de voyage.
Sigen n'essaya pas de la caresser. Elle n'était pas un animal de compagnie, encore moins à sa disposition. La créature faisait ce qu'elle voulait. Purement et simplement.
Aussi libre et farouche que lui. Peut-être était-ce la raison de leur si bonne entente, aussi étrange qu'elle paraisse.
Sigen sirota son infusion et laissa le crépitement des flammes, le chant des grillons et la caresse du vent l'entraîner vers un état de semi-conscience.

Ce fut le grondement sourd qui faisait trembler la cage thoracique de Kalindra qui réveilla Sigen.
La panthère s'était placé devant lui dans un geste protecteur, ses yeux laiteux fixés vers les ténèbres au-delà du cercle de runes. Quelque chose approchait et les trois queues complètement immobiles de la créature confirmaient la sensation de menace que ressentait Sigen.
En un instant, ces doigts trouvèrent son bâton sous sa main comme s'il avait toujours été là. Très concentrer, le Mage se leva avec lenteur et précaution, ses yeux fixés lui aussi sur le manteau de ténèbres qui l'entourait.
Pourtant, il ne ressentait pas de peur intense. Il savait son cercle efficace et sa dextérité au combat à toute épreuve. Avec le temps, il s'était habitué à ne pas être le seul à vivre sous le toit du monde et à apprécier la liberté de vivre dehors. Il en avait accepté les difficultés et les dangers aussi.
Sigen sentit plus qu'il ne vit une forme sombre se mouver depuis la gauche du cercle. Kalindra semblait aussi perplexe et tendue que lui. Le Mage distingua une silhouette très haute et massive, mais elle se déplaça à une vitesse bien trop grande pour sa taille.
Lentement, la tension reflua et seul resta cette impression de danger immédiat.
Sigen se rendit compte qu'il avait arrêté de respirer et expira lentement pour calmer les battements de son cœur, sa main droite qui tenait son bâton encore crispée dessus.
La panthère avait cessé de gronder, mais ses oreilles se dressèrent de nouveau tandis que des sons de branches cassés et de sabots commencèrent à s'élever dans le bois environnant la clairière. Le Mage fit un signe de la main et Kalindra s'élança en dehors du cercle, à l'opposé des bruits qui se rapprochaient.
Les deux yeux blancs brillèrent une dernière fois à la lisière de la forêt avant qu'une troupe de cavaliers n'émerge de la forêt. Sigen les regarda effectuer le tour du terrain dégagé et si leurs vêtements n'avaient pas tous été si bien ordonné, cette tactique militaire lui aurai quand même confirmé qu'il s'agissait d'une troupe de soldats. Une fois leur inspection des lieux terminés, les hommes se dirigèrent vers le feu et le cercle de rune.
Un homme trapu sauta de selle, l'épée au clair, le regard effrayé et le teint pâle.
_Que se passe-t-il ? Commença Sigen, son bâton ne quittant pas sa position dans sa main.
L'homme le dévisagea avec inquiétude, mais rengaina son arme. Il portait une petite moustache blonde et une vieille cicatrice lui cinglait la joue. D'autres cavaliers mettaient pied à terre, mais restaient à bonne distance tout en jetant des regards inquiets aux fourrés.
Intérieurement, Sigen se félicita d'avoir poussé Kalindra à déguerpir. Ces hommes-là étaient vraisemblablement au bord de la crise de nerfs.
_Qui êtes vous ?! Pourquoi êtes-vous ici ? Êtes-vous à l'origine de cette chose ?! Aboya le soldat qui s'était approché.
Le Mage garda le silence un instant, pesant le poids de ses mots en pensée avant de les exprimer.
_Je me nommes Sigen Al Elédran. Je fais route vers le sud et je me suis arrêté ici pour la nuit. Si vous voulez parler de cette forme sombre qui est passée près d'ici, je ne saurai pas vous dire de quoi il en retourne.
Sa voix était plus douce qu'à l'ordinaire, il pouvait voir la terreur dans les yeux des hommes à l'idée d'être à découvert en pleine nuit. Son nom avait fait se froncer pas mal de sourcils et nombre d'entre eux avaient jeter un œil plus soupçonneux encore à son bâton.
Al Elédran. De la Maison Elédran. Un Sorcier sur leur terre.
Les chevaux renâclèrent, sentant certainement le passage de Kalindra, agitant plus encore le groupe. Sigen garda son calme, mais remarqua que le soldat à la moustache avec négligemment fait glisser sa main sur la garde de son épée.
_N'ayez crainte, mon cercle de rune vous protégera plus efficacement que n'aurait pu le faire un toit fortifier. Reprit le Mage avec apaisement.
_Rien n'est moins sûr... Souffla une voix anonyme dans le groupe.
Le soldat à la moustache, visiblement le plus gradé des hommes, se racla la gorge et éloigna sa main de son épée.
_Plusieurs villages ont été décimé cette nuit. Dit-il, la voix tremblant quelque peu.
Il essuya son front avec le revers de sa manche de toile rouge, typique des soldats du Val.
_La chose qui …. Cette chose est diabolique. Elle a massacré des femmes, des enfants avec une telle violence. Elle hante la côte depuis des semaines ! Si elle a pu pénétrer les villages, un simple cercle de rune tracé à même le sol ne l'arrêtera pas.
Les hommes murmurèrent entre eux dans une angoisse renouvelée. Resté en selle pour la plupart, devoir constamment surveiller autour d'eux que ne surgisse pas la « créature » les rendaient extrêmement nerveux.
Un sourire apaisant apparu sur les minces lèvres de Sigen.
_Ce soir, la lune n'est pas visible dans le ciel et la nuit à déjà bien avancée. Vous avez l'air fatigué par cette chasse. N'ayez crainte, aucune créature dangereuse ne peut franchir mon cercle. Rassura Sigen d'une voix devenue plus forte mais aussi plus douce.
Les soldats se regardèrent, ne sachant pas quoi faire. Aucun d'eux n'avait la moindre envie de se lancer à la poursuite de la chose plus avant, mais la décision revenait à leur chef. Celui-ci considéra le Mage avec intensité puis baissa les yeux sur le cercle tracé au sol. Il reconnaissait certains motifs, mais d'autres lui était inconnu.
Enfin, l'homme soupira.
_Voilà un noble geste de votre part, Sorcier, que de nous inviter à camper près de votre cercle, mais nous sommes nombreux et …
Sigen laissa échapper un petit rire. Il prit soin de le faire sonner de manière appropriée et non comme une moquerie.
_Si ce n'est que ça... Dit-il.
L'homme fit tournoyer son bâton tout en marmonnant quelque chose avant de frapper la base au sol. Une onde bleutée se propagea tout autour de lui puis les runes au sol disparurent.
Sous l'effet de surprise, les soldats crièrent de peur et bon nombre d'entre eux dégénère leurs lames.
_J'ai agrandit mon cercle à toute la clairière. Ainsi, vous pouvez vous reposer tranquillement messieurs. Vous n'êtes pas en danger ce soir et je ne me priverais pas de quelques nouvelles du Monde et du royaume du Val. Et je ne suis pas une Sorcier, mais un Mage, ce qui fait de moi quelqu'un d'un peu plus compétant qu'un simple jeteur de sort. Reprit Sigen, laissant son ton espiègle transpercer dans sa voix.
N'attendant pas l'assentiment des hommes, il se rassit en tailleur devant son feu et posa son bâton au sol puis ressortit quelques feuilles d'infusion de son sac.
Les soldats se massèrent autour de leur chef, mais même s'ils ne faisaient pas confiance à l'étranger, la tension qui les piquait jusqu'alors avait soudainement diminuer. Quelques hommes partirent vérifier que les protections se trouvaient bien au sol le long de clairière et lorsqu'ils furent satisfait, les soldats commencèrent à défaire leurs paquetages, allumer un nouveau feu un peu plus loin et bouchonner les chevaux.
Sigen les regarda faire en sirotant son infusion.
Il avait bien souvent partagé son cercle de protection la nuit a d'autres voyageurs comme lui. Être un habitant du Monde signifiait aussi faire preuve d'hospitalité sous le ciel étoilé.
Le Mage ne l'avait pas encore remarqué, mais parmi les soldats, le regard de l'un d'eux le fixait d'un manière bien plus appuyée que les autres.
Ce ne fut que lorsque les premiers hommes se joignirent à lui que Sigen croisa les yeux verts de l'un d'eux. Un mélange de respect, de crainte, de stupéfaction et de honte se mêlait dans son regard fuyant, mais l'homme ne pouvait s'empêcher de le dévisager avec avidité.
La surprise pétrifia Sigen.



Dernière édition par Naru le Ven 7 Sep 2018 - 23:15, édité 2 fois

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Merci à Tamiku pour son Kit Magnifique!!^^
Spoiler:

Un grand merci à Bakatenshi !!!!
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Re: Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Naru le Ven 7 Sep 2018 - 22:56

Texte 3:

Ourteg était un petit village de campagne comme de nombreux autres. La forge, l'auberge et son écurie attenante ainsi que la maison du bourgmestre formait le cœur du hameau. Quelques bâtisses s'étaient assemblé autour, mais, comme beaucoup de paysans, des fermes pullulaient dans les alentours immédiats du village.
Le soir, chacun vérifiait les cercles de runes tracés depuis des générations sur de lourdes pierres brutes placées en cercle autour des fermes, des étables et du petit village.
Il n'était pas rare qu'un mouton, une vache ou un chien disparaisse dans la nuit, mais cela faisait des années qu'aucune perte humaine n'avait été recensé à Ourteg.
Maitre Ferrat, le bourgmestre et aubergiste du village, était un homme bon et intelligent. Il savait effrayer les enfants qui jouaient dans le village la journée et terrifiait les adolescents qui se vantaient de s'essayer à sortir la nuit.
La vie était paisible bien que les journées de Sigen ne soient pas de tout repos. Les corvées commençaient souvent très tôt et ne se finissaient que tard dans l'après-midi. Pourtant, le jeune garçon se pliait plutôt de bon cœur aux efforts que lui demandait son père. Sigen aimait les chevaux et ne ménageait pas ses efforts pour être autorisé à trainer dans les box. Ils accueillaient rarement plus que des chevaux de bât dans la petite écurie, mais le garçon adorait flatter l'encolure des équidés.
Son grand frère en revanche était toujours fourré par mont et par veaux, abandonnant souvent ses corvées pour partir en exploration dans les collines avec ses cinq turbulents amis. Dévin n'était plus vieux que de deux ans, mais l'ainé avait un caractère bien trempé hérité de leur père. Les disputes tournaient souvent au vinaigre et Dévin se retrouvait puni avec pertes et fracas.
Les deux garçons dormaient dans la même chambre et Sigen ne se lassait jamais d'entendre son frère lui compter ses découvertes dans les bois, ses histoires de chevaliers et de princesses, d'aventures et de trésors. L'imagination fertile de Dévin contaminait facilement celle de son frère et ils passaient de longues heures à imaginer ensemble le Monde et ses trouvailles, loin des créatures qui peuplaient réellement les ténèbres pour leur préférer d'exotique animaux imaginaires.
Ils n'étaient pas encore endormis lorsque leurs vies basculèrent un soir.
Le feu se propagea dans tout le village à une vitesse incroyable. La mère des deux garçons avait accouru dans leur chambre, affolée, avant de les presser contre elle et les forcer à descendre.
Le village était attaqué par des Pilleurs.
Ils attaquaient rarement si loin dans les terres, mais il s'agissait souvent de mercenaires, capturant femmes et enfants pour les revendre comme esclaves dans les îles de l'Ouest ou dans les carrières de pierre des Monts.
Sigen et Dévin étaient terrifiés, se serrant l'un contre l'autre à s'en écorcher les bras. Lorsque leur mère les poussa hors de la petite bâtisse en feu, le chaos qui régnait dans le village les pétrifia de stupeur.
Les flammes roussissaient le ciel dans un concert de bois craquant sous leurs poids, des hurlements montaient de tout côté, le martèlement de sabot sortait des nuages de fumée noires et tout ne semblait plus que folie.
Se sortant de sa torpeur, la mère des deux garçons, les tira vers elle pour essayer de s'enfuir. Un cavalier passa à leur hauteur et abattit son arme sans une once de pitié. La femme hurla tandis que du sang giclait au visage des deux enfants.
Ils tombèrent vers l'avant, emporté par le poids de leur mère qui s'étouffait dans son sang.
Sigen fut le premier à s'extirper des bras de la femme, mais une main vint le saisir par les cheveux. Il se sentit soulever, la terreur et la douleur le faisant hurler. Un coup vicieux dans les côtes lui coupa la respiration avant qu'il soit jeté en travers d'une selle.
Il n'eut le temps que de voir un second Pilleur se pencher sur le cadavre de sa mère et son frère coincé sous elle avant que le mercenaire qui le maintenait ne tourne dans une ruelle. La colère monta comme une flèche et le jeune garçon se débâtit avec violence, donnant des coup dans les flans de l'animal qui le transportait.
L'homme qui le maintenant sentait la suie et la sueur. Il hurlait des ordres par-dessus le vacarme du carnage et n'hésitait pas à assener des coups de hache dans tout ce qui bougeait. Il attrapa Sigen par la nuque et le souleva d'une main avant de le jeter à terre sans même faire ralentir sa monture.
Le contact avec le sol fut rude pour le garçon qui sentit l'os de son bras gauche se fissurer sous l'impact. Des larmes de douleur et de colère lui embuèrent les yeux, mais il n'eut pas le temps de se remettre debout qu'il était de nouveau saisi par un autre Pilleur et balancé dans la cage d'une charrette avec quelques autres enfants et jeunes filles.
Terrorisé, abasourdie par le choc, Sigen ne put qu'assister à la destruction de son village, ravagé par les flammes. La charrette se mit en marche et s'il avait reconnu quelques visages dans la cage avec lui, celui de son frère n'en faisait pas partit. Il mit plusieurs minutes à comprendre que les sanglots qu'il entendait autour de lui faisaient écho aux larmes qui roulaient sur ses joues maintenant noires de suie tandis qu'il identifiait vaguement les corps de ses voisins, amis, connaissance au village le long de la route.
La folie manqua se saisir de lui lorsqu'il découvrit son père, du moins sa tête, au milieu du chemin qu'empruntait maintenant la charrette pour sortir du village, gagner les collines et bientôt le couvert des bois.
Il n'aurait su dire combien de temps avait duré l'attaque, tout semblait s'être passé à une vitesse folle dans un flou incompréhensible, comme dans un cauchemar irréel et pourtant bien trop vivace. L'inconscience ne tendit pas ses bras vers lui, mais Sigen n'était plus en état de comprendre ce qu'il se passait sous ses yeux.
Il ne réagit pas lorsque la charrette entra dans un second village, plus tard dans la nuit, ni quand les cris reprirent de plus belle ou quand de nouveau enfants furent jeter contre lui. Certaines jeunes filles avaient leurs vêtements déchirés et l'horreur qui se peignait sur leurs visages en disait long sur le calvaire qu'elles avaient subi.
Mais aucun paysan, aucun soldat, ne vint arrêter la course des Pilleurs. Ils mirent plusieurs villages à feu et à sang en une seule nuit avant de prendre la fuite vers le Nord, abandonnant leurs blessés, volant les derniers objets de valeur sur les cadavres avant de quitter les villages.
Rien ne se mit sur leurs routes et le monde devint un endroit bien plus sombre pour Sigen.
Après plusieurs jours de cavale, la course de la charrette ralentit et les mercenaires examinèrent avec plus d'attention leur butin.
Ils firent descendre les enfants et de lourds fers furent attachés à leurs poignets. Les jeunes garçons comme Sigen reçurent des coups par dizaines tandis que les filles étaient moins chanceuses. Si le jeune homme se rappelait à peine de ces passages à tabac sensé lui ôter toute envie de s'échapper, il ne put jamais oublier le regard vide des jeunes filles à qui l'ont avait arrachés leurs innocences.
Durant de long mois, Sigen fut trimballé de campements de Pilleurs à d'autres. On l'obligeait à porter des sacs, à marcher le long d'une caravane improvisée, à dormir dans le froid et la crasse avec les autres jeunes garçons de son âge. On le battait sans raison, mais il n'avait jamais été assez stupide pour oser se rebeller contre ses geôliers. Les deux ou trois garçons qui avaient tenté l'expérience avaient été battus presque à mort et jeter aux chiens.
Il en avait fait des cauchemars pendant des semaines.
Mais comme pour les injures, les coups, la puanteur, la malnutrition ou la violence de sa condition, il s'était habitué à son environnement. Il n'avait cependant jamais ouvert la bouche, se murant dans un silence protecteur qui n'intéressait personne. On le pensait idiot et il ne l'était pas au point de vouloir en dissuader quiconque. Sigen était devenue une ombre, un esclave.
Il le resta cinq longues années.
Mais si la brutalité du monde l'avait endurcie, une rage intense avait commencé à couver en lui petit à petit. Plus il grandissait et plus il se savait devenir inutile pour ses « maîtres ». Ils l'avaient emmené dans des marais, lui avaient fait traverser des montagnes où le froid avait faillit avoir raison de sa vie et les différentes langues qu'il avait entendue parler autour de lui, lui avait appris qu'il avait sans doute dépassé les frontières de son pays natal.
Les Pilleurs restaient en mouvement constant. De petits groupes attaquaient les villages et leurs butins venaient ensuite grossir les rangs d'une caravane hétéroclite qui se dirigeait toujours vers le Sud.
Contrairement à d'autres, Sigen n'avait pas été vendu dans les marchés. Il n'aurait pu dire s'il était chanceux ou si le sort s'acharnait sur lui, mais son corps frêle dissuadait les acheteurs et son mutisme plaisait au Maitre de la cage. Avec le temps, il fut chargé de s'occuper des plus jeunes enfants que les Pilleurs récupéraient dans divers villages et lorsque la caravane s'arrêtait pour la nuit, il se chargeait de nettoyer encore et encore la cage, d'entasser les petits corps frêles et terrifiés des enfants près des chevaux et de l'odeur putride de leurs déjections. Le Maitre de la Cage était un vieil homme si ridé que Sigen avait douté qu'un jour sa peau fut lisse et jeune. Il gardait avec lui un long bâton renforcé de plaques de fer qu'il n'hésitait pas à abattre sur les enfants ou sur le jeune homme dès que l'envie lui en prenait. Il veillait à ce que les petits soient bien attaché la nuit, à corriger les garnements qui tentaient de se rebeller et leur distribuaient au compte goûte l'eau et la nourriture.
Sigen approchait les 15 ans lorsqu'une opportunité se présenta à lui.
La longue caravane s'était arrêtée en forêt pour la nuit. Elle s'était séparée en plusieurs campements entourés de cercles de runes tracés sur de lourdes pierres placées en cercle dans un ordre précis. Des tentes de fortune avaient été montées pour parer au froid hivernal qui avait commencer à tombé depuis plusieurs semaines et la plupart des hommes se réchauffaient devant les feux à grandes rasades d'alcool fort. Grelottant de froid dans ses vêtements trop petits pour lui, Sigen avait été chargé de décrasser les runes pleines de boue le long de la cage de la charrette.
Ses poignets enchaînés cliquetaient en rythme tandis qu'il plongeait ses mains dans un seau d'eau glacée pour nettoyer le cadre de bois. Il mit plusieurs minutes à se rendre compte que le Maitre de la cage avait attaché les enfants les uns aux autres avec leurs chaînes et les avaient fait s'asseoir entre deux tentes, avant de refermer l'extrémité de la chaîne par un lourd cadenas dont il était le seul à avoir la clé.
Transit de froid, il était allé se réchauffer près d'un feu, oubliant le jeune homme près de la charrette.
Sigen se redressa lentement, laissant tomber son torchon salle dans son seau et lança un regard circulaire pour évaluer sa situation. À sa gauche, l'enclos des chiens était ouvert et les molosses se disputaient quelques morceaux de viande. Cela faisait quelques jours qu'ils n'avaient pas été lâchés sur qui que ce soit et les vicieux animaux se lancerait à sa poursuite avec bonheur s'il attirait leur attention sans le vouloir. Il n'était qu'à quelques pas des enfants, mais sans la clé, il ne pouvait pas les libérer, et même s'il l'avait pu, qu'aurait pu faire une bande de gamins terrorisés ?
Il se força à détourner le regard d'une tente d'où montaient les cris étouffés des dernière jeunes filles fraîchement arrivé d'un pillage. Il ne pouvait rien pour elles.
Il jeta un regard sur sa droite. Une tente lui barrait un peu la vue, mais dans la pénombre, il arrivait tout de même à distinguer la forme d'une des pierres du cercle de rune.
Son cœur se mit à tambouriner à une vitesse folle.
S'il piquait une course sur sa droite, il pouvait atteindre le couvert des arbres en quelques secondes. Mais il s'exposait alors à d'autres dangers bien plus terrifiant que toutes les violences que pouvaient lui faire subir ses geôliers. Il avait eu plus d'une occasion de voir les créatures des Ombres et ces monstres ne manqueraient pas de le prendre en chasse dès qu'il se retrouverait seul et sans protection.
Une terrible idée se format dans ses pensées, mais Sigen ne perdit aucune seconde à peser sa décision. La rage qui le rongeait depuis des années, la haine pour ces hommes et ce qu'ils lui faisaient subir, la rancœur pour tous les crimes qu'ils avaient commis, les maltraitances qui pleuvaient de plus en plus souvent sur lui l'avait submergé.
Dans le plus grand silence, Sigen s'était éloigné sur sa droite, d'abord en marchant puis de plus en plus vite jusqu'à courir à toute jambe, ne se souciant plus des cliquetis que les chaînes émettaient en s'entrechoquant. La tête d'un homme se tourna vers lui au moment où il s'arrêtait en dérapant au niveau du cercle de rune. Des deux mains, il s'empara d'une des pierres gravée et la jeta de toutes ses forces en direction de la forêt et des ténèbres qui y guettait.
Le Pilleur écarquilla les yeux de stupeurs avant que son visage ne se déforme en un cri de terreur et de colère mêlée.
L'alarme fut ainsi donnée, mais Sigen avait repris sa course vers la forêt, s'engouffrant droit devant lui dans l'obscurité. Il entendit des hurlements de jurons et des aboiements, et la peur lui donna des ailes. Mais ses poils se hérissèrent sur sa nuque lorsque dans l'obscurité de la nuit, il entendit les glapissements des chiens et les grondements gutturaux de créatures bien plus monstrueuses attirés par le bruit.
Jamais Sigen ne couru plus vite et plus loin que cette nuit. Jamais la peur de mourir ne fut si intense. Plus rien ne comptait plus que de continuer à avancer, sans se retourner, sans penser une seconde aux cris maintenant humains qui envahissaient la nuit, ni aux morts dont il était responsable en détruisant le cercle de protection. Mais il avait fait son choix et payer le prix de sa liberté dans le sang.
Il était prêt à tout risquer, sa mort comme celle des autres, pour avoir une chance de vivre libre.
Plusieurs craquements lui indiquèrent qu'il était lui aussi pris en chasse et la terreur chassa toute trace de fatigue dans ses muscles.
Sigen virevoltait entre les arbres, sautaient au-dessus des bosquets sans même vérifier qu'il n'atterrissait pas sur des racines qui pouvaient le faire tomber ou s'il n'allait pas s'embourber dans un petit fossé. Une lune blafarde éclairait quelque peu son chemin, mais son instinct de survie avait prit le dessus sur toute forme de raison et il courrait au-delà de toute limite.
Il n'eut pas besoin de jeter un œil en arrière pour apercevoir sur sa gauche une ombre furtive zigzaguer entre les arbres. Un grondement sourd se fit entendre également sur sa droite tandis qu'un claquement de mâchoire dans son dos finit de le terrifier.
Trois panthères des bois l'avaient pris en chasse.
Les muscles en feu, Sigen força encore plus l'allure, le paysage autour de lui rendu flou par la vitesse. Il ne regardait pas les créatures des Ombres, mais changeait la trajectoire de sa course lorsqu'il sentait qu'elles étaient trop proche de lui. Il n'aurait pas su dire comment il pouvait les sentir, mais il le savait.
Sigen bascula tout à coup sur le côté, frôlant dangereusement un tronc d'arbre, tandis qu'un coup de griffe passa à quelques centimètres de son cou. Son corps commençait à le lâcher.
Il ne savait pas depuis combien de temps, il courrait, ni dans quelle direction, mais la malnutrition avait affaiblit son corps et sa vision commença à se troubler de points noirs. Des larmes amères vinrent finir de brouiller sa vue et le désespoir prit soudain place.
Pourtant, à l'instant même où la détresse s'abattait sur lui, un feu d'un nouveau genre se mit à brûler. Les pupilles de Sigen semblèrent soudain entrer en fusion, la douleur l'obligeant à ralentir.
De nouveau, il sentit plus qu'il ne vit, une panthère se jeter sur lui. Sigen leva le bras dans un geste désespéré, mais les griffes enraillèrent profondément son épaule droite. Emportés par la vitesse, le jeune homme roula au sol, projeté par la force de l'attaque. Un sang chaud et poisseux se déversa à flots le long de son bras tandis qu'il roulait dans les racines et les feuillages, écrasant ses côtes déjà meurtries.
Sa roulade s'arrêta.
À bout de souffle, la douleur de ses yeux et de sa blessure conjuguée, Sigen était sur le point de s'évanouir. C'était la fin. Il avait tenté sa chance et sa vie lui glissait maintenant entre les doigts. D'une seconde à l'autre, une gueule de croc acérer se jetterait sur sa gorge et il ne pourrait plus opposer aucune résistance.
Mais les secondes se succédèrent et rien ne se produisit.
À moitié conscient, son torse se soulevant de manière irrégulière, Sigen eut tout juste la force de tourner la tête. Dans sa chute, il avait roulé à l'intérieur d'un cercle de protection. Un peu plus haut, au-dessus de lui, il pouvait distinguer les formes d'une petite maison. D'étranges éclats lumineux attirèrent son regard vers les trois panthères qui tentaient en vain de franchir le cercle.
Sigen entendit une voix s'écrier quelque chose et l’inconscience l'emmena vers un songe sans rêve.

Texte 4:

Le champ de bataille était encore vierge de tout cadavre.
De lourds nuages d'orage avaient remplacé le ciel bleu de l'été et le calme qui régnait devant Val'Dereth n'étaient dérangé que par le roulement lointain des tambours de guerre.
Des milliers de soldats, lanciers, cavaliers et arbalétriers étaient rassemblé devant la forteresse en une formation de défense militaire. Des bannières claquaient au vent dans un silence de mort qui accueillerait bien trop tôt les hurlements de la guerre. La plupart des hommes portaient les couleurs noir et Rouge du Val mais d'autres bannières s'étaient jointes à eux, le Jaune et Vert d'Anselve, le damier des lanciers des Pays Frontaliers, l'Or et le Tigre d'un contingent de Bédouin du Désert.
Depuis les hauts jardins de la Coupole, Sigen attendait.
Il n'avait pas hissé les couleurs d'Elédran car il n'était pas en guerre. Mais l'étendard aux multiples étoiles d'argent se dressait aussi dans les lignes ennemies aux côtés d'une autre bannière, d'un Vert émeraude ornée d'un œil doré en son centre.
Il était là.
Les jardins étaient déserts, mais le grand bâtiment de la Coupole était farouchement gardé par des prêtres guerriers, tandis qu'au centre d'une nef de vitrail et de cristaux, la Prêtresse avait commencer sa danse. Sigen pouvait sentir les frémissements du pouvoir faire lever les poils de ses avant-bras et son bâton trembla en réponse.
Cela n'avait pas été une mince affaire de convenir d'un arrangement avec Mara, la Prêtresse de Val'Dereth ! Il avait dû passer par l'hostilité des moines et les intrigues de la Cour pour arriver à ses fins, mais il avait obtenu gain de cause et avait conclu un accord secret avec elle.
Il n'allait pas tarder à se mettre en mouvement lui aussi, mais Sigen jeta d'abord un œil aux milliers de soldats devant les murs. Il repéra facilement le Capitaine de la Garde, Landeau, avec son plastron rouge et ses jambières noires faites sur-mesure. L'homme n'était pas un simple noble qui paradait devant ses hommes. Il était une légende, un combattant coriace, un tacticien intelligent et un meneur d'homme hors pair. À ses côtés, un homme au teint halé et aux cheveux noirs coupés cours semblait tout aussi concentré sur l'ennemi en marche.
Dévin avait fier allure. Il dépassait son frère d'une bonne tête et les années passées dans les rangs militaires lui avaient valu une stature imposante et un maintient impeccable. Landeau l'avait pris sous son aile après l'avoir sauvé dans les ruines fumantes de leur village natal.
Comme attiré par quelque chose, Dévin leva les yeux vers les jardins.
Sigen était hors de vue de son frère mais il savait que l'homme ne cherchait pas à le voir lui. L'éclat de colère mêlé de honte qu'il avait vu dans ses yeux lorsqu'il avait su que Sigen et Mara avait converser de longues minutes seuls à seuls, avait suffit au plus jeune à comprendre les sentiments du soldat. Il n'avait pas eut le temps de mettre les choses aux claires entre eux et Sigen espéra qu'il en aurait la possibilité plus tard.
Un frisson plus violent indiqua à Sigen qu'il était temps de passer à l'action.
Fermant les yeux, Sigen entama une lente danse, son bâton tournoyant autour de lui au même rythme que ses pas, tantôt lent, tantôt survolté. S'il laissait son esprit lâcher prise, il pouvait entendre les grelots accrochés au bâton de la Prêtresse venir teinter en rythme avec ses pas.
Lentement, les nuages qui s'étaient amoncelés au-dessus du champ de bataille se renforcèrent, menaçant de déverser une pluie diluvienne tandis que le grondement de l'orage venait couvrir les tambours de guerre.
Depuis les lignes, ennemis, une multitude de flammes s'allumèrent.
Les boules de feu furent lancées vers le ciel, visant la Forteresse et ses soldats en formation. Les lumières s'élevèrent très haut, bien plus que ne l'auraient pu des flèches enflammées, preuve s'il en était que des magiciens étaient à l'œuvre.
Mais alors qu'elles commençaient à redescendre en piquer vers la ville fortifiée, un éclaire d'une rare violence déchira le ciel et un énorme dragon gris jaillit des nuages en tournoyant. La violence des bourrasques provoquées par ses immenses ailes réduit à néant la plupart des boules de feu.
Les tambours de guerre se stoppèrent alors que l'animal émit un rugissement aussi assourdissant que le fracas de la foudre. Ses ailes soulevaient son poids avec difficulté, mais les énormes griffes et piques qui hérissaient son corps suffisaient à intimider tout opposant. Le Dragon se dirigea vers les trois plus hautes tours de Val'Dereth et se posa en travers, laissant ses griffes entailler la pierre si violemment que des pans entier de mur s'écroulèrent.
Le Dragon lança un second cri de défis avant de fixer son regard sur le champ de bataille avec intérêt.
Sigen rouvrit les yeux. Il savait que Mara s'était écroulée dans la nef, incapable de supporter un sort aussi puissant, mais le Dragon protégerait toute la cité aussi longtemps que durerait le conflit. C'était le pacte qu'ils avaient passé.
Le Mage concentra son attention sur l'armée ennemie qui avait commencer à attaquer. Des soldats, mais aussi des mages et des sorciers se jetaient à l'assaut, la rage décuplant leurs forces. Les soldats du Val ne bougeaient pas, attendant le signal.
Sigen avait fait passer le mot et, par respect pour le lien qui unissait les deux frères, Landeau avait accepter sa requête. Les tatouages du Mage s'illuminèrent soudain d'une lumière bleutée, son bâton tremblant avec force alors qu'il psalmodiait des formules. Son corps bougeait sans qu'il n'y prête de réelle intention, concentré sur son invocation.
Le long de la ligne des soldats à quelques centaines de mètres devant eux, une vingtaine de point noirs commencèrent à se créer, rendant nerveux les chevaux et les combattants qui se demandaient ce qu'il se passait.
D'énormes portails d'ombre se matérialisèrent, volutes de fumée noire qui tournoyaient sans fin. La première créature à franchir l'un des portails était une panthère d'Ombre, ses trois queues battant d'excitations. Depuis les différents portails, toutes sortes de créature des Ombre se joignirent au combat.
De grands Chiens Sauvages avec leurs gueules immenses et leurs corps rachitiques, des Ilophontes avec leurs cornes et leurs défenses en pointes pouvant éventrer un homme, des Flammes Denfer aux 6 pattes munies de griffes empoisonnées et aux yeux morts...
Depuis les jardins, Sigen sentit l'agitation dans les deux camps monter jusqu'à lui. Pourtant, aussi calme qu'il le pouvait, la sueur dégoulinant à grosse goûte dans son dos et sur son front, il planta son bâton dans le sol, propageant une onde bleutée qui donna le signal.
D'un même mouvement, les créatures se lancèrent à l'attaque, suivirent, quelques instants plus tard, les soldats du Val, galvaniser par les subites alliées de poids qui visiblement, ne venaient pas pour les dévorer.
La bataille éclata.
Sigen recula vers un banc de pierre blanche, épuisé par une telle quantité de Pouvoir. Il ne regarda pas les deux armées se rentrer dedans, ni n'écouta les cris qui commencèrent à emplir l'air. Il devait d'abord calmer les battements erratiques de son cœur et contrôler les tremblements de ses membres, car il était soudainement aussi faible qu'un nouveau-né.
Il ne sursauta pas lorsque le monde devant lui se déchira pour laisser un portail se former et une silhouette s'engouffrer dedans. Il se doutait qu'il viendrai à lui.
Shadi se tenait devant lui, sa robe de Mage d'un vert étincelant jurant quelque peu avec sa peau très pâle. L'homme était très mince, mais son visage d'ange le rendait séduisant. Quelques mèches de cheveux blonds se perdaient dans le vent qui s'était levé avec l'orage. Un éclair foudroya le nouveau venu, mais il avait eut le temps de projeter son bâton en l'air et une barrière de protection avait repoussé l'attaque du Dragon.
_Quel accueil ! Lança-t-il à Sigen.
Le mage sentit ses lèvres se soulever en un sourire malgré la situation.
_Je ne donne pas cher de ta peau si tu restes trop longtemps, Shadi. Répondit Sigen tandis que deux yeux rouges s'étaient fixés sur l'ennemi qui avait pénétré le domaine du Dragon.
_Il n'attaquera pas tout de suite car ta présence l'en empêche. Il ne peut faire de mal à celui qui l'a sommé d'apparaître.
Les deux hommes se dévisagèrent longuement, sans animosité particulière.
Shadi soupira.
_J'aurais dû me douter que je te trouverais sur mon chemin, Sigen. Mais j'aurais préféré te savoir dans mon camp plutôt que contre moi.
Cette fois, le sourire du Mage s'effaça et son visage s'assombrit par la peine.
_Nous avons déjà eut cette conversation, mon ami.
Shadi s'assit aux côtés de Sigen sans une hésitation.
_Tu finiras pas voir ce qu'il se passe réellement. Ces hommes que tu protèges, ce sont les mêmes que ceux qui ont massacré les nôtres. Ils sont poussés par la même cupidité, par la même folie meurtrière. Je ne peux plus laisser les miens de faire massacrer sans réagir ! S'écria l'homme avec une rage sourde au fond de la gorge.
Sa colère n'était pas dirigée vers lui, Sigen en avait bien conscience.
_Tous les hommes ne sont pas avide de Pouvoir. Tu ne peux pas réparer une injustice en commettant une autre...
_Ne me parle pas comme un Sauvage, Sigen ! Cracha Shadi avec colère.
De nouveau, le sourire retrouva son chemin sur le visage du Mage.
_Pourtant j'ai choisi l'Équilibre.
Shadi écarquilla les yeux de stupeur avant de partir dans un grand éclat de rire. Un rire sincère qui faisait remonter de doux souvenirs aux deux anciens amis du temps de leur apprentissage à Elédran.
_Je savais que je n'aurai pas dû te pousser à suivre Soulie et le siens ! Toi, un partisan de l'Équilibre ! Je comprends mieux pourquoi un Invocateur aussi puissant que toi n'est pas en train de combattre avec ses créatures sur le champ de bataille !
_Vous n'auriez eu aucune chance.
Shadi cessa de rire et essuya les quelques larmes qui avaient perlé au coin de ses yeux dorées.
_Alors tu maintiens l'équilibre des forces entre eux et nous. Reprit l'homme. Mais ça ne peut pas durer, mon frère. Toi, mieux qu'un autre devrait le comprendre. Tu as connu les chaînes et le fouet, moi, j'ai vécu l'annihilation de mon propre pays à cause de notre différence. Parce que nous somme née en possession du Pouvoir et qu'ils ont peur de nous ! Une Nation de Mage en puissance, voilà qui aurait fait tâche dans la répartition des Pouvoirs du Monde !
La colère déformait les traits magnifique de Shadi, et même si Sigen partageait la souffrance de son ami, il savait aussi que son discours ne tenait pas la route.
_Et tu es en train de prouver à tous les pays qu'ils avaient raison de se méfier !
Shadi bondit de colère sur ses pieds pour faire face au Mage et le Dragon émit un grondement assourdissant.
_Tu as peut-être réussit à apaiser ta rage auprès du Peuple Nomade et de Soulie, mais moi je n'ai pas eut ce privilège ! Tous les jours, je revis ce cauchemar, je ressens dans ma peau les cris de vengeance de mon peuple, je perçois la rage des simples hommes à qui la Magie n'est pas donnée ! Je ressens leurs envies, leur jalousie ! Et ce ne sont pas ces vieux croûtons à Elédran qui lèverons le petit doigt quand des armées de soldats déferlerons de nouveau pour détruire mon peuple, en massacrant hommes, femmes et enfants !
_Alors tu prends les devants. Continua Sigen d'un ton calme et posé qui fit redescendre la tension entre les deux hommes.
Un lourd silence s'abattit.
Essoufflé par son éclat de colère, Shadi se redressa et détourna la tête vers le champ de bataille.
_Je ne prendrais jamais ta vie, mon ami, mon frère. Mais ce combat est le mien et j'irais au bout de mes convictions. Je ne peux gagner cette première bataille, mais je continuerais le combat. Même si je dois me dresser contre toi de nouveau. Même si je dois finir seul, détesté et oublier de l'histoire. Même si d'autres pense que j'abuse de mon Pouvoir. Je sauverais la magie de ce monde.
Je sauverais les miens. Et ce jour là, j'espère que tu te tiendra à mes côtés.
Sigen n'eut pas le temps de répondre, un portail s'était de nouveau matérialisé et Shadi, la tête haute, s'y était engouffré sans un regard en arrière.
De nouveau seul dans les jardins, la tristesse s'était emparée du cœur du Mage.
_Mais je ne peux pas t'apporter mon aide. Pas quand tu laisses des innocents être pris au piège et mourir pour ta cause, aussi compréhensible soit-elle.
Sigen se leva et s'avança vers le parapet qui surplombait le champ de bataille fumant où raisonnait une mélodie sinistre de cris de souffrances et de combats acharnés. Les combats ralentissaient, la retraite ne tarderait pas à sonner.
L'homme leva les yeux vers les sombres nuages et le visage de Soulie vint apaiser son cœur troublé.


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Re: Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Naru le Jeu 20 Sep 2018 - 13:40

Désolée pour ce double/triple post mais vu que personne n'a commencer à commenter les textes et que j'ai finis de tous les lire.... XD

Alors voici mes commentaires!^^

Mr.John:
Spoiler:

Au globale, Je te l'ai déjà dit mais je trouve ton idée vraiment cool et intéressante.
Cependant, pour le moment, tes textes manquent de corps.
Tu ne prends pas assez ton temps pour nous décrire ce monde qui vit dans ta tête!^^ Nous on veut en savoir toujours plus. Plus tu donnes de détails sur ce qui fait ton monde, plus on se l'imagine facilement et plus on as envie d'en connaitre les tenants et aboutissants!^^
Peut-être qu'il te faudrait passer plus de temps à décrire les choses, les gens, leur manière d'être etc...
en tout cas en version Roman (et non concours de texte) ce sera vraiment important de prendre plus ton temps pour bien encrer les personnages, les lieux, les actions etc...

il y a quelques petites choses qui me semble un peu "incohérentes" dans le sens où c'est pas forcément très crédible sur certain points mais j'en parlerais plus en détails dans chaque texte.

bref, voilà mon avis au global!^^

Pour ce qui est du texte 1
j'ai trouvée difficile de séparer les réflexions du capitaine du rapport qu'il lisait. Mettre une autre police aurait été plus facile pour séparer le document des pensées.
Pour moi, il y a un petit soucis sur le rapport:
C'est assez étrange de lire dans une description physique d'un rapport : "mince"
On trouverait plutôt ses mensurations donc sa taille et son poids au moments du rapport.... même si j'en vois pas trop l'utilité dans la police mais bon...

En faite, le truc vraiment bizarre c'est la note de fin de rapport qui dit qu'il pense avoir un Don. En générale, la Police n'accepte pas de policier avec ce genre de vision du monde assumée. Ils ne l'auraient pas engagé, tout simplement.

Il m'aurait paru plus cohérent que le rapport soit "normale" et que son don ne soit qu'une rumeur qui ne peut pas être prouvée. (du moins, tant qu'il n'en parle pas frontalement avec son chef et là encore, c'est tout l'intérêt que ce ne soit pas marqué dans un rapport car le chef n'a pas de preuve écrite sur lesquelles s'appuyer pour pouvoir le virer au besoin. )

Pour le second texte, j'ai beaucoup aimé la mélancolie qui se dégage du texte! je trouve que tu retranscrit bien les sentiments du personnages face à sa perte.

Il y a quelques phrases qui ne sont pas très clair comme celle-ci:
Une fois qu’il avait fini par se décider de sortir de sa méditation , il avait envie de se mater un film .
Le "une fois me parait de trop et ne sert pas à grand chose, pire, je trouve qu'il complique inutilement la phrase.
Et "décider de sortir de sa méditation" ... ça me parait étrange comme formulation là encore. Qu'il s'arrache à sa méditation, je trouverais ça plus clair et plus compréhensible.

A coté des enregistrements de ces enquêtes paranormales et de ces notes éparpillées , qui témoignaient de son manque d’organisation flagrant , se tenait une pile , deux , peut être trois , de films en tout genres .
Cette phrase là est vraiment bancale. il y a trop de virgules.
Bon en premier lieux, je pense qu'il s'agit de "Ses notes" si c'est bien lui qui les a écrites (mais de toute façon le contexte va dans ce sens) du coup je pense que ce sont aussi SES enquêtes.
La virgule qui se trouve avant "qui témoignaient" ne devrait pas y être car elle casse le rythme.
Et pour la pile de DVD il faut plutôt placer ça comme ça pour que ce soit plus logiquement cohérent à la lecture:
"se tenait une, deux, peut-être trois piles de films en tout genres . "
D'ailleurs cette réflexion sur le nombre de pile de DVD me paraitrait moins étrange si on faisait un rappel du foutoir que ça doit être. du genre:
"se tenait une, deux, peut-être trois piles de films en tout genres plus ou moins visibles sous les documents éparpillés . "

Bref, sur ce texte 2 on ressent bien la tristesse, la peine et la douleur de ton personnage. Question description de sa maison c'est moins présent. (Mais je dis ça et moi mon perso vit dehors alors question description c'est pas mieux! XD)

Texte 3 :
Hum...
Alors, j'ai bien aimé le début du texte avec le fait que Lauriac cache à son entourage son don et se pose des questions.
Par contre, qu'il ai attendue d'avoir 15 ans pour aller chercher des infos sur internet... ça me parait un peu long! XD

Un monde s’ouvrit alors à lui . «Passeurs d’âmes». Enfin il pouvait mettre un nom sur ce qu’il était , et surtout une explication . Le rôle des personnes ayant son don , serait d’aider les défunts à rejoindre l’au delà . De passer d’un monde ..à un autre .
WOWO!!
Alors l'idée est intéressante et vachement cool mais.... Où il à pêcher exactement ses infos? Et genre tout le monde s'accorde sur internet sur le terme "Passeur d'ame"? Et en plus dans ses infos on lui parle de son ROLE??? Mais qui a dit que c'était bien son role?

Bref c'est étonnant que le personnage ne soit pas dubitatif face à ce qu'il lit. Ce qu'il manque ici, c'est tout un passage sur le fait de croire ou non ce qu'il lit sur le net, de douter, de se demander s'il ne devient pas juste fou et de le mener plus concrètement à tenter des expériences. Avoir conscience que depuis tout petit il ressent les choses différemment que la plupart des gens c'est une chose mais croire tout ce qu'on dit sur internet, s'en est une autre!
Bref, je trouve que dans ce passage, le personnage va trop vite vers la conclusion je dois utiliser mon don pour aider des âmes à traverser.

Je trouve que c'est une bonne idée d'avoir pris cette première rencontre avec un esprit pour "flash back" !^^
J'aurais aimé que ton personnage brûle un peu plus d'envie de continuer ses expériences, pas vraiment échauder par ce premier "échec" mais tu n'en fais pas vraiment mention.

Texte 4 :

Alors je pense que dans ce dialogue, il manque un peu de description.
Mais surtout, je m'étonne de certaines choses :
Le supérieur questionne Lauriac au sujet de ses absences répétés et lui réponds qu'il s'absente pour raison personnels.
Hum... Mais bon, il est inspecteur non? Donc c'est un peu bizarre qu'on le laisse tranquille sur ce point juste parce qu'il dit que c'est "personnel" ??
ça pourrait être en rapport avec la mort de sa copine mais dans ce cas, il faudrait le rappeler!
Le moment que Thomas redoutait était arrivé , lorsqu’il devait expliquer sa faculté de ressentir des âmes , il était considéré comme fou à lier .
Là encore, c'est assez inquiétant de savoir que la police engage des gens qu'elle pense "Fou à lier" ! XD Que certains le pensent c'est une chose mais que ce soit écrit dans un dossier et qu'on l'ai recruté quand même... c'est autre chose!

-Monsieur , êtes vous croyant ? Que ce soit le cas ou non , avez vous déjà entendu parler d’Anneliese Michel ? Voulez vous que je vous fasse partager un extrait de ses séances d’exorcismes ? C’est accessible en trois clics sur le net . C’est une histoire authentique . Les cas de possession existe , c’est reconnu par l’église .


-...mais quand bien même ! Vous avez essayé d’expliquer cela à la presse ? Vous avez essayé d’expliquer ça à la famille endeuillée ? Vous allez vous charger de tout ça ou ce sera mon rôle ?  

Woowo!!!
Alors attention! Dire que les cas de possession sont avéré et authentique c'est faux. Il n'y a aucune preuve scientifique à ce sujet! Ce n'est pas parce que l'église le dit que c'est vrai.
La mention de l'église est donc ton allié dans ce passage parce qu'elle apporte justement une preuve qui n'en est pas une.
Par contre, c'est quoi cette réaction du Commissaire???!!! ^^'
Donc, la mention d'une vidéo existant sur le net lui suffit?! Et il se préoccupe de qui ira dire ça à la presse?!
Je pense que si tu veux en faire l'antagoniste de ton personnage, il faut clairement donner le ton en insistant sur le fait qu'il ne croit pas à ces histoires, même s'il existe une vidéo d'un exorcisme!
La tirade du Commissaire juste après devrait être bien plus virulente Il devrait même menacer de renvoyer son inspecteur s'il lui prends l'envie de continuer à dire aux familles que leurs proches sont mort à cause d'un démon ou un esprit.
Bref, c'est pas très crédible qu'une figure d'autorité dans la Police ne soit pas plus fermer à ça et n'essaye pas de prendre des mesures pour museler son subordonné.
Surtout que la toute dernière phrase du commissaire collerait vachement mieux!^^

Bref, je pense qu'il ne faut pas hésiter à marquer un rejet plus frontale et plus brutale de ce que ton personnage principale est capable de ressentir ou de faire.
Surtout si tu veux en faire un bouquin. C'est essentiel que ton personnage soit confronté au rejet des autres qui ne croient pas à ce qu'il dit.
D'ailleurs, même lui devrait avoir parfois des doutes etc...

Si je peux te donner un conseil de lecture, tu devrais te renseigner sur le Comics Hellblazer (tu connais peut-être sous le nom de Constantine) qui te donnera peut-être quelques idées. Constantine est un personnage très intéressant qui devrait te donner des idées. ^^

En tout cas, je le répète, je trouve ton personnage principale vraiment intéressant. Il manque encore un peu de construction mais il donne envie d'en savoir plus sur lui, sur ce qu'il fait etc.. Bref, on a envie de suivre ses aventures paranormales!^^

Dernière chose, tu es le seul avec qui les changements de points de vue de personnages sont passé crème ! Je ne sais pas si c'est parce que Lauriac à un vrai charisme qui fait que même si c'est pas de son point de vu, dès qu'on parle de lui, il se retrouve le centre du truc ! Ou si c'est autre chose ! Dans tout les cas, je n'ai eu aucun mal à rester accrochée à ton histoire, que ce soit vu par Lauriac ou par un autre !

Enfin voilà voilà mes "critiques" !^^

Exonear :
Spoiler:


Alors mon sentiment globale à la lecture de tes trois textes... hum.. j'avoue être partagée. ^^'
Mais il faut reconnaitre une chose, c'était ultra couillu ! XD
Non parce que soyons complètement claire, tu nous sort quand même une histoire où une succube viol un enfant de 13 ans et fait un enfant avec ! Donc heu... fallait oser XD

Il y a pas mal de belles tournures de phrases et de très belles images aussi.
Les changements de narrateurs ne m'ont pas forcément séduite par contre.
Et au final, une fois les 3 textes lu, je me suis dis qu'en faite, malgré tout ce que je sais de l'histoire.... ben j'arrive pas à me sentir concerné par ce qu'il se passe pour le garçon. ^^'
Je ne me suis pas vraiment attachée aux personnages. ^^' L'histoire est triste mais peut-être que le fait qu'elle soit racontée des deux points de vues atténue finalement les émotions.
Hum... c'est pas très claire ce que je raconte mais j'avoue que je n'arrive pas vraiment à savoir si j'ai aimé ou non! ^^'

Pour ce qui est du texte 1, je n'ai pas vraiment vu l'accent porté sur la description. Pour moi, le 1 comme le 3, donnent autant de détails l'un comme l'autre sur le physique et psychique des personnages. Du coup, c'est un peu dommage vu que le thème s'était de décrire le personnage en 1.
Mais là encore, le fait d'avoir les deux points de vue des personnages ne t'aide pas à décrire plus facilement.

Le texte 3 offre une autre vision de la scène du 1 et du coup, apporte des précisions mais au final, le texte nous raconte quasiment la même chose. (excepté le début et hanabi)
Du coup, je me pose de nouveau la question, le thème de l'exercice était-il respecté? J'ai envie de dire oui parce que la mort de sa mère et de sa copine à un impacte conséquent sur sa vie et ses décisions... Et en même temps, vu qu'on sait déjà qu'elles vont mourir... ça amenuise la tristesse et l'horreur du truc...

Pour le 4ème texte, c'est celui des trois que j'ai le moins aimé. Pas dans la manière dont il est écrit, parce qu'il est bien écrit avec des descriptions et juste assez de justesse pour qu'on s'imagine très vite dans la tête ce que tu nous racontes.
Mais au final, on à un texte explicatif de la vie d'avant de la succube et... pas vraiment grand chose de plus si ce n'est qu'elle cherche à mourir des mains de la réincarnation de son amour.
Ce qui m'a déplu c'est la quasi totale passivité du personnage masculin qui, au final, ne fais rien de tout le texte. Il ne réagit pas vraiment alors qu'il devrait y avoir de la colère au moins.

En faite ce qui m'embête le plus dans ton histoire c'est que les personnages ne vibrent pas de leurs émotions. Ils n'ont pas d'éclat de colère, de rage, de tristesse etc... en tout cas, pour moi, on ne le ressent pas.
Après tout, le garçon apprends qu'il à une fille mais il pourrait très bien n'en avoir rien à faire et se complaire dans la colère contre cette créature qui lui a tout pris!
Il pourrait ressentir du dégout pour cette succube qui l'oblige à faire ce qu'elle veut au final!

C'est très compliqué pour moi d'expliquer ce que je veux dire mais je crois que dans ton histoire, ce qui me manque le plus, c'est l'expression des sentiments des personnages. Comme on est toujours dans leurs têtes, il n'y a pas de moment où on les sent perdus, en colère, apeuré ou même pas sur de ce qu'il doivent faire ou dire etc...
Tout est déroulé comme s'ils ne vivaient pas la scène sur le moment et du coup... ça en pâtit niveau ressentit. Tout est un peu trop calme et calculé.

C'est assez étrange parce que tu as une belle écriture et tu sais créer des personnages intéressants mais il manque quelque chose pour me captiver vraiment. J'ai du coup, vachement hâte de te lire dans d'autres thèmes pour voir ce que tu peux nous proposer d'autres!^^


Sagiga:
Spoiler:

Ah ah ah !
Alors il faut que je le dise dès le début parce que j'ai un peu halluciné en arrivant à ce passage dans tes textes!^^
Mais tu as nommée des personnages des Sauvages qui ont des pouvoirs etc... un peu comme.... dans mon propre texte où l'on qualifie le peuple nomade de Sauvages!!!! XD
J'étais genre: Han mais en changeant deux trois trucs nos histoires pourraient presque concorder! Surtout avec la fin de mon 4ème texte! XD

bref, c'était tellement drôle que fallait que je le dise! ^^

Alors au globale, j'ai beaucoup aimé les 3 premiers textes!^^
Et.... le 4ème était du point de vue d'un autre personnage et... ça m'a un peu cassé mon trip ! XD
En plus c'est un personnage assez convenue du coup... j'ai trouvé ça dommage en faite.
j'étais déjà fan de Aiden dès le premier texte!^^ Je le trouvais à la fois intéressant, surprenant et j'avais envie qu'il m'énerve un peu mais pas trop! (ce qu'il à fait! ^^)
Et le fait de changer de point de vue pour passer à celui de la fille qui est clairement moins charismatique que lui... arg! c'est mal passée pour moi!^^'

Bref, je suis évidemment complètement rentrée dans l'histoire même si j'aurais bien aimé avoir plus de précision sur ce monde!^^ (mais bon, t'as fait certainement face au même soucis que moi : pas la place de tout dire!!!! XD)

Plus en détails, le texte 1 est pour moi, le plus réussit de tous ceux proposé dans ce concours!^^ il est parfait!
Aiden est à la fois détestable et adorable!^^
On se l'imagine très bien et mieux encore, avec les détails que tu donne sur son uniforme etc... on s'imagine aussi le reste des soldats, le genre d'ambiance qu'il règne etc..

Le texte 2 : Là encore, toutes tes descriptions sont superbement maitrisées!^^
En faite, je trouve que c'est super intéressant de te lire sur ces thèmes là parce que tu nous offre beaucoup de bonne idée et de bonne base. il y a un superbe équilibre entre la description de lieu demandé et l'enrichissement de l'histoire principale. Tout s'enchaine sans problème! Tout fait naturel!
Tu as parfaitement intégrer le décors et les détails qu'il faut pour aider à la compréhension de l'histoire et non pas comme quelques détails un peu inutile ou des informations qui n'ont aucune importances.
bref, encore bravo !^^

Le texte 3: j'avoue que je suis restée un peu confuse à la lecture avant de comprendre que Aiden était blessé et non ligoté ou attaché. ^^'
Là encore, Aiden nous offre une nouvelle facette de sa personnalité et en plus, on découvre qu'il est prêt à se rebeller contre son père !
Par contre, je trouve la décision de Aiden de "protéger" la fille un peu... étrange. Qu'il veuille la posséder ou tout au moins la savoir libre, me paraitrait logique compte tenue de ce que je sais du personnage. Alors savoir qu'il veut la "protéger"... c'est assez bizarre en faite. Parce qu'il ne connait pas grand chose aux sentiments et du coup, il est quelque peu handicapé de ce côté là.
D'autant plus qu'il passe la frontière sans aucune assurance qu'on le laissera approché sans tirer à vu !^^'

Mais peut-être que c'est fait exprès aussi, rendre le personnage encore un peu plus perturbé qu'il ne l'était déjà !^^

Avant de lire le 4ème texte, la fille me paraissait vachement bad-ass et intéressante!^^ On ne la vois que du point de vue de Aiden mais elle à ce côté sauvage très bien retranscrit!^^

Du coup, texte 4!^^
Je me suis vraiment demandé pourquoi tu avais changée de point de vue ??
Je sais bien que ça apporte un nouvel éclairage sur l'histoire mais en même temps, je ne voyais pas vraiment l'intérêt d'apporter des réponses à des questions... qu'au final... on ne se posait pas. ^^'
Je veux dire que les Sauvages ont l'air d'un peuple intéressant mais il aurait été encore plus intéressant de les décrire avec le point de vue d'Aiden. Surtout qu'il y aurait eu un très gros décalage avec les trois premiers textes où la description des lieux est bien encrée dans nos têtes et la vie dans la forêt etc...
Bref.
Connaitre plus la fille (oui alors j'adore son prénom mais il est chiant à écrire! XD ) était intéressant en soit mais en faite elle est assez... banale. ^^' Pardon de dire ça mais elle réagit exactement comme on s’attend à ce qu'elle réagisse et elle à un coté niais très agaçant. ^^'
Oui, je sais, j'ai toujours dit être plus à l'aise avec des personnages masculins mais c'est parce que je suis très très difficile en personnage féminin! ^^'
Pour le coup, c'est le texte que j'ai trouvé le plus bancale parce que je voyais pas ce qu'il apportait à l'histoire.
Et j'ai l'impression aussi, que tu as a peu de chose près le même soucis que moi avec ce thème parce que l'accent n'est pas vraiment mis sur l’antagonisme des deux personnages. Je veux dire que tu respecte bien la consigne et tu applique même les deux premiers thème dans celui-ci mais.. il manque quelque chose dans l'opposition que ce font les deux personnages. L'écart entre eux est peut-être même plus présent dans le texte 3 que dans  le 4.
Bref, j'aurais vraiment aimé pouvoir voir tout ça du point de vue d'Aiden qui, et ça reste que mon avis perso!^^, aurait été plus intéressant.

Enfin, le texte 5!^^

Ou comment expliquer pourquoi Aiden est comme il est!^^
J'ai beaucoup aimé ce texte! J'ai un peu vu venir la fin mais malgré tout, il était vraiment saisissant de justesse. La découverte des sentiments par Aiden et la perte aussi brutale et horrible de ces même sentiments piétiné par son père... c'est vraiment bien fait et explique évidement le caractère qu'il à adopté en grandissant!^^
A la fois tragique et doux, ce 5ème texte apporte encore plus de corps à ton histoire.
Par contre, le fait que les deux frère puissent sortirent avec la fille mais aussi que Aiden puisse carrément aller manger chez des gens me parait un peu incohérent dans l'univers que tu nous a créer. Je ne vois pas comment un enfant si jeune peut être laissé sans surveillance dans ce monde si strict que celui-là.
Mais bon, après tout, ça passe !^^

Voilà voilà pour mes critiques!^^


Comme d'habitude, ne prenez pas mal mes "critiques" qui n'ont pour but que de vous donner mon point de vue qui peut, évidement, ne pas être le votre!^^

J'espère vraiment que tous le monde prendra le temps de faire l'effort de laisser un commentaire pour les textes de chacun parce que nous nous sommes tous donné pour ce thème et on a tous un avis à donner, une critique à faire et ça ne peut qu'enrichir la personne qui la reçoit!^^
Alors n'hésitez pas à commenter!!^^
(ça vaut aussi bien pour les participants que pour ceux qui ne passent ici que pour lire!!^^ )

Enfin, dernière précision, vous pouvez voter pour 2 participants vu que nous avons sortis pas mal de textes!^^

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Re: Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Exonear le Ven 21 Sep 2018 - 14:05

Merci Naru pour ta critique,

En vrai même moi je suis perdu et au final je sait pas si tu a aimé ou pas xD comme tu dit, c'est vrai que tu a raison sur le point des émotion, j'ai donc encore beaucoup de progrès a faire.

J'ai hésiter sur certain point de l'histoire peur de choquer ou faire des chose que les gens n'allait pas aimer.

Pour les différente narration, j'ai voulu faire quelque chose d'unique mais apparemment je me suis planté xD

Je compte donner mon avis sur vos texte mais il seront pas aussi bien que celui de Naru ahah.

A plus :)
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Re: Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Naru le Ven 21 Sep 2018 - 20:49

Chacun donne son avis comme il veut !^^
T'es pas obligé d'être ultra détaillé si t'en a pas envie !^^

Alors, au vu de ce que tu as dis plus haut, un conseil pour la suite et qui vaudra pour tous tes prochains textes ici et ailleurs:
Surtout, ne te retiens jamais d'écrire quelque chose par peur que ce soit mal perçu, mal reçu par ceux qui te lirons!!

Bien sur, nous sommes sur un forum tout public donc il faut pas faire n'importe quoi non plus mais il ne faut pas que tu penses à ce que les autres veulent lire ou vont aimer lire de toi, mais ce que toi tu as envie de dire et d'exprimer!
Même si ça peut choquer !

Bref, garde en tête que l'écriture ça te permets de t'exprimer librement et que parfois, pour faire passer des sentiments bien précis, il faut aller titiller des choses qui font peur, qui choque, qui font mal etc...
Surtout, ne te bloque pas toi même, ce serait dommage!^^

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Re: Concours de Texte N°64 [fin des votes le 30/09]

Message par Sagiga Hier à 23:03

Salut salut ^^


Je viens poster mes petits commentaires ! Je tiens à préciser que Naru a déjà fait une très bonne analyse je trouve, donc il est fort probable que je répète plus ou moins les mêmes choses.

Mr_John:

Pour le premier texte, moi aussi le contenu du rapport m'a paru étrange, dans la description physique et dans la petite note qui parle de sa fascination pour l'occulte. Pour la description physique j'entends bien que c'était une façon de coller au thème mais du coup ça sonne quand même un peu bizarre dans un dossier de police ! Pour toute la partie occulte, c'est vrai qu'on a un peu de mal à imaginer qu'après les tests psychologiques ils aient découverts ses drôles d'aptitudes (enfin selon lui), qu'ils supposent que ce soit dû à un SSPT et qu'au lieu de lui conseiller des séances de psychatrie, ils l'aient engagé en mentionnant juste une petite remarque dans son dossier. Le fait de retrouver des plaintes de ses collègues dans les rapports d'enquêtes (comme c'est le cas au début du texte) semble bien plus crédible.




Rien à dire sur le deuxième texte, je le trouve très bien, on rentre un peu plus dans la psychologie de ton personnage et je trouve que tu as bien géré ses réactions et ses émotions.

Pareil comme Naru j'ai trouvé ça super bizarre qu'il s'arrête sur le thème Passeur d'âme sur Internet... Y a tellement de choses sur ces sujets-là, et surtout tellement pas de réelles preuves scientifiques que c'est impossible de se dire : ah bah oui c'est ça j'en suis sûr. À la limite s'il était tombé sur le terme de Passeur d'âme et que ce terme dans sa sonorité et ce qu'il représente lui avait plu et qu'il se l'était approprié... ça aurait pu passer de mon côté. Mais reste encore toutes les responsabilités qui vont avec, appaiser les âmes pour qu'elles s'en aille pour de bon, ça aussi il aurait mieux valu que ce soit une conclusion personnelle, un hypothèse, plutôt qu'une vérité absolue tirée... d'Internet.




J'aime bien le fait que tu commences avec la convocation et que le dernier texte boucle la boucle en nous montrant cette fameuse confrontation.

Une fois de plus je vais rejoindre Naru sur les réactions du capitaine... Elles ne semblent vraiment pas naturelles. Qu'il passe sur ses abscences injustifiées... encore ok, il est pas là pour parler de ça. Mais l'histoire de l'exorcisme disponible sur le net, ou encore l'argument suprême « c'est reconnu par l'église »... Honnêtement si ton personnage voulait être complètement décrédibilisé c'est tout ce qu'il avait à dire. Aucune des vidéos ou aucun des témoignages que l'on peut trouver sur la toile ne peut être considéré comme une preuve, j'aurais accepté qu'il dise que lui avait assisté à des exorcismes pour de vrai, ce qui expliquerait sa foi, mais pas parce qu'il a vu des bonnes immitations de Conjuring sur YouTube. Et pour parler de l'Eglise... ça fait quelques siècles qu'on a cessé de considéré la Bible comme un livre de Science et qu'elle n'est plus du tout une référence fiable dans le sens scientifique du terme. Donc grosso modo, ce que l'Eglise dit, ça n'a de valeur que pour les croyants à la limite, mais certainement pas universellement.

Je pense donc que les arguments ne sont pas pertinents, et c'est encore plus abhérant de voir que le capitaine les accepte pourtant ! x)




Ceci dit, je me positionne en grande sceptique des arts occultes, donc évidemment ces arguments qui me semblent absurdes passent peut-être mieux auprès de personnes (j'ai envie de dire naïves, mais je préfère utiliser :) plus sensibles à la notion d'existence de fantômes ou démons, mais de toute évidence, ce capitaine de police n'en fait pas partie.

Du coup c'est super triste pour Thomas, mis j'aurais trouvé ça plus crédible qu'il soit mis à pied ! Mais à sa place je l'aurais joué plus fine et laissé de côté mes convictions. S'il veut mener ses propres enquêtes ça me semble évident qu'il doit se détacher de la police pour ça, qu'il ne pourra jamais le faire dans un cadre officiel (sauf si on imagine une agence spécialisée dans le paranormal).




Un bien long commentaire pour te dire que finalement les points que j'ai relevés sont les mêmes que Naru, ce n'est pas un hasard et c'est même une bonne nouvelle, ça veut dire qu'il n'y a vraiment que ces points-là qui sont peut-être à retravailler si tu étoffes plus ton histoire. En dehors de ça, j'ai bien aimé le personnage de Thomas et ses récations (hormis dans le derniers textes) me semblent tout à fait cohérentes. J'aime aussi beaucoup la relation subtile qu'il entretient avec Chloé.

Pour mon mot de la fin : Ce à quoi il faut faire attention avec le paranormal, c'est qu'il faut se dire que la grande majorité des gens y sont très sceptiques. Donc il faut bien réfléchir à comment réagirait quelqu'un qui n'y croit pas, mais pas du tout, pour que leurs réactions sonnent juste.

Mais si elle est bie menée, une bonne histoire de paranormal peut ravir même les plus réfractaires !

exonear:

Tu sais déjà un peu mon avis sur certains trucs mais je vais essayer d'aller un peu plus dans le détail.

Je suis d'accord avec Naru sur le côté poétique de tes textes. Tu fais souvent de jolies phrases, et ça donne une ambiance assez intéressante !

Je n'ai pas de remarque particulière à faire sur le premier texte, il pose bien l'ambiance, les différents protagonistes.




Pour le texte 3, je vois bien que tu as mis plus détails mais ton personnage est encore un peu trop passif par rapport à ce qu'il lui arrive. Du coup j'ai tendance à me l'imaginer bras balants, le regard vide, comme une marionnette qui n'est pas actrice de ses propres mouvements. Je sais pas si c'est un effet voulu, et si c'est le cas, ça marche bien. Mais c'est vrai que j'ai tendance à aimer les textes plein de sentiments, qu'ils soient bons ou mauvais, mais de sorte à ce qu'on ressente quelque chose à la lecture. Or là on est comme ton personnage, on regarde sans conviction une scène qui devrait nous remuer les intestins.

Du coup moi je trouve que t'as pas encore été assez cru dans la description de cette scène, et je suis du parti qu'il faut montrer la peur l'horreur le dégoût, quand c'est justifié, tout en étant d'accord sur le fait qu'il y a une manière de le faire en fonction du lectorat. Mais là on sent un petit peu trop que tu t'es restreint, et ça enlève encore le côté dramatique de la scène.




Un détail, mais dans le texte 4, j'ai trouvé un peu étrange qu'elle porte une robe. La robe ça a quand même une image super occidentale, j'aurais trouvé plus adequat un yukata, même si je t'avoue que je suis pas ultra calée sur la mode vestimentaire au Japon pendant Kamakura... x)

J'ai aussi trouvé bizarre qu'un château médiéval européen, avec chevalier et tout fasse son apparition, je suis pas sûre d'avoir saisi la métaphore derrière ! Est-ce que c'est parce que les succubes sont un mythe occidental ?




J'aurais aimé sentir un peu plus son conflit interne entre la haine et l'amour incongru qu'il lui porte. Parce que du coup à la fin on a pas vraiment l'impression qu'il va la tuer pour de vrai (enfin je trouve) parce qu'il n'y a vraiment aucune haine qui transparait, ou elle est très passive, décrite de loin.




En tout cas c'était sympa, j'ai bien aimé suivre l'évolution de ton travail, le rendu final est bien meilleur que les premiers jets que j'ai pu lire. Y a forcément encore des points à travailler et c'est normal, c'est notre lot à tous, mais tu as déjà ton style tout en jolies phrases et c'est cool.

naru:

Avant tout, je dois dire que je trouve tes textes, et surtout ton univers ultra visuel, et je l'imagine parfaitement, coloré, et empli de cette atmosphère qu'ont les mondes fantastiques. Du coup j'ai une requête : j'ai carrément accroché à l'image du tout premier texte, lorsque Sigen est assis dans l'herbe, et je voulais savoir si tu accepterais que j'essaie de mettre ça en dessin ? Y a aussi le fait que j'aimerais apprendre à utiliser des acryliques et ce dessin s'y prêterait très bien ! Alors par contre je préviens tout de suite, même si tu me donnes ton accord, je sais pas si je le ferai vraiment, ou si je l'achèverai parce que je suis genre super occupée et que même si j'ai très envie de le faire, il est probable que ça tombe à l'eau...




Pour en venir au fond, parce qu'il faut quand même en parler, je trouve que la chose la plus flagrante c'est qu'on sent que c'est un univers que tu as bien réfléchi et travaillé même si peut-être il n'est pas encore parfaitement au point. Ici on en a qu'une toute petite vision et il nous paraît déjà super riche, ne serait-ce qu'avec la mention de tous les différents peuples. Comme je l'ai déjà dit, j'aime beaucoup la façon dont tu l'as rendu très visuel, avec un personnage au physique atypique (chauve avec juse une tresse, ses cicatrices sur l'épaule etc...) qui fait qu'on le visualise de suite contrairement à un personnage au physique plus standart qui reste peut-être du coup un peu plus flou dans l'esprit. Je tire une leçon de ce constat et je t'en remercie ! x)




Pas la peine de dire que je suis fan de Kalindra, et encore plus de leur relation, le fait qu'il ne puisse pas la toucher, c'est un tout petit rien mais ça rend la chose tellement plus profonde !




Honnêtement, j'ai relu trois fois tes textes pour essayer de trouver un point qui m'aurait gênée mais je n'en ai pas trouvé. Celui qui sonnait peut-être un peu moins bien (et encore, seulement une partie) c'est effectivement le dernier. Sigen est tellement atypique que son antagoniste nous paraît bien pâle. Mais tu l'as dit toi-même, tu as moins travaillé ce personnage que les autres. On voit juste quelqu'un d'en colère, mais on a un peu de mal à le comprendre parce qu'on a aucun élément sur le passé douloureux dont il parle. J'ai du mal à le formuler dans mon esprit mais je pense que si on avait eu plus d'éléments, sur les motivation politiques de ce massacre, sûrement plus complexes que « ils ont des pouvoirs, ils sont puissants, tuons-les », on aurait pu alors de nous-même juger la situation abominable et on se serait plus mis à la place du personnage que quand c'est lui qui affirme qu'il est la victime. C'est brouillon dans ma tête donc je me dis que ça doit être encore pire à l'écrit désolée xD




J'ai tout de même un petit goût d'insatisfaction sur la langue parce que tu nous laisses avec plein de questions à la fin de tes textes ! Quel rôle a joué Soulie ? Comment Sigen en est venu à se tourner vers l'Equilibre ? (Qui m'a automatiquement fait penser à l'Harmonie que recherchent les Marchombres ^^) Quels étaient les enjeux de la bataille dont tu parles dans le dernier texte ?

Bref il te restes beaucoup de choses à raconter, et si jamais tu décides de les raconter, ce serait avec joie que je les lirais !




En tout cas c'était une très agréable lecture, dont j'ai pu tiré quelques enseignements et c'est très formateur !


Concernant ton commentaire sur mon texte Naru, pourquoi j'ai changé de point de vue ? Tu sais qu'en lisant ton commentaire je me suis réellement dit « Mais oui, mais clairement elle a raison, ça aurait été trop cool du point de vue de Aiden ! » xD Mais en fait je crois que c'est le respect du thème qui m'a perdue. Comme ça concernait l'antagoniste je me suis directement mis dans la tête qu'il fallait qu'on sache tout du personnage, sa psychologie, son milieu de vie etc... (un condensé des 2 premiers textes mais pour un autre personnages) et du coup j'ai dû me dire que le point de vue d'Aiden serait trop restreint, qu'on en saurait pas assez sur elle... Et bref je crois que j'ai pas du tout eu l'idée de l'écrire du point de vue d'Aiden, dans mon esprit c'était forcément la vision de Maïzhekiin (dont le nom est carrément copié d'un personnage de la série Lucifer, mais moi aussi j'adore la sonorité, et comme mon histoire est truffée de références, j'en ai profité xD).

Bref je suis assez d'accord avec ton avis, mais clairement ça m'est même pas venu à l'esprit x)




Pour le caractère de Maïzhekiin, arf je pensais pas qu'elle était si peu intéressante ahah, même si elle a clairement pas la profondeur d'Aiden. Après je pense qu'elle le deviendrait en le fréquentant héhé. Mais je prends note !




Merci pour ton commentaire, je suis contente que mes descriptions sonnent justes, c'est pas toujours facile de doser et c'est super agréable d'avoir des retours là-dessus, pour savoir où on va !

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