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Résultats des concours
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Concours de Dessin n°96:
"Les Chibi
"

Avec modèle:
Haru Kaika


Confirmé sans modèle:
-Shaolan-


Expert sans modèle:
Evilshurato


Valiente


~
Concours Graphisme 96:
"La joie"

Intermédiaire
Bakane


TomuuChan


Confirmé-Expert
-Shaolan-


~
Concours de Texte n°53 :
"Échec"


Mr. John

"Cher Journal,
Ma déconvenue d'aujourd'hui est assez ironique.Je t'ai déjà raconté que je suis un passionné d'échecs,et que je ne manque pas un seul tournoi ou concours chaque fois que l'occasion se présentait d'y participer . Et donc,lorsque le tournoi communal de Brives-la-Gaillarde fut annoncé et daté,mon sang de Briviste n'a fait qu'un tour.
Il fallait que je gagne ce satané concours pour montrer que je suis un adversaire de taille pour le cercle d'initiés du jeu d'échecs.Je me suis entraîné chaque jour avec ma chère mère qui est toujours prête à m'aider dans tout ce que j'entreprend,mais qui est d'un niveau déplorable..hélas.Je me suis quand même malgré tout préparé pour cette épreuve! [...]"

Lonely D.

"« Bon, tu l'ouvres cette porte, oui ou non ? demanda Barduul le guerrier en piétinant d'impatience.
– J'essaie, balbutia Ludrick, c'est pas aussi facile que ça en à l'air... »
Son crochet se brisa en deux dans un crissement métallique avant de tomber à ses pieds. Barduul leva les yeux aux ciel en jurant.
« Mais c'est pas vrai, c'est le quatrième ! s'emporta t-il. T'es un voleur ou quoi ? Déjà que tu sers à que dalle en combat, si en plus tu es pas capable de déverrouiller une porte, tu aurais du rester à l'auberge !
– Lâche-le un peu, intervint Yléa en lui lançant un regard noir. C'est sa première quête, c'est normal qu'il ait du mal.
– Oh, excusez-moi madame la grande prêtresse, fit Barduul d'un air faussement désolé, c'est vrai qu'il faut éviter de mentionner le fait que votre petit frère est un boulet depuis le début de cette aventure ! Non, mais sérieusement, un voleur nain ! Qui est-ce qui prend un voleur nain pour partir en expédition ? Et puis c'est quoi votre famille chelou où un nain et une elfe sont frère et sœur ? »"[...]

Naru:
"Le silence est assourdissant. Pesant comme cette énorme épée de Damoclès que j'imagine se prélasser au-dessus de ma tête depuis le début de l'examen. La salle est remplie de cliquetis de stylos, de grattements de gorges et de soupirs.
Je braque mon regard sur l'horloge au-dessus du tableau désespérément noir. Déjà 10 minutes que le test à commencé. 10 longues minutes que mon estomac fait les montagnes russes et qu'une sueur froide me coule de la nuque.
10 minutes et une page blanche.
Qu'est-ce que c'est que ce sujet d'examen ?!
J'ai beau réfléchir, j'ai l'impression que ma tête est vide. Je n'ai pas une seule idée, pas une seule piste, pas un seul souvenir d'avoir ne serais-ce qu'effleurer le sujet dont il est question sur le contrôle !" [...]

=> lire les textes

~ Concours de Photo n°21:
"
Noir et blanc"
Gagnante :
-Shaolan-



Félicitations à vous tous (et toutes) !! =)

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Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Naru le Lun 31 Juil 2017 - 23:51

Salut à tous !

Eh oui, c'est les vacances alors il y aura peut-être moins de participants!
Mais j'espère quand même que ce thème vous donnera envie d'écrire quand même!!

Le thème de ce concours sera: Sous la pluie



Vous aurez donc 160 lignes max pour écrire votre texte et jusqu'au 3 Septembre!!

bon courage!

Participants:

Mr John :

Le dernier combat:
Aristos le savait . Aujourd'hui avait lieu son dernier combat de gladiateur . La dernière victoire avant l'affranchissement ,et sa dernière victime . Les rumeurs disaient que son adversaire était impitoyable . C'était un sécutor,comme lui,il combattait à l'aide d'un glaive .Mais par dessus tout on racontait qu'il avait la réputation de déchiqueter ses adversaires .Mais Aristos se disait que ce n'était sûrement que des affabulations ,car il avait souvent entendus des histoires de ce genre auparavant .Ce n'était qu'un homme après tout .Un homme comme lui.
A cet instant, il se préparait à pénétrer dans l'arène et faire face au dernier adversaire .Il prépara son glaive,enduisant sa paume de sable pour ne pas perdre l'arme .Puis il rajusta ses protections,espérant qu'elles tiennent. Mais maintenant , c'était bel et bien l'heure . Les portes s'ouvrirent ,et les citoyens scandaient le surnom "Le Grec" , "Le Grec" ... ce qui le ramena à son pays natal,ou il irait une fois libre.Loin du sang et des lames .
Le "boucher" fit enfin son entrée . Un homme massif , et grand . Ils se firent face ,tandis que l'éditeur vérifiait les équipements .Dans le coin étaient ceux qui vous fouettaient jusqu'au sang si vous ne vouliez pas vous battre . Cette fois ci ,il n'aurait pas besoin de se servir de ces instruments.
Tout à coup ,il pleuvait . La pluie avait souvent pris place dans son existence .Le pire,c'est que les blessures brûleraient plus encore , mais le prix de la liberté devait justifier cela . Des tribunes l'empereur se délecterait de ce spectacle une fois encore .Son adversaire avait le même regard effrayant que lui , ce regard utilisé pour tenter de tourmenter l'autre . Ce coup ci , il n'y aurait pas d'abandon , sa liberté était trop chère pour se laisser vaincre.
Les deux hommes maintenant se tournaient autour,cherchant la faille de l'autre . Ils se jaugeaient ,se demandaient quand l'autre attaquerait. Aristos eu une idée , il feint une attaque pour que l'ennemi se protège instinctivement et rabattre son glaive sur son flanc mais le "boucher" l'avait compris et para ,enchainant aussitôt une série de coup en l'obligeant à parer de plus en plus rapidement ,histoire de l'épuiser . C'était astucieux ,car du coup il sentait la fatigue l'envahir et failli prendre un coup fatal . Il esquiva ce qui lui valût une éraflure sur le torse . Cette stratégie payerait sur le long terme ,il fallait riposter vite .
Puis il eu une idée . Le boucher recommença cette frappe , mais Aristos para de son bouclier et le poussa , ce qui eut pour effet de faire tituber le géant . Il lui porta un coup qui le fit tomber à terre , et entama le mouvement fait pour l'achever mais l'adversaire avait de la ressource et roula sur le coté . La blessure d'Aristos lui brûlait la poitrine . L'adversaire grimaçait de même , Ils partageait la même douleur .
Mais Aristos voulait la liberté à tout prix et s'élança plein de rage sur son assaillant le genou encore à terre ,et ce fut la surprise dans l'arène . Le glaive du grec était dans le ventre du géant , au même titre que celui du géant dans ses entrailles . Un long moment s'écoula ou leurs regards se soutenaient ,puis les deux hommes s'écroulèrent dans le sable humide . La pluie prit l'effet de l'acide sur leurs entrailles et accélèra le moment ou ils passeraient de vie à trépas tout deux . Alors,était ce là la liberté chère à leurs yeux?  , La mort était elle la fin de tout cela? Ce grand calme à la mort est elle un sentiment de liberté ? La pluie inondait ses yeux sans vie ainsi que son sourire radieux .

Lucie:
Sous la pluie:
Il pleuvait. Beaucoup. Et fort. D'habitude, j'aime bien la pluie. La sensation des gouttes fraîches tombant sur ma tête, ruisselant sur mes cheveux, mon front, mes joues. Taper dans les flaques, avoir de l'eau dans ses chaussures, transformer sa veste, garantie soi-disant imperméable, en éponge, tourner et danser sous le déluge en riant niaisement...


- « Est-ce qu'elle peut sentir la pluie ? »


Le ciel était gris, dépourvu de nuances. Un gris triste, sans nuages, ou qu'avec des nuages, je ne sais pas trop. En général, le ciel est coloré, de pleins de teintes, du gris fumé au gris acier, comme j'aimais dire. Les gouttes sont transparentes, fines, légères, comme des milliers de perles tombant des cieux. Elles reflètent la moindre lumière, le moindre éclat, et quand elles tombent au sol, elles s’éparpillent et se confondent, composant un tapis d'eau infiltrant peu à peu le sol aqueux.


- « Et elle, est-ce qu'elle peut voir la pluie ? »


Tout autour de moi, le crépitement incessant de la pluie m’enveloppait. Mais ce bruit était désagréable, dérangeant, grave. Le vent se jumela à cette cacophonie, bourdonnant dans mes oreilles, brusquant les branches des arbres qui s'entrechoquaient, les hautes herbes qui sifflaient. Normalement, le chant de l'averse est relaxant, mélodique. Chaque perle d'eau heurtant le sol est comme une note de musique, des milliers et des milliers de notes, ricochant sur la terre boueuse, une symphonie joyeuse, malgré la réputation austère de ce temps, pourtant si doux et apaisant à écouter, accompagnée du murmure de la brise.


- « Mais elle, peut-elle entendre la pluie ? »


Je me tenais debout, seule. Pieds collés, mes derbies, salies par le terrain détrempé et pleines d'eau, étaient à jeter. Mon pantalon me collait à la peau, ma veste ne me protégeait plus depuis longtemps déjà. Ma chevelure, normalement blonde, mais ternie par les flots, était plaquée à mes joues et encadrait mon visage rond, ma frange cachant mes yeux, soulignés par de grandes cernes, portant des pupilles dilatées qui laissaient à peine entrevoir leur couleur bleu ciel à l'intérieur, tirant sur du bleu pâle au contour.
La fatigue et le froid me tiraillaient, m'embrumant l'esprit. Ça faisait bientôt 1h que je me tenais sous ce chêne blanc, balayé sans pitié par de violentes bourrasques. Je m'accroupis, sortis de sous mon blouson une rose blanche enveloppée dans du film froissé, et la posais sur le sol, devant une pierre taillée planté dans la terre meuble. Je me relevais maladroitement, reculais d'un pas, et joignais mes mains ensemble, entremêlant mes doigts, baissant la tête humblement.


- « Quand les disparus cessent-ils d'être une pensée douloureuse pour devenir un esprit tranquille ? À quel moment peut-on ouvrir un album photo sans éclater en sanglots, une boîte à musique sans la refermer aussitôt ? Combien de temps cela exige-t-il ? Il y a une règle ? Une moyenne ? »


Je marquai une pause. Ces paroles étaient dures à dire, même en les chuchotant. Je sentis les larmes me monter aux yeux. Levant doucement la tête, je laissai mon regard glisser sur les inscriptions gravées dans la pierre. Alice Nuere. Ma mère. Morte en couche, à 25 ans.
Après cet événement dramatique, mon père m'a abandonnée, me laissant à sa sœur. Il ne voulait pas me voir, il ne pouvait pas supporter. Il n'a jamais voulu me regarder dans les yeux. Tante Marie me disait qu'il travaillait beaucoup, et qu'il n'arrivait pas à s'occuper de moi. J'y ai cru jusqu'à mes 10 ans.
Aujourd'hui, j'en ai 15 de plus. L'âge de ma mère à ma naissance. Au lieu de fêter mes 25 ans d'existence à ses côtés, je pleure ses 25 années qu'elle n'a pas pu vivre avec nous.


- « Évidemment, il s'agit d'une question imbécile. »


Ma mère ne m'aura jamais vue grandir. Je posai mes mains sur ma poitrine, comme frappée en plein cœur. Je n'arrive pas à faire mon deuil. La culpabilité de sa disparition me ronge depuis toutes ces années. Je ne m'en défais pas, je n'arrive plus à vivre. Mes jambes tremblantes se dérobent sous mon corps, je tombe à genoux sur le sol sale, tête basse.


- « Mais comment échapper à l’imbécillité quand on a aussi mal ? »


Je ne pus contenir plus ces larmes que je refoulais depuis tant de temps. Elles noyèrent mes yeux, inondèrent mes joues. Ces perles salées s'abattaient sur la terre déjà suintante, se mêlant aux perles d'eau, se complétant à leur jeu de miroir, leur orchestre assourdissant, leur tapis transparent. Je pleurais, sans m'arrêter, criant toute ma douleur et toute ma peine, couvertes par l'harmonie des gouttes de pluie.


Soudain, je sentis une main sur mon épaule. Protectrice, chaleureuse, je levai instantanément les yeux à côté de moi. Mon père, penché au-dessus de moi, m'adressant un regard affectueux, et un sourire compatissant aux lèvres. Il avait de petits yeux sombres, surplombés de sourcils épais. De fines rides lui barraient le front et lui creusaient les joues, et son nez retroussé dont j'avais hérité soutenait des lunettes rectangulaires qui semblaient avoir des dizaines d'années. Je me redressai précipitamment. C'est la première fois que mon père m'observait comme ça. J'eus l'impression que mon cœur se remettait à battre, après des années et des années de vide.
Il ne dit pas un mot, mais ses yeux sombres plongés dans les miens en évoquaient long. Lui aussi, il a souffert. Il aimait tant ma mère, et après sa mort, s'était juré de m'élever comme elle l'aurait voulu. Mais à chaque fois qu'il venait vers moi, il sentait la peau, voyait le visage, les yeux, entendait la voix d'Alice. Il a pleuré, hurlé, frappé, sombré dans l'alcool, frôlé une sévère dépression. Il aimait sa femme, et chérissait sa fille, plus que tout au monde. Mais la douleur était trop grande, trop vive, et le deuil, trop lourd.
Je fonçai dans ses bras avant qu'il n'ait pu s'en rendre compte. J'avais besoin de lui, j'avais besoin de mon père. Après 25 ans d'absence, il était impossible pour moi de le laisser disparaître de nouveau. Quand il posa doucement une main dans mon dos, et une derrière ma tête, je sentis une chaleur nouvelle dans mon cœur. L'amour d'un père.


Sans que je le remarque, la pluie s'arrêta. Les nuages s’écartèrent doucement, laissant filtrer les premiers rayons du soleil, le vent se calma. Je m'écartai de mon père, me retournant vers la tombe de ma mère, sourit, et levai la tête vers l'astre du jour.


- « Il ne pleut plus, Maman. »

Lonely D
Des Eaux et des Bas:

« Euh... ça t'as plût ? » Demanda Léonard à la jeune fille qui l'accompagnait tandis qu'ils quittaient la salle de cinéma et se mêlait aux autres spectateurs.
Elle ne répondit pas, arborant une mou triste qui en disait long sur son ressenti. Au bas des escaliers, elle finit par laisser échapper d'une petite voix presque inaudible :
« Je pensais vraiment qu'ils finiraient ensemble, cette fin est vraiment injuste ! »
Léonard acquiesça d'un air gêné tandis que la foule bruyante se pressait vers la sortie. Les yeux posé sur la chevelure brune de sa camarade se balançant souplement devant lui, il poussa un soupir.
Décidément, il n'avait vraiment pas de chance. Depuis qu'il avait eu le coup de foudre pour Mathilde à la rentrée, sa vie sentimentale avait des airs de montagnes russes. L'adolescent l'avait rencontrée lors de son premier jour au lycée, lors de la session d' activités sportives destinée à aider les élèves à faire connaissance. Sans trop savoir comment, il s'était retrouvé en duo avec elle sur un court de badmington et au terme de la journée, il avait découvert deux choses. La première : ce n'est pas parce qu'un volant est ridicule avec sa petite jupette qu'il fait moins mal quand on le réceptionne avec le nez. La seconde : la jolie brune avait remporté à elle seule six matchs, quatre-vingt dix-huit points... et son coeur. Son énergie, son sourire, le grain de beauté sous son oeil droit, la finesse de ses mains, sa façon de se mordre la lèvre lorsqu'elle se concentre, le moindre détails l'avait charmé. Eprouvant ce jour-là ses premiers émois amoureux, il s'était résolu à tout faire pour gagner ses faveurs. Et c'est là que les ennuis avaient commencé.
Sa quête vers le coeur de la jouvencelle n'avait même pas débutée que le premier drame se produisit. Suite à une erreur administrative, Mathilde, première de sa classe en allemand quatre années d'affilées s'était en fait retrouvée par erreur parmi les hispanophones de Seconde 2. Avec une stupeur sans nom, Léonard, si fier d'avoir obtenu une place aux côtés de la jeune fille dans presque tous les cours, contempla impuissant l'échange d'élève qui lui imposa la charmante compagnie de Rudolphe, dit ''Boutons d'Or''...
Refusant de s'avouer vaincu, le jeune homme s'était empressé de se renseigner sur les activités extra-scolaires de sa demoiselle disparue afin de passer un maximum de temps auprès d'elle. En découvrant son nom sur la liste du club d'athlétisme dans la catégorie ''course d'endurance'', il avait laissé échapper un léger gémissement. Il n'aurait jamais l'occasion de lui faire la cour s'ils n'avaient aucune activité ou classe en commun, ce fut donc à contre-coeur qu'il remplit à son tour la fiche d'inscription. Pendant les cinq mois suivants, il lui avait courru après, au sens propre comme au figuré, gagnant peu à peu son affection, jouant de ses talents de comique pour lui soutirer ces rires cristallins qui faisaient chaque fois tambouriner sa poitrine. Essoufflé mais heureux, il était parvenu à se rapprocher d'elle malgré les épreuves qui tentaient de les séparer.
Hélas, alors qu'il plannifiait les derniers détails pour se préparer à avouer ses sentiments à sa chère et tendre, un astéroide vint brutalement fracasser ses espoirs. Ce caillou du fin fond d'on-ne-sait-où, c'était Pierre Blanchard, la belle-gueule de Seconde 1, qui lui avait coupé l'herbe sous le pied et embrassait goulûment la jeune fille aux portes du lycée. Incapable de comprendre comment Mathilde avait pu s'enticher de ce beau-parleur à la mèche parfaite qui passait son temps à rouler des mécaniques, Léonard, anéanti, observa pendant de longs mois sa belle s'épanouir dans les bras forts et musclés d'un autre. Malgré l'impasse de la situation, la sincérité de ses sentiments l'empêchaient de lâcher prise et il ne parvint pas à tirer un trait sur la jeune fille qui avait pris son coeur en otage.
Lorsqu'il avait apprit pendant les vacances de Pâques que Mathilde avait enfin réalisé à quel point son Don Juan était creux et superficiel et qu'au terme d'une dispute il l'avait quitté sans ménagement, Léonard avait faillit faire un arrêt cardiaque tant la nouvelle l'avait gonflé de sentiments contradictoires. Après avoir estimé ses chances de casser la figure à cet imbécile de Pierre comme étant relativement proche du suicide, il laissa tomber la colère et se concentra sur le moyen de consoler la jeune fille dévastée par sa première rupture. Peu à peu, à force de pitreries et de plaisanteries stupides, il était parvenu à refaire naître un sourire sur le visage larmoyant de sa camarade. Et finalement, alors que les vacances touchaient à leur fin, elle avait enfin accepté son invitation au cinéma dans le but de ''lui changer les idées''. Explosant littéralement de joie, Léonard bazarda ses DM de Maths en retard et sa pile de devoirs pour se libérer une journée. Certes, le timing pouvait paraître un peu précipité mais s'il avait appris une chose, c'est que les pluies d'astéroides frappent sans crier gare, hors, avec la rentrée qui approchait et la nouvelle de la séparation du couple modèle qui se répandait, le ciel promettait d'être couvert.
Se rappelant qu'elle avait mentionné son intérêt pour la dernière comédie romantique avec Alice Eve en salle en ce moment, il avait cassé sa tirelire pour réserver deux places, avait repassé avec soin sa plus belle chemise sous le regard stupéfait de sa mère et avait piquer les chewing-gum à la menthe dans la veste de son frère. Une comédie romantique, rien que tout les deux, dans une salle obscure à queques centimètres l'un de l'autre ? C'était sa chance, sa soirée, cette fois, rien ne pourrait l'empêcher de faire sa déclaration à l'élue de son coeur.
Mais évidement, rien ne s'était passé comme prévu ! Après avoir rencontré le regard chargé d'avertissements muets du père de Mathilde lorsqu'il l'avait déposé en voiture devant le cinéma, Léonard avait subitement perdu une partie de son assurance. Pendant la scéance, alors qu'il profitait d'une scène particulièrement romantique pour tenter de passer son bras autour des épaules de sa dulcinée, il remarqua avec effroi Madame Jollin, sa prof de math, assise juste derrière eux. Pétrifié, il n'avait osé esquisser un mouvement pendant tout le reste du film. Et pour finir, il y avait cette fin à contre-pied des comédies romantiques classiques qui avait sappé le morale de la jeune fille.

Dépité par la tournure des évènements, Léonard fit tout de même un effort pour presser le pas. Il était vingt-deux heures moins dix, le cinéma allait fermer, peut-être que le père de Mathilde n'était pas encore là ? Il n'avait pas grand espoir, mais au point où il en était, qu'est ce qui pouvait lui arriver de pire ? Alors qu'il franchissait la porte, la réponse à cette question s'écrasa sur sa joue sous la forme d'une goutelette glacée.
« Je crois qu'il commence à pleuvoir » dit Mathilde inquiète en levant les yeux, passant une main fine sur ses épaules nues.
Sérieusement ? Même la météo était contre lui ? Alors qu'autour d'eux les parapluies fleurissaient un peu partout, l'adolescent chercha du regard un abri à la lumière vacillante des réverbères. Avisant un petit relief au dessus de la pharmacie d'à côté, il fit signe à Mathilde de le suivre. Au moins cela leur fournirait un semblant de protection le temps que son père vienne la chercher. A peine s'y étaient ils réfugier que la pluie commença à tomber drue. Dans le silence à peine troublé par le clapotis des gouttes sur le bitume et le ronronnement lointain de quelques voitures, le jeune homme leva les yeux vers sa camarade.
La douceur de son visage, soulignée par le clignotement des néons le frappa. Ses yeux bruns, perdus sur la route, portaient cette mélancolie qu'il s'était acharné à combattre ces derniers jours. Tandis que son regard s'attendrissait sur les traits de la jeune fille, les battements sourds de sa poitrine vinrent s'ajouter au ''plic ploc'' de la pluie. Un frisson arracha Mathilde à ses pensées et elle se frotta les avant-bras en tremblottant. Sans réfléchir, Léonard retira sa veste et la lui tendit, accompagnant son geste d'un ridicule :
« Tiens, j'ai des manches longues »
Le regard de Mathilde passa du vêtement à l'adolescent qui serra les dents pour ne pas grelotter juste à ce moment là. Elle pouffa de rire.
« Tu te la joues film romantique maintenant Léo ? Fit-elle en lui redonnant sa veste. T'en fait pas, je suis pas en sucre. De toute façon mon père ne va pas tarder. Tes parents viennent te chercher?
Euh... non, répondit le jeune homme en pensant soudainement son retour sous l'averse jusqu'à la maison.
Je demanderai à Papa de te ramener, ne t'en fais pas, dit Mathilde avec un sourire.
Léonard frissonna en revoyant le visage dur du père de la jeune fille.
Oh, pas de souci, ça ira pour moi, lâcha t-il un peu paniqué.
Tu ne vas pas rentré à pied par ce temps, le reprit-elle, ne dis pas de bêtise !
Je ne suis pas en sucre non plus, se défendit le garçon en essayant de prendre de la contenance, ça me pose pas de problème ! Une ou deux foulées et j'suis chez moi !
Sérieusement ? Demanda t-elle en levant un sourcil, toi, courir sous la pluie? Déjà qu'en temps normal tu sembles avoir la motivation d'un koala quand il s'agit de s'échauffer...
Je pourrais te surprendre, répliqua t-il en bombant le torse, je le ferai s'il le faut ! Je le ferai pour toi ! »
Ces derniers mots lui avaient échapper et Léonard sentit une décharge raidir tout son corps quand il réalisa le sens de ses paroles. Mathilde le fixa en silence d'un air surpris, ses grands yeux le dévisageant comme si elle le voyait pour la première fois. Le jeune homme sentit le rouge monter à ses joues. Ce n'était clairement pas de cette façon qu'il avait prévu de le lui annoncer, mais maintenant qu'ils en étaient là, autant y aller jusqu'au bout. Léonard pris une profonde inspiration, ferma les yeux une seconde, et rassembla son courage :
« Tu sais Mathilde, il y a quelque chose que je voulais te dire depuis longtemps.. » commença t-il
Mais soudain une rafale cinglante courba la course folle de la pluie et l'eau glacée les fouetta sauvagement. Mathilde poussa un cri, Léonard grimaça tandis que le vent changeait la trajectoire de la nuée qui s'écrasait à présent impitoyablement sur eux. L'adolescent vit une giclée s'abattre sur la peau nue de la jeune fille et moucheter son chemisier à manches courtes.
« Baisse toi ! » Fit-il en s'accroupissant et en déployant sa veste sur elle.
Cette fois, elle ne rechigna pas et se laissa glisser le long du mur, pliant une jambe devant elle pour se protéger un peu plus. Tout à coup, une main fine sortit du cuir opaque sous lequel elle s'était abritée. Celle-ci se referma sur la chemise trempée du garçon et elle l'attira a elle en le recouvrant en partie lui aussi. Léonard, le visage ruisselant, haletait bruyamment sous la veste qui couvrait au moins leur tête et leurs épaules. A quelques centimètres de lui, Mathilde, les cheveux collés sur le front tremblotait sous les assauts de la pluie. Il croisa son regard, son souffle chaud contrastant avec le crachin froid qu'il sentait contre ses jambes. Dans un élan protecteur, il passa ses bras autour d'elle et la pressa contre lui, gagnant les quelques centimètres de cuir qui leur manquait pour recouvrir leurs bras. Le jeune homme craignit un instant que cet acte audacieux la rebute, mais elle n'opposa aucune résistance et se blottit contre son cou. Dans cette position de fortune, il ne pouvait pas voir son visage, mais il sentait la tiédeur de ses tempes traverser l'étoffe de sa chemise.

Les minutes défilaient sur le néon de la pharmacie au dessus des adolescents recroquevillés l'un contre l'autre. Les gouttes se fracassaient encore sur le mince revêtement de cuir qui les séparaient du dehors. L'humidité avait traversé la toile de leur jeans, engourdissant leurs membres inférieurs qui continuaient de faire obstacle aux éclaboussures glacées. Depuis combien quand étaient-ils comme ça ? Pourquoi le père de Mathilde n'était-il toujours pas arriver ? Ce maudit vent n'allait-il donc jamais tourner ? Malgré la situation, ces questions, Léonard ne se les posait pas. Pour lui, c'était comme si le temps s'était arrêté, figé dans une bulle coupée du monde extérieur. Le son des gouttelettes lui paraissait étouffé, le bas de son corps ankylosé renforçant cette impression d'isolation. Ce qu'il percevait en revanche, c'était le battement lent dans la poitrine de Mathilde qui faisait écho au sien. Ce qu'il sentait, c'était la moiteur de son souffle sur le tissu de son bras qui entourait la jeune fille. Ce qu'il souhaitait, c'était que ce déluge ne s'achève jamais. Fermant les yeux, il la serra encore un peu plus fort. Contre toute attente, la main de la jeune fille glissa le long de son dos jusqu'à sa nuque où elle se posa dans une caresse. Il frissonna. Lentement, il passa une main tremblante dans les cheveux de l'adolescente, laissant ses doigts tendrement défaire les mèches que la pluie avait agglutiné. Dans un concert de battements, leur étreinte se fit plus affectueuse, leurs mains se mêlèrent délicatement et les deux amoureux sourièrent, transis à la fois par le froid et par le feu.

Lorsque la clarté des phares s'arrêta sur eux et que des pas précipités claquèrent sur le sol trempé, il leur semblait qu'une éternité s'était écoulée. Le père de Mathilde, dans tous ses états, s'excusa une dizaine de milliers de fois, les couvrant d'un immense parapluie. Engourdis par le froid et l'inconfort de leur position, ils se reprirent à plusieurs fois mais brisèrent finalement leur étreinte. Le père de la jeune fille la porta jusqu'à la voiture puis revint aider Léonard, boitillant. Sans qu'il n'ai besoin de dire un mot, il le fit monter. Il s'était endormi devant la télé et s'était réveillé dix minutes après la fin de la scéance. Le jeune homme eut un rire nerveux. Il se tourna vers Mathilde, de l'autre côté de la banquette et elle lui sourit. Au moment où il se demandait si tout ça n'avait été qu'un rêve, elle le ramena à la réalité en se collant à lui et en cherchant ses mains. Il hésita une seconde en voyant les sourcils du père se froncer dans le rétroviseur, mais il finit tout de même par enlacer la jeune fille, se sentant investit d'une confiance nouvelle. Le trajet se déroula en silence, les deux adolescents blottis l'un contre l'autre regardant défiler le paysage nocturnes entre les gouttes zébrant la vitre. Le père de Mathilde leur lança des regards réprobateurs à travers le rétroviseur, mais les tourtereaux ne se séparèrent pas pour autant et il finit par se résigner. Lorsque le véhicule ralentit en s'engouffrant dans la rue indiquée par Léonard, ce dernier regretta d'être déjà arrivé à destination. Dans un dernier élan d'affection, il se pencha timidement sur le visage de Mathilde et plongea dans son regard, cherchant son approbation. Les lèvres de la jeune fille s'étirèrent dans un sourire avant de se poser tendrement sur les siennes. La voiture s'arrêta. La pluis cessa. Et le temps, tout comme le jeune homme, resta suspendu au rose de ces lèvres.



Sagiga
Spoiler:
En descendant du train, sur les quais de la gare Santa Lucia, elle réalise seulement qu'il pleut. Les gens la bousculent un peu, son sac à dos glisse de son épaule mais elle parvient à le rattraper avant qu'il ne touche le sol. Elle resserre sa prise sur la bretelle et se met en marche.
Après avoir acheté un pass lui permettant d'utiliser les vaporetti, le seul véritable transport en commun pour se déplacer dans la ville, et récupéré un plan de la ville, elle parvient jusqu'à la sortie. Elle hésite à descendre les marches pour rejoindre la place mais surtout les arrêts de vaporetto qui bordent le Grand canal : cela reviendrait à s'exposer aux caprices du ciel, et elle n'avait pas pris de parapluie.
Au bout d'une demie heure, la pluie ne semblant pas vouloir s'arrêter, elle se résigne. En prenant soin de bien protéger le plan dans son sac, elle court jusqu'à l'arrêt alors qu'un Vaporetto portant le numéro 1 arrive à quai. Elle suit le mouvement du petit groupe qui embarque et cherche un endroit où se tenir. Il y a des places assises libres à l'intérieur mais elle souhaite rester à l'extérieur pour pouvoir observer la ville. Heureusement, un toit la protège de la pluie.
Elle a pris le train la veille au soir, depuis Paris et a voyagé toute la nuit jusqu'à Venise. Cette escapade improvisée était à la fois mûrement réfléchie et complètement impulsive.
Clarisse est linguiste, elle prépare son doctorat tout en enseignant dans sa faculté. Dans la précipitation, elle n'a pas pris la peine de prévenir l'université de son absence et sa bouche se tord en pensant à ses étudiants qui l'attendront vainement dans l'amphithéâtre. Elle chasse cette pensée de la main comme elle aurait chassé une mouche importune.
Son regard se perd dans la contemplation des palais qui bordent le canal et des nombreuses gondoles accostées, couvertes de bâches bleues. Elle se penche par-dessus le bastingage pour contempler le rialto dans toute sa splendeur, malgré les gouttes d'eau qui lui fouettent le visage. Il est si peu commun, avec sa pierre blanche assombrie par la pluie, ses lignes droites qui montent de chaque côté pour se rejoindre en son centre, et les touristes avec leurs parapluies multicolores qui posent en s'appuyant sur les balustrades. Alors que le bateau passe sous le pont, le jeune homme qui s'occupe de la montée et la descente des passagers passe près d'elle et entreprend de dérouler la corde qui permettra d'amarrer l'embarcation. Le bâteau perd de l'allure et se rapproche du quai. L'avant tape contre le bord de l'arrêt et le jeune homme lance sa corde qui entoure une sorte de poignée et tandis qu'il tire dessus, le vaporetto se plaque contre l'arrêt. Clarisse observe les mouvements du marin, qui fait passer la corde tantôt par dessus, tantôt par dessous et en deux en trois mouvements, lorsqu'il tire dessus, un nœud solide se forme. Quelques passagers descendent, une dizaine de personnes montent. Toujours avec la même dextérité, le jeune homme défait le nœud et ré-enroule la corde avant de disparaître dans la cabine du pilote.
L'embarcation redémarre, reprend sa course sur le canal. Elle passe sous un autre pont, cette fois tout en bois. Et puis sur la gauche, se dessine la place Saint Marc. Cet endroit n'a plus sa réputation à faire, elle est curieuse de découvrir si les rumeurs sont exagérées. Difficile de s'en rendre compte depuis le canal, ses yeux sont plus attirrés par la mer de parapluies en mouvement qui tapissent la place, dominés par les deux immenses colonnes et sur l'une d'elle le lion ailé, protecteur de la ville.
Avec un plaisir non dissimulé, elle observe à nouveau le marin réaliser son nœud mais cette fois, lorsqu'il ouvre la barrière, elle fait partie de ceux qui mettent pied à terre.
Elle traverse un petit pont qui fait face au pont des Soupires, mais avec la foule qui se bouscule et les parapluies, impossible d'avoir une vue correcte du célèbre pont. Elle profite par intermitence des parapluies des gens qui se retrouvent collés à elle, cependant la technique n'est pas des plus efficaces et ses cheveux bruns, coupés en un carré plongeant, dégoulinent rapidement d'eau.
Elle passe devant le palais des Doges, parvient enfin au centre de la place pour admirer la façade de la basilique si somptueusement décorée. La pluie est comme un filtre, elle atténue les contrastes, étouffe le brouahah de la foule. Le côté gauche de l'édifice est en partie caché par des échaffaudages. Son regard se tourne ensuite vers la tour de l'horloge. Elle est bien atypique, il n'y a pas d'aiguille, juste un soleil doré qui pointe l'un des vingt-quatre chiffres romains qui encerclent l'horloge. Des animaux, qu'elle identifie comme les signes du zodiaque se répartissent également autour du centre du cadran, qui est d'un bleu profond, avec quelques ronds dorés évoquant un ciel étoilé. Au-dessus, une statue représentant probablement Marie et Jésus est entourée de deux nombres de part et d'autre, celui de gauche est un chiffre romain, un X, et celui de droite des chiffres arabes : 20.
Clarisse consulte sa montre : il est 10h20 précise.
Elle réalise un tour sur elle-même pour contempler la grandeur de la place, l'imposante hauteur du campanile et toute la beauté qui se dégage de l'endroit. Mais la pluie redouble d'intensité, et la foule est oppressante, elle se résoud donc à se mettre à l'abri en passant sous l'arche de la tour de l'horloge. Elle parvient à se plaquer contre un mur, évitant ainsi d'être emportée par le flot incessant de vacanciers. Après s'être essorré grossièrement les cheveux et avoir échoué à sécher ses mains sur ses vêtements trempés, elle sort sa carte de son sac.
Elle n'a aucune idée de l'endroit où se rendre. Tout à coup, c'est comme si l'absurdité de sa situation lui apparaissait seulement à l'instant. Qu'imaginait-elle ? Cette ville est immense, c'est un véritable dédale de rues, ponctuées de ponts, elle ignore ce qu'elle cherche et comment le trouver. Glacée et trempée, une sorte de découragement s'empare d'elle, comme si une main gelée venait de saisir son cœur et le serrait. Elle ravale un sanglot, respire et tente de se calmer mais la foule et le petit espace qu'elle lui permet d'occuper ne l'aide pas. Rangeant précipitamment sa carte sans la plier et sans se soucier de la froisser ou la déchirer, elle prend la fuite, presque au pas de course, et s'enfonce dans les ruelles.
Au fur et à mesure qu'elle s'éloigne de la place Saint Marc, le bruit s'atténue, seul le sifflement de la pluie et le clapotis des gouttes qui s'écrasent sur les dalles au sol persistent. Elle consulte le nom des rues qu'elle emprunte « calle del Paradiso », « calle dei Miracoli » ou encore la « Strada nova », sans pour autant se référer à sa carte. À quoi bon ?
La raison de sa venue au sein de la Sérénissime était assez immature, sans doute un reste de tous ces romans qu'elle dévorait dans sa jeunesse. Depuis quand n'avait-elle pas lu un livre capable de faire bondir son cœur, un livre dont ses doigts tournaient les pages sans jamais s'arrêter, un livre avec lequel la question n'était pas de savoir à quel chapitre elle s'arrêterait pour faire une pause, mais plutôt jusqu'à quelle heure dans la nuit elle veillerait pour le terminer ?
Une douce nostalgie s'empare d'elle, et un visage apparaît. Celui d'un jeune homme, avec des mâchoires saillantes et des cheveux bouclés. Des arcades avancées qui projettent une ombre sur ses yeux bleus, et sa bouche à peine esquissée. Son nez assez imposant, atypique, qui le rendait unique sans pour autant le défigurer. Il s'appelait Gilberto, petit-fils d'un immigré italien qui avait fui l'Italie fasciste. Ils s'étaient rencontrés à l'université, dans un cours d'histoire de l'art qu'elle avait pris comme option, un peu par hasard. Lui il était artiste. Elle était tombée amoureuse de ses croquis griffonés dans les coins de ses feuilles de cours, de son sourire gêné lorsqu'un jour elle avait enfin osé le complimenter, et de tas d'autres choses ensuite alors qu'ils étaient devenus amis. Un jour il lui avait modelé une petite rose avec de l'argile et l'avait peinte lui-même pour lui offrir. Ce jour-là, il lui avait demandé de sortir avec lui.
Depuis, la rose ne la quitte jamais, et si aujourd'hui l'une de ses petites feuilles s'est brisée, elle pend toujours à la fermeture éclair de son sac à dos.
Gilberto et elle avait été séparés, après trois années passées ensemble. Sa passion et son ambition l'ont poussé à partir, il parlait un peu italien et il avait réussi à être pris dans une école d'art à Venise. Ce choix avait été difficile pour lui, elle n'en avait jamais douté et malgré la tristesse des adieux, elle ne pouvait lui en vouloir de réaliser ses rêves. Ils étaient restés en contact, au début, il était même rentré en France à Noël et elle avait pu passer une journée avec lui. Puis les appels se sont espacés, tous deux étaient occupés et Clarisse ne s'attendait pas à ce qu'il revienne un jour en France.
Alors tout s'est terminé.
Elle était jolie et d'un naturel souriant, d'autres garçons s'étaient intéressés à elle. Elle avait tenté de s'intéresser à eux. En vain.
Alors elle est là aujourd'hui, dans l'espoir fou de le croiser, dans cette immense ville dont elle ignore tout. Il lui avait écrit quelques lettres, au début, mais il vivait alors chez une vieille dame et ce n'était qu'un logement temporaire... Et il ne lui avait jamais envoyé d'autre adresse. Peut-être n'était-il même plus étudiant, même plus à Venise... Mais voilà des années qu'elle rêve de le rejoindre, des années qu'elle fuit son chagrin et elle est enfin là, maintenant. Impossible de reculer.
Elle emprunte une ruelle sur sa gauche avant de réaliser son erreur : c'est un cul-de-sac, elle donne sur le Grand canal. Cependant, elle remarque une femme qui s'avance à l'intérieur d'une structure en bois qui ressemble à un ponton. Elle s'avance et lit une pancarte : « Traghetto ».
Visiblement, c'est un service qui propose la traversée du canal, pour 2€. Elle relève la tête et voit la femme donner une pièce au gondolier et monter sur sa gondole. D'un pas rapide, elle rejoint le quai, fouille dans son sac et trouve une pièce de 2€ qu'elle tend à l'homme. Avec un sourire, il lui offre sa main pour l'aider à monter à bord de l'embarcation. Ça tangue un peu, alors elle cherche où s'asseoir, et croise le regard de la femme, sans doute une habituée qui l'observe, amusée, debout et le dos bien droit. Le gondolier donne un coup de rame, Clarisse vacille mais ne tombe pas. Le fond mouillé de la gondole ne l'aide pas à garder l'équilibre, elle craint de glisser à tout moment. Finalement, elle est si concentrée que la gondole atteint l'autre rive avant qu'elle n'ait le temps de cligner des yeux.
Une forte odeur de poisson assaillit ses narines, ce côté du canal est bruillant, une sorte de marché se tient et entre commerçants, clients et touristes curieux, les discussions vont bon train. Pressée de fuir ce vacarme et cette puanteur, Clarisse s'enfonce à nouveau à l'intérieur de la ville.
Cette partie de Venise est assez différente de ce qu'elle a pu voir auparavant, les rues sont calmes, plus étroites et une étrange sérénité s'en dégage. Dommage que le ciel soit gris, l'endroit doit être encore plus charmant avec un peu de lumière. Elle traverse un pont qui porte le drôle de nom de « Ponte de le tette », et puis un nombre incalculable d'autres petits ponts. Elle s'abrite sous un porche pour dévorer le sandwich qu'elle s'était préparé. Elle constate avec une certaine désolation que l'intérieur de son sac a un peu pris l'eau, heureusement ses papiers et son sandwich enroulé dans du cellophane ont été épargnés. On ne peut pas en dire autant du plan de la ville.
Une femme sort de la maison d'en face et se présente à elle avec un petit parapluie. Elle le lui tend avec un sourire. Prise de court, la bouche pleine, Clarisse refuse en faisant « non » avec sa main, mais la femme insiste, au point qu'elle finit par accepter. Elle répète alors l'un des rares mots qu'elle connaît en italien :
-Grazie ! Grazie !
En riant, la femme rentre chez elle, et Clarisse oublie la morsure glacée de ses vêtements trempés par la pluie : ce geste si désintéressé et généreux suffit à la réchauffer à l'intérieur. C'est donc l'esprit plus léger qu'elle reprend sa marche, le ventre rempli et la tête à l'abri sous son nouveau parapluie.
Ses pas la mènent jusqu'à une grande place, avec beaucoup d'agitation. Mais cette fois, les touristes semblent n'y être pour rien, il y a de nombreux bars et cafés, et des terrasses abritées où les gens discutent en poussant la voix, comme le veut leur réputations de gens du Sud. Elle remarque que beaucoup sont des jeunes gens, et son regard scrute leurs visages. Il n'est pas là.
L'après-midi touche presque à sa fin et les nuages cessent progressivement de déverser leurs torrents de larmes. Clarisse choisit de s'asseoir à la terrasse couverte d'une petite pizzeria, « Ae Oche », elle a été séduite par leurs prix très raisonnables, et surtout elle mourait d'envie de s'asseoir : la journée a été longue. Ses cheveux et ses vêtements commencent tout juste à sécher. Elle commande et tandis qu'elle savoure ce repas chaud, elle remarque que la rue se remplit progressivement, un groupe de jeunes personnes s'est réuni au bar mitoyen de la pizzeria, ils sont nombreux. Sans vraiment y croire, elle guette une tête brune et bouclée qui dépasserait.
Ils sont toujours là quand elle quitte le restaurant après avoir payé. Son téléphone sonne et la surprend, elle décroche : c'est sa mère qui est passée chez elle et qui s'est inquiétée de trouver l'appartement vide. Son sac s'accroche au coin d'une chaise manquant de lui faire échapper son portable. In extrémis, elle le rattrape, ajuste son sac sur son épaule et reprend sa route, rassurant sa mère quant à cette escapade improvisée et le fait qu'elle aille bien.

Un jeune homme, attiré par une voix et une langue qui lui étaient familières, s'éloigne du groupe. Quelque chose par terre, près d'une table, attire son attention. Il s'accroupit. C'est une petite rose, faite main, qu'il reconnaîtrait entre mille. Elle a dû tomber et se briser sur le sol. Il ramasse les morceaux et se redresse, le cœur battant.
Juste en face, sur le pont, une femme dont les vêtements sont trempés s'éloigne, un téléphone plaqué contre l'oreille. Ses cheveux sont plus courts qu'avant, pourtant il sait que c'est elle.
Alors il crie son prénom.
Et pour la première fois de la journée, un rayon de soleil vient illuminer la Sérénissime.

Naru
Spoiler:

La pluie tombait depuis des heures. Le ciel de nuit ne dévoilait pas ses étoiles, et même si aucun orage n'avait encore éclaté, l'air semblait crépiter. Dans le sous-bois, tout un mélange d'odeurs prenaient vie. La terre humide, les feuilles en décompositions, les mousses et les arbres.
Seiya avait conscience de tout cela.
Elle se laissait bercer par le vent dans les feuillages et la mélodie désaccordée des gouttes de pluie. Dans son dos, l'imposant internat jaillissait de la forêt. Le bâtiment avait du charme, même sous le voile de la nuit. L'école de Magie n'avait rien à envier aux manoirs gothiques et autres architectures alambiquées. Mais l'internat avait ce quelque chose de charmant et de rassurant qu'aucun autre bâtiment de l'école.
Pourtant, la jeune fille ne regarda pas en arrière.
Elle s'était figée là, seule sous la pluie depuis déjà 1h. Ses vêtements étaient trempés, ses cheveux noirs lui collaient au visage, sa température corporelle avait déjà bien baissé. Elle tremblait quelque peu.
Mais pas de froid.
Seiya releva lentement le tissu imbibé d'eau qui recouvrait ses mains et ses avant-bras.
Des inscriptions anciennes avaient été tracées par ses soins plus tôt dans la nuit et lorsque l'eau vint s'y déposer, la jeune fille retint un cri de souffrance.
Au contact de la peau, la pluie la brûlait.
Sous le choc de la douleur, elle se laissa tomber à genoux dans un tapis de feuille-morte, presque incapable de respirer tant la souffrance était profonde. Mais elle se retint de hurler, se mordant les lèvres jusqu'au sang.
Si elle se laissait aller, quelqu'un l'entendrait forcément et on viendrait l'arrêter. Son rituel devait être accompli entièrement et elle avait décidée que quelles que soient les conséquences de son geste, rien ne la ferait dévier de son choix.
Elle serait, tout comme la pluie dont rien ne peut freiner la course, inébranlable. Seiya fixa son attention sur ses mains et les volutes de fumée qui s'en échappaient.
Et comme a chaque fois qu'elle essayait de ne pas y penser, toutes les brimades, toutes les crasses, tous les quolibets et les sournoiseries que ses camarades de classe lui faisaient subir quotidiennement revenait la hanter.
La jeune fille avait commencé son apprentissage de la magie comme les autres et s'était fait des amies durant les deux premières années. Mais quelque chose s'était produit en troisième année. Seiya n'aurait su dire quoi. Car sans crier gare, on l'avait prise en grippe. Ses amies s'étaient ligués contre elle et voilà qu'elle était devenue, sans comprendre comment, la tête de turc de sa classe.
Du sel dans ses draps, des cahiers déchirés, des affaires disparues, des chewing-gum dans les cheveux, des punaises dans ses chaussures, les lettres de ses parents déchirés avant même d'avoir pu être lu ou des coups dans la cour de récréation. Elle avait eu droit à tout.
La honte d'être victime et son impuissance face à ses agresseurs l'avait petit à petit muré dans un silence que les professeurs n'arrivaient pas à briser, à comprendre. La principale de l'établissement avait mis au courant ses parents qui lui avaient écris en lui demandant de faire des efforts tandis que certains profs la prenaient à part pour lui expliquer qu'elle ne devait pas se laisser faire, mais sans lui donner de solutions concrètes.
Seiya avait encaissé. Bien plus qu'elle ne s'en serait cru capable.
La douleur s'intensifia et des larmes se mêlèrent au ruissellement de pluie sur son visage.
La jeune fille avait appris à se cacher de ses bourreaux. Elle avait découvert une pièce secrète dans la bibliothèque dont personne ne connaissait apparemment l'existence.
Personne ne venait jamais la trouver ici. Il s'agissait plus d'un grand placard que d'une pièce à proprement parlé, mais l'espace était assez grand pour qu'elle s'y glisse, assise sur une pile de vieux livres aussi ancien que poussiéreux. Elle avait alors feuilleté les ouvrages, rêvant un jour de pouvoir maîtrisé des sorts d'une telle ampleur.
La plupart étaient des sorts interdits, mais jusqu'alors, elle n'avait jamais eu l'intention de s'en servir.
Mais plus rien n'avait jamais été comme avant depuis l'incident.
Alors que, comme à son habitude, Seiya essayait de se fondre dans le paysage et d'atteindre son second cours de la matinée, trois garçons de sa classe l'avaient coincée et obligée à les suivre.
Trois heures plus tard, la jeune fille s'était rendue à l'infirmerie, les cheveux en bataille, des traces de larmes séchées sur les joues, les habits complètement débraillés. Elle n'avait plus émis le moindre son.
La douleur dans ses bras se calma tout à coup.
Seiya inspira de l'air bruyamment, essayant de calmer les battements affolés de son cœur, le bruit sourd qui cognait contre ses tempes et les tremblements qui agitaient tout son corps.
Il y eut un cri. Un hurlement de soulagement que la jeune fille mit quelques secondes à se rendre compte qu'il venait d'elle.
Des lumières s'allumaient certainement dans l'internat au même moment, mais la jeune fille n'en avait que faire. Son rituel était accompli.
Alors qu'elle écoutait le son tranquille de la pluie et d'un agréable vent doux, une nouvelle odeur vient se mêler aux autres. Plus forte, plus âcre, plus vivante.
Elle leva les yeux sur l'énorme loup qui la surplombait. La pluie avait rendu son pelage lisse et lumineux, mais l'animal était si imposant que rien ne pouvait amoindrir son allure féroce. Sa tête faisait la taille de la jeune fille, ses griffes monstrueuses avaient labouré le sol, là où il se tenait et, quelque part dans l'obscurité des lieux, sa queue foutait l'air à un rythme régulier.
Deux yeux mauves ne quittaient pas la jeune fille qui peinait à se remettre debout.
D'une main tremblante, Seiya caressa le museau humide, mais d'une intense chaleur, de la bête. Elle remarqua à peine les symboles qui s'étaient gravé définitivement dans sa peau.
Elle avait invoqué un protecteur.
Un être sans pitié et sans retenue, qui s'assurerait pour elle, que personne ne lui fasse plus jamais de mal. Elle ne le contrôlait pas, ne pouvait lui dicter aucun ordre. Ni l'arrêter s'il allait trop loin pour la protéger. Selon le livre dont elle avait arraché la page pour effectuer son sort, il n'existait aucune magie capable d'arrêter ou de détruire son protecteur. Seule sa mort renverrait la bête de là où elle venait.
Seiya sourit. Elle était calme et sereine malgré l'immense fatigue qui la guettait et le froid qui la mordait sans remords.
Une nouvelle vie venait de commencée pour elle.


Dernière édition par Naru le Lun 4 Sep 2017 - 10:41, édité 3 fois

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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Mr_John_ le Lun 7 Aoû 2017 - 1:06

Heyyy je vais marquer mon grand retour en me donnant à fond !!! Prenez garde car le thème sous le soleil me donne de la mana!! quoi? c'est pas ça le thème ? Rahhh ça change tout..bon allez alors SOUS LA PLUIE GOOO!
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Mr_John_ le Ven 11 Aoû 2017 - 15:08

Oh ,suis je le seul ici? Bon je délivre mon texte qui est plus humoristique que ce que peut laisser entendre le thème c'est encore mince mais je le met là de toute façon j'ai le temps et vos avis pour façonner cette lettre 
Lèttre au monsieur de la météo :
 Cher monsieur de la météo ,
Je m'appelle Martin et j'ai 8 ans et demi .Come je sais que vous étes tout les joures à la télé ,et que vous nous annoncé la météo de demain ,je me demandé si vous pourrié pas m'expliquer pourquoi depuis pleins de jours ,il pleut. Parse que mes parents n'arrivent pas à se maitre d'accord . Ma maman elle ,dit qu'il pleut des cordes . Moi,pourtant je n'ai pas vu de cordes tomber du ciel . Ensuite mon papa dit qu'il fait un temp de gros mots qui veut dire caca . Mais je sais pas si c'est la solusion . C'est pourre sa que quand je vous ai vu à la télé dire que si on avait des quesstion ,il fallait envoyer des lèttres . Donc j'ai retenu la dresse et je vous pose la quesstion parce que je voudré comprendre pourquoi il pleut et puis aussi pourquoi les nuages ,et puis aussi pourquoi le soleille .Je sé je pose bocoup de quesstion mais parents aussi me dit que je suis curieu comme une chèvre . C'est bizarre parce que les chèvres sa pose pas de quesstion . 
Merci d'avance monsieur de la météo (j'ai fait un dessin de vous au dos pour vous fer plaisir )
    
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Naru le Ven 11 Aoû 2017 - 20:31

Hum...

Alors, pour moi ton texte est hors sujet.
Le thème c'est sous la pluie. Donc tes personnages doivent à un moment donné être réellement sous la pluie. Quand tu es dans une maison et que tu vois qu'il pleut dehors, ce n'est pas vraiment être sous la pluie mais peut-être que mon sujet n'étais pas assez claire. ^^

Pour ce qui est du texte en lui même, personnellement (et je le redis, c'est simplement ce que MOI je pense! XD) je n'aime pas les textes où il y a exprès des fautes pour faire croire que c'est un enfant qui écris.
Déjà parce qu'en supposant que la lettre à été envoyée, un parent corrigera les fautes. Premièrement pour aider son enfant avec le français et améliorer son orthographe, deuxièmement pour que la lettre soit lisible et compréhensible par un adulte.
Donc, pour moi, ça ne sert à rien de mal écrire certains mots car au contraire, ça dessert ton texte.
On a tendance à se dire qu'un enfant n'écris pas bien donc il faut faire des fautes mais en faite, tout réside dans la manière de formuler les phrases car un enfant ne réfléchis pas forcément sa lettre comme le ferais un adulte.

Donc tout le travail de l'auteur c'est de devoir éviter la facilité et se mettre à la place de l'enfant.

voilà voilà pour mon avis!^^

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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Mr_John_ le Dim 13 Aoû 2017 - 15:47

Bon ,comme c'est hors sujet je vais bosser sur autre chose ^^
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Mr_John_ le Jeu 24 Aoû 2017 - 19:48

Yo! J'ai eu quelques problèmes avec le réseau mais j'ai réussi à terminer ce texte ,même si ce n'est pas fameux. 
Le dernier combat:
Aristos le savait . Aujourd'hui avait lieu son dernier combat de gladiateur . La dernière victoire avant l'affranchissement ,et sa dernière victime . Les rumeurs disaient que son adversaire était impitoyable . C'était un sécutor,comme lui,il combattait à l'aide d'un glaive .Mais par dessus tout on racontait qu'il avait la réputation de déchiqueter ses adversaires .Mais Aristos se disait que ce n'était sûrement que des affabulations ,car il avait souvent entendus des histoires de ce genre auparavant .Ce n'était qu'un homme après tout .Un homme comme lui.
A cet instant, il se préparait à pénétrer dans l'arène et faire face au dernier adversaire .Il prépara son glaive,enduisant sa paume de sable pour ne pas perdre l'arme .Puis il rajusta ses protections,espérant qu'elles tiennent. Mais maintenant , c'était bel et bien l'heure . Les portes s'ouvrirent ,et les citoyens scandaient le surnom "Le Grec" , "Le Grec" ... ce qui le ramena à son pays natal,ou il irait une fois libre.Loin du sang et des lames .
Le "boucher" fit enfin son entrée . Un homme massif , et grand . Ils se firent face ,tandis que l'éditeur vérifiait les équipements .Dans le coin étaient ceux qui vous fouettaient jusqu'au sang si vous ne vouliez pas vous battre . Cette fois ci ,il n'aurait pas besoin de se servir de ces instruments. 
Tout à coup ,il pleuvait . La pluie avait souvent pris place dans son existence .Le pire,c'est que les blessures brûleraient plus encore , mais le prix de la liberté devait justifier cela . Des tribunes l'empereur se délecterait de ce spectacle une fois encore .Son adversaire avait le même regard effrayant que lui , ce regard utilisé pour tenter de tourmenter l'autre . Ce coup ci , il n'y aurait pas d'abandon , sa liberté était trop chère pour se laisser vaincre.
Les deux hommes maintenant se tournaient autour,cherchant la faille de l'autre . Ils se jaugeaient ,se demandaient quand l'autre attaquerait. Aristos eu une idée , il feint une attaque pour que l'ennemi se protège instinctivement et rabattre son glaive sur son flanc mais le "boucher" l'avait compris et para ,enchainant aussitôt une série de coup en l'obligeant à parer de plus en plus rapidement ,histoire de l'épuiser . C'était astucieux ,car du coup il sentait la fatigue l'envahir et failli prendre un coup fatal . Il esquiva ce qui lui valût une éraflure sur le torse . Cette stratégie payerait sur le long terme ,il fallait riposter vite .
Puis il eu une idée . Le boucher recommença cette frappe , mais Aristos para de son bouclier et le poussa , ce qui eut pour effet de faire tituber le géant . Il lui porta un coup qui le fit tomber à terre , et entama le mouvement fait pour l'achever mais l'adversaire avait de la ressource et roula sur le coté . La blessure d'Aristos lui brûlait la poitrine . L'adversaire grimaçait de même , Ils partageait la même douleur . 
Mais Aristos voulait la liberté à tout prix et s'élança plein de rage sur son assaillant le genou encore à terre ,et ce fut la surprise dans l'arène . Le glaive du grec était dans le ventre du géant , au même titre que celui du géant dans ses entrailles . Un long moment s'écoula ou leurs regards se soutenaient ,puis les deux hommes s'écroulèrent dans le sable humide . La pluie prit l'effet de l'acide sur leurs entrailles et accélèra le moment ou ils passeraient de vie à trépas tout deux . Alors,était ce là la liberté chère à leurs yeux?  , La mort était elle la fin de tout cela? Ce grand calme à la mort est elle un sentiment de liberté ? La pluie inondait ses yeux sans vie ainsi que son sourire radieux .
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Oras le Mar 29 Aoû 2017 - 13:50

Je me suis essayé à deux trois haïkus pour ce concours. Ils ne valent pas grand-chose mais bon, ça pourrait valoir le coup d'avoir des avis !

Spoiler:
Le soleil du matin n’existe plus

Des nuages monochromes l’ont remplacé

Quand la pluie s’arrêta t-elle ?




朝の日もういない
モノクロム雲がすりかえた
雨はいつやむのうか?





Spoiler:
Dans la forêt

Quelques bruits épais

De la pluie en train de tomber




森に
雨の
バリバリがふるえる





Spoiler:
Le ciel bleu pâle

Ne sait pas quel jour nous sommes...

De la pluie tombe de mes yeux.




蒼白の空
「今日は何日ですか?」
というしつもんがわからない
めがふっています





PS : je me suis aussi fait plaisir en le mettant en japonais, désolée si c'est orgueilleux sachant que c'est probablement du bullshit. xD
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Naru le Mar 29 Aoû 2017 - 22:19

Salut Oras.

Merci pour tes haïkus mais ils sont interdits en concours. Tout comme les poèmes de toute sortes, les chansons, les fanfictions etc...

Il vaudrais mieux que tu les place dans une galerie dans la partie texte car on ne commente pas un texte et un poème de la même manière puisqu'evidement, on ne construit pas un texte de la même manière qu'un poème. ^^

Donc, pour participer à ce concours, il te faudra poste ici un texte, une histoire. ^^

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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Oras le Mar 29 Aoû 2017 - 23:26

"Concours de textes" et un haïku, qui est encore un texte que je sache, est refusé. Intéressant. :) Vous devriez être plus larges au niveau des concours car "ça ne rentre pas dans le thème" quand on a mis du coeur à l'ouvrage, c'est légèrement énervant.
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Sagiga le Mar 29 Aoû 2017 - 23:54

Les règles ont toujours été les mêmes depuis le début des concours de texte.

Evidemment un haiku est un texte, tout comme une recette de cuisine... "Texte" est un terme large certes, mais les règles sont ce qu'elles sont.

Le fait que ton texte ne puisse pas être accepté ne devrait pas t'énerver, il est loin d'être mauvais et nous ne remettons ni sa qualité en cause, ni le travail que tu as fourni.

Mais Naru l'a très bien dit, on ne peut pas juger un haiku à égalité avec un texte... plus romanesque disons. Ces deux types d'écrits ont des formes et des buts trop différents, et je pense que tu es la première qui peut comprendre ça.

Si tu souhaites présenter des textes de formes différentes, fais-toi plaisir et mets-les dans ta galerie, nous serons toujours ravis d'aller les lire !


PS : Ahah je me disais que le japonais me semblait un peu hasardeux mais c'est pas mal d'avoir tenté ! Mais du coup en japonais, tes phrases ne respectent pas le nombre de syllabes d'un vrai haiku ^^ M'enfin c'est genre un truc super difficile xD Les phrases sonnent néanmoins joliment en français, et je pense que c'était le but recherché =)

_________________

Merci à Shaolan pour l'avatar et la signature *0*:

Plus que les discours des hommes,
écoute le souffle de la nuit et le murmure
de ton cœur. Eux ne mentent pas.
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(nous ne pourrons être tenus responsables en cas de défaillance de vos photorécepteurs)
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Naru le Jeu 31 Aoû 2017 - 13:41

Sagiga à bien répondue mais je vais me permettre de rajouter quelques précisions.

Nous sommes au concours de texte N°56 et il est vrai que j'aurais peut-être du remettre les règles sur l'accueil.
Ici, nous proposons des concours de textes, d'histoires. (je l'ai précisé ainsi dans ma réponse)

Nous ne pouvons pas être plus large dans ce type de concours. Comment voudrais tu voter entre un texte qui va creuser un propos sur 140 lignes et un poème? Les deux ne se construisent ni dans la même optique, ni dans les même règles, ni dans le même but!
Faire un concours plus large serait inégale et ce serait injuste de faire concourir des gens sur des règles différentes.

Enfin, ce qui m’interpelle le plus c'est la fin de ton commentaire.
Sache que lorsque tu participes à un concours, tu dois te plier aux règles de celui-ci. Si on te dis que ton texte ne rentre pas dans le thème, c'est à toi, en tant qu'écrivain de te remettre en question.
Non seulement par le propos qui n'a peut-être pas été compris par l'organisateur du concours ou parce que ton texte ne respecte finalement pas vraiment les règles imposées et que c'est toi même qui est passé à côté.
Dans tous les cas, il est de ta responsabilité d'auteur de soit modifier ton texte, soit ne pas participer.
Même si, je le conçois parfaitement, c'est frustrant. 
Mais il ne tient à qu'à toi, en tant qu'écrivain, de décider de continuer ou d'arrêter.

Pour ton "texte" à toi, il à été refusé sur la forme du texte qui ne convient pas au concours. Il n'a donc pas été question de la pertinence de ton texte, ni même de savoir si le sujet était respecté ou non. Tu remarqueras d'ailleurs que c'est pour ça aussi, que je n'ai pas donné mon avis sur ton texte.

Maintenant, à toi de voir si tu as l'envie d'écrire une histoire pour participer à ce concours ou non.
Personnellement, j'aimerais bien te lire sur une histoire. Mais si tu n'en as pas envie (ou si tu n'en as pas le temps!^^') je comprends aussi.

Au passage, j'en profite pour dire à tous le monde que, si vous participez un jour à un concours de texte, de nouvelles etc... IRL, il suffit de dépasser le nombre de caractère autorisé d'une petite lettre (etc...) pour voir son texte refusé sans même avoir été lu.
Il est donc impératif de lire les règles du concours et même de demander conseil au besoin pour être sur de ne pas être refusé pour ce genre de motif sans même avoir eu la chance d'être lu.

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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Lucie ღ le Jeu 31 Aoû 2017 - 16:10

Bonjour bonjour, 

Sous la pluie:
Il pleuvait. Beaucoup. Et fort. D'habitude, j'aime bien la pluie. La sensation des gouttes fraîches tombant sur ma tête, ruisselant sur mes cheveux, mon front, mes joues. Taper dans les flaques, avoir de l'eau dans ses chaussures, transformer sa veste, garantie soi-disant imperméable, en éponge, tourner et danser sous le déluge en riant niaisement...


- « Est-ce qu'elle peut sentir la pluie ? »


Le ciel était gris, dépourvu de nuances. Un gris triste, sans nuages, ou qu'avec des nuages, je ne sais pas trop. En général, le ciel est coloré, de pleins de teintes, du gris fumé au gris acier, comme j'aimais dire. Les gouttes sont transparentes, fines, légères, comme des milliers de perles tombant des cieux. Elles reflètent la moindre lumière, le moindre éclat, et quand elles tombent au sol, elles s’éparpillent et se confondent, composant un tapis d'eau infiltrant peu à peu le sol aqueux.


- « Et elle, est-ce qu'elle peut voir la pluie ? »


Tout autour de moi, le crépitement incessant de la pluie m’enveloppait. Mais ce bruit était désagréable, dérangeant, grave. Le vent se jumela à cette cacophonie, bourdonnant dans mes oreilles, brusquant les branches des arbres qui s'entrechoquaient, les hautes herbes qui sifflaient. Normalement, le chant de l'averse est relaxant, mélodique. Chaque perle d'eau heurtant le sol est comme une note de musique, des milliers et des milliers de notes, ricochant sur la terre boueuse, une symphonie joyeuse, malgré la réputation austère de ce temps, pourtant si doux et apaisant à écouter, accompagnée du murmure de la brise.


- « Mais elle, peut-elle entendre la pluie ? »


Je me tenais debout, seule. Pieds collés, mes derbies, salies par le terrain détrempé et pleines d'eau, étaient à jeter. Mon pantalon me collait à la peau, ma veste ne me protégeait plus depuis longtemps déjà. Ma chevelure, normalement blonde, mais ternie par les flots, était plaquée à mes joues et encadrait mon visage rond, ma frange cachant mes yeux, soulignés par de grandes cernes, portant des pupilles dilatées qui laissaient à peine entrevoir leur couleur bleu ciel à l'intérieur, tirant sur du bleu pâle au contour.
La fatigue et le froid me tiraillaient, m'embrumant l'esprit. Ça faisait bientôt 1h que je me tenais sous ce chêne blanc, balayé sans pitié par de violentes bourrasques. Je m'accroupis, sortis de sous mon blouson une rose blanche enveloppée dans du film froissé, et la posais sur le sol, devant une pierre taillée planté dans la terre meuble. Je me relevais maladroitement, reculais d'un pas, et joignais mes mains ensemble, entremêlant mes doigts, baissant la tête humblement.


- « Quand les disparus cessent-ils d'être une pensée douloureuse pour devenir un esprit tranquille ? À quel moment peut-on ouvrir un album photo sans éclater en sanglots, une boîte à musique sans la refermer aussitôt ? Combien de temps cela exige-t-il ? Il y a une règle ? Une moyenne ? »


Je marquai une pause. Ces paroles étaient dures à dire, même en les chuchotant. Je sentis les larmes me monter aux yeux. Levant doucement la tête, je laissai mon regard glisser sur les inscriptions gravées dans la pierre. Alice Nuere. Ma mère. Morte en couche, à 25 ans.
Après cet événement dramatique, mon père m'a abandonnée, me laissant à sa sœur. Il ne voulait pas me voir, il ne pouvait pas supporter. Il n'a jamais voulu me regarder dans les yeux. Tante Marie me disait qu'il travaillait beaucoup, et qu'il n'arrivait pas à s'occuper de moi. J'y ai cru jusqu'à mes 10 ans.
Aujourd'hui, j'en ai 15 de plus. L'âge de ma mère à ma naissance. Au lieu de fêter mes 25 ans d'existence à ses côtés, je pleure ses 25 années qu'elle n'a pas pu vivre avec nous.


- « Évidemment, il s'agit d'une question imbécile. »


Ma mère ne m'aura jamais vue grandir. Je posai mes mains sur ma poitrine, comme frappée en plein cœur. Je n'arrive pas à faire mon deuil. La culpabilité de sa disparition me ronge depuis toutes ces années. Je ne m'en défais pas, je n'arrive plus à vivre. Mes jambes tremblantes se dérobent sous mon corps, je tombe à genoux sur le sol sale, tête basse.


- « Mais comment échapper à l’imbécillité quand on a aussi mal ? »


Je ne pus contenir plus ces larmes que je refoulais depuis tant de temps. Elles noyèrent mes yeux, inondèrent mes joues. Ces perles salées s'abattaient sur la terre déjà suintante, se mêlant aux perles d'eau, se complétant à leur jeu de miroir, leur orchestre assourdissant, leur tapis transparent. Je pleurais, sans m'arrêter, criant toute ma douleur et toute ma peine, couvertes par l'harmonie des gouttes de pluie.


Soudain, je sentis une main sur mon épaule. Protectrice, chaleureuse, je levai instantanément les yeux à côté de moi. Mon père, penché au-dessus de moi, m'adressant un regard affectueux, et un sourire compatissant aux lèvres. Il avait de petits yeux sombres, surplombés de sourcils épais. De fines rides lui barraient le front et lui creusaient les joues, et son nez retroussé dont j'avais hérité soutenait des lunettes rectangulaires qui semblaient avoir des dizaines d'années. Je me redressai précipitamment. C'est la première fois que mon père m'observait comme ça. J'eus l'impression que mon cœur se remettait à battre, après des années et des années de vide.
Il ne dit pas un mot, mais ses yeux sombres plongés dans les miens en évoquaient long. Lui aussi, il a souffert. Il aimait tant ma mère, et après sa mort, s'était juré de m'élever comme elle l'aurait voulu. Mais à chaque fois qu'il venait vers moi, il sentait la peau, voyait le visage, les yeux, entendait la voix d'Alice. Il a pleuré, hurlé, frappé, sombré dans l'alcool, frôlé une sévère dépression. Il aimait sa femme, et chérissait sa fille, plus que tout au monde. Mais la douleur était trop grande, trop vive, et le deuil, trop lourd.
Je fonçai dans ses bras avant qu'il n'ait pu s'en rendre compte. J'avais besoin de lui, j'avais besoin de mon père. Après 25 ans d'absence, il était impossible pour moi de le laisser disparaître de nouveau. Quand il posa doucement une main dans mon dos, et une derrière ma tête, je sentis une chaleur nouvelle dans mon cœur. L'amour d'un père.


Sans que je le remarque, la pluie s'arrêta. Les nuages s’écartèrent doucement, laissant filtrer les premiers rayons du soleil, le vent se calma. Je m'écartai de mon père, me retournant vers la tombe de ma mère, sourit, et levai la tête vers l'astre du jour.


- « Il ne pleut plus, Maman. »

Amicalement, Lucie.
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Lonely D. le Ven 1 Sep 2017 - 12:39

*Passe doucement sur la pointe des pieds pour déposer discrètement son texte sans que personne ne le remarque.*
*Trébuche sur un commentaire et se casse la figure, laissant choir sa collection portable de cymbales dans un vacarme assourdissant*

Ahaha... Youh?

Alors, je sais, je n'ai pas été très actifs ces 2 derniers mois et je ne pointe mon museau qu'à l'approche d'une deadline, mais pour ma défense *insérer une excuse convaincante*, donc vous voyez, c'est pas entièrement faute !
Bon en vrai, c'était pas évident ces derniers temps, MAIS ! Je me suis finalement mis à jour sur vos textes, sur les commentaires que vous avez gentillement laissé sur les miens (sauf les méchants), il faut juste que je trouve la motivation pour vous répondre. Et je le ferai ! Bientôt ! Normalement... 
En attendant, je vous laisse ma participation pour ce concours. Le ton change peut-être un peu de ce que j'écris d'habitude, mais à force d'écrire des nouvelles à chute déprimante, vous allez finir par penser que j'ai pô de coeur, bande de Patafoins du Dimanche, du coup j'vous ai gribouillé un peu de douceur pour changer. Alors ne vous habituez pas trop quand même, car c'est juste pour apaiser les soupçons, hein (et puis parce que je trouve la pluie très romantique oggggg )

Des Eaux et des Bas:

« Euh... ça t'as plût ? » Demanda Léonard à la jeune fille qui l'accompagnait tandis qu'ils quittaient la salle de cinéma et se mêlait aux autres spectateurs.
Elle ne répondit pas, arborant une mou triste qui en disait long sur son ressenti. Au bas des escaliers, elle finit par laisser échapper d'une petite voix presque inaudible :
« Je pensais vraiment qu'ils finiraient ensemble, cette fin est vraiment injuste ! »
Léonard acquiesça d'un air gêné tandis que la foule bruyante se pressait vers la sortie. Les yeux posé sur la chevelure brune de sa camarade se balançant souplement devant lui, il poussa un soupir.
Décidément, il n'avait vraiment pas de chance. Depuis qu'il avait eu le coup de foudre pour Mathilde à la rentrée, sa vie sentimentale avait des airs de montagnes russes. L'adolescent l'avait rencontrée lors de son premier jour au lycée, lors de la session d' activités sportives destinée à aider les élèves à faire connaissance. Sans trop savoir comment, il s'était retrouvé en duo avec elle sur un court de badmington et au terme de la journée, il avait découvert deux choses. La première : ce n'est pas parce qu'un volant est ridicule avec sa petite jupette qu'il fait moins mal quand on le réceptionne avec le nez. La seconde : la jolie brune avait remporté à elle seule six matchs, quatre-vingt dix-huit points... et son coeur. Son énergie, son sourire, le grain de beauté sous son oeil droit, la finesse de ses mains, sa façon de se mordre la lèvre lorsqu'elle se concentre, le moindre détails l'avait charmé. Eprouvant ce jour-là ses premiers émois amoureux, il s'était résolu à tout faire pour gagner ses faveurs. Et c'est là que les ennuis avaient commencé.
Sa quête vers le coeur de la jouvencelle n'avait même pas débutée que le premier drame se produisit. Suite à une erreur administrative, Mathilde, première de sa classe en allemand quatre années d'affilées s'était en fait retrouvée par erreur parmi les hispanophones de Seconde 2. Avec une stupeur sans nom, Léonard, si fier d'avoir obtenu une place aux côtés de la jeune fille dans presque tous les cours, contempla impuissant l'échange d'élève qui lui imposa la charmante compagnie de Rudolphe, dit ''Boutons d'Or''...
Refusant de s'avouer vaincu, le jeune homme s'était empressé de se renseigner sur les activités extra-scolaires de sa demoiselle disparue afin de passer un maximum de temps auprès d'elle. En découvrant son nom sur la liste du club d'athlétisme dans la catégorie ''course d'endurance'', il avait laissé échapper un léger gémissement. Il n'aurait jamais l'occasion de lui faire la cour s'ils n'avaient aucune activité ou classe en commun, ce fut donc à contre-coeur qu'il remplit à son tour la fiche d'inscription. Pendant les cinq mois suivants, il lui avait courru après, au sens propre comme au figuré, gagnant peu à peu son affection, jouant de ses talents de comique pour lui soutirer ces rires cristallins qui faisaient chaque fois tambouriner sa poitrine. Essoufflé mais heureux, il était parvenu à se rapprocher d'elle malgré les épreuves qui tentaient de les séparer.
Hélas, alors qu'il plannifiait les derniers détails pour se préparer à avouer ses sentiments à sa chère et tendre, un astéroide vint brutalement fracasser ses espoirs. Ce caillou du fin fond d'on-ne-sait-où, c'était Pierre Blanchard, la belle-gueule de Seconde 1, qui lui avait coupé l'herbe sous le pied et embrassait goulûment la jeune fille aux portes du lycée. Incapable de comprendre comment Mathilde avait pu s'enticher de ce beau-parleur à la mèche parfaite qui passait son temps à rouler des mécaniques, Léonard, anéanti, observa pendant de longs mois sa belle s'épanouir dans les bras forts et musclés d'un autre. Malgré l'impasse de la situation, la sincérité de ses sentiments l'empêchaient de lâcher prise et il ne parvint pas à tirer un trait sur la jeune fille qui avait pris son coeur en otage.
Lorsqu'il avait apprit pendant les vacances de Pâques que Mathilde avait enfin réalisé à quel point son Don Juan était creux et superficiel et qu'au terme d'une dispute il l'avait quitté sans ménagement, Léonard avait faillit faire un arrêt cardiaque tant la nouvelle l'avait gonflé de sentiments contradictoires. Après avoir estimé ses chances de casser la figure à cet imbécile de Pierre comme étant relativement proche du suicide, il laissa tomber la colère et se concentra sur le moyen de consoler la jeune fille dévastée par sa première rupture. Peu à peu, à force de pitreries et de plaisanteries stupides, il était parvenu à refaire naître un sourire sur le visage larmoyant de sa camarade. Et finalement, alors que les vacances touchaient à leur fin, elle avait enfin accepté son invitation au cinéma dans le but de ''lui changer les idées''. Explosant littéralement de joie, Léonard bazarda ses DM de Maths en retard et sa pile de devoirs pour se libérer une journée. Certes, le timing pouvait paraître un peu précipité mais s'il avait appris une chose, c'est que les pluies d'astéroides frappent sans crier gare, hors, avec la rentrée qui approchait et la nouvelle de la séparation du couple modèle qui se répandait, le ciel promettait d'être couvert.
Se rappelant qu'elle avait mentionné son intérêt pour la dernière comédie romantique avec Alice Eve en salle en ce moment, il avait cassé sa tirelire pour réserver deux places, avait repassé avec soin sa plus belle chemise sous le regard stupéfait de sa mère et avait piquer les chewing-gum à la menthe dans la veste de son frère. Une comédie romantique, rien que tout les deux, dans une salle obscure à queques centimètres l'un de l'autre ? C'était sa chance, sa soirée, cette fois, rien ne pourrait l'empêcher de faire sa déclaration à l'élue de son coeur.
Mais évidement, rien ne s'était passé comme prévu ! Après avoir rencontré le regard chargé d'avertissements muets du père de Mathilde lorsqu'il l'avait déposé en voiture devant le cinéma, Léonard avait subitement perdu une partie de son assurance. Pendant la scéance, alors qu'il profitait d'une scène particulièrement romantique pour tenter de passer son bras autour des épaules de sa dulcinée, il remarqua avec effroi Madame Jollin, sa prof de math, assise juste derrière eux. Pétrifié, il n'avait osé esquisser un mouvement pendant tout le reste du film. Et pour finir, il y avait cette fin à contre-pied des comédies romantiques classiques qui avait sappé le morale de la jeune fille.

Dépité par la tournure des évènements, Léonard fit tout de même un effort pour presser le pas. Il était vingt-deux heures moins dix, le cinéma allait fermer, peut-être que le père de Mathilde n'était pas encore là ? Il n'avait pas grand espoir, mais au point où il en était, qu'est ce qui pouvait lui arriver de pire ? Alors qu'il franchissait la porte, la réponse à cette question s'écrasa sur sa joue sous la forme d'une goutelette glacée.
« Je crois qu'il commence à pleuvoir » dit Mathilde inquiète en levant les yeux, passant une main fine sur ses épaules nues.
Sérieusement ? Même la météo était contre lui ? Alors qu'autour d'eux les parapluies fleurissaient un peu partout, l'adolescent chercha du regard un abri à la lumière vacillante des réverbères. Avisant un petit relief au dessus de la pharmacie d'à côté, il fit signe à Mathilde de le suivre. Au moins cela leur fournirait un semblant de protection le temps que son père vienne la chercher. A peine s'y étaient ils réfugier que la pluie commença à tomber drue. Dans le silence à peine troublé par le clapotis des gouttes sur le bitume et le ronronnement lointain de quelques voitures, le jeune homme leva les yeux vers sa camarade.
La douceur de son visage, soulignée par le clignotement des néons le frappa. Ses yeux bruns, perdus sur la route, portaient cette mélancolie qu'il s'était acharné à combattre ces derniers jours. Tandis que son regard s'attendrissait sur les traits de la jeune fille, les battements sourds de sa poitrine vinrent s'ajouter au ''plic ploc'' de la pluie. Un frisson arracha Mathilde à ses pensées et elle se frotta les avant-bras en tremblottant. Sans réfléchir, Léonard retira sa veste et la lui tendit, accompagnant son geste d'un ridicule :
« Tiens, j'ai des manches longues »
Le regard de Mathilde passa du vêtement à l'adolescent qui serra les dents pour ne pas grelotter juste à ce moment là. Elle pouffa de rire.
« Tu te la joues film romantique maintenant Léo ? Fit-elle en lui redonnant sa veste. T'en fait pas, je suis pas en sucre. De toute façon mon père ne va pas tarder. Tes parents viennent te chercher?
Euh... non, répondit le jeune homme en pensant soudainement son retour sous l'averse jusqu'à la maison.
Je demanderai à Papa de te ramener, ne t'en fais pas, dit Mathilde avec un sourire.
Léonard frissonna en revoyant le visage dur du père de la jeune fille.
Oh, pas de souci, ça ira pour moi, lâcha t-il un peu paniqué.
Tu ne vas pas rentré à pied par ce temps, le reprit-elle, ne dis pas de bêtise !
Je ne suis pas en sucre non plus, se défendit le garçon en essayant de prendre de la contenance, ça me pose pas de problème ! Une ou deux foulées et j'suis chez moi !
Sérieusement ? Demanda t-elle en levant un sourcil, toi, courir sous la pluie? Déjà qu'en temps normal tu sembles avoir la motivation d'un koala quand il s'agit de s'échauffer...
Je pourrais te surprendre, répliqua t-il en bombant le torse, je le ferai s'il le faut ! Je le ferai pour toi ! »
Ces derniers mots lui avaient échapper et Léonard sentit une décharge raidir tout son corps quand il réalisa le sens de ses paroles. Mathilde le fixa en silence d'un air surpris, ses grands yeux le dévisageant comme si elle le voyait pour la première fois. Le jeune homme sentit le rouge monter à ses joues. Ce n'était clairement pas de cette façon qu'il avait prévu de le lui annoncer, mais maintenant qu'ils en étaient là, autant y aller jusqu'au bout. Léonard pris une profonde inspiration, ferma les yeux une seconde, et rassembla son courage :
« Tu sais Mathilde, il y a quelque chose que je voulais te dire depuis longtemps.. » commença t-il
Mais soudain une rafale cinglante courba la course folle de la pluie et l'eau glacée les fouetta sauvagement. Mathilde poussa un cri, Léonard grimaça tandis que le vent changeait la trajectoire de la nuée qui s'écrasait à présent impitoyablement sur eux. L'adolescent vit une giclée s'abattre sur la peau nue de la jeune fille et moucheter son chemisier à manches courtes.
« Baisse toi ! » Fit-il en s'accroupissant et en déployant sa veste sur elle.
Cette fois, elle ne rechigna pas et se laissa glisser le long du mur, pliant une jambe devant elle pour se protéger un peu plus. Tout à coup, une main fine sortit du cuir opaque sous lequel elle s'était abritée. Celle-ci se referma sur la chemise trempée du garçon et elle l'attira a elle en le recouvrant en partie lui aussi. Léonard, le visage ruisselant, haletait bruyamment sous la veste qui couvrait au moins leur tête et leurs épaules. A quelques centimètres de lui, Mathilde, les cheveux collés sur le front tremblotait sous les assauts de la pluie. Il croisa son regard, son souffle chaud contrastant avec le crachin froid qu'il sentait contre ses jambes. Dans un élan protecteur, il passa ses bras autour d'elle et la pressa contre lui, gagnant les quelques centimètres de cuir qui leur manquait pour recouvrir leurs bras. Le jeune homme craignit un instant que cet acte audacieux la rebute, mais elle n'opposa aucune résistance et se blottit contre son cou. Dans cette position de fortune, il ne pouvait pas voir son visage, mais il sentait la tiédeur de ses tempes traverser l'étoffe de sa chemise.

Les minutes défilaient sur le néon de la pharmacie au dessus des adolescents recroquevillés l'un contre l'autre. Les gouttes se fracassaient encore sur le mince revêtement de cuir qui les séparaient du dehors. L'humidité avait traversé la toile de leur jeans, engourdissant leurs membres inférieurs qui continuaient de faire obstacle aux éclaboussures glacées. Depuis combien quand étaient-ils comme ça ? Pourquoi le père de Mathilde n'était-il toujours pas arriver ? Ce maudit vent n'allait-il donc jamais tourner ? Malgré la situation, ces questions, Léonard ne se les posait pas. Pour lui, c'était comme si le temps s'était arrêté, figé dans une bulle coupée du monde extérieur. Le son des gouttelettes lui paraissait étouffé, le bas de son corps ankylosé renforçant cette impression d'isolation. Ce qu'il percevait en revanche, c'était le battement lent dans la poitrine de Mathilde qui faisait écho au sien. Ce qu'il sentait, c'était la moiteur de son souffle sur le tissu de son bras qui entourait la jeune fille. Ce qu'il souhaitait, c'était que ce déluge ne s'achève jamais. Fermant les yeux, il la serra encore un peu plus fort. Contre toute attente, la main de la jeune fille glissa le long de son dos jusqu'à sa nuque où elle se posa dans une caresse. Il frissonna. Lentement, il passa une main tremblante dans les cheveux de l'adolescente, laissant ses doigts tendrement défaire les mèches que la pluie avait agglutiné. Dans un concert de battements, leur étreinte se fit plus affectueuse, leurs mains se mêlèrent délicatement et les deux amoureux sourièrent, transis à la fois par le froid et par le feu.

Lorsque la clarté des phares s'arrêta sur eux et que des pas précipités claquèrent sur le sol trempé, il leur semblait qu'une éternité s'était écoulée. Le père de Mathilde, dans tous ses états, s'excusa une dizaine de milliers de fois, les couvrant d'un immense parapluie. Engourdis par le froid et l'inconfort de leur position, ils se reprirent à plusieurs fois mais brisèrent finalement leur étreinte. Le père de la jeune fille la porta jusqu'à la voiture puis revint aider Léonard, boitillant. Sans qu'il n'ai besoin de dire un mot, il le fit monter. Il s'était endormi devant la télé et s'était réveillé dix minutes après la fin de la scéance. Le jeune homme eut un rire nerveux. Il se tourna vers Mathilde, de l'autre côté de la banquette et elle lui sourit. Au moment où il se demandait si tout ça n'avait été qu'un rêve, elle le ramena à la réalité en se collant à lui et en cherchant ses mains. Il hésita une seconde en voyant les sourcils du père se froncer dans le rétroviseur, mais il finit tout de même par enlacer la jeune fille, se sentant investit d'une confiance nouvelle. Le trajet se déroula en silence, les deux adolescents blottis l'un contre l'autre regardant défiler le paysage nocturnes entre les gouttes zébrant la vitre. Le père de Mathilde leur lança des regards réprobateurs à travers le rétroviseur, mais les tourtereaux ne se séparèrent pas pour autant et il finit par se résigner. Lorsque le véhicule ralentit en s'engouffrant dans la rue indiquée par Léonard, ce dernier regretta d'être déjà arrivé à destination. Dans un dernier élan d'affection, il se pencha timidement sur le visage de Mathilde et plongea dans son regard, cherchant son approbation. Les lèvres de la jeune fille s'étirèrent dans un sourire avant de se poser tendrement sur les siennes. La voiture s'arrêta. La pluis cessa. Et le temps, tout comme le jeune homme, resta suspendu au rose de ces lèvres.


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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Sagiga le Dim 3 Sep 2017 - 23:03

Yoooo !

J'arrive in extremis pour poster mon texte !
Ahah, cette fois je vous propose une petite balade, j'espère que vous apprécierez malgré la météo un peu capricieuse x)

C'était un texte fort amusant à écrire, qui m'a un peu fait des nœuds dans la tête et qui a failli dépasser la limite de lignes... (vous remarquerez que la fin est un peu moins détaillée que le début, hein, c'est parce qu'à 138 lignes je me suis rendue compte que je n'avais encore rien raconté ... xD).
Pourtant c'est passé, tooooouuuuuuut juste, mais c'est passé ! (c'est incroyable =') )

Bref, perso, quand j'ai imaginé un paysage de pluie, la première image qui m'est venue à l'esprit, c'est Venise sous la pluie. Je me suis dit que cette ville devait dégager une aura vraiment particulière lorsqu'il pleut ^^

Voilà donc mon texte, en espérant que vous l'apprécierez =3

Spoiler:
En descendant du train, sur les quais de la gare Santa Lucia, elle réalise seulement qu'il pleut. Les gens la bousculent un peu, son sac à dos glisse de son épaule mais elle parvient à le rattraper avant qu'il ne touche le sol. Elle resserre sa prise sur la bretelle et se met en marche.
Après avoir acheté un pass lui permettant d'utiliser les vaporetti, le seul véritable transport en commun pour se déplacer dans la ville, et récupéré un plan de la ville, elle parvient jusqu'à la sortie. Elle hésite à descendre les marches pour rejoindre la place mais surtout les arrêts de vaporetto qui bordent le Grand canal : cela reviendrait à s'exposer aux caprices du ciel, et elle n'avait pas pris de parapluie.
Au bout d'une demie heure, la pluie ne semblant pas vouloir s'arrêter, elle se résigne. En prenant soin de bien protéger le plan dans son sac, elle court jusqu'à l'arrêt alors qu'un Vaporetto portant le numéro 1 arrive à quai. Elle suit le mouvement du petit groupe qui embarque et cherche un endroit où se tenir. Il y a des places assises libres à l'intérieur mais elle souhaite rester à l'extérieur pour pouvoir observer la ville. Heureusement, un toit la protège de la pluie.
Elle a pris le train la veille au soir, depuis Paris et a voyagé toute la nuit jusqu'à Venise. Cette escapade improvisée était à la fois mûrement réfléchie et complètement impulsive.
Clarisse est linguiste, elle prépare son doctorat tout en enseignant dans sa faculté. Dans la précipitation, elle n'a pas pris la peine de prévenir l'université de son absence et sa bouche se tord en pensant à ses étudiants qui l'attendront vainement dans l'amphithéâtre. Elle chasse cette pensée de la main comme elle aurait chassé une mouche importune.
Son regard se perd dans la contemplation des palais qui bordent le canal et des nombreuses gondoles accostées, couvertes de bâches bleues. Elle se penche par-dessus le bastingage pour contempler le rialto dans toute sa splendeur, malgré les gouttes d'eau qui lui fouettent le visage. Il est si peu commun, avec sa pierre blanche assombrie par la pluie, ses lignes droites qui montent de chaque côté pour se rejoindre en son centre, et les touristes avec leurs parapluies multicolores qui posent en s'appuyant sur les balustrades. Alors que le bateau passe sous le pont, le jeune homme qui s'occupe de la montée et la descente des passagers passe près d'elle et entreprend de dérouler la corde qui permettra d'amarrer l'embarcation. Le bâteau perd de l'allure et se rapproche du quai. L'avant tape contre le bord de l'arrêt et le jeune homme lance sa corde qui entoure une sorte de poignée et tandis qu'il tire dessus, le vaporetto se plaque contre l'arrêt. Clarisse observe les mouvements du marin, qui fait passer la corde tantôt par dessus, tantôt par dessous et en deux en trois mouvements, lorsqu'il tire dessus, un nœud solide se forme. Quelques passagers descendent, une dizaine de personnes montent. Toujours avec la même dextérité, le jeune homme défait le nœud et ré-enroule la corde avant de disparaître dans la cabine du pilote.
L'embarcation redémarre, reprend sa course sur le canal. Elle passe sous un autre pont, cette fois tout en bois. Et puis sur la gauche, se dessine la place Saint Marc. Cet endroit n'a plus sa réputation à faire, elle est curieuse de découvrir si les rumeurs sont exagérées. Difficile de s'en rendre compte depuis le canal, ses yeux sont plus attirrés par la mer de parapluies en mouvement qui tapissent la place, dominés par les deux immenses colonnes et sur l'une d'elle le lion ailé, protecteur de la ville.
Avec un plaisir non dissimulé, elle observe à nouveau le marin réaliser son nœud mais cette fois, lorsqu'il ouvre la barrière, elle fait partie de ceux qui mettent pied à terre.
Elle traverse un petit pont qui fait face au pont des Soupires, mais avec la foule qui se bouscule et les parapluies, impossible d'avoir une vue correcte du célèbre pont. Elle profite par intermitence des parapluies des gens qui se retrouvent collés à elle, cependant la technique n'est pas des plus efficaces et ses cheveux bruns, coupés en un carré plongeant, dégoulinent rapidement d'eau.
Elle passe devant le palais des Doges, parvient enfin au centre de la place pour admirer la façade de la basilique si somptueusement décorée. La pluie est comme un filtre, elle atténue les contrastes, étouffe le brouahah de la foule. Le côté gauche de l'édifice est en partie caché par des échaffaudages. Son regard se tourne ensuite vers la tour de l'horloge. Elle est bien atypique, il n'y a pas d'aiguille, juste un soleil doré qui pointe l'un des vingt-quatre chiffres romains qui encerclent l'horloge. Des animaux, qu'elle identifie comme les signes du zodiaque se répartissent également autour du centre du cadran, qui est d'un bleu profond, avec quelques ronds dorés évoquant un ciel étoilé. Au-dessus, une statue représentant probablement Marie et Jésus est entourée de deux nombres de part et d'autre, celui de gauche est un chiffre romain, un X, et celui de droite des chiffres arabes : 20.
Clarisse consulte sa montre : il est 10h20 précise.
Elle réalise un tour sur elle-même pour contempler la grandeur de la place, l'imposante hauteur du campanile et toute la beauté qui se dégage de l'endroit. Mais la pluie redouble d'intensité, et la foule est oppressante, elle se résoud donc à se mettre à l'abri en passant sous l'arche de la tour de l'horloge. Elle parvient à se plaquer contre un mur, évitant ainsi d'être emportée par le flot incessant de vacanciers. Après s'être essorré grossièrement les cheveux et avoir échoué à sécher ses mains sur ses vêtements trempés, elle sort sa carte de son sac.
Elle n'a aucune idée de l'endroit où se rendre. Tout à coup, c'est comme si l'absurdité de sa situation lui apparaissait seulement à l'instant. Qu'imaginait-elle ? Cette ville est immense, c'est un véritable dédale de rues, ponctuées de ponts, elle ignore ce qu'elle cherche et comment le trouver. Glacée et trempée, une sorte de découragement s'empare d'elle, comme si une main gelée venait de saisir son cœur et le serrait. Elle ravale un sanglot, respire et tente de se calmer mais la foule et le petit espace qu'elle lui permet d'occuper ne l'aide pas. Rangeant précipitamment sa carte sans la plier et sans se soucier de la froisser ou la déchirer, elle prend la fuite, presque au pas de course, et s'enfonce dans les ruelles.
Au fur et à mesure qu'elle s'éloigne de la place Saint Marc, le bruit s'atténue, seul le sifflement de la pluie et le clapotis des gouttes qui s'écrasent sur les dalles au sol persistent. Elle consulte le nom des rues qu'elle emprunte « calle del Paradiso », « calle dei Miracoli » ou encore la « Strada nova », sans pour autant se référer à sa carte. À quoi bon ?
La raison de sa venue au sein de la Sérénissime était assez immature, sans doute un reste de tous ces romans qu'elle dévorait dans sa jeunesse. Depuis quand n'avait-elle pas lu un livre capable de faire bondir son cœur, un livre dont ses doigts tournaient les pages sans jamais s'arrêter, un livre avec lequel la question n'était pas de savoir à quel chapitre elle s'arrêterait pour faire une pause, mais plutôt jusqu'à quelle heure dans la nuit elle veillerait pour le terminer ?
Une douce nostalgie s'empare d'elle, et un visage apparaît. Celui d'un jeune homme, avec des mâchoires saillantes et des cheveux bouclés. Des arcades avancées qui projettent une ombre sur ses yeux bleus, et sa bouche à peine esquissée. Son nez assez imposant, atypique, qui le rendait unique sans pour autant le défigurer. Il s'appelait Gilberto, petit-fils d'un immigré italien qui avait fui l'Italie fasciste. Ils s'étaient rencontrés à l'université, dans un cours d'histoire de l'art qu'elle avait pris comme option, un peu par hasard. Lui il était artiste. Elle était tombée amoureuse de ses croquis griffonés dans les coins de ses feuilles de cours, de son sourire gêné lorsqu'un jour elle avait enfin osé le complimenter, et de tas d'autres choses ensuite alors qu'ils étaient devenus amis. Un jour il lui avait modelé une petite rose avec de l'argile et l'avait peinte lui-même pour lui offrir. Ce jour-là, il lui avait demandé de sortir avec lui.
Depuis, la rose ne la quitte jamais, et si aujourd'hui l'une de ses petites feuilles s'est brisée, elle pend toujours à la fermeture éclair de son sac à dos.
Gilberto et elle avait été séparés, après trois années passées ensemble. Sa passion et son ambition l'ont poussé à partir, il parlait un peu italien et il avait réussi à être pris dans une école d'art à Venise. Ce choix avait été difficile pour lui, elle n'en avait jamais douté et malgré la tristesse des adieux, elle ne pouvait lui en vouloir de réaliser ses rêves. Ils étaient restés en contact, au début, il était même rentré en France à Noël et elle avait pu passer une journée avec lui. Puis les appels se sont espacés, tous deux étaient occupés et Clarisse ne s'attendait pas à ce qu'il revienne un jour en France.
Alors tout s'est terminé.
Elle était jolie et d'un naturel souriant, d'autres garçons s'étaient intéressés à elle. Elle avait tenté de s'intéresser à eux. En vain.
Alors elle est là aujourd'hui, dans l'espoir fou de le croiser, dans cette immense ville dont elle ignore tout. Il lui avait écrit quelques lettres, au début, mais il vivait alors chez une vieille dame et ce n'était qu'un logement temporaire... Et il ne lui avait jamais envoyé d'autre adresse. Peut-être n'était-il même plus étudiant, même plus à Venise... Mais voilà des années qu'elle rêve de le rejoindre, des années qu'elle fuit son chagrin et elle est enfin là, maintenant. Impossible de reculer.
Elle emprunte une ruelle sur sa gauche avant de réaliser son erreur : c'est un cul-de-sac, elle donne sur le Grand canal. Cependant, elle remarque une femme qui s'avance à l'intérieur d'une structure en bois qui ressemble à un ponton. Elle s'avance et lit une pancarte : « Traghetto ».
Visiblement, c'est un service qui propose la traversée du canal, pour 2€. Elle relève la tête et voit la femme donner une pièce au gondolier et monter sur sa gondole. D'un pas rapide, elle rejoint le quai, fouille dans son sac et trouve une pièce de 2€ qu'elle tend à l'homme. Avec un sourire, il lui offre sa main pour l'aider à monter à bord de l'embarcation. Ça tangue un peu, alors elle cherche où s'asseoir, et croise le regard de la femme, sans doute une habituée qui l'observe, amusée, debout et le dos bien droit. Le gondolier donne un coup de rame, Clarisse vacille mais ne tombe pas. Le fond mouillé de la gondole ne l'aide pas à garder l'équilibre, elle craint de glisser à tout moment. Finalement, elle est si concentrée que la gondole atteint l'autre rive avant qu'elle n'ait le temps de cligner des yeux.
Une forte odeur de poisson assaillit ses narines, ce côté du canal est bruillant, une sorte de marché se tient et entre commerçants, clients et touristes curieux, les discussions vont bon train. Pressée de fuir ce vacarme et cette puanteur, Clarisse s'enfonce à nouveau à l'intérieur de la ville.
Cette partie de Venise est assez différente de ce qu'elle a pu voir auparavant, les rues sont calmes, plus étroites et une étrange sérénité s'en dégage. Dommage que le ciel soit gris, l'endroit doit être encore plus charmant avec un peu de lumière. Elle traverse un pont qui porte le drôle de nom de « Ponte de le tette », et puis un nombre incalculable d'autres petits ponts. Elle s'abrite sous un porche pour dévorer le sandwich qu'elle s'était préparé. Elle constate avec une certaine désolation que l'intérieur de son sac a un peu pris l'eau, heureusement ses papiers et son sandwich enroulé dans du cellophane ont été épargnés. On ne peut pas en dire autant du plan de la ville.
Une femme sort de la maison d'en face et se présente à elle avec un petit parapluie. Elle le lui tend avec un sourire. Prise de court, la bouche pleine, Clarisse refuse en faisant « non » avec sa main, mais la femme insiste, au point qu'elle finit par accepter. Elle répète alors l'un des rares mots qu'elle connaît en italien :
-Grazie ! Grazie !
En riant, la femme rentre chez elle, et Clarisse oublie la morsure glacée de ses vêtements trempés par la pluie : ce geste si désintéressé et généreux suffit à la réchauffer à l'intérieur. C'est donc l'esprit plus léger qu'elle reprend sa marche, le ventre rempli et la tête à l'abri sous son nouveau parapluie.
Ses pas la mènent jusqu'à une grande place, avec beaucoup d'agitation. Mais cette fois, les touristes semblent n'y être pour rien, il y a de nombreux bars et cafés, et des terrasses abritées où les gens discutent en poussant la voix, comme le veut leur réputations de gens du Sud. Elle remarque que beaucoup sont des jeunes gens, et son regard scrute leurs visages. Il n'est pas là.
L'après-midi touche presque à sa fin et les nuages cessent progressivement de déverser leurs torrents de larmes. Clarisse choisit de s'asseoir à la terrasse couverte d'une petite pizzeria, « Ae Oche », elle a été séduite par leurs prix très raisonnables, et surtout elle mourait d'envie de s'asseoir : la journée a été longue. Ses cheveux et ses vêtements commencent tout juste à sécher. Elle commande et tandis qu'elle savoure ce repas chaud, elle remarque que la rue se remplit progressivement, un groupe de jeunes personnes s'est réuni au bar mitoyen de la pizzeria, ils sont nombreux. Sans vraiment y croire, elle guette une tête brune et bouclée qui dépasserait.
Ils sont toujours là quand elle quitte le restaurant après avoir payé. Son téléphone sonne et la surprend, elle décroche : c'est sa mère qui est passée chez elle et qui s'est inquiétée de trouver l'appartement vide. Son sac s'accroche au coin d'une chaise manquant de lui faire échapper son portable. In extrémis, elle le rattrape, ajuste son sac sur son épaule et reprend sa route, rassurant sa mère quant à cette escapade improvisée et le fait qu'elle aille bien.

Un jeune homme, attiré par une voix et une langue qui lui étaient familières, s'éloigne du groupe. Quelque chose par terre, près d'une table, attire son attention. Il s'accroupit. C'est une petite rose, faite main, qu'il reconnaîtrait entre mille. Elle a dû tomber et se briser sur le sol. Il ramasse les morceaux et se redresse, le cœur battant.
Juste en face, sur le pont, une femme dont les vêtements sont trempés s'éloigne, un téléphone plaqué contre l'oreille. Ses cheveux sont plus courts qu'avant, pourtant il sait que c'est elle.
Alors il crie son prénom.
Et pour la première fois de la journée, un rayon de soleil vient illuminer la Sérénissime.

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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

Message par Naru le Lun 4 Sep 2017 - 0:14

Et je viens donc clôturer ce concours de texte, avec mon texte également.

J'ai eut cette idée de texte il y a un moment déjà mais j'ai été très prise pas mon travail donc je n'ai pas pu accorder beaucoup de temps à l'écriture du texte.
J'aurai aimé le travailler plus mais... c'est le jeu! XD

Voilà pour mon texte :
Spoiler:

La pluie tombait depuis des heures. Le ciel de nuit ne dévoilait pas ses étoiles, et même si aucun orage n'avait encore éclaté, l'air semblait crépiter. Dans le sous-bois, tout un mélange d'odeurs prenaient vie. La terre humide, les feuilles en décompositions, les mousses et les arbres.
Seiya avait conscience de tout cela.
Elle se laissait bercer par le vent dans les feuillages et la mélodie désaccordée des gouttes de pluie. Dans son dos, l'imposant internat jaillissait de la forêt. Le bâtiment avait du charme, même sous le voile de la nuit. L'école de Magie n'avait rien à envier aux manoirs gothiques et autres architectures alambiquées. Mais l'internat avait ce quelque chose de charmant et de rassurant qu'aucun autre bâtiment de l'école.
Pourtant, la jeune fille ne regarda pas un regard en arrière.
Elle s'était figée là, seule sous la pluie depuis déjà 1h. Ses vêtements étaient trempés, ses cheveux noirs lui collaient au visage, sa température corporelle avait déjà bien baissé. Elle tremblait quelque peu.
Mais pas de froid.
Seiya releva lentement le tissu imbibé d'eau qui recouvrait ses mains et ses avant-bras.
Des inscriptions anciennes avaient été tracées par ses soins plus tôt dans la nuit et lorsque l'eau vint s'y déposer, la jeune fille retint un cri de souffrance.
Au contact de la peau, la pluie la brûlait.

Sous le choc de la douleur, elle se laissa tomber à genoux dans un tapis de feuille-morte, presque incapable de respirer tant la souffrance était profonde. Mais elle se retint de hurler, se mordant les lèvres jusqu'au sang.
Si elle se laissait aller, quelqu'un l'entendrait forcément et on viendrait l'arrêter. Son rituel devait être accompli entièrement et elle avait décidée que quelles que soient les conséquences de son geste, rien ne la ferait dévier de son choix.
Elle serait, tout comme la pluie dont rien ne peut freiner la course, inébranlable. Seiya fixa son attention sur ses mains et les volutes de fumée qui s'en échappaient.
Et comme a chaque fois qu'elle essayait de ne pas y penser, toutes les brimades, toutes les crasses, tous les quolibets et les sournoiseries que ses camarades de classe lui faisaient subir quotidiennement revenait la hanter.
La jeune fille avait commencé son apprentissage de la magie comme les autres et s'était fait des amies durant les deux premières années. Mais quelque chose s'était produit en troisième année. Seiya n'aurait su dire quoi. Car sans crier gare, on l'avait prise en grippe. Ses amies s'étaient ligués contre elle et voilà qu'elle était devenue, sans comprendre comment, la tête de turc de sa classe.
Du sel dans ses draps, des cahiers déchirés, des affaires disparues, des chewing-gum dans les cheveux, des punaises dans ses chaussures, les lettres de ses parents déchirés avant même d'avoir pu être lu ou des coups dans la cour de récréation. Elle avait eu droit à tout.
La honte d'être victime et son impuissance face à ses agresseurs l'avait petit à petit muré dans un silence que les professeurs n'arrivaient pas à briser, à comprendre. La principale de l'établissement avait mis au courant ses parents qui lui avaient écris en lui demandant de faire des efforts tandis que certains profs la prenaient à part pour lui expliquer qu'elle ne devait pas se laisser faire, mais sans lui donner de solutions concrètes.
Seiya avait encaissé. Bien plus qu'elle ne s'en serait cru capable.
La douleur s'intensifia et des larmes se mêlèrent au ruissellement de pluie sur son visage.
La jeune fille avait appris à se cacher de ses bourreaux. Elle avait découvert une pièce secrète dans la bibliothèque dont personne ne connaissait apparemment l'existence.
Personne ne venait jamais la trouver ici. Il s'agissait plus d'un grand placard que d'une pièce à proprement parlé, mais l'espace était assez grand pour qu'elle s'y glisse, assise sur une pile de vieux livres aussi ancien que poussiéreux. Elle avait alors feuilleté les ouvrages, rêvant un jour de pouvoir maîtrisé des sorts d'une telle ampleur.
La plupart étaient des sorts interdits, mais jusqu'alors, elle n'avait jamais eu l'intention de s'en servir.
Mais plus rien n'avait jamais été comme avant depuis l'incident.
Alors que, comme à son habitude, Seiya essayait de se fondre dans le paysage et d'atteindre son second cours de la matinée, trois garçons de sa classe l'avaient coincée et obligée à les suivre.
Trois heures plus tard, la jeune fille s'était rendue à l'infirmerie, les cheveux en bataille, des traces de larmes séchées sur les joues, les habits complètement débraillés. Elle n'avait plus émis le moindre son.
La douleur dans ses bras se calma tout à coup.
Seiya inspira de l'air bruyamment, essayant de calmer les battements affolés de son cœur, le bruit sourd qui cognait contre ses tempes et les tremblements qui agitaient tout son corps.
Il y eut un cri. Un hurlement de soulagement que la jeune fille mit quelques secondes à se rendre compte qu'il venait d'elle.
Des lumières s'allumaient certainement dans l'internat au même moment, mais la jeune fille n'en avait que faire. Son rituel était accompli.
Alors qu'elle écoutait le son tranquille de la pluie et d'un agréable vent doux, une nouvelle odeur vient se mêler aux autres. Plus forte, plus âcre, plus vivante.
Elle leva les yeux sur l'énorme loup qui la surplombait. La pluie avait rendu son pelage lisse et lumineux, mais l'animal était si imposant que rien ne pouvait amoindrir son allure féroce. Sa tête faisait la taille de la jeune fille, ses griffes monstrueuses avaient labouré le sol, là où il se tenait et, quelque part dans l'obscurité des lieux, sa queue foutait l'air à un rythme régulier.
Deux yeux mauves ne quittaient pas la jeune fille qui peinait à se remettre debout.
D'une main tremblante, Seiya caressa le museau humide, mais d'une intense chaleur, de la bête. Elle remarqua à peine les symboles qui s'étaient gravé définitivement dans sa peau.
Elle avait invoqué un protecteur.
Un être sans pitié et sans retenue, qui s'assurerait pour elle, que personne ne lui fasse plus jamais de mal. Elle ne le contrôlait pas, ne pouvait lui dicter aucun ordre. Ni l'arrêter s'il allait trop loin pour la protéger. Selon le livre dont elle avait arraché la page pour effectuer son sort, il n'existait aucune magie capable d'arrêter ou de détruire son protecteur. Seule sa mort renverrait la bête de là où elle venait.
Seiya sourit. Elle était calme et sereine malgré l'immense fatigue qui la guettait et le froid qui la mordait sans remords.
Une nouvelle vie venait de commencer pour elle.

Et les votes sont donc lancés!
Vous avez jusqu'au 1er Octobre!

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Merci à Tamiku pour son Kit Magnifique!!^^
Spoiler:

Un grand merci à Bakatenshi !!!!
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Re: Concours de texte N°56 [fin des votes le 01/10]

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